Rendez-vous


"Sarkozy a été élu par des pauvres qui se lèvent tôt pour aller faire la fête avec des riches qui se couchent tard".
ADN-r--sistance.jpg






















ensemble-2.jpgR--f--rendum-UE.jpg
 

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Idées

Mardi 18 mars 2008
LES DERNIERS RESCAPÉS DU GRAND CHARNIER mondial de 14-18 ont démonté à eux seuls la mythification nationaliste d’une guerre qui aura causé 9 millions de morts et 6 millions d’invalides. Le 25 janvier, alors qu’outre-Rhin mourait le dernier casque-à-boulon ou Feldgrau dans une relative indifférence, on annonçait en France que Lazare Ponticelli, le « der des der » parmi les poilus gaulois, avait finalement cédé aux pressions de l’État en acceptant des obsèques nationales, ce à quoi il répugnait jusqu’alors. Mais l’ancien combattant mort à 110 ans le 12 mars faisait préciser qu’il s’agissait surtout « de rendre hommage à tous ses frères d’armes tombés ».

On ne peut pas dire que les derniers évadés du guignol’s band de 14-18 – Louis de Cazenave, survivant du chemin des Dames, est décédé le 2 janvier – offrent le visage le plus sarko-compatible.

N’en déplaise à Hortefeux, Lazare est arrivé à neuf ans, sans papiers et misérable, fuyant la misère en Italie, pas vraiment de l’immigration choisie ! Engagé dans la Légion, puis démobilisé en 1915 quand l’Italie entre en guerre, il est réincorporé chez les chasseurs alpins italiens et se bat dans les Alpes. Il se souvient alors d’un épisode de fraternisation avec ceux d’en face : « Nous nous sommes mis d’accord pour cesser les combats. Nous avions même fait une patrouille mélangée d’Italiens de chez nous et d’Autrichiens. Et on passait le long des lignes en faisant cette propagande. Alors tout le monde arrêtait les combats et personne ne tirait plus. Quand ils se sont aperçus que le mouvement s’étendait, les officiers autrichiens et les officiers italiens se sont réunis. Nous devions tous être fusillés. Mais le bataillon a protesté en disant que nous avions raison, que c’était absurde de se battre pour rien. » (Libération, 5/02) Dans le cas de Louis de Cazenave, c’est encore pire, puisqu’il sortit de la guerre « pacifiste forcené », libertaire même ! Il avait longtemps refusé la Légion d’honneur, « il disait à son fils :“Tu peux te la mettre quelque part.”[mais] avait fini, sous la pression des anciens combattants, par l’accepter » (Le Canard enchaîné, 23/01). Autre moment de sa vie, il avait été révoqué des chemins de fer en 1941 et n’avait plus travaillé depuis lors, n’en déplaise à Xavier Bertrand…

« Obliger les biffins à se battre »

L’histoire militaire et l’union sacrée en prennent donc une nouvelle fois pour leur grade. Partis la fleur au fusil, nos braves « biffins » (comme ils s’appelaient eux-mêmes) se sont vite retrouvés avec la gerbe aux tripes. Et le dégoût dans la bouche à l’idée que mourir pour la patrie est le sort le plus beau. Surtout quand « derrière la “patrie” se dissimulait l’État, incarné par des généraux, des industriels, des actionnaires, des mercantis ». Ainsi, dès l’hiver 14, la guerre se double d’un front intérieur où la priorité de la hiérarchie militaire est d’ « obliger les biffins à se battre » comme l’analyse l’historien François Roux dans la revue Gavroche [1]. D’ailleurs, la Noël 1914 est marquée par les premières fraternisations avec l’ « ennemi ». Nul besoin de propagande internationaliste pour faire sentir au paysan, à l’ouvrier ou à l’instituteur embourbé qu’il avait plus en commun avec le même d’en face qu’avec le gradé compatriote qui lui gueulait dessus pour monter au casse-pipe. Comme toute tentative de résistance collective, comme lors des mutineries de 17, est impitoyablement écrasée dans l’œuf, « les troupiers de 14-18 ont recours à l’embusque, l’insoumission, la désertion, la reddition volontaire, l’automutilation, l’alcool, la folie et le suicide pour tenter d’échapper à l’enfer des tranchées ». La guerre finie, l’État français reconstruit l’union nationale autour du mythique « consentement patriotique » de la piétaille, effaçant des mémoires l’absurdité du massacre, les gueules cassées et les fusillés pour l’exemple. Restent les paroles de La Chanson de Craonne (1917) que Louis de Cazenave chantait encore sur son lit d’agonisant :

« Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront,

Car c’est pour eux qu’on crève.

