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  • : Andrée OGER, conseillère générale communiste de Saint André de l'Eure
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  • : Politique
  • : Andrée OGER est maire honoraire de Croth, conseillère générale de Saint André et vice-présidente du Conseil général en charge de l'aide sociale. Andrée Oger est chevalier de la Légion d'Honneur.
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BONNE NOUVELLE

Bonne nouvelle : l’anti-communisme n’est pas mort.

A l’occasion des dernières élections on a vu refleurir à travers les campagnes le bon vieil anti-communisme de papa. Les mêmes poncifs, la même férocité, le même désir d’extirper à jamais toutes traces de l’existence d’un parti honni entre tous.

La droite a retrouvé ses anciens réflexes, ses anciens slogans. Il ne manquait que l’argument des chars russes dans les rues de nos centres villes.

Des socialistes qui, ayant le sens pratique, se sont dits qu’il serait plus facile de conquérir des territoires déjà à gauche plutôt que de se coltiner  à des sortants de droites, n’ont pas hésités à utiliser, au nom de la modernité, les vieilles recettes de la S.F.I.O.

Des verts, parachutistes chevronnés, qui plutôt que de faire à nouveau une mauvaise chute, ont pensées qu’il valait mieux recycler des électeurs de droites pour élire des maires de gauche. Tout cela est malheureusement sans surprise. Le Petit Larousse lui-même nous apprend que le glauque est une nuance du vert.

Aujourd’hui 18 mars 2008, jour anniversaire du début de la Commune de Paris, je ne peux que me féliciter que cet anti-communisme ne soit pas mort. C’est la preuve qu’il existe encore dans notre pays un parti communiste suffisamment fort pour jouer les empêcheurs de gouverner en rond.

VIVE LA COMMUNE !

                                                                                                                       Rouge-Bazar


Les égarés

Curieuse époque que ce temps du sarkozisme qui se croit triomphant ou chacun croit bien faire à imiter son maître. Renégats, traîtres, transfuges et félons prolifèrent comme champignons après une pluie d’automne. Trahir est la mode ! On se vend pour pas cher à celui qu’hier encore on nommait son ennemi. C’est la grande migration des élites autoproclamées. Le vent de l’histoire les pousse comme fétus de paille toujours plus à droite. Sur nos écrans défile ces passes murailles qui se découvrent soudain des affinités électives pour le nouveau pouvoir. La ruée est conséquente et parait singulière de ces ci-devant de gauche qui, frappés par la nouvelle foi, se glorifient à bon compte de leur chemin de Damas. Etrange et pathétique spectacle que celui de ces hommes et ces femmes à la dérive, petits marquis de la politique, qui s’empressent, toute honte bue, de rejoindre la nouvelle cour  en quête de prébendes et de reconnaissance.

Ils nous ont quittés. Dommage pour eux ! Ils ne savent pas encore ce qu’ils perdent ces égarés.

Fidèlement votre.
                                                                                               
Rouge Bazar  

 








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Cantonales 2008

CANTONALES-Oger-et-Varigault.JPG  Andrée OGER a été réélue dimanche 9 mars conseillère générale pour le canton de Saint-André !
La liste menée par André Varigault, maire de Saint André et suppléant d'Andrée, a également été reconduite..
  
Merci aux 7 117 électeurs qui ont permis cette brillante réélection dès le premier tour !

Les deux André(e) continueront de servir fidèlement et efficacement leurs administrés pour un nouveau mandat de six ans.
Samedi 19 juillet 2008

« Cette révision, annoncée après »Cette révision, annoncée après l’élection de Nicolas Sarkozy, mais non avant, aura connu une gestation de neuf mois. Tout d’abord, le comité Balladur a fait connaître 77 propositions qui mettaient en place un régime présidentiel affiché avec un peu de proportionnelle, un Sénat plus démocratique et quelques limitations des pouvoirs du Président."

