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  • : Andrée OGER, conseillère départementale communiste de Saint André de l'Eure
  • Andrée OGER, conseillère départementale communiste de Saint André de l'Eure
  • : Andrée OGER est maire honoraire de Croth, conseillère départementale de Saint André de l'Eure et chevalier de la Légion d'Honneur.
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Rendez-vous

Fête de l'Huma 2016

Vendredi 10, samedi 11 et dimanche 12 septembre
Parc du Bourget
3 jours : 35 €
    

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Salaires et pensions à la traîne, prix et loyers en hausse, profits et actionnaires qui explosent...

 

Front Uni 

contre la vie chère !

   

Campagne de pétition lancée par le PCF

pour exiger de meilleurs salaires, une hausse des minimas sociaux,

 pour exiger des baisses de TVA, un blocage des prix et des loyers

pour taxer les profits et le grandes fortunes
  

Demandez la pétition !

Signez la en ligne sur le site de la Fédération euroise du PCF : www.27.pcf.fr !

Participez au rassemblement devant Bercy (ministère des finances), vendredi 3 juin à 15 h !

Campagne contre la vie chère - affiche PCF 2011
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Contre la privatisation de La Poste !

Les communistes adhèrent au Comité Départemental de Défense de La Poste
(cliquez sur l'image !)  


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CRISE : que proposent les communistes ?







 

"Sarkozy a été élu par des pauvres qui se lèvent tôt pour aller faire la fête avec des riches qui se couchent tard".
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 Des idées, des vidéos, des sondages sur le site www.sortirdelacrise.tv 
 
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Texte libre

Je définirais la mondialisation comme la liberté pour mon groupe d’investir où il veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possibles en matière de droit du travail et de conventions sociales.

P.Barnevick, ancien président de la multinationale ABB. 

Pour moi, un réactionnaire c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui trouve que c’est dans l’ordre naturel des choses. Un conservateur, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui pense qu’on n’y peut rien. Un progressiste, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui trouve que c’est injuste. Un communiste, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui est prêt à faire pour eux ce qu’il ferait pour ses propres enfants.

Ibrahim,
Cuba, un soir lors d’une conversation inoubliable.

 

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« La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste.
La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique »

 

Karl MARX 

 

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Nouvelles permanences d'Andrée OGER :

 

 

 

Vous pouvez prendre rendez-vous avec Andrée OGER en contactant son secrétariat au 02.32.31.96.25

 

- Mairie de Saint André : les lundis de 17 h à 19 h

- Salle des Fêtes d'Ezy-sur-Eure: les vendredis de 17 h à 19 h

 

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Dernier tract des communistes
du sud de l'Eure

 (cliquer sur l'image)

 

  Tract St André Septembre 2013 - Recto

 Tract St André Septembre 2013 - Verso

 

 

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Ebuzzing - Top des blogs - Société

27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 09:38

Alors que le conflit libyen semble indécis, des bruits de bottes se font entendre du côté de la Syrie. La France s'engage de plus en plus clairement dans une politique sélective d'interventions en territoire étranger. Dans quel but ?

Depuis le début de l'année, le gouvernement français a fait le choix d'intervenir militairement dans deux conflits : en Côte-d'Ivoire et en Libye.

Même si, en Côte d'Ivoire, Sarkozy refuse de reconnaître l'implication de l'armée française dans la chute de Laurent Gbagbo, il faudrait être terriblement cynique pour nier le soutien complet apporté par notre gouvernement au camp opposé, celui d'Alassane Ouattara.

N'oublions pas qu'à l'origine, le résultat des présidentielles ivoiriennes avait été entaché d'irrégularités dans les deux camps selon les observateurs internationaux et que, si la réélection de Laurent Gbagbo prêtait à suspicion, celle d'Alassanne Ouattara n'était pas claire non plus. Depuis, la reconquête du pays par les partisans de Ouattara, surprenante de rapidité pour des troupes sensées être désarmées, s'est accompagnée d'un certain nombre d'exactions, notamment des exécutions sommaires de partisans de Gbagbo qui n'émeuvent pas la communauté internationale.

En Côte-d'Ivoire, d'aucuns affirment que le lâchage de Gbagbo par les français et les américains tiendrait plus à ses engagements pour une diversification des investisseurs étrangers qu'à ses actes politiques. Des mauvaises langues, sûrement.

En Libye, cela fait désormais de très longues semaines que nos bâteaux et avions sont en activité. Des conseillers militaires au sol sont venus rejoindre les conseillers anglais et nord-américains déjà présents.

De jour en jour, les troupes occidentales s'engagent plus avant contre les troupes gouvernementales libyennes, s'éloignant d'un texte de Résolution de l'ONU qui ne prévoyait que la défense des civils et pas le soutien aux troupes rebelles ni la tentative d'assassinat sur Khadafi. D'ailleurs, qui peut croire que les bombardements à Tripoli ne tuent que des militaires ?

On peut se demander quels autres soutiens, moins officiels, sont apportés aux rebelles libyens ? Ceux-ci affirmaient être à cours de munitions il y a déjà des semaines et ne bénéficient pas d'armes lourdes. Ils tiennent pourtant les lignes de front depuis.

Malgré tous ces efforts occidentaux et les sommes colossalles dépensées (un missile français coûte 350 000 € pièce !), la situation stagne et un haut responsable de l'OTAN est obligé de reconnaître que seule une solution politique règlera la situation.

Quand un militaire vous dit que la guerre ne règle pas les tensions et les conflits, c'est qu'il doit avoir de sacrés doutes !

Que cela ne tienne, notre petit Napoléon et son ministre de la guerre continuent d'affirmer que le conflit libyen touche à sa fin. Mais leurs velléités guerrières restent intactes et c'est désormais du côté syrien que se tournent les regards occidentaux. Après la Libye, la Syrie. Avant l'Iran ?

Sur la Syrie, justement, on apprend par le Washington Post, la semaine dernière, et par Wikileaks, dans la foulée, que les services secrets américains versent des millions de dollars depuis plusieurs mois à une chaîne satellitaire anti-syrienne (Barada) et auprès de groupes politiques d'opposition dans ce pays. Des infos qui n'ont pas dû arriver jusqu'aux oreilles des journalistes français. Tout comme ils n'ont pas dû entendre les accusations du gouvernement syrien sur des personnes accusées d'avoir tiré volontairement sur des policiers ou des soldats dans les villes de Deraa, Banias ou Homs pour créer des points de tension. C'est vrai que le gouvernement syrien ne dit forcément que des mensonges. A la différence des opposants, forcément.

Libye ou Syrie, ce qui semble au moins clair, c'est que la France, à la remorque des Etats-Unis, ne s'élève contre les répressions dans ces pays que pour de mauvaises raisons.

Car, sinon, pourquoi n'entend t-on pas pas notre gouvernement réagir de la même façon contre les répressions qui ont lieu depuis des mois dans l'émirat de Bahreïn ou au Yémen ?

Au Yémen, ce sont plusieurs morts par jour !

A Bahreïn, le pouvoir à envoyer la troupe et à appeler en renfort l'armée saoudienne pour mater la révolte populaire !

Et, dans ces deux cas, rien. Pas de réactions. Pas de sanctions. Pas de froncements de sourcils.