Mais c’est fini, car les troufions

Vont tous se mettre en grève.

Ce s’ra votre tour, messieurs les gros,

De monter sur l’plateau,

Car si vous voulez faire la guerre,

Payez-la de votre peau ! »

Décidément, ces antimilitaristes sont des brutes !

Article publié dans CQFD 53, février 2008.

[1] "Les résistances collectives des poilus", Gavroche, janvier-mars 2008. Saluons au passage cette excellente revue d’histoire populaire. À lire également du même auteur, "La Grande Guerre inconnue, Les poilus contre l’armée française", Max Chaleil, 2006.

par Solidaire publié dans : En France
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Retour à la page d'accueil

Commentaires

Lazare PONTICELLI, le dernier Garibaldiens de 14.

Max GALLO a juste "oublié" de la préciser, et Nicolas itou.

www.lesgaribaldiens.com

 

commentaire n° : 1 posté par : Philippe (site web) le: 21/03/2008 06:01:03

Présentation

  • : Andrée OGER, conseillère générale communiste de Saint André de l'Eure
  • andree-oger-pour-deputee
  • : Politique
  • : Andrée OGER est maire honoraire de Croth, conseillère générale de Saint André et vice-présidente du Conseil général en charge de l'aide sociale. Andrée Oger est chevalier de la Légion d'Honneur.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Texte libre

Envoyez-nous vos textes !

BONNE NOUVELLE

Bonne nouvelle : l’anti-communisme n’est pas mort.

A l’occasion des dernières élections on a vu refleurir à travers les campagnes le bon vieil anti-communisme de papa. Les mêmes poncifs, la même férocité, le même désir d’extirper à jamais toutes traces de l’existence d’un parti honni entre tous.

La droite a retrouvé ses anciens réflexes, ses anciens slogans. Il ne manquait que l’argument des chars russes dans les rues de nos centres villes.

Des socialistes qui, ayant le sens pratique, se sont dits qu’il serait plus facile de conquérir des territoires déjà à gauche plutôt que de se coltiner  à des sortants de droites, n’ont pas hésités à utiliser, au nom de la modernité, les vieilles recettes de la S.F.I.O.

Des verts, parachutistes chevronnés, qui plutôt que de faire à nouveau une mauvaise chute, ont pensées qu’il valait mieux recycler des électeurs de droites pour élire des maires de gauche. Tout cela est malheureusement sans surprise. Le Petit Larousse lui-même nous apprend que le glauque est une nuance du vert.

Aujourd’hui 18 mars 2008, jour anniversaire du début de la Commune de Paris, je ne peux que me féliciter que cet anti-communisme ne soit pas mort. C’est la preuve qu’il existe encore dans notre pays un parti communiste suffisamment fort pour jouer les empêcheurs de gouverner en rond.

VIVE LA COMMUNE !

                                                                                                                       Rouge-Bazar


Les égarés

Curieuse époque que ce temps du sarkozisme qui se croit triomphant ou chacun croit bien faire à imiter son maître. Renégats, traîtres, transfuges et félons prolifèrent comme champignons après une pluie d’automne. Trahir est la mode ! On se vend pour pas cher à celui qu’hier encore on nommait son ennemi. C’est la grande migration des élites autoproclamées. Le vent de l’histoire les pousse comme fétus de paille toujours plus à droite. Sur nos écrans défile ces passes murailles qui se découvrent soudain des affinités électives pour le nouveau pouvoir. La ruée est conséquente et parait singulière de ces ci-devant de gauche qui, frappés par la nouvelle foi, se glorifient à bon compte de leur chemin de Damas. Etrange et pathétique spectacle que celui de ces hommes et ces femmes à la dérive, petits marquis de la politique, qui s’empressent, toute honte bue, de rejoindre la nouvelle cour  en quête de prébendes et de reconnaissance.

Ils nous ont quittés. Dommage pour eux ! Ils ne savent pas encore ce qu’ils perdent ces égarés.

Fidèlement votre.
                                                                                               
Rouge Bazar  

 








sarkozylachutebv8.jpg

Recherche

Calendrier

Août 2008
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
             
<< < > >>
cree son blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus