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  • : Andrée OGER, conseillère départementale communiste de Saint André de l'Eure
  • Andrée OGER, conseillère départementale communiste de Saint André de l'Eure
  • : Andrée OGER est maire honoraire de Croth, conseillère départementale de Saint André de l'Eure et chevalier de la Légion d'Honneur.
  • Contact

Rendez-vous

Fête de l'Huma 2016

Vendredi 10, samedi 11 et dimanche 12 septembre
Parc du Bourget
3 jours : 35 €
    

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Salaires et pensions à la traîne, prix et loyers en hausse, profits et actionnaires qui explosent...

 

Front Uni 

contre la vie chère !

   

Campagne de pétition lancée par le PCF

pour exiger de meilleurs salaires, une hausse des minimas sociaux,

 pour exiger des baisses de TVA, un blocage des prix et des loyers

pour taxer les profits et le grandes fortunes
  

Demandez la pétition !

Signez la en ligne sur le site de la Fédération euroise du PCF : www.27.pcf.fr !

Participez au rassemblement devant Bercy (ministère des finances), vendredi 3 juin à 15 h !

Campagne contre la vie chère - affiche PCF 2011
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Contre la privatisation de La Poste !

Les communistes adhèrent au Comité Départemental de Défense de La Poste
(cliquez sur l'image !)  


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CRISE : que proposent les communistes ?







 

"Sarkozy a été élu par des pauvres qui se lèvent tôt pour aller faire la fête avec des riches qui se couchent tard".
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 Des idées, des vidéos, des sondages sur le site www.sortirdelacrise.tv 
 
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Texte libre

Je définirais la mondialisation comme la liberté pour mon groupe d’investir où il veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possibles en matière de droit du travail et de conventions sociales.

P.Barnevick, ancien président de la multinationale ABB. 

Pour moi, un réactionnaire c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui trouve que c’est dans l’ordre naturel des choses. Un conservateur, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui pense qu’on n’y peut rien. Un progressiste, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui trouve que c’est injuste. Un communiste, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui est prêt à faire pour eux ce qu’il ferait pour ses propres enfants.

Ibrahim,
Cuba, un soir lors d’une conversation inoubliable.

 

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« La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste.
La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique »

 

Karl MARX 

 

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Nouvelles permanences d'Andrée OGER :

 

 

 

Vous pouvez prendre rendez-vous avec Andrée OGER en contactant son secrétariat au 02.32.31.96.25

 

- Mairie de Saint André : les lundis de 17 h à 19 h

- Salle des Fêtes d'Ezy-sur-Eure: les vendredis de 17 h à 19 h

 

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Dernier tract des communistes
du sud de l'Eure

 (cliquer sur l'image)

 

  Tract St André Septembre 2013 - Recto

 Tract St André Septembre 2013 - Verso

 

 

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Ebuzzing - Top des blogs - Société

8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 12:34

Emmanuel Macron marquera à jamais l'image du quinquennat de François Hollande.

Le Président normal qui devait s'attaquer au monde de la finance a pris comme ministre de l'économie un technocrate venu du monde des banques d'affaires.

Emmanuel Macron fait, à son ministère, ce qu'il a fait toute sa vie : enrichir les banques et les spéculateurs. Un homme au service d'une classe sociale, peu préoccupé des difficultés des classes populaires et moyennes.

Cette semaine, on le découvre nostalgique de la monarchie, ce qui, somme toute, est assez cohérent pour ce défenseur des beaux quartiers.

Dans une interview au magazine "le 1", qui parait aujourd'hui, il déclare "La démocratie comporte toujours une forme d'incomplétude, car elle ne se suffit pas à elle-même". Tiens donc ? "Il y a dans le processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n'a pas voulu la mort" Le voilà historien, spécialiste de la Révolution !
Et de continuer : "La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n'est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d'y placer d'autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment." Et Pétain, peut-être ?
"Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l'espace. On le voit bien avec l'interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au coeur de la vie politique. Pourtant, ce qu'on attend du président de la République, c'est qu'il occupe cette fonction. Tout s'est construit sur ce malentendu. » Heureusement, Macron est là pour nous expliquer ce que notre subconscient nous cache !

Royaliste aujourd'hui, Emmanuel Macron s'est essayé à la démagogie hier.

Déconfit par la résistance du peuple grec et de son gouvernement aux diktats des marchés financiers et de leurs gouvernements, le ministre de Hollande fait dans l'amalgame pour brouiller les pistes et cracher sur les Grecs.