Le fait est que ces deux pays sont des alliés sûrs des occidentaux et que leur situation dans la pénisule arabique les rend économiquement et politiquement sensibles. L'instabilité politique près des gisements de pétrole, les occidentaux n'aiment pas. Mieux vaut des régimes dictatoriaux soumis aux occidentaux que des régimes démocratiques donc potentiellement moins favorables aux intérêts des compagnies pétrolières occidentales.

Ces régimes l'ont bien compris. A la différence de Saddam Hussein, en son temps, qui a joué avec le feu (pétrolier) alos qu'il bénéficiait d'une impunité internationale totale quand il s'agissait d'écraser les kurdes à coup de gaz chimiques ou quand il s'est agi d'attaquer l'Iran.

Non, définitivement, les raisons de notre engagement en Libye et les menaces contre la Syrie n'ont rien à voir avec la démocratie ou la paix !

Les exemples irakiens et afghans devraient nous apprendre qu'une intervention militaire est toujours la pire des solutions et qu'elle crée de nouvelles tensions, de nouveaux extrémismes, au lieu de résoudre les problèmes.

Dans les semaines qui viennent, méfiez-vous des nouvelles concernant la Libye ou la Syrie ! En période de guerre, les grands médias redeviennent ce qu'ils sont : des armes de propagande au bénéfice du pouvoir.

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 13:19

 

L'Amérique comme elle va. A la dérive, loin des clichés sur la première démocratie du Monde. Le rêve américain s'est évanoui au réveil. Comme le tigre celtique (l'Irlande), les Etats-Unis sont en plein marasme.par Sophie Chapelle


 

 

Environ 5.700 enseignants des écoles publiques de Detroit (Michigan) s’apprêtent à recevoir leurs avis de licenciement. Soit tous les enseignants de la ville... en attendant de voir combien pourront être effectivement reconduits l’an prochain dans leur poste, en fonction du nombre de scolaires inscrits à la rentrée 2011. Ces avis de licenciement prendront effet le 29 juillet prochain. Depuis 1997, Detroit a perdu environ 100.000 élèves et n’en compterait plus aujourd’hui que 74.000. D’après Robert Bobb, nommé d’urgence directeur financier pour les écoles publiques par la ville de Detroit, ce nombre pourrait descendre à 56.500 d’ici à 2014. Les mesures d’austérité dans le secteur de l’éducation depuis plusieurs mois n’ont pas réussi à éponger le déficit municipal de Détroit qui culmine à 327 millions de dollars. Le maire, David Bing, se retrouve pris en étau par les banques qui prélèvent toujours plus d’intérêts pour financer la dette de la ville. Celle-ci dépasse le milliard d’euros. Les services publics sont les premiers touchés par cette situation : des coupes drastiques sont opérées notamment dans le budget des transports. Durant l’été 2009, près de 29 écoles publiques ont été contraintes de mettre la clé sous la porte, malgré les protestations des habitants des quartiers concernés. Pour Grace Lee Boggs, figure du mouvement pour les droits civils et les droits des femmes, « ces mesures financières d’urgence violent les droits démocratiques. Ce dont nous avons besoin, c’est de débattre de nos obligations et de nos responsabilités comme citoyens pour définir, créer et soutenir le bien commun ».

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 09:17

Voici un article du suisse Julien Sansonnens datant d'octobre 2008 qui montre comment les théories ultralibérales de l'école de Chicago, autour de l'économiste Milton Friedman, ont été d'abord testées au Chili avant d'être appliquées aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

Pour ceux qui n'auraient pas le temps ou l'envie de lire tout le texte, je vous invite à lire attentivement la troisième partie, sur les conséquences sociales de l'ultralibéralisme. Vous y retrouverez un petit air de sarkozysme, autant dans la méthode (réformes fortes et violentes qui se suivent continuellement, comme des coups de boxeur) que dans le fond idéologique, libéral et antidémocratique.

Cet article permet par ailleurs de démonter le discours qui veut isoler les régimes qui se disent "démocratiques" des régimes dictatoriaux en système capitaliste : les uns s'appuient sur les autres en économie mondialisée ; les capitaux n'ont pas de patrie et les multinationales sont là où elles epuvent faire des bénéfices.

Si le bilan social est qualifié de désastreux, c'est de manière globale car les milieux aisés, eux, connaissent une explosion de leurs richesses. Après tout, c'est le but de l'ultralibéralisme.

Solidaire


On attribue souvent aux régimes de Ronald Reagan et Margaret Thatcher d’avoir été les premières expériences d’un « néolibéralisme réellement existant ». C’est oublier que six ans avant l’arrivée au pouvoir de la dame de fer, le général Pinochet, avec le concours plus ou moins direct de la CIA, renversait le pouvoir démocratique au Chili et imposait par une dictature militaire les préceptes économiques libéraux de l’école de Chicago. On comprend aisément que les croisés du marché ne s’y réfèrent guère: cette nouvelle « révolution conservatrice » n’a pas débuté dans les urnes, mais dans le sang, la répression, la torture et la terreur.

Coup d’Etat contre la démocratie
En 1970, le peuple chilien plaçait au pouvoir son premier président élu sur un programme socialiste, Salvador Allende. Très populaire, porté par un engouement inédit, il mit en place un nombre important de réformes progressistes, parmi lesquelles la légalisation du divorce, le renforcement des politiques sociales, la redistribution des terres en faveur des paysans pauvres ou la nationalisation sans indemnités des mines de cuivre. Cette dernière mesure, à proprement parler révolutionnaire, suscita immédiatement une vive réaction des Etats-Unis de Richard Nixon: à son ambassadeur au Chili, la président américain ira jusqu’à déclarer qu’« il faut écraser ce fils de p… le plus tôt possible », tant la perspective d’une expansion de la démocratie en Amérique du sud, potentiellement défavorable aux intérêts commerciaux et industriels étasuniens, apparaissait comme inacceptable aux yeux de Washington. Afin d’empêcher toute expansion de cette « tâche d’huile démocratique », la CIA renforça ses opérations de déstabilisation du régime Allende – entamées dès les années soixante contre les mouvements progressistes – afin d’alimenter un climat propice à un coup d’Etat conservateur. Ces manœuvres culmineront après l’élection d’Allende par la mise en place d’un blocus économique, le financement de groupes armés d’extrême-droite ou l’organisation d’opérations de sabotage, à l’image de la grève des camionneurs de 1972. Dans un contexte économique difficile et sur fond de divisions de la gauche chilienne, elles contribueroint à la chute du régime démocratique et à la prise du pouvoir par le général Pinochet, lors du coup d’Etat du 11 septembre 1973, le plus sanglant qu’ait connu l’Amérique du sud au XXe siècle.
Parmi les premières mesures prises par la junte nouvellement à la tête du pays, mentionnons la dissolution du Congrès national, l’abolition de la liberté de la presse, l’interdiction des syndicats et partis politiques ou l’instauration de la peine de mort pour les grévistes de certains secteurs. Cette dictature, qui durera dix-sept ans, tuera, torturera et emprisonnera des milliers de citoyens, pendant que l’opération Condor soutenue par la CIA s’employait, au Chili comme dans les autres régimes autoritaires d’Amérique latine, à réprimer dans le sang toute contestation politique, sur fond d’hystérie anti-communiste.