Le projet du Gouvernement, présenté en décembre, organisait un présidentialisme caché sous une prétendue revalorisation des pouvoirs du Parlement. On ne parlait plus de proportionnelle, de modification du scrutin sénatorial ou de limitation des pouvoirs du Président de la République. Cette révision devait faire, selon M. Fillon, l’objet d’un large consensus -qui ne concernait, en fait, que l’UMP. Quant au peuple, il n’en a jamais été question, ni sous la forme d’une consultation populaire, ni d’une amélioration de la représentativité du Parlement.

Aujourd’hui, s’il y a consensus, c’est tout au plus au sein de la majorité présidentielle. Les tentatives de l’opposition pour améliorer le projet et renforcer les droits du Parlement ont été rejetées. La modification de la représentativité des collectivités territoriales a tourné à la caricature à mesure que la propagande annonçant un renforcement des droits du Parlement se dégonflait. Nous avons vu ce qu’il est advenu, notamment, du droit d’amendement.

Nous nous trouvons désormais face à un régime particulier, d’inspiration présidentielle à l’américaine d’une part, avec un Président aux pouvoirs considérables non responsable devant le Parlement, mais pouvant dissoudre ce dernier, et proche d’un parlementarisme rationalisé à l’anglaise d’autre part, mais sans les droits de l’opposition. Bref, un système hybride, assez monarchique, où règne la confusion des pouvoirs, où le fait majoritaire est exacerbé et variable selon que la majorité est de droite ou de gauche.

Le groupe CRC votera résolument contre cette révision qui repousse encore les limites de la Constitution de 1958 vers un présidentialisme exacerbé, contre la façon dont le Président de la République souhaite peser dans le débat -sa prestation d’aujourd’hui dans la presse augure de son comportement futur, lorsqu’il pourra s’exprimer devant le Parlement. Et la grossière pêche aux voix engagée pour convaincre les derniers parlementaires hésitants nous conforte dans notre décision de rejeter cette réforme constitutionnelle.

par Solidaire publié dans : En France
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Samedi 19 juillet 2008

Il n’a jamais été le chouchou des médias. Trop syndicaliste, trop communiste, trop intransigeant à leur goût. Et puis, on ne connaissait même pas l’adresse de son coiffeur ! Seulement, à sept ans, il participe à sa première grève pour obtenir la libération de son professeur qui a pris part aux manifestations antifascistes de Février 34. Huit ans plus tard, à l’âge de quinze ans, il rejoint les rangs de la Résistance comme agent de liaison. Lui et les siens organisent de nombreuses évasions de militants étrangers incarcérés dans les camps du Vernet, de Gurs, d’Argelès, et ils procurent des faux papiers à des Juifs traqués par la police de Vichy. À dix-sept ans, il est déporté à Mauthausen.

Voici le témoignage d’un octogénaire serein, d’un homme qui a pris beaucoup de plaisir à écrire ce livre, avec application et une grande honnêteté. Il émet avec beaucoup de franchise des critiques vis-à-vis de certaines de ses actions personnelles, de celle de son syndicat ou de son parti. Malgré tout, les vieux démons resurgissent parfois : « De nationalité allemande, Cohn-Bendit est expulsé de France jusqu’en 1978. » Rappelons que, né à Montauban, Cohn-Bendit a passé les treize premières années de sa vie en France, qu’il a ensuite séjourné en Allemagne avant de revenir en France à l’âge de 21 ans. Pourquoi donc, quarante ans après, se réinstaller dans le discours des expulseurs Pompidou et Marcellin ? Et puis, Séguy n’insiste pas trop sur la manière peu démocratique dont les patrons de la CGT se passent le flambeau. Il se contente d’énoncer froidement des faits alors que le lecteur aurait pu beaucoup apprendre sur les arcanes de la confédération syndicale.