Pour répondre au soutien médiatisé de Marine Le Pen au vote Non des Grecs, plutôt que dénoncer la récupération par l'extrême droite de ce vote, Emmanuel Macron préfère qualifier le Front national de « forme de Syriza à la française, d’extrême droite ».

Comme d'autres à droite, il fait un parallèle entre extrême-droite et gauche radicale, certainement selon le bon vieux discours démagogique qui affirme que les extrêmes se rejoignent. Ce qui est valable pour les sphères ne l'est pas pour les surfaces planes !

Sur le fond, c'est un peu comme mettre sur le pied d'égalité la milice de Vichy et la résistance communiste entre 1940 et 1944 !

A l'image de ses actes et de sa Loi, Emmanuel Macron représente l'archétype du technocrate coupé du peuple, sûr de sa supériorité intellectuelle sur le "petit peuple", méprisant vis-à-vis de ce qui échappe à son schéma de pensée, formaté durant ses études et son passage en banque d'affaire.

Avec de tels cadres, le Parti ex-socialiste n'est pas prêt de recoller les morceaux avec ses électeurs populaires et les militants qui l'ont quitté ces trois dernières années : ils ne font même plus l'effort de cacher leur dérive à droite derrière un semblant de discours social !

Après la loi de surveillance généralisée mise en place par ce gouvernement, ne manque plus que le rétablissement de la monarchie pour que les critiques d'Emmanuel Macron sur "l'incomplétude" de la démocratie ne soient satisfaites.

Un pays sans règles sociales, vendu au capital international, via l'Europe et le TAFTA, où les citoyens sont surveillance et la démocratie sous contrôle d'un homme fort, monarque ou tyran, voilà donc le modèle de société prônée par les nouveaux dirigeants du PS ?

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 09:33

La Grèce doit tenir ses "engagements" et payer ses dettes... mais pas l'UMP/Les Républicains ?

Sarkozy, Juppé et consorts n'ont pas de mots assez durs pour dénoncer le gouvernement grec qui veut renégocier sa dette.

Belle ironie quand on sait que l'UMP est dans la même situation : embourbée dans des dettes qu'elle ne peut rembourser ! !

La preuve, sur "Le Point.fr", avec un article en date du 6 mai dernier dont nous publions ces deux extraits :

"Dette de l'UMP : Sarkozy négocie avec les banques pour sortir de l'impasse Selon Europe 1, Nicolas Sarkozy a fait une proposition aux dirigeants de banques françaises afin de ne pas rembourser la dette de l'UMP avant 2017...

...le temps presse. L'UMP, qui deviendra prochainement Les Républicains, doit normalement rembourser 11 millions d'euros en mars 2016, puis 27 millions en 2017. Mais pour le parti, ces deux échéances sont impossibles à respecter. "On touche 18 millions par an de l'État. Si on lâche 11 millions en mars, on met la clé sous la porte à l'automne", prévient-on à l'UMP, selon Europe 1."

Sarkozy et l'UMP, ceux qui ont alourdi la dette de la France de 600 milliards d'euros pour éviter à leurs copains banquiers de devoir s'expliquer devant la justice et les Français pour banqueroute, ne sont pas à cours d'idées pour donner des leçons et faire payer au contribuable leurs erreurs de gestion et celles de leurs copains !

Que les médias français ne fassent pas eux-mêmes ce parallèle démontre la complicité qui existe entre politiques et médias pour défendre la pensée unique libérale.

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 08:14

61,31 % des électeurs grecs ont voté NON au référendum sur les nouvelles mesures d'austérité proposées par l'Europe.

Les commentateurs et les politiciens pro-européens sont bien embêtés. Comme en 2005, après le référendum français sur le traité constitutionnel européen, les voilà face au choix souverain d'un peuple qui s'oppose à leurs diktats.

Comme en 2005, pourtant, les médias, les politiciens nationaux et européens et les patrons s'étaient ligués pour effrayer les électeurs, leurs faire croire que refuser un nouveau renforcement de l'austérité, c'était choisir la sortie de l'Europe DONC la voie du pire.

Comme en 2005, le peuple (grec, cette fois-ci !) ne s'est pas fait avoir.

Ce sont donc 3 électeurs sur 5 qui ont choisi de résister aux diktats des marchés financiers relayés par les médias et les partis à leur solde.

Quoi qu'en disent nos journalistes, il fallait arrêter cette spirale sans fin qui amenait l'économie et le peuple grec vers l'abîme pour l'obtention de nouveaux crédits européens. Chaque nouveau crédit servant à payer les précédents, il ne pouvait y avoir de solutions avec ce modèle !