Autoritarisme politique et néolibéralisme
Bien avant que le général Pinochet ne mène l’offensive militaire, c’est une autre bataille, économique et idéologique, qui avait été préparée, de sorte qu’au soir du 11 septembre, les fondations intellectuelles et théorique du projet néolibéral étaient déjà posées. C’est en effet dans les années 50, en réaction au keynésianisme alors dominant, qu’un certain nombre d’intellectuels entreprirent un véritable projet de refondation libérale autour notamment de la pensée économique de Milton Friedman. Dès 1956, une vingtaine d’étudiants en économie chiliens furent formés à cet effet au monétarisme et au libre marché, dans le cadre d’un programme d’échange avec l’Université de Chicago. Connus comme les « Chicago boys », proche des milieux conservateurs chiliens, ils furent chargés par la junte d’appliquer les contre-réformes économiques enseignées par Friedman, lequel d’ailleurs se rendra à Santiago en mars 1975 pour conseiller personnellement le régime militaire. Cette congruence entre un régime politique autoritaire et la mise en place de politiques économiques ultra-libérales ne doit rien au contingences historiques: le projet économique des Chicago boys comprenait des mesures tellement radicales et violentes que, selon Naomi Klein (auteur de « La Stratégie du choc, la montée d’un capitalisme du désastre »), elles n’auraient pu être menées dans aucun pays démocratique en raison de leur impopularité et des résistances populaires: c’est bien sur un Etat fort que s’est bâti le paradigme néolibéral. Partant de là, la journaliste avance dans son dernier ouvrage la thèse de l’utilisation politique d’une véritable « doctrine du choc » permettant l’imposition de contre-réformes radicales à la faveur d’un événement ou d’une crise particulièrement violente, propre à « anesthésier » les résistances populaires à la domination capitaliste (un coup d’Etat, un attentat, une catastrophe naturelle, …) Dans le cas du Chili, comme le dira Serge Halimi, « la dictature militaire offre [aux Chicago boys] une discrétion totale qui leur permet d’agir à leur guise en utilisant les Chiliens comme des souris de laboratoire » (Le Grand Bond en arrière, p. 359).

Conséquences sociales de la « thérapie de choc » néolibérale
Parmi les « expériences » économiques menées dès 1974, la junte privatisera nombre d’entreprises d’Etat, coupera drastiquement dans les budgets sociaux ou imposera la retraite par capitalisation, ceci d’une manière volontairement brutale et rapide : Friedman lui-même prônait une telle stratégie du choc pour rendre possible les contre-réformes néolibérales (Klein, p. 67)
Les conséquences sociales des nouvelles politiques économiques seront désastreuses pour le pays. Le taux de chômage passera ainsi de 4.8% sous Allende à 17.9% en 1978, puis 31% en 1983 (Marie-Noëlle Sarget, Histoire du Chili, 1996). Sans surprise, les disparités sociales s’accentuèrent: entre 1972 et 1977, le revenu des salariés dans le PIB passa de 64% à 38%, tandis que les 5% de chiliens les plus riches voyaient leurs revenus exploser (passant de 25% du PIB en 1972 à 50% en 1975). Dès les premières années du régime, une grande partie de la population fut plongée dans la misère, pendant que la mortalité infantile progressait. Si le pays connut une croissance importante, celle-ci profita principalement aux plus fortunés, dans un contexte de liquidation des conquête syndicales : le « miracle chilien » s’est ainsi réalisé au profit des privilégiés. Entre 1974 et 1989, les revenus des 10% des ménages chiliens les plus riches augmentèrent 28 fois plus vite que les 10% des ménages chiliens les plus pauvres. Au-delà des conséquences strictement économiques, la thérapie de choc néolibérale eut également (et continue de produire) des effets désastreux sur les solidarités traditionnelles, fragilisant considérablement le tissu social.

L’héritage de Friedman
Que reste-t-il du projet néolibéral ? Il est piquant de souligner qu’aujourd’hui, dans l’un des lieux centraux de sa conceptualisation, le néolibéralisme est fortement délégitimé. Ainsi, en juin 2008, quand le président de l’Université de Chicago annonça la création d’un « institut Milton Friedman » doté de 200 millions de dollars, plus de 100 professeurs de cette même Université publièrent une lettre de protestation, indiquant que « Les effets de l’ordre global néolibéral, construit largement à la faculté d’économie de l’Université de Chicago, n’ont en aucun cas été uniquement positifs. Pour beaucoup, le néolibéralisme a eu des effets négatifs sur la majorité de la population mondiale ». On ne saurait mieux dire. Même au coeur du pouvoir politique étasunien, les langues se délient, des tabous tombent: en février 2003, Colin Powell, alors secrétaire d’État, a déclaré : « Je ne suis pas très fier de ce que nous avons fait au Chili dans les années 1970 et de notre rôle dans ce qui s’est passé avec M. Allende. Cette époque ne fait pas partie de l’histoire étatsunienne dont nous pouvons nous vanter. »

Julien Sansonnens

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 08:45

Interview avec Hidekatsu Yoshii, député communiste et responsable nucléaire pour le Parti communiste japonais  

Hidekatsu Yoshii affirme que l’arrogance du groupe privé Tepco a aggravé les conséquences de l’impréparation face à la catastrophe nucléaire qui a touché la cote Est Japonaise.

Quel est, à l’heure actuelle, le bilan des effets du séisme et du tsunami?

En termes géographiques, 20% du territoire national a été touché par la catastrophe. Près de 520 000 personnes ont été évacuées. Le nombre de morts et de disparus est évalué, en ce moment, à plus de 11 500.

Le gouvernement japonais a-t-il réagit rapidement et de façon appropriée ?

La mobilisation réalisée par les autorités n’a pas été à la hauteur des attentes des populations. Ni la TEPCO, l’entreprise qui gère la centrale de Fukushima ni le gouvernement n’avaient imaginé un scénario catastrophe de cette ampleur. Ils n’étaient pas vraiment préparés à une situation telle qu’elle qu’elle s’est produite. La TEPCO s’est déclarée convaincue que ses centrales étaient 100% sûres. Cette multi-nationale a vécu sur le mythe d’une sécurité absolue. Cette arrogance a aggravé les conditions d’impréparation face à la catastrophe.

Comment évaluez-vous la gravité de cette catastrophe nucléaire ? Est-il approprié de la comparer à Tchernobyl ?

Après ce séisme de magnitude 9, toutes les centrales nucléaires ont arrêté de fonctionner. Les réacteurs se sont arrêtés automatiquement. Mais tout de suite après, les problèmes ont commencé surtout à la centrale de Fukushima Daiichi, qui représente aujourd’hui un problème. Quand le séisme s’est produit, seuls les réacteurs 1, 2 et 3 étaient en activité. Les réacteurs 4, 5 et 6 étaient en maintenance. Mais bien qu’ils se soient arrêté, les barres de combustible nucléaire ont continué à diffuser de la chaleur. Quand cela a lieu, et si rien n’est fait, la température grimpe et apparaît le risque de fusion du noyau du réacteur. On ne peut pas se passer du système de refroidissement. Mais le séisme a endommagé la pompe qui alimente en eau le centre de refroidissement. Le circuit d’urgence a été mis hors d’état par le tsunami. Le moteur d’urgence s’est arrêté, interrompant le système secondaire d’injection d’eau pour le refroidissement. Par conséquent,  mises à nu, les barres de combustible ont surchauffé, provoquant une augmentation de la pression. La technologie utilisée à Fukushima est très différente de celle utilisée à Tchernobyl. Mais laisser dans ces conditions les barres de combustible en fusion dans le noyau du réacteur peut avoir des conséquences incalculables.

Le séisme et le tsunami peuvent-ils seuls expliquer ce catastrophe nucléaire ? Y-a-t-il responsabilité de l’entité en charge de l’installation ?

Du point de vue de la géographie et de la géologie, nous avons une histoire faite de séismes. Par conséquent, on peut se demander si il est adéquart de construire des centrales nucléaires au Japon. La TEPCO, tout comme le gouvernement, a affirmé sa conviction dans la supériorité de la technologie utilisée. Ils ont défendu, tous ensemble, le mythe de la sécurité nucléaire du Japon. Le Parti communiste japonais (PCJ), au contraire, a toujours mis en garde contre la menace de séismes et ses possibles conséquences en terme de sécurité nucléaire. Face à ce type de mises en garde, la TEPCO et le gouvernement ont toujours affirmé leur confiance dans les systèmes d’urgence existants. Mais sous l’impact du tsunami, toutes les digues ont cédé. C’est tout un ensemble de défaillances, et leur réaction en chaîne, qui ont conduit à cet incident nucléaire.

La TEPCO a une longue histoire d’occultation des incidents nucléaires. Cette multi-nationale a-t-elle fait passer les profits avant la sécurité ?

La TEPCO n’avait réagi que tardivement à l’incident nucléaire précédent, qui s’est produit en 1999, au réacteur de Tokai-Mura, probablement pour cacher quelque chose. Cette opacité, cette culture du secret autour de la filière électro-nucléaire s’est aggravée après le 11 septembre 2001, au nom de la « lutte contre le terrorisme ». La TEPCO a tardé à divulguer des informations. Quand la pression a augmenté  à l’intérieur du réacteur, circonstances dans lesquelles il devient nécessaire de dégager des vapeurs radio-actives, dans un premier temps ils n’ont rien fait ni rien dit, craignant que vienne à être détecté un niveau anormal de radio-activité. C’est la raison pour laquelle ils ont laissé les vapeurs s’accumuler dans la centrale jusqu’à la limite. C’est ce qui a provoqué l’explosion. Dès le début, la TEPCO a cherché à occulter le non-fonctionnement des systèmes de refroidissement. Second problème : l’entreprise a hésité initialement à injecte de l’eau de mer pour refroidir le combustible, de peur de le mettre hors d’état. Tous les silences et les grands écarts de la TEPCO s’expliquent par son obssession du profit. Lors de chaque accident, chaque événement malheureux, ils ont menti à la population. Mais cette fois, ils n’ont aucun échappatoire. La responsabilité de cette entreprise est directement mise en cause.

A ce stade, quelles pourraient être les conséquences pour la population et pour l’environnement?

Les communautés humaines sont face à un triple choc: séisme, tsunami, catastrophe nucléaire. Nous avons l’expérience de Hiroshima et Nagazaki. Nous connaissons l’impact dramatique des radiations sur les êtres humains, sur la nature, sur l’agriculture. Pour toutes ces raisons, le PCJ propose un abandon progressif du nucléaire et un investissement massif dans les énergies renouvelables.

Comment le Japon peut se remettre d’un tel cataclysme? De quelle solidarité internationale a-t-il besoin ?

Il est nécessaire d’aider les centaines de milliers de personnes, qui ont tout perdu, à reconstruire leur vie. La communauté internationale a déjà fait preuve d’une grande solidarité, avec l’envoi d’équipes de sauvetage et d’équipes médicales. Nous en sommes très reconnaissants. Dorénavant, il sera nécessaire de reconstruire l’économie japonaise sur de nouvelles bases, avec de nouvelles politiques énergétiques, en contrôlant les multi-nationales qui font table rase de tout au nom du profit maximal.


Commentaire :

Le Parti communiste japonais est l'un des plus grands partis communistes d'opposition au monde avec 400 000 adhérents.

Aux élections de 2009, il a recueilli près de 5 millions de voix et 7,03 %, conservant ses 9 députés dans un contexte de poussée médiatisée du Parti libéral démocrate, présenté comme une alternative sociale, ce qu'il n'est pas.

Le PCJ connait une forte vague d'adhésions notamment dans la jeunesse qui comprend ,avec la crise, les limites d'un système social basé sur la réussite individuelle et la précarité professionnelle. Son poids social progresse également grâce aux syndicats indépendants et professionnels.

Opposé depuis toujours au nucléaire, civil comme lilitaire, le Parti communiste japonais organise d'importantes actions de solidarité avec les régions touchées par le séisme et le tsunami, en s'appuyant notamment sur les communes qu'il gère (voir photos).

PCJ---2009.jpg

PCJ---2011---solidarite-tsunami.jpg

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 09:11

Andrée Oger s'est exprimée publiquement en faveur des élus de l'agglomération d'Evreux sanctionnés par le maire d'Evreux après leur refus de voir instauré un nouvel impôt sur le dos des ménages.

Au lendemain des élections cantonales (le 28 mars), Michel Champredon, maire d'Evreux et Président de l'Agglomération d'Evreux faisait voter par le conseil d'agglo une nouvelle taxe pour compenser la disparition de la Taxe Professionnelle (TP) et permettre le financement d'un certain nombre de grands projets.

Le danger de cette taxe, les communistes l'annoncent depuis que la droite de Sarkozy a lancé le projet de supprimer la TP, suppression réalisée l'an dernier. Un véritable transfert de charges des entreprises vers les salariés, dans la logique de toutes les mesures fiscales de la droite.

Aujourd'hui, c'est vers les ménages que se retournent un certain nombre de collectivités pour obtenir de nouveaux financements d'où son surnom de "Taxe ménages". Un nouvel impôt qui coûtera près de 140 € par foyer ! Les communistes sont contre depuis le début. Ils rappellent que le programme sur lequel ils ont été élus, avec Michel Champredon, ne prévoyait pas de création d'un nouvel impôt !

C'est donc logiquement que les communistes d'Evreux et de son agglomération, avec leurs élus, se sont exprimés AVANT ce vote CONTRE cette nouvelle taxe.

Lors du conseil d'agglomération du 28 mars, avec les élus communistes d'Evreux, ce sont 32 élus de l'agglomération qui ont voté contre ou se sont abstenus sur la question de la création de ce nouvel impôt.

Il n'en n'a pas fallu plus pour que le maire d'Evreux prenne des sanctions contre trois élus qui se sont vus retirer leurs délégations au sein de l'agglomération. Sophie Buquet-Renollaud, Claude Béhar et Thierry Desfresnes.

Michel Champredon est déjà coutumier du fait puisqu'il avait déjà sanctionné trois élus communistes en novembre 2009 pour la même raison, leur refus de cette taxe. A l'époque, Thierry Desfresnes (déjà !), Laurence Chapelle et José Laheye avaient dû batailler ferme avec le soutien de centaines d'ébroïciens pour ramener le maire d'Evreux à la raison.

Cette fois-ci, rebelote.

Notez-bien que les élus sanctionnés n'ont pas bloquer le budget de l'agglo ! Deux budgets étaient proposés : celui avec la nouvelle taxe, soutenu par le maire, et un budget alternatif, sans taxe et avec moins de projets grandioses. C'est ce dernier qu'ont soutenu les élus sanctionnés. Pourquoi en proposer deux si les élus ont obligation de voter comme le chef ?