Son témoignage sur sa déportation à Mauthausen est édifiant. Il décrit par le menu, mais avec une grande sobriété (depuis Primo Levi ou Robert Antelme, on sait bien que seule la retenue, une littérature proche de l’os peuvent transmettre l’indicible) le calvaire des trois jours de transport dans un train bondé, sans boire, sans manger, sans voir la lumière du jour. Il rappelle la folie rationnelle de la gestion des camps quand, par exemple, en cas de pendaison, les SS faisaient jouer « J’attendrai le jour et la nuit » pendant le supplice.

Les camps de concentration n’ont pas été remplis par l’opération du saint-esprit. Côté français, de nombreux communistes ont été arrêtés dès 1939 par la police républicaine, puis vichyste. Jugés et condamnés pour leurs idées, souligne Séguy, « ils ont purgé des peines plus ou moins lourdes en France. Au lieu de les libérer au terme de ces peines, l’État français les a livrés aux Nazis. Ces derniers les ont déportés sous l’appellation de Nacht und Nebel, Nuit et Brouillard. » Ce n’est certes pas à Mauthausen que Séguy a appris la solidarité, la lutte en commun, le respect de l’Autre. Mais c’est là qu’avec d’autres, pour « survivre à l’enfer », l’adolescent de dix-sept ans (dix-sept ans !) a compris qu’il fallait résister au sein même du système concentrationnaire, en commençant d’abord par lutter contre les prisonniers de droit commun à qui les SS avaient confié l’administration et la surveillance subalternes du camp. En octobre 1944, Séguy est victime d’une pleurésie. Grâce à l’aide de camarades, il sera l’un des rares grands malades à survivre au Revier, le mouroir du camp. En quelques mois, il a perdu presque la moitié de son poids et ne pèse plus que trente-huit kilos.

La victoire des Alliés se précise. La direction de Mauthausen envisage d’emmurer vivants les déportés dans des usines souterraines avant de les faire sauter. Elle renonce à cette horreur.

De retour de captivité, Séguy apprend qu’il a été proposé de « donner mon nom à la rue où j’habite. Une intention certes louable, mais probablement envisagée dans l’hypothèse où je ne m’en serais pas tiré. »

Outre ce puissant témoignage sur l’univers concentrationnaire, le livre de Georges Séguy offre une longue réflexion sur la difficulté du devoir de mémoire. Ce qui fut condamnable, pose l’ancien responsable syndicaliste, « n’est pas – ou peu – reconnu. À l’inverse, ce qui est tenu pour méritoire fait l’objet d’une apologie excessive. » Séguy rappelle que, dans les années d’après-guerre, des magistrats, des policiers, des politiques, des responsables économiques se sont montrés « allergiques » aux témoignages de ceux qui avaient lutté et souffert, souhaitant tourner la page au nom d’une réconciliation nationale de façade. Ce faisant, ils ont « fait fi de ce qui pouvait rappeler l’honneur de la Résistance durant la guerre et, par voie de conséquence, la honte de la collaboration. » Cinquante ans après, Séguy est – à juste titre –toujours choqué que De Gaulle ait pu nommer Papon Préfet de police de Paris avant de lui remettre la Légion d’honneur. Il regrette fortement que Giscard ait pu envisagé de supprimer la fête nationale du 8 mai avant de faire de l’inoxydable Papon son ministre du Budget. Au sommet de l’État, comme dans des sphères plus basses, on s’est “ arrangé ” (->http://blogbernardgensane.blogs.nouvelobs.com/archive/2007/11/19/l-arrangement-de-laurent-heynemann.html). La leçon que tire Séguy de ces compromissions est que la victoire de la Résistance a été confisquée au profit du patronat (une des défaites les plus significatives du mouvement syndical est, à ses yeux, de s’être laissé imposer l’expression “ partenaires sociaux ”, comme si, dans la lutte des classes, les antagonistes se situaient au même niveau). Prétendre quelque soixante ans plus tard, explique Séguy, « que les réformes issues du programme du CNR (conclu sans le patronat) sont de nos jours financièrement insupportables, alors même que la France n’a jamais été aussi riche, est donc inadmissible. »