L'endettement de la Grèce est en effet passé de 103 % en 2008, avant la crise mondiale du capitalisme à 180 % aujourd'hui ! Pouvait-on continuer comme ça ?

En choisissant SYRIZA et la gauche radicale au printemps, le peuple grec a fait le choix souverain de refuser encore plus de politiques d'austérité, causes d'appauvrissement aggravé et de reculs sociaux successifs, pour tenter une voie alternative avec une politique en faveur du peuple plutôt qu'en faveur des banques.

Un choix confirmé, voire même renforcé, avec ce scrutin !

L'autre enseignement de ce référendum n'est pas en Grèce mais en Europe.

C'est la confirmation de l'existence d'une troïka idéologique en faveur de la défense du modèle libéral et des politiques d'austérité en Europe.

Gouvernements, médias et milieux économiques se sont à nouveau ligués partout en Europe pour effrayer les citoyens sur les conséquences de ce vote NON du peuple grec, pour brouiller les cartes idéologiques, pour créer des amalgames et amener les peuples européens à se désolidariser du peuple grec, pour l'isoler.

L'objectif de cette troïka est d'éviter la solidarité entre peuples pour empêcher tout phénomène de "contagion" qui amènerait d'autres peuples à contester les politiques libérales et l'austérité. Une véritable hantise pour les milieux financiers !

C'est ainsi que depuis l'annonce de ce référendum, la propagande s'est déchaînée pour tenter de faire croire aux peuples européens que les Grecs étaient égoïstes, fous ou manipulés, que leur refus de payer la "dette" amènerait l'Europe au chaos et que ce serait aux autres nations de payer pour eux.

Bien au contraire, la résistance du peuple grec est un appui pour tous les peuples européens, victimes des mêmes politiques qui ont amené les gouvernements partout en Europe à investir des centaines de milliards d'euros pour sauver le secteur bancaire et financier des conséquences de ses choix spéculatifs.

En France, ce sont 600 milliards d'euros que Sarkozy a injecté dans le secteur bancaire après la crise de 2008, 600 milliards qui ont alourdi la dette publique et qu'on demande aujourd'hui aux Français d'éponger au travers de politiques d'austérité toujours plus dures !

Pour la troïka médiatique, cette peur de la contagion amène à tenter d'isoler le peuple grec et son gouvernement du reste de l'Europe, quitte à tronquer la réalité ou à la déformer.

C'est ainsi que nos médias tentent de créer un amalgame entre la gauche radicale et l'extrême-droite autour d'un "Front du Non" qui n'existe pas. Comme en 2005 avec le TCE, l'extrême-droite sert d'épouvantail au système pour effrayer les électeurs de gauche. Alors que le PS a perdu tout soutien populaire et que des vagues d'adhérents quitte ce parti, l'objectif est de garder démobilisés ces militants et électeurs de gauche déçus par la conversion libérale du parti.

En faisant croire qu'un soutien au peuple grec équivaut à un soutien au Front National, médias et politiciens libéraux manipulent les faits pour briser tout élan de solidarité en France.

Cette surmédiatisation de l'extrême-droite dans le dossier grec va de pair avec le silence des médias autour des soutiens européens au peuple grec et à SYRIZA de la part de la gauche radicale.

Si les médias parlent un peu de "Podemos" en Espagne, grand vainqueur des élections municipales de mai dernier, et citent parfois Jean-Luc Mélenchon, c'est en général tout ce qui est dit.

Pourtant, au sein du PS comme dans la gauche française, les soutiens ne manquent pas, à commencer par celui du Parti Communiste et de ses partenaires du Front de Gauche.

Ailleurs, c'est un grand courant de sympathie qui a parcouru de nombreux pays européens, y compris en Allemagne ou la gauche radicale (Die Linke) s'est clairement exprimée contre la politique d'Angela Merkel et en faveur du peuple grec. On retrouve ce soutien partout en Europe, en Italie (SEL, PdCI, PRC), en Irlande (Sinn Fein, PC), en Espagne (Podemos, IU), au Portugal (PCP, BE) ou même en Grande Bretagne ! De même, l'alliance économique et politique sud-américaine ALBA s'est exprimée en faveur du NON avant le référendum, une alliance qui regroupe 11 pays (excusez du peu !) dont le Vénézuéla, la Bolivie, l'Equateur, l'Argentine ou Cuba !