Une fois encore, c'est la démocratie qui trinque ! En mettant en plus des sanctions financières dans le débat, Michel Champredon joue un jeu dangereux qui risque de décrédibiliser un peu plus son équipe et de salir l'image de la gauche en général.

C'est bien pourquoi, avec les élus sanctionnés et les communistes d'Evreux, Andrée Oger a fait le choix de soutenir ces élus et de demander publiquement la levée des sanctions prises contre eux. Par ce soutien, Andrée Oger, qui connait bien les difficultés sociales des eurois, marque également son refus d'une nouvelle taxe qui va ponctionner des familles durement touchées par l'austérité salariale et l'explosion des prix.

Alors, une nouvelle fois, avec Andrée Oger, soutenons les élus d'Evreux sanctionnés par Michel Champredon !

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 09:44

A quoi bon s'escrimer à rédiger un billet d'humeur ou un article quand on trouve sur le net des articles si intéressants ?

Je sais, en cette période de vacances pascales, cela ressemble à de la flemme. Mais, que voulez-vous ? Les révolutionnaires que nous sommes ont parfois besoin de repos, eux aussi !

Bref ! Voilà un article sur le livre du journaliste Eric Laurent traitant des délocalisations.

J'ai grisé quelques paragraphes qui résument parfaitement le sujet.

Je rajouterai juste que ce suicide économique que représente la politique de délocalisation est une conséquence directe de la prise de pouvoir de la sphère financière sur la sphére économique. Le bénéfice immédiat devenant le seul critère de gestion des entreprises, c'est la fuite en avant qui entraine les délocalisations et l'abandon des politiques de recherche industrielle ou d'investissements productifs.

Le capitalisme est une bête malade qui dévore ses propres entrailles et qui amène les pires maux de nos sociétés : chômage, misère, violences sociales, trafics mafieux, guerres impérialistes, destruction irrémédiable de notre environnement,...

Dans le domaine vétérinaire, quand une bête est à ce point malade et dangereuse, on l'achève.

Il faudrait peut-être penser à achever le capitalisme. Pour le bien de l'humanité.

Solidaire


 

Bernard GENSANE, "Le Grand Soir"


Ce livre remarquable est bien la preuve que, pour l’hyperbourgeoisie, la crise n’est pas le problème, c’est la solution.

Éric Laurent n’appartient pas à la gauche. Il est parfois complaisant (voir ses livres sur Hassan II ou Konan Bédié). Mais dans le métier, on dit de lui qu’il est un “ journaliste d’investigation ”, c’est-à-dire … un journaliste. Un vrai.

Sa dénonciation des délocalisations, par les patronats étatsunien et français en particulier, est puissamment documentée et offre une mise en perspective exceptionnelle de ce problème économique, social et humain. Les capitalistes occidentaux ont cru qu’en délocalisant ils allaient se servir de la Chine ou de l’Inde en qui ils ne voyaient que des pays tout juste bons à fabriquer des t-shirts ou des jouets à deux balles. Ils comprennent désormais que ces pays dits “ émergents ” se servent d’eux. Même Wal-Mart, cet immense empire de la distribution qui avait fait plier les gouvernements étatsuniens successifs, est désormais soumis aux logiques industrielle et commerciale des Chinois (l’auteur consacre un chapitre édifiant aux ravages que l’entreprise des Walton a commis dans la société étatsunienne). Pourquoi la Chine ? Parce que, rappelle Éric Laurent – et c’est là une remarque frappée au coin du bon sens, ce pays a été la première puissance mondiale pendant dix-huit des vingt derniers siècles. Pourquoi l’Inde ? Parce que lorsque les Français et les Anglais (qui l’ont oublié) se disputaient ce pays au XVIIIe siècle, son économie était plus puissante que la leur. Retour des choses.

Les responsables des délocalisations ne sont pas les Chinois, mais bien le monde des affaires occidental qui, souligne d’emblée l’auteur, « ne s’est jamais révélé aussi hostile aux intérêts des travailleurs ». Les responsables sont au premier chef les entrepreneurs du CAC 40 qui ont fait passer la part des emplois en France de 50 à 32% de leurs effectifs totaux. Délocaliser, c’est commettre un “ crime de bureau ”, pour reprendre la célèbre expression utilisée lors du procès Papon. Cela signifie des salaires réduits, moins d’impôts pour financer l’éducation ou la santé, un déclin généralisé et une perte irrémédiable de souveraineté.

Au sein de l’Europe, les grands groupes pratiquent également la “ délocalisation sur place ” en important des travailleurs de pays européens à la main-d’œuvre bon marché. Comme France Télécom qui a recruté récemment des Portugais sur des contrats de deux ans. La complicité des pouvoirs publics est totale : l’Union européenne, les États, les régions financent les entreprises qui cherchent à délocaliser, avec l’argent même des contribuables. En dix ans, l’emploi industriel a baissé en moyenne de 15% dans l’Union européenne, et de 20% en France.

Le déclin des États-Unis et de l’Europe s’accélère. En 2010, plus de la moitié de la croissance mondiale a été assurée par les pays émergents, dont un tiers pour la Chine. Une des raisons de cette avancée fulgurante est que les entreprises occidentales de pointe n’hésitent pas, parce qu’elles visent le court terme, à opérer des transferts de technologie, à brader leur savoir-faire aux Chinois ou aux Indiens. C’est le cas de Texas Instruments, installée à Bangalore depuis quinze ans. Ou d’Alsthom qui a été contraint, en toute illégalité, d’abandonner une partie de son know-how aux Chinois qui vendent désormais des trains à grande vitesse à prix cassés. IBM n’est pas morte, mais elle emploie plus de 40000 salariés en Inde. Les Chinois ou les Indiens n’ont plus besoin de racheter des firmes occidentales puisque ces firmes ont « programmé leur suicide » en transférant leur recherche-développement en Asie. 60% des firmes occidentales de haute technologie ont délocalisé leurs emplois. C’est ainsi que les puces électroniques des avions F 16 sont fabriquées en Chine. Comme disait Lénine, « Le jour où nous voudrons pendre les capitalistes, ils nous vendrons eux-mêmes la corde pour le faire. »

L’auteur rappelle que le monde des affaires a toujours été fasciné par les régimes forts. Parmi d’autres étatsuniens, la famille Bush a travaillé avec l’Allemagne nazie. Ikea faisait fabriquer ses meubles en Pologne dès les années soixante. Aujourd’hui, l’Indien Tata – ressortissant d’une authentique démocratie politique – envisage d’implanter sa production automobile en Chine. Le fin du fin est d’installer physiquement une usine dans un État fort, puis, par le biais de succursales multiples et autres entourloupes légales, de localiser les bénéfices dans un pays à faible fiscalité et de déclarer les pertes dans un pays à fort taux d’imposition sur les sociétés.