Tout devient possible dès lors que les travailleurs luttent unis. Non sans ironie, l’ancien chef de la CGT raconte les accords de Grenelle : « Le gouvernement et le CNPF n’ont fait que clamer leur opposition absolue à une hausse de 35% du SMIG qu’ils jugent insensée. La plupart des médias ont fait chorus. Pourtant, dès les premières minutes de la négociation, cette augmentation est décidée unanimement. La démentielle utopie devient soudainement réalité sans que l’économie nationale n’en souffre le moins du monde. » Acculé, en plein désarroi, Pompidou, le Premier ministre ancien fondé de pouvoir de Rothschild, ira même jusqu’à proférer cette ineptie : « Je préfèrerais être simple fonctionnaire d’un gouvernement communiste que Premier ministre d’une France dominée par les Américains. »

Pour finir, Georges Séguy relie très subtilement, dialectiquement, les institutions dont la République Française s’est dotée à l’avenir du mouvement syndical. L’élection présidentielle au suffrage universel a organisé un bipartisme semblable à celui des États-Unis, interdisant « toute possibilité de changement économique et social réel. Il s’agit d’un scrutin propice à la personnalisation outrancière de la vie politique, où le look et le bagout des candidats prennent pour l’électrice et l’électeur moyens plus d’importance que les idées et les projets de société. » Dans ce contexte de dépérissement de la démocratie, Séguy craint que l’ambition actuelle de la CGT soit « trop circonscrite à la recherche d’une remontée de notre influence électorale et puisse donner l’impression – notamment aux nouvelles générations répugnées par les turpitudes politiques en tout genre – que nous ne nous distinguons guère de l’électoralisme vénal des autres partis politiques. »

« Ne nous y trompons pas », avertit l’ancien chef syndical. « La baisse du pouvoir d’achat des salariés et des retraités, les violations des droits du travail, la mutilation de la Sécurité sociale, la privatisation des services publics, les cadeaux faits au patronat, les faveurs fiscales accordées aux plus riches, les atteintes au droit de grève, le soutien de l’État aux restructurations des géants de la finance, de l’industrie et du commerce, la complaisance de l’Élysée envers les Etats-Unis, tout cela ne sort pas de la seule imagination de Nicolas Sarkozy. Il s’agit de la mise en œuvre d’un projet mûrement réfléchi, destiné à inclure dans la mondialisation capitaliste, et sous l’égide des Américains, une France libérée de charges sociales prétendument excessives dont l’a dotée son mouvement social. »



De : Bernard Gensane
par Solidaire publié dans : En France
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Dimanche 13 juillet 2008
Strasbourg le 10/7/2008,

Monsieur le Président,

Je vais concentrer mon intervention sur une double caractéristique de cette présidence française, à savoir son incontestable point fort et son trop évident point faible.

Son point fort, par rapport aux habituels ténors de l’Union, c’est qu’elle ne dit pas que l’Europe va bien et qu’elle doit continuer ainsi, quand de plus en plus d’Européens pensent qu’elle va mal et que les choses doivent changer. Fort bien.

Mais après ? C’est là que le bât blesse. Quelles conclusions tirez-vous, Monsieur le Président, de cette apparente lucidité sur la crise de légitimité que subit aujourd’hui l’Union, en particulier son modèle économique et son mode de fonctionnement ?

Vous affirmez vouloir comprendre et respecter le malaise des Européens vis à vis de l’Union. Mais vous faites pression sur le peuple irlandais pour l’amener à se dédire, alors qu’il n’a fait qu’exprimer tout haut, après les Français et les Néerlandais, ce que des millions d’autres Européens ont sur le cœur !

Vous critiquez avec raison la façon dont la BCE gère l’euro depuis sa tour d’ivoire. Mais vous ne préconisez jamais de revoir les statuts qui lui octroient cette toute puissance et même lui fixent cette mission !

Vous affirmez, au sujet de l’immigration, vouloir, « servir les valeurs qui sont les nôtres », mais vous avez appuyé la directive de la honte, condamnée par la Haut Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, par toutes organisations des droits de l’Homme comme par les Eglises européennes, précisément parce qu’elle viole des valeurs humaines essentielles.

Vous évacuez la question sociale - qui doit, selon vous, rester du seul ressort des Etats. Mais vous ne dites mot de la Cour européenne de Justice qui rend arrêt sur arrêt mettant en concurrence les modèles sociaux au sein même de l’Union. Au demeurant en se fondant sur les articles 43 et 49 du traité.

Vous dites que vous n’avez pas aimé l’image du « plombier polonais ». Moi non plus ! C’est une formule lancée par la droite populiste et popularisée à la télévision par M. Bolkestein. Je dis « Bienvenue aux travailleurs de tous les pays » à égalité de droits dans tous les domaines. C’est précisément ce que refuse l’actuel droit européen.

Je rappelle que, selon la Commission, en Basse-Saxe, pour un même travailleur, sur un même chantier, un travailleur d’un autre pays membre peut être payé moitié moins que le SMIC qui s’applique à un travailleur allemand.

Savez-vous ce que pense de ces arrêts un homme non suspect de populisme comme John Monks, Secrétaire général de la CES. Il juge ces décisions « considérablement problématiques » car, souligne-t-il, elles affirment « la primauté des libertés économiques sur les droits fondamentaux et le respect du droit du travail. » Que répondez-vous ?

Vous affirmez vouloir construire une « Europe qui protège ». Mais on ne vous entend pas critiquer toutes ces mesures structurelles qui précarisent l’existence des Européens : l’obligation d’ouvrir les entreprises de service public à la concurrence ; les pressions du Pacte de stabilité sur les salaires et les dépenses sociales ainsi que nombre de « lignes directrices » préparées par la Commission et adoptées par le Conseil - que vous appliquez dans votre propre pays avec zèle.

Citons la « ligne directrice » n°2 : réforme des régimes de retraites, de sécurité sociale et de soins de santé. « Ligne directrice » n°5 : flexibilité des marchés du travail. « Ligne directrice » n°13 : suppression des obstacles réglementaires, commerciaux et autres qui entravent indûment la concurrence. Et j’en passe.

Le retournement de la position de la France - et de l’Italie -, vient même de permettre au Conseil d’aller au-delà des obligations qu’il s’était fixées en se mettant d’accord sur un projet de directive autorisant la semaine de 65 heures ! C’est Dickens sacré nouveau « père de l’Europe ! »

Un dernier mot, Monsieur le Président : vous avez, ce weekend, devant vos invités européens - le Président du Parlement et celui de la Commission - et face à 2000 cadres de la droite française, conclu votre discours par une formule interprétée par la totalité du mouvement syndical comme une provocation - au demeurant fort imprudente - en affirmant que « désormais, quand il y a une grève, les Français ne s’en aperçoivent même plus ».

Le lendemain de ce haut fait, votre ministre de l’éducation nationale expliquait que c’était là « une manière de rassurer nos partenaires (européens) en présence des plus éminents d’entre eux. » Eh bien, si pour rassurer les dirigeants européens, il faut à présent insulter les syndicats, c’est qu’il est décidément urgent de changer l’Europe ! Mais pour de bon.



De : Francis Wurtz
vendredi 11 juillet 2008

par Solidaire publié dans : Dans le Monde
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Samedi 12 juillet 2008

Faire payer les riches ? « C’est absurde, tranche l’industriel Serge Dassault. En réalité, il n’y a pas assez de riches, et ceux qui restent vont partir » (Capital, novembre 2003). S’il n’a pas vraiment de raisons de « partir » – où trouverait-il un Etat assez charitable pour financer ses avions ? –, M. Dassault, cinquième fortune française, martèle un argument classique : les grandes fortunes seraient si peu nombreuses et leurs avoirs globaux tellement insignifiants qu’appliquer à leur endroit une fiscalité « décomplexée  » n’entraînerait pratiquement aucun effet redistributif.

