Malgré la pluie, une soixantaine de personnes ont participé à un rassemblement anti-Front National hier à Evreux.
La fille du fondateur du Front National, Jean-Marie Le Pen est venue hier inauguré dans la capitale de l'Eure le local de campagne du candidat permanent du Front National aux élections locales
(municipales, cantonales, législatives, régionales), Emmanuel Camoin.
Selon Paris-Normandie (nous n'étions pas sur place !), 200 personnes participaient à cette réunion. 200 personnes mais pas 200 eurois si l'on considère les nombreux véhicules immatriculés dans
d'autres départements garés à proximité et l'important (et peu sympathique) service d'ordre qui bloquait l'entrée de la salle Jules Janin et qui encadrait la réunion.
Ce sont d'ailleurs quelques jeunes au crâne rasé dans un véhicule venant du Calvados qui sont venus jouer la provocation place du Miroir d'eau, lors du rassemblement anti-FN.
C'est que, face à la venue de l'héritière Le Pen, les communistes avaient appelé à un rassemblement républicain, histoire de rappeler la longue tradition démocratique de la ville
et son esprit de résistance face à l'extrême-droite. L'hommage au résistant Pierre Sémard, fusillé à la prison d'Evreux en mars 1942, en est une belle et triste illustration.
Rapidement, d'autres forces se sont associées à l'appel du PCF, NPA en tête, mais aussi Gauche Unitaire, Parti de gauche, Ligue des Droits de l'Homme, UD CGT et même le Parti socialiste !
Ce sont une soixantaine de personnes qui ont bravé la pluie pour se rassembler sur Evreux, à un horaire compliqué pour tous les salariés (17 h 30)
notamment ceux qui travaillent et vivent hors Evreux.
Militants communistes et jeunes communistes (une bonne vingtaine) et militants NPA (une quinzaine) composaient le gros du rassemblement.
FN : un parti anti-républicain et anti-ouvrier
Pour tous, le Front National n'est pas le parti "en dehors du système" qu'il revendique, c'est avant tout un parti d'extrême-droite, c'est à dire un parti dont
le programme est politiquement à droite avec une composante extrémiste, que l'on retrouve dans ses propos cultivant la haine des étrangers, des syndicats et des institutions républicaines.
On ne saura rappeler les propos particulièrement agressifs de Le Pen lors du mouvement contre la réforme des retraites, en 2007 (c'est pas vieux !) qui voulait "envoyer l'armée... contre les
casseurs" que représentaient les manifestants !
Le changement de stratégie du FN, avec un discours d'apparence sociale, ne cache pas en fait des positions réelles toujours favorables au capitalisme. Mais un capitalisme replié
sur la France et sur le petit patronat, haine de l'étranger oblige !
C'est ainsi que sur le dossier actuel de l'Accord National Interprofessionnel, le FN tient d'un côté un discours opposé à cet accord mais rejette en même temps les forces
syndicales qui le combattent. Marine Le Pen et ses sbires mettent dans le même sac tous les syndicats, signataires et non signataires, une falsification des faits qui ne peut que désarmer la
riposte des travailleurs.
Sur le fonds du dossier, d'ailleurs, l'opposition du FN n'est pas si claire puisque Marine Le Pen déforme le contenu du texte en affirmant que seules les grosses entreprises bénéficieraient de
cet accord, histoire de dédouaner le petit patronat. Or, si les représentants des artisans (UPA) et des PME (CGPME) ont signé, c'est qu'ils sont aussi gagnants que les représentants
"généralistes" du patronat (MEDEF) dans ce dossier !
Antisocial, le FN est pour la suppression du SMIC, par exemple.
Antisocial, le FN est pour faire perdre leurs possibiltés d'action aux syndicats de travailleurs. C'est un classique de l'extrême-droite, cette haine des syndicats vus comme des
organisations "marxistes" qui organiseraient la lutte des classes ! D'ailleurs, les ancêtres du FN, sous le régime de Vichy du maréchal Pétain, avaient supprimé les syndicats et organisé des
"corporations" réunissant, par métier, les salariés et... leurs patrons !
D'extrême-droite, le Front National le reste encore, quoiqu'en dise la fille de l'ancien OAS Le Pen !
Entre un discours toujours violemment anti-immigrés, une participation active au mouvement anti-mariage pour tous main dans la main avec les catholiques
intégristes et l'extrême-droite néo-nazie des Identitaires, autant de données permanentes de ce mouvement qui le positionnent sur l'aile anti-républicaine de l'extrême-droite. Ce n'est pas pour
rien que Jean-Marie Le Pen parle régulièrement de "Ripou-blique" !...
Par ailleurs, le FN continue de fricoter au niveau européen avec tout ce que compte le continent de partis néo-fascistes et néo-nazis. Je ne parle pas seulement du bal néonazi
autrichien où s'est rendue Marine Le Pen il y a quelque mois mais bien des organisations et partis européens comme le Jobbik hongrois, ouvertement antisémite, anti-rom et doté d'une milice
portant la tenue et les insignes des combattants pronazis des années 40. De la même façon, début janvier lors de la manifestation contre le mariage pour tous, on notait la présence
du britannique Nick Griffin, dirigeant du British national Party, et député européen, dans le cortège du Front national. Ce type est un négationniste notoire,
condamné par la justice anglaise.
Amitiés néonazis à l'International mais discours plus mesuré en France : le FN tente de camoufler son identité d'extrême-droite derrière un masque social.
Mais comme extrême-droite ne rime pas avec honnêteté, les affaires de comptes en Suisse et d'évasion fiscale rattrapent actuellement le FN, par le biais d'un proche conseiller de
la fille Le Pen dans l'affaire Cahuzac et par le père Le Pen directement.
Gageons que si bientôt des données précises sur le compte en Suisse de Jean-marie Le Pen sortent dans la presse, le FN parlera de complot ! Comme d'habitude...
Pour les communistes, comme pour tous les républicains, il est important de maintenir la cohésion sociale du peuple français, sa capacité de vivre-ensemble, non seulement pour la
cohérence de notre Nation, mais aussi pour pouvoir répondre de manière coordonner et efficace aux menaces qu font peser les politiques capitalistes sur les droits sociaux et le niveau de vie des
français.
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