Toujours en avance d’un quart d’heure, les États-Unis ont innové : non seulement les entreprises, mais également le gouvernement fédéral et les États délocalisent (Yes, they can). Lorsqu’un travailleur de l’Indiana perd son emploi, il compose un numéro officiel et, à l’autre bout du fil, un Indien (sic) lui explique les démarches à effectuer et les droits dont il peut se prévaloir. Dans les faits, cet Indien est rétribué par les impôts que paye le chômeur. C’est ainsi que les États-Unis ont perdu plus d’un million d’emplois au profit de l’Inde. En France, le nombre réel de personnes sans emploi véritable avoisine six millions. Dans un récent article (http://www.legrandsoir.info/Ikea-au...), David Macaray expliquait ici-même comment – autre retour des choses – Ikea avait fait des États-Unis une terre de délocalisation, un pays du Tiers-Monde pour le dire vite. Ainsi donc, nos sociétés sont entrées dans un cycle infernal : « En abaissant les salaires et en accentuant les délocalisations, les entreprises affaiblissent la demande intérieure. Elles n’ont pas compris qu’en se débarrassant de leurs salariés elle perdraient leurs consommateurs. » Le pire est que ces mêmes entreprises fuient à l’étranger en exigeant des subventions payées par les gens qu’elles mettent au chômage. Notre système économique en est venu à «  détester ceux qui ont un emploi et plus encore ceux qui l’ont perdu. »

Les pouvoirs politiques sont complices : ils ne protègent plus du tout les travailleurs. Ils observent sans réagir les déqualifications, l’abaissement des salaires, le travail à bas coût. La politique européenne est aussi absurde que criminelle : « Elle s’offre à la concurrence internationale tout en pratiquant une politique interne de la concurrence, tatillonne, qui interdit à ses États membres de fournir à leurs industries un soutien public. Comme c’est le cas en Chine ou aux États-Unis. »

Que se passera-t-il lorsque la mariée sera devenue vraiment laide ?

Paris : Plon, 2011.

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 09:00

C'est "le Canard Enchaîné" qui lache la bombe ce matin. Liliane Bettencourt, première fortune de France, ne sera imposée qu'à 4 % de ses revenus. Merci qui ?

Pendant un an ou deux, révèle "le Canard enchaîné", la femme la plus riche de France verra «sa ponction fiscale divisée par quatre, passant (pour l'impôt sur le revenu et l'ISF) de 40 millions, en 2010, à 10 millions. A comparer avec des revenus tournant autour de 250 millions». ce qui représente «un taux d'imposition direct global d'environ 4 % de ses revenus effectifs, soit le taux appliqué à un contribuable touchant 1 300 euros net par mois», selon le journal. 

Première chose, un revenu annuel de 250 millions d'euros, ça laisse rêveur. Ou ça vous met en colère ! 250 millions d'euros par an, c'est plus de 20 millions d'euros par mois. Avec un SMIC mensuel brut (avant les charges sociales) à 1 365 euros, Liliane Bettencourt gagne donc l'équivalent des revenus mensuels bruts de 14 652 salariés payés au SMIC !

Petite précision pour ceux qui considèreraient que "elle le vaut bien" : Liliane Bettencourt n'a jamais travaillé de sa vie ; elle a seulement hérité sa fortune de son père (Eugène Schueller) et c'est une armée d'avocats qui a fait fructifier son capital.

Voilà une conséquence pratique des réformes fiscales menées par Nicolas Sarkozy et son gouvernement UMP - Nouveau Centre ! Combien y aura t-il d'autres Liliane ?

Et pour ceux qui, par ailleurs, imagine que le Front National ferait mieux, nous leur rappellerons que le Front National est pour la suppression de l'Impôt de Solidarité sur la Fortune (que paye le fondateur de la maison Le Pen) et pour la suppression du SMIC. Sarkozy puissance deux.

A la baisse : les impôts de Liliane et le pouvoir d'achat des fonctionnaires

Pendant ce temps là, le gouvernement annonce sans sourciller que le salaire des fonctionnaires sera bloqué pour l'an prochain. Bloqué, cela veut dire que les fonctionnaires vont perdre du pouvoir d'achat car il faut tenir compte de l'inflation, notamment des hausses de l'énergie et de l'alimentation dont nous parlons souvent sur ce blog.

Le blocage des salaires des fonctionnaires, cela signifie que 5 millions de salariés vont donc perdre des revenus soit à peu près autant de familles. Il s'agit peut-être d'une technique mystérieuse des penseurs libéraux pour relancer la consommation des ménages ? Il est plus probable que ce gel des salaires, qui arrive après plusieurs années de surplace, entraine une nouvelle baisse de la consommation (1 salarié sur 6 est concerné !) donc aggrave la crise, notamment dans le commerce et l'artisanat. Et puisque l'on parlait SMIC, n'oublions pas que des dizaines de milliers de fonctionnaires sont payés au SMIC, avec les difficultés que cela entraine pour faire vivre une famille.

Tension sur les prix de l'électricité

Le dernier carré de partisans de Nicolas Sarkozy, retranché dans les beaux quartiers, va certainement argumenter que le gouvernement agit sur les prix, notamment avec l'annonce du blocage des prix de l'électricité. Vaste fumisterie que cette annonce après une hausse de 6 % des tarifs d'EDF en une année, près de trois fois l'inflation ! Et cela sans aucune garantie que ces tarifs ne reprendront pas leur course folle après... les présidentielles.
Ahh !... L'ouverture du marché de l'électricité à la concurrence !... On allait voir ce qu'on allait voir : le consommateur allait voir dégringoler les prix. Comme pour la téléphonie, appels ou renseignements, les banques et les assurances : la privatisation et la concurrence, c'est le paradis pour les usagers qu'ils disaient.

Les seuls qui ont le sourire aujourd'hui, dans le secteur énergétique comme dans la téléphonie ou le secteur bancaire, ce sont les actionnaires.

Il y a au moins une constante dans la politique de la droite, sous Sarkozy comme sous Chirac, c'est qu'elle est aux petits soins pour les grandes fortunes, financières ou industrielles. Tout est fait depuis des décennies pour ouvrir de nouveaux marchés aux capitaux en privatisant et en supprimant des fonctionnaires, ou pour accroître les revenus des plus riches, en multipliant les cadeaux fiscaux et en comprimant les salaires.

On comprend mieux pourquoi les gens comme Liliane Bettencourt, Martin Bouyghes ou Vincent Bolloré, la bande du Fouquet's en clair, sont si proches de Nicolas Sarkozy !

Avec un taux d'imposition de 4 % pour la deuxième fortune féminine mondiale, ça y est, c'est sûr ! La France est enfin bien placée en terme de fiscalité au niveau mondial !

Allez Nico, encore un effort ! A 0 %, nous pourrons nous retrouver classés dans la rubrique des paradis fiscaux !

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 09:28

La crise du capitalisme est loin d'être finie... pour les travailleurs. Si les dividendes aux actionnaires montent, les Etats, eux, serrent les vis et les prix à la consommation grimpent en flèche.

Hier soir, les médias annonçaient que la Grèce serait probablement dans l'incapacité de rembourser les énormes sommes versées par le FMI et l'Europe pour stabiliser son économie et, indirectement, sauver l'euro. En effet, si la croissance grecque est au mieux attendue à 2 % par an, il faudrait qu'elle dépasse les 10 % pour permettre à ce pays de rembourser dans les temps sa dette publique.

L'incohérence du capitalisme prend toute sa réalité dans l'exemple grec : comment permettre à un pays de sortir de la crise quand les mesures d'austérité qui accompagnent le versement de fonds européens entrainent des dizaines de milliers de licenciements, la baisse des salaires des fonctionnaires et des pensions des retraités ?

Ces programmes de super-austérité constituent une véritable fuite en avant dont on sait par avance qu'ils seront un échec sur le plan économique et un désastre sur le plan social. Pour cela, pas besoin d'être devin ou fort en économie ! Il suffit de regarder le bilan de trente ans de politiques de contrôles des dettes publiques en Afrique et en Amérique latine pour en voir les conséquences négatives ! Déjà dans ces pays, ce sont le FMI et la Banque Mondiale qui étaient aux manettes.