Mais la thèse bat de l’aile. D’après une étude publiée fin mars par le cabinet de conseil Oliver Wyman, la fortune cumulée des millionnaires de la planète s’élèverait à 50 000 milliards de dollars. C’est trois fois et demi le produit intérieur brut américain ; cinquante fois le montant des pertes occasionnées par la crise financière ouverte en 2007 et décrite comme la plus grave depuis 1929.

Ainsi, ponctionner le magot des très riches rapporterait. Beaucoup. Mais, lorsque le ministre des finances britannique projette de taxer les milliardaires étrangers résidant à Londres, ces derniers mettent en cause la « compétence » du gouvernement et menacent de quitter la City pour des cieux fiscalement plus ouatés. Un demi-siècle plus tôt, leurs homologues n’auraient sans doute pas manifesté une telle prétention. En auraient-ils seulement eu la possibilité ?

Dans la plupart des pays occidentaux, la crise des années 1930 puis les mesures fiscales prises après la seconde guerre mondiale sous la pression du mouvement ouvrier avaient écrêté les inégalités. Aux Etats-Unis, le taux d’imposition appliqué à la tranche supérieure des revenus s’établit à 91 % jusqu’en 1964 ; au Royaume-Uni, il s’élève à 83 % quand Mme Margaret Thatcher remporte les élections en 1979 ; en France, le gouvernement de Raymond Barre le porte à 80 % en 1980. Dans ces trois pays, il oscille désormais entre 35 % et 40 %. Les causes de ce bonheur retrouvé sont connues : déréglementation financière, extension internationale de la concurrence, abdication d’une gauche embourgeoisée et convaincue, comme la droite, que l’argent des privilégiés finit par perler sur le front des pauvres.

Le résultat ne s’est pas fait attendre. Tendanciellement déclinante depuis 1914, la part des 0,1% les plus riches dans le revenu total s’est remise à croître dès la fin des années 1970 aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, à la fin des années 1990 en France. Si, dans l’Hexagone, l’éventail des salaires s’élargit sous l’action des rémunérations faramineuses d’une poignée de dirigeants, ce sont d’abord les revenus du capital qui dilatent les plus grandes fortunes. En effet, les milliardaires des XIXe, XXe et XXIe siècles présentent ce point commun : ils possèdent les moyens de production, sous forme d’actions ou de placements.

Les très riches n’ont pas seulement restauré leur surface financière. Ils ont aussi diversifié les formes de leur puissance en s’imbriquant plus étroitement aux autres milieux du pouvoir : médiatique, politique, intellectuel.

Incarnée aux Etats-Unis par le « complexe militaro-industriel  », la classe dirigeante d’après-guerre se composait de diplomates, de politiques, d’industriels et de représentants grisâtres du « vieil argent ». Tous étaient liés à un espace national et s’efforçaient de dissimuler leur connivence. La « superclasse » qui s’étale à la « une » de Newsweek (14 avril 2008) se targue d’exercer une influence d’emblée internationale ; elle mêle – selon l’hebdomadaire – des banquiers centraux et un gourou des médias, les dirigeants de multinationales et le chanteur Bono, l’ayatollah Ali Khamenei et la comédienne Angelina Jolie, les époux philanthropes « Bill » et Melinda Gates.

