On croyait l'époque révolue. Depuis une semaine, un petit état d'Amérique centrale est victime d'un coup d'état militaire sans que la communauté internationale ne réagisse vraiment. Plus
près de chez nous, c'est le Front National qui n'en finit pas de menacer la cohésion sociale.
Honduras : le retour des dictatures militaires ?
Manuel Zelaya, président démocratiquement élu du Honduras, a été renversé par une coalition de la droite conservatrice, de l'armée et d'une partie de l'Eglise. Le reproche "officielle" de son
renversement est sa volonté d'organiser un référendum sur l'organisation d'une assemblée chargée de rédiger une nouvelle constitution. Les putschistes l'accusent de vouloir se maintenir au pouvoir
alors que la constitution actuelle empêche le président sortant de se représenter à la fin de son mandat de quatre ans.
Faux argument puisque ce "référendum populaire", autorisé par la constitution actuelle, sera organisé au même moment que les prochaines présidentielles où, justement, le président actuel ne
pourra pas se représenter !
De fait, ce qui gène l'alliance droite-militaire-Eglise c'est le positionnement trop "indépendant" d'un président dans un pays qui constitue, avec la Colombie, l'une des dernières positions fortes
des Etats-Unis en Amérique latine.
Zélaya vient de faire adhérer son pays à l'ALBA, une zone d'échange équitable sud-américaine lancée par le Vénézuela et Cuba, qui concurrence les accords économiques
avec les en faveur des USA. Son indépendance politique l'amenait même à remettre en cause l'existence de la base aérienne américaine de Soto Cano et le
renvoi de ces 600 militaires US.
Manuel Zelaya est loin d'être un dangereux marxiste. Il a été élu comme candidat de centre-droit.
Renversé par l'armée, expulsé du pays et interdit de séjour dans son pays, Zélaya a bien été victime d'un coup d'état. Les restrictions des libertés démocratiques décidées depuis (libertés de
circuler, de se réunir, d'opinion,...) traduisent bien le virage antidémocratique pris par le nouveau pouvoir. La répression des manifestations pro-Zelaya (30 000 manifestants dimanche 5 juillet, 2
morts) sont là pour en témoigner.
Pourquoi la plupart des médias français utilisent-ils des termes neutres comme "crise politique" pour parler des "événements" au Honduras ? Que n'entend -t-on pas Kouchner s'exprimer là dessus
?...
France : le F Haine battu mais toujours là
Hénin-Beaumont n'aura pas le triste privilège d'être la seule mairie d'extrême-droite en France. Les habitants de cette ville ouvrière durement touchée par la crise et par la gestion crapuleuse de
l'ancien maire socialiste ne connaîtront pas la dure réalité des "expériences" frontistes d'Orange et de Marignane.
A plus de 52 %, ils ont opté pour le divers gauche Daniel Duquenne. Cela fait quand même près de 48 % pour la liste brune du duo Steeve Briois-Marine Le Pen !
Dans cette terre de solidarité, abandonnée par 30 ans de politique libérale, le F Haine avait choisi de remiser son discours ultraraciste et d'insister sur la dénonciation des dérives crapuleuses
de la mairie sortante. De là, le vieux discours globalisant : "tous pourris !"
Et même si la défaite est réelle pour l'extrême-droite, celle-ci refuse de l'accepter. Une habitude historique pour les tenants de ce courant politique.
Dès la publication des résultats, le candidat FN dénonçait les «
méthodes malhonnêtes » de la liste concurrente et annonçait un recours au tribunal pour
annuler les élections. Parce que traiter ses concurrents de "
liste Ripouxblicaine" n'est pas une méthode malhonnête ?
Après les élections européennes et la résurgence de partis néo-fascistes dans de nombreux pays européens, avec le retour des vieilles méthodes américaines de gestion de son "arrière-cour
américaine", avec le maintien en France d'un courant nationaliste raciste, la vigilance est de mise pour tous les défenseurs de la démocratie.
L'avenir ne repose pas dans la dictature, dans l'exclusion des minorités ethniques ou religieuses ou dans l'ultralibéralisme.
L'avenir se construira dans la coopération entre les peuples, dans le co-développement, dans le respect de l'environnement et dans le développement des règles sociales et des salaires.
Commentaires