FMI et Banque Mondiale, les deux "docteurs" occidentaux de la crise, font penser aux médecins dans les pièces de Molière avec, comme seul leitmotiv, la purge. Un "remède" qui affaiblit encore plus un patient à qui on préconise ensuite... une nouvelle purge.

L'austérité ne réglant jamais les conséquences d'une crise, voilà désormais le Portugal entrainé sur la même pente que la Grèce. Deux ans de forte austérité ont affaibli le pays et c'est désormais l'Union européenne et le FMI qui sont appelés au chevet du patient portugais. Comme en Grèce. Et comme en Grèce, c'est à l'unisson que les forces politiques soutiennent les mesures qui s'annoncent, depuis les sociaux-démocrates jusqu'à la droite conservatrice. Et comme en Grèce, seuls les communistes se battent contre ce nouveau tour de vis qui appauvrira encore plus le pays et sa population.

Mais, au delà des pays qualifiés honteusement de "maillons faibles" de la zone euro, ce sont aussi les grandes puissances qui continuent de plonger dans les difficultés financières.

Aux Etats-Unis, une dure bataille parlementaire a amené Barack Obama et son gouvernement à annoncer de sévères coupes budgétaires. L'objectif est de réduire de 4 000 milliards de dollars sur douze ans, une dette énorme de 12 000 milliards de dollars. Mais les coupes sont d’évidence réservées à ceux qui ont déjà le plus souffert de la crise. «Aucun secteur ne sera épargné», a prévenu Obama, reconnaissant que tous les programmes sociaux seront touchés. Medicaid et Medicare, qui permettent de fournir une assurance santé minimale aux plus pauvres, sont visés. Les républicains, désormais majoritaires à la Chambre des représentants, en veulent encore davantage : ils exigent que les avantages fiscaux accordés aux plus riches soient pérennisés, voire étendus.

C'est bien là que repose le noeud du problème !

En exigeant de conserver ou, mieux, d'élargir les avantages fiscaux accessibles uniquement aux plus riches, les républicains américains mettent le doigt sur le sens profond des choix politiques et économiques qui sont fait actuellement dans les grands pays capitalistes. Des choix que l'on retrouve aussi en France avec la réforme à venir de l'ISF ou, l'an dernier, avec la suppression de la Taxe Professionnelle, en plein déficit public.

Car les experts du FMI, de la Banque Mondiale ou de l'Union européenne ne sont pas stupides ! Ils savent bien quelles seront les conséquences de leurs choix politiques, ne serait-ce que par leurs bilans en Afrique, depuis trente ans, ou en Europe de l'est après l'effondrement des pays socialistes.

Comme les droites du monde entier défendent les classes aisées, les organismes supranationaux que sont le FMI, la banque Mondiale, l'OMC ou l'Europe sont là pour organiser un monde capitaliste idéal, débarassé des normes sociales, permettant une concurrence totale entre travailleurs du monde afin d'offrir de meilleures rentabilités aux capitaux. Et quand ce grand jeu spéculatif entraine des effondrements financiers, ce sont les états qui servent de caisses de secours pour renflouer, des états qui se tournent ensuite vers leurs peuples pour effacer les ardoises.

Si les grandes entreprises ont désormais renouées avec les bénéfices, si leurs actionnaires voient avec délectation revenir de juteux dividendes, les conséquences de l'effondrement de la sphère spéculative continuent de se faire sentir pour les peuples, au travers d'une activité économique toujours réduite et au travers des dettes publiques qu'on leur demande de renflouer.

Le capitalisme est ainsi fait que seuls ceux qui possèdent de l'argent, du capital, sont soutenus pas le système économique et politique. Pour les autres, à l'heure de la compétition internationale la plus sauvage, c'est le tour de vis permanent, toujours moins de salaire, toujours moins de protection sociale, toujours moins de services publics mais des prix qui flambent, dans les loyers, l'énergie ou l'alimentaire.

Il faut bien engraisser les riches !

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 08:59

Partager les bénéfices des entreprises : voilà une revendication parfaitement légitime !

Sauf que, une fois de plus, la droite tord le sujet pour mieux le neutraliser. La revendication sociale devient ainsi un objet de propagande qui produira peut-être une loi qui, elle-même, n'aura aucun impact significatif sur le revenu des salariés. Par contre, cette annonce donnera l'illusion d'un virage social entrepris par le gouvernement de Sarkozy. Au moins jusqu'en mai 2012.

En effet, quand on se penche sur cette proposition de Sarkozy, les modalités d'application restent pour le moins douteuses. Xavier Bertrand précisait hier, au conditionnel, que cette mesure concernerait les entreprises dont les bénéfices PROGRESSENT, qu'il s'agirait d'une PRIME donnant droit à des EXONERATIONS FISCALES et que, même si elle est obligatoire, elle se négocierait PAR ENTREPRISE.

Voilà une proposition qu'elle est floue ! !...

Une entreprise dont les bénéfices sont importants mais ne progressent pas (?) ne serait pas tenue d'accorder cette prime. On connait les multiples techniques fiscales permettant aux entreprises de diminuer artificiellement leurs bénéfices : en transférant des charges d'une filiale à l'autre, en créant des provisions sur bénéfices,... Rien de plus simple !

D'autre part, le fait qu'il s'agisse d'une prime m'amène à deux commentaires : un, cette prime peut très bien sauter dès l'année prochaine ; deux, une prime n'entraine pas de gains pour les diverses caisses sociales dont nous bénéficions (Sécu, Retraites,...). Une augmentation de salaire serait nettement plus intéressante pour tous, à hauteur de la hausse des bénéfices ou des dividendes des actionnaires ?

Indiquer que des exonérations sociales seront octroyées aux entreprises, c'est nous prendre vraiment pour des billes !

Cette mesure est sensée obliger les entreprises qui font de gros bénéfices à partager une petite partie de cet argent avec les salariés. Or, si des exonérations de charges sont mises en place, l'Etat compensera ce que les entreprises donneront ! Résultat neutre pour les bénéfices des actionnaires mais nouveau manque à gagner pour les caisses de l'Etat donc... pour le contribuable. Ce sera donc nos impôts qui financeront ces primes ! On prendra dans la poche des salariés concernés l'argent qu'on leur reverse pendant que les entreprises s'en sortiront finalement sans rien débourser. De la poudre aux yeux !

Enfin, cette loi précisera que les négociations se feront par entreprise. Une nouvelle fois, c'en est fini de la négociation de branche ou de la négociation nationale. Comment se passeront les choses dans les boîtes nombreuses qui n'ont pas de syndicat ? Chaque entreprise pourra négocier un accord qui dira quoi ? En effet, si la règle est que les entreprises dont les bénéfices progressent doivent donner une prime de 1 000 euros à leurs salariés, pourquoi devrait-on négocier dans chaque entreprise ? A moins que les patrons n'obligent leurs salariés à des "compensations" du type suppression de RTT ou de pauses ?...

Plus globalement, cette loi ne résout pas la question des dizaines de milliers d'entreprises qui ne rémunèrent pas leurs actionnaires faute d'actionnaires comme les PME ou les entreprises artisanales.