On en déduirait à tort le délitement des élites nationales. En France, un mesclun de hauts fonctionnaires, de politiques, de patrons et d’intellectuels cimente toujours l’oligarchie. Mais les uns et les autres paraissent se rejoindre dans une commune révérence à l’argent. On sait M. Nicolas Sarkozy, ex-avocat d’affaires, fasciné par le luxe et les paillettes. Tout comme M. Silvio Berlusconi, patron de presse, président du conseil – et troisième fortune d’Italie. Le pouvoir des (nouveaux) riches, c’est aussi celui d’élever un style de vie au rang de modèle universel.

Surexposées dans la presse, les frasques des milliardaires fixent les normes de la vraie réussite. Les yeux rivés sur les cimes de l’opulence, même les riches se sentent déclassés : « Quand on demande aux millionnaires quelle fortune serait nécessaire pour qu’ils se sentent vraiment à l’aise, relève Challenges (12 juillet 2007), ils donnent tous, petits et grands, un chiffre avoisinant le double de leur capital. »

A leurs yeux, le monde se divise en deux camps : une vaste classe moyenne, dont ils se réclament, et le petit club des immenses fortunes, auquel ils rêvent d’accéder. Dans cette représentation, les pauvres n’existent pas. « Si vous amenez tout le monde, riches et pauvres, à penser qu’ils appartiennent à la classe moyenne, note Walter Benn Michaels, alors vous avez accompli un tour de magie : redistribuer la richesse sans transférer d’argent (1). » La recette de l’inégalité socialement soutenable ?

Pierre Rimbert

par Solidaire publié dans : Dans le Monde
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Samedi 12 juillet 2008

propos recueillis par FRANÇOIS VIGNAL Libération - mercredi 9 juillet 2008

 

 

 

Pour Bernard Van Craeynest, président de la CFE-CGC (Confédération générale des cadres), la nouvelle définition du temps de travail des cadres est un marché de dupes.

 

 

 

Que signifie, pour les cadres, le plafond de 235 jours travaillés par an ?

 

Ça veut dire que l’on va travailler plus longtemps, mais pas pour gagner plus. Travailler 235 jours, cela représente 2 500 heures par an, au lieu de 1 607 heures dans le calcul horaire. Vous voyez l’écart. Et la différence sera moins bien payée que des heures supplémentaires, puisque la majoration qui s’appliquera au-delà de 218 jours - l’équivalent pour les cadres des 35 heures - ne sera que de 10 % au lieu de 25 %.

 

 

 

Que vont devenir les jours fériés et les RTT ?

 

Pour arriver à 235 jours, vous prenez les 365 jours de l’année, vous enlevez 2 jours par semaine pour les samedis et dimanches, soit 104 jours, 5 semaines de congés payés et un jour qui serait le 1er mai. Résultat : plus de RTT ni de jours fériés. On pourra vous demander de travailler le 14 juillet, le 15 août et le 1er janvier…

 

 

 

Quand il y a accord d’entreprise, les salariés conserveront leurs RTT

 

Le gouvernement et Xavier Bertrand disent que cela sera borné par la négociation d’entreprise. Dans les grandes entreprises, ça ne devrait pas trop poser de problème. Encore que le patron pourra dire : «Si vous refusez de travailler plus, je délocalise.» Mais dans les très petites, où il n’y a pas de représentants du personnel, cela va se négocier de gré à gré entre employeur et salariés. Ceux-ci auront beaucoup de difficultés à s’y opposer s’ils veulent garder leur emploi. Les petites entreprises subissent la pression des grandes, avec qui elles sous-traitent.

 

 

 

Le patron pourra-t-il imposer les 235 jours ?

 

Il pourra dire qu’il a la loi avec lui. Aujourd’hui, les accords se négocient au-dessous de 218 jours. Demain les entreprises vont négocier pour aller à 235, voire au-delà. C’est d’autant plus scandaleux que le gouvernement a récemment souligné le problème de la santé au travail. Il fait l’inverse de ce qu’il dit.

par Solidaire publié dans : En France
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"Sarkozy a été élu par des pauvres qui se lèvent tôt pour aller faire la fête avec des riches qui se couchent tard".
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