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On ne peut pas dire que les derniers évadés du guignol’s band de 14-18 – Louis de Cazenave, survivant du chemin des Dames, est décédé le 2 janvier – offrent le visage le plus sarko-compatible.
N’en déplaise à Hortefeux, Lazare est arrivé à neuf ans, sans papiers et misérable, fuyant la misère en Italie, pas vraiment de l’immigration choisie ! Engagé dans la Légion, puis démobilisé en 1915 quand l’Italie entre en guerre, il est réincorporé chez les chasseurs alpins italiens et se bat dans les Alpes. Il se souvient alors d’un épisode de fraternisation avec ceux d’en face : « Nous nous sommes mis d’accord pour cesser les combats. Nous avions même fait une patrouille mélangée d’Italiens de chez nous et d’Autrichiens. Et on passait le long des lignes en faisant cette propagande. Alors tout le monde arrêtait les combats et personne ne tirait plus. Quand ils se sont aperçus que le mouvement s’étendait, les officiers autrichiens et les officiers italiens se sont réunis. Nous devions tous être fusillés. Mais le bataillon a protesté en disant que nous avions raison, que c’était absurde de se battre pour rien. » (Libération, 5/02) Dans le cas de Louis de Cazenave, c’est encore pire, puisqu’il sortit de la guerre « pacifiste forcené », libertaire même ! Il avait longtemps refusé la Légion d’honneur, « il disait à son fils :“Tu peux te la mettre quelque part.”[mais] avait fini, sous la pression des anciens combattants, par l’accepter » (Le Canard enchaîné, 23/01). Autre moment de sa vie, il avait été révoqué des chemins de fer en 1941 et n’avait plus travaillé depuis lors, n’en déplaise à Xavier Bertrand…
L’histoire militaire et l’union sacrée en prennent donc une nouvelle fois pour leur grade. Partis la fleur au fusil, nos braves « biffins » (comme ils s’appelaient eux-mêmes) se sont vite retrouvés avec la gerbe aux tripes. Et le dégoût dans la bouche à l’idée que mourir pour la patrie est le sort le plus beau. Surtout quand « derrière la “patrie” se dissimulait l’État, incarné par des généraux, des industriels, des actionnaires, des mercantis ». Ainsi, dès l’hiver 14, la guerre se double d’un front intérieur où la priorité de la hiérarchie militaire est d’ « obliger les biffins à se battre » comme l’analyse l’historien François Roux dans la revue Gavroche [1]. D’ailleurs, la Noël 1914 est marquée par les premières fraternisations avec l’ « ennemi ». Nul besoin de propagande internationaliste pour faire sentir au paysan, à l’ouvrier ou à l’instituteur embourbé qu’il avait plus en commun avec le même d’en face qu’avec le gradé compatriote qui lui gueulait dessus pour monter au casse-pipe. Comme toute tentative de résistance collective, comme lors des mutineries de 17, est impitoyablement écrasée dans l’œuf, « les troupiers de 14-18 ont recours à l’embusque, l’insoumission, la désertion, la reddition volontaire, l’automutilation, l’alcool, la folie et le suicide pour tenter d’échapper à l’enfer des tranchées ». La guerre finie, l’État français reconstruit l’union nationale autour du mythique « consentement patriotique » de la piétaille, effaçant des mémoires l’absurdité du massacre, les gueules cassées et les fusillés pour l’exemple. Restent les paroles de La Chanson de Craonne (1917) que Louis de Cazenave chantait encore sur son lit d’agonisant :
« Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront,
Car c’est pour eux qu’on crève.
Mais c’est fini, car les troufions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s’ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l’plateau,
Car si vous voulez faire la guerre,
Payez-la de votre peau ! »
Décidément, ces antimilitaristes sont des brutes !
Article publié dans CQFD 53, février 2008.
[1] "Les résistances collectives des poilus", Gavroche, janvier-mars 2008. Saluons au passage cette excellente revue d’histoire populaire. À lire également du même auteur, "La Grande Guerre inconnue, Les poilus contre l’armée française", Max Chaleil, 2006.
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Les maires du canton ont-ils le coeur à droite ?
J'ai lu dans la presse une information sidérante : les maires du canton ont choisi pour présider leur association cantonale Michel Cochon, maire de Chavigny-Bailleul au détriment de Andrée Oger,
présidente sortante ! Michel Cochon était le suppléant de la candidate UMP battue aux cantonales de cette année ... par Andrée Oger !
Comment interpréter ce vote ? Les électeurs du canton avaient pourtant choisi Andrée Oger dès le premier tour avec 67 % des voix ! Les maires du canton seraient-ils insatisfaits du
choix de leurs électeurs ? Ils sont pourtant nombreux à se dire sans étiquette. Et ils n'hésitent pas à faire appel à leur conseillère générale quand le besoin s'en fait sentir.
On voit bien, en ces temps de crise, que les mordus de la Droite sont capables de serrer les rangs !
Eric RUIZ
Réponse : bien que déçue par vote, Andrée a néanmoins été élue Présidente d'honneur à l'unanimité. Solidaire
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Les égarés
Curieuse époque que ce temps du sarkozisme qui se croit triomphant ou chacun croit bien faire à imiter son maître. Renégats, traîtres, transfuges et félons prolifèrent comme champignons après une pluie d’automne. Trahir est la mode ! On se vend pour pas cher à celui qu’hier encore on nommait son ennemi. C’est la grande migration des élites autoproclamées. Le vent de l’histoire les pousse comme fétus de paille toujours plus à droite. Sur nos écrans défile ces passes murailles qui se découvrent soudain des affinités électives pour le nouveau pouvoir. La ruée est conséquente et parait singulière de ces ci-devant de gauche qui, frappés par la nouvelle foi, se glorifient à bon compte de leur chemin de Damas. Etrange et pathétique spectacle que celui de ces hommes et ces femmes à la dérive, petits marquis de la politique, qui s’empressent, toute honte bue, de rejoindre la nouvelle cour en quête de prébendes et de reconnaissance.
Ils nous ont quittés. Dommage pour eux ! Ils ne savent pas encore ce qu’ils perdent ces égarés.
Fidèlement votre.
Rouge Bazar



Lazare PONTICELLI, le dernier Garibaldiens de 14.
Max GALLO a juste "oublié" de la préciser, et Nicolas itou.
www.lesgaribaldiens.com