Cette loi résout encore moins la situation des millions de fonctionnaires d'Etat, fonctionnaires de collectivités territoriales (Régions, départements, communes, intercommunalités) ou d'entreprises publiques.

De là à considérer comme démagogique cette proposition de proposition de loi, il n'y a qu'un pas que je franchis allègrement ! Il s'agit en effet d'une loi qui concernera un nombre finalement assez réduit de salariés, pour qui les bénéfices seront au mieux réduits par rapport aux enjeux économiques et aux sommes colossales en circulation et qui coûtera finalement plus aux caisses de l'Etat qu'aux caisses des entreprises.

Comme lors des grands cirques internationaux sur la moralisation du capitalisme, la droite française et son mentor Nicolas Sarkozy roulent des mécaniques en remuant du vent.

Si certains travailleurs comptent sur la mansuétude de cette droite au service de la finance pour retrouver un peu d'air et bénéficier des fruits de leur travail, ils se trompent douloureusement.

A nous de rappeler aux travailleurs le bilan de quatre ans de sarkozysme et de trente ans de libéralisme afin que le show social de la droite soit un bide.

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 09:09

De Villepin à Sarkozy, en passant par Le Pen, la droite française se découvre un penchant social à moins d'un an des Présidentielles.

La course à gauche ? Les discours enflammés de Villepin pour un revenu citoyen et de Sarkozy pour obliger les entreprises à redistribuer des miettes de leurs bénéfices aux salariés nous rappellent la Présidentielle de 1995 et le duel Chirac contre Balladur pour savoir qui serait le plus social des deux.

Entre une gauche social-démocrate qui tente d'apparaître modérée pour rassurer un électorat centriste et une droite qui, depuis des décennies, joue la carte sociale pendant les campagnes électorales pour mieux servir les intérêts de la finance et du patronat une fois élue, on comprend mieux pourquoi plus d'un électeur sur deux ne fait plus confiance aux hommes politiques dans ce pays !

Car, ne nous y trompons pas ! Ce virage social des différentes composantes de la droite ne vise qu'un objectif : tenter d'apparaître comme étant à l'écoute des soucis des français, en terme de lutte contre le chômage, la précarisation sociale et la perte de pouvoir d'achat.

L'ultralibéralisme économique associé au conservatisme social de la droite et de l'extrême-droite ont entrainé notre société dans une récession économique et démocratique profonde. Le chômage de masse et la précarisation des emplois sont devenus des généralités dans les grands pays capitalistes ; les destructions de services publics, notamment dans les domaines de la santé ou de l'éducation, entrainent la réapparition de problèmes sanitaires que l'on croyait quasiment disparus en Europe (Galle, tuberculose,...) et la rupture sociale de couches de plus en plus nombreuses de citoyens ; les mesures de contrôle social (vidéosurveillance, contrôle des médias et de l'internet, fichage systématique, restrictions syndicales et politiques,...) éloignent nos pays des canons démocratiques dont ils se font officiellement les défenseurs à l'étranger,...

Depuis des décennies, en France, les mesures économiques et sociales prises vont toutes dans le même sens : celui des allègements de "charges" pour les entreprises, les diminutions des droits du travail pour les salariés, la réduction de la sphère publique par des privatisations successives (automobile, industrie, banques, énergie, poste,...) ou par le non remplacement des fonctionnaires,...

Quel est le résultat de ces politiques ? La France va t-elle mieux ? Les salariés vivent-ils mieux maintenant que dans les années 80 ou même 90 ? Le chômage recule t-il ? Avons-nous l'impression que notre pays progresse économiquement, socialement ou écologiquement ?

Si vous répondez OUI à ces questions, c'est que vous faites partie de ces quelques milliers de foyers français privilégiés par les gouvernements successifs ces dernières années, ces français dont les revenus confortables viennent avant tout des bénéfices de vos placements et des dividendes de vos actions. Vous qui bénéficiez depuis 2007 et l'arrivée de Sarkozy à l'Elysée d'un nombre incroyable de nouvelles niches fiscales, d'un plafonnement des prélèvements à 50 % de vos revenus (le bouclier fiscal) et qui allez bientôt bénéficier d'un nouvel allègement de l'Impôt de Solidarité sur la Fortune.

Pour les dizaines de millions de français qui répondraient NON à ces questions, comme certainement vous, cher internaute, l'avenir peut paraître bien sombre.

Posons-nous la question de savoir s'il est possible d'inverser les choses ? Non pas d'inverser l'Histoire, de faire dans la nostalgie, mais de rebondir, de repartir vers l'avant, vers une société de progrès tenant compte des connaissances actuelles et des nécessaires réflexions sur l'avenir de la planète, sur le réchauffement climatique et la pollution qui menacent aujourd'hui la survie même de l'espèce humaine ?

Au moins trente ans de politiques libérales et de dérégulation économique et sociale ont amené notre monde au bord du chaos. Arrêter cette course vers l'autodestruction de l'humanité nécessite de changer profondément ces choix politiques, de redonner de l'air à ceux qui vivent de leur travail, de remettre du lien social, de la protection sociale, dans cette société et de réfléchir à notre développement économique en tenant compte de ses conséquences sur l'environnement.

Ces ruptures avec le système économique actuel, chacun le ressent, plus ou moins consciemment. "On ne peut plus continuer comme ça !", reflexion souvent entendue qui peut s'appliquer autant à la fuite des entreprises, à l'appauvrissement généralisé de la population ou aux menaces écologiques qui approchent.

La droite et le patronat entendent aussi cette réflexion. Ils savent pertinnement que leurs politiques, si elles sont expliquées crûment, franchement, ne passeront pas dans l'opinion et auprès d'un électorat inquiet. C'est pourquoi, depuis plusieurs dizaines d'années, la droite change son discours à l'approche des élections pour donner l'impression d'avoir changé, d'avoir compris. Tout ça, pour revenir à ses dogmes ultralibéraux dès les élections passées.

La nouveauté, c'est de voir le FN changer également son discours politique et économique en seulement trois mois. Comme si tous les cadres et penseurs du FN étaient tombés en même temps dans un pot de peinture rouge ! Là non plus, ne nous y trompons pas ! La fille du milliardaire Le Pen, filleule d'un proxénète, est à la tête d'une organisation de droite radicalement antirépublicaine et antidémocratique. Son crédo, c'est aussi le libéralisme et la casse des acquis sociaux, comme tout parti de droite qui se respecte.

Le changement de discours des partis de droite et d'extrême-droite est purement électoral. 2012 approche. Il faut s'assurer le vote de la multitude, de ces millions de salariés, de paysans, d'artisans et de commerçants qui sont volés et méprisés toute l'année.

Baignés par l'idéologie ultra-libérale depuis leur plus jeune âge, fréquentant les classes aisées et les beaux quartiers depuis toujours, les caciques de la droite, FN compris, sont au service exclusif de leurs amis de classes.

Non, définitvement. Ne laissons personne tomber dans le panneau d'un quelconque virage social de la droite française !

La rupture avec les choix politiques de ces trentes dernières années et avec les dogmes capitalistes , seules les forces qui la prônent depuis toujours peuvent l'incarner.

Présent en force au moment des grandes conquêtes sociales, des luttes et des mouvements de 1936, 1947, 1968 ou 1981, le Parti communiste est de ces forces sur lesquelles le peuple peut compter.

Aux pâles copies de forces de progrès que tentent d'incarner la droite et son extrême, choisissez plutôt l'original, le Parti communiste !

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