EXCLUSIF ! ! Nous révélons aujourd'hui l'un des sujets du Bac Philo 2009 dans l'académie de Bruxelles-sur-Eure et un résumé du corrigé par un éminent philosophe devant l'éternel,
moi-même.
Le sujet est : "peut-on être compétitifs ?"
Tout d'abord, ce sujet est à classer dans la rubrique des réflexions économiques et du sens de la vie.
On peut reposer la question ainsi : jusqu'où peut-on être compétitifs et la vie n'est-elle qu'une compétition ?
Jusqu'où peut-on être compétitifs ?
Si l'on en croit les grands penseurs libéraux que sont Laurence Parisot, de l'institut philosophique pour le bénéfice absolu, et Nicolas Sarkozy, Président de l'association des
philosophes-bradeurs, l'économie se résume à deux notions : "la concurrence libre et non faussée" et "la libre circulation des capitaux", ce que l'on regroupe sous la notion de
"économie de marché". De leur point de vue, l'argent étant au centre du jeu économique, c'est lui qui instaure les critères d'efficacité selon ses règles que sont la rentabilité maximale
et ... et, en fait, il n'y en a pas d'autres !?..
Du coup, pour attirer les capitaux chez soi, il faut être plus compétitif que le voisin. Le voisin à l'échelle national, c'est le pays voisin, ou même le pays pas voisin du tout vu qu'il se
trouve à l'autre bout du Monde. Le voisin à l'échelle local, c'est le voisin de bureau ou de poste de travail, voire celui qui travaille dans une autre usine du groupe.
Mais c'est quoi être plus compétitif ?
Si l'on en croit Laurence Parisot et Nicolae Tsarkozy, ces fainéants de français ne sont pas compétitifs parce qu'ils coûtent chers (salaire, charges sociales,...) et qu'il ne travaillent pas
beaucoup. Et de prendre en exemple les bengladeshi qui travaillent 6 jours sur 7, 12 heures par jour, dès l'âge de 8 ans et pour des salaires frôlant le zéro. Et ne leur parlez pas de congés
payés, ils ne savent pas ce que c'est !
La solution serait simple. Alignons le niveau social français sur celui du Bengladesh et nous serions enfin compétitif !
Sauf qu'on rentre dans un paradoxe que le libéralisme est incapable de résoudre !
Si tout le monde se met à bosser tout le temps pour survivre, vu les maigres salaires, où va t-on trouver des couillons pour acheter les objets fabriqués à bas coûts, les services proposés une
misère et occuper les résidences de vacances construites pour deux francs - six sous ?
Et puis, si le salarié français accepte de se sacrifier pour sauver les bénéfices des actionnaires de son entreprise, qu'est-ce qui empêche le salarié bendladeshi (ou anglais, ou brésilien) de
diminuer encore plus son niveau de vie pour être encore plus compétitif que le français ?
Vous avez vu l'astuce ? De la thèse, je passe à l'antithèse !
La question que l'on peut désormais se poser est : la course à la compétitivité n'est-elle pas une course à notre perte et un mirage aux allouettes ?
Sachant qu'il y aura toujours quelqu'un de plus compétitif que nous d'un point de vue économique, se pose la question de la solution pour éviter les délocalisations, fermetures d'usines et
licenciements.
Peut-être que c'est la notion de compétitivité qui serait à revoir ?
Peut-être faudrait-il mettre comme priorité l'Homme et son environnement plutôt que l'actionnaire et ses dividendes ?
La vie n'est-elle qu'une compétition ?
De la question sur la priorité entre l'Homme et l'argent, découle aussi la manière dont on envisage la vie.
Nos grands penseurs libéraux, Tsarkozy et Parisot, grands par la pensée, répètent à l'envie que l'Homme est un animal et que dans la nature, c'est la loi du plus
fort ! Et que si nous vivons sous un climat tempéré, c'est quand même la loi de la jungle.
De ce fait, chacun doit être le plus fort de la meute. Et que si certains sont chefs de meute, mâles dominants essentiellement, les autres doivent se battre entre eux pour accéder aux meilleurs
morceaux de la carcasse abandonnée par le chef.
L'exemple parfait de ce comportement animal est celui du cadre surmené qui fait un "burning out", grand symptôme du surmenage des cadres japonais, notamment (le cerveau qui pète, pour ceux
qui ne connaissent pas !). Bel exemple de sacrifice d'un second couteau de la meute au bénéfice du mâle dominant !
Là aussi, on peut se demander si l'Homme se résume à son instinct animal ?
Et hop ! Glissement vers l'antithèse !
Après tout, il y a des réalités qui paraissent sortir de cette notion purement bestiale de compétition comme l'Amour, l'amitié, l'empathie, la solidarité, la fraternité, le dévouement, la
générosité, la culture.
Et même si on peut entrer en compétition pour le coeur de quelqu'un, il est rare qu'elle prenne la forme d'un combat comme celui de deux cerfs en rut (deux biches en rut, c'est encore plus rare,
lol) !
L'esprit collectif, le travail en commun, l'émulation du groupe, la curiosité scientifique ou la coopération entre les Hommes et entre les peuples peuvent être de puissants moteurs du
développement des sociétés. Ce sont d'ailleurs des stimulants qui existent dans nos sociétés capitalistes mais qui ont été pervertis par l'argent (telles les "primes") ou le pouvoir (la
"promotion").
La synthèse, enfin !
Pour en revenir à la question d'origine ( "peut-on être compétitif ?"), je serais tenter de dire que non.
C'est à la fois un non de forme et un non de fonds.
Sur la forme, on peut toujours chercher à faire mieux, plus vite et moins cher que son voisin mais comme lui fait la même chose, c'est une course sans fin qui amène le producteur aux
abîmes de la civilisation. Celui qui tient les rênes et décide d'attribuer les bons et mauvais points s'en sortira tant qu'il y aura une marge supplémentaire à grapiller en déplaçant la
production.
Sur le fonds, résumer la vie de l'Homme à une perpétuelle compétition est absolument monstrueux. Le système de pensée libéral à l'origine de cette idée ne voit dans l'être humain qu'un individu
isolé au service de la machine économique ; machine économique elle-même tournée vers une seule optique : la rentabilité.
Cette pensée s'apparente à celle du nazisme où est remplacée à la notion de compétition entre individus du libéralisme, celle de compétition entre les "races". L'individu n'existe plus
; il est regardé comme un élément d'une "race" qui est en compétition avec les autres pour l' "espace vital".
La concordance de pensée entre libéralisme et nazisme explique certainement pourquoi les tenants du capitalisme ont si souvent fait appel au nazisme et au fascisme pour sauver leur système :
Allemagne nazie et ses grands groupes capitalistes au service de la machine de guerre et d'extermination (écrasement du Spartakisme), France pétainiste avec ses familles industrielles au service
de l'occupant comme Renault (après le Front Populaire), Italie fasciste, Espagne franquiste (renversement de la République), Portugal salazariste, dictatures militaires en Grèce, Argentine, Chili
(renversement de Salvador Allende) , Brésil, Bolivie,....
Au final, la compétition entre les êtres humains ou entre les peuples ne peut pas conduire au développement et au bonheur. C'est une course sans fin qui réduira les travailleurs à la misère et à
la guerre.
Non ! Nous ne pouvons pas être compétitifs, nous ne le devons pas !
Par contre, nous devons être coopératifs, solidaires, égalitaires, distributifs, altruistes, écologistes, en clair, communistes.
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