Bien loin de l'isolement du peuple grec et d'une peur suite au vote NON de ce peuple ce dimanche, nous faisons partie des millions d'Européens qui voient ce vote comme une note d'espoir pour tous les peuples victimes du libéralisme et des politiques d'austérité.

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 09:25

L'Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF) est à nouveau dans le collimateur de la droite.

Coup sur coup, François Fillon, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé se sont exprimés pour la suppression de l'ISF. Il ne peut pas s'agit de hasard mais plutôt d'une action concertée.

Encore une fois, sous prétexte de s'attaquer à un impôt qui "dissuade" les riches d'investir, la droite défend une position que l'on peut caractériser de position de classe : défendre les intérêts économique des riches.

Alors que chaque année nous apporte des chiffres de la fraude fiscale, des particuliers comme des plus riches, l'un des rares impôts qui mette particulièrement les plus riches des Français à contribution serait menacé !

Un contribuable salarié paie en moyenne 10 à 15 % d'impôts sur le revenu. Ingrid Bettencourt, femme la plus riche de France, n'en paie que 8 % et Total, géant du CAC 40, ne paie pratiquement pas d'impôts en France.

Autant dire que la droite entend encore renforcer cette inégalité qui permet à ceux qui ont beaucoup de revenus d'échapper à l'impôt, soit par des placements (malheureusement) légaux et des niches fiscales, soit de manière illégale, grâce à l'évasion et à la fraude.

Encore une fois, ce seront les seuls salariés des classes moyennes sur qui reposerait l'impôt !

A l'heure où la Grèce est montrée du doigt comme mauvais payeur, n'oublions pas que ce pays s'est retrouvé embourbé dans la dette après le renflouement exagéré des banques grecques lors de la grande crise capitaliste de 2008, que les plus riches du pays échappent à l'impôt et pratiquent l'évasion fiscale à grande échelle, et que le pays est étranglé depuis 5 ans par des mesures d'austérité qui ont tué son économie et plombé ses classes moyennes.

Exactement ce que vit la France et ce que veut renforcer la droite !

Avec un Parti socialiste qui a définitivement basculé dans le camp libéral et une droite entièrement acquise aux mêmes dogmes, autant dire que l'alternative en France viendra, comme en Grèce ou en Espagne, d'une gauche radicale, une gauche qui assume ses positions de classes en faveur du monde salarié, de l'économie "réelle" et d'un développement économique durable.

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 15:36

Les créanciers de la Grèce augmentent la pression sur le gouvernement grec à mesure que le jour du référendum annoncé par Alexis Tsipras approche. Après la fermeture des banques et le contrôle des capitaux, les créanciers tentent par tous les moyens d’ajourner l’expression du droit démocratique du peuple grec.

Nous assistons à une nouvelle étape de la guerre de propagande féroce qui fait rage à l’intérieur et à l’extérieur de la Grèce, à propos du référendum.

Tsipras a pris ses créanciers par surprise en annonçant un référendum à très courte échéance, et de ce fait, la mécanique de propagande de la mafia financière fonctionne à plein régime et multiplie les scénarios terrifiants pour pousser le peuple à voter « oui ». Le décor de banques fermées joue le même rôle.

La propagande a deux objectifs. Le premier est de montrer au public que les créanciers sont de retour avec de nouvelles propositions en vue de parvenir à un accord avec le gouvernement grec. C’est clairement destiné à forcer le gouvernement grec à renoncer au référendum, car ces propositions n’auraient aucun sens dans une situation différente. Le second objectif est de subvertir la vraie question du référendum et de créer un faux dilemme. Les officiels européens et les politiciens grecs de l’opposition néo-libérale ainsi que tous les médias mainstream privés, répètent à l’envie que le référendum ne porte pas sur les nouvelles mesures catastrophiques imposées par les créanciers. Il porte en réalité, selon eux, sur le maintien ou non de la Grèce dans la zone euro (ou même dans l’Europe) !

A ce faux dilemme, s’ajoutent les scénarios catastrophes de Grexit destinés à terrifier les gens pour qu’ils choisissent le « oui ». Juncker est donc sorti de sa boîte pour faire une nouvelle proposition au gouvernement grec avant la date à laquelle la Grèce doit injecter sa prochaine dose au FMI, à savoir mercredi, à l’aube.

Bien sûr, ce n’est qu’une tactique pour forcer Tsipras à revenir à la table des négociations. Tsipras, qui n’est pas si bête, a répondu de la même manière : il a fait une proposition dont il savait qu’elle serait probablement rejetée par les créanciers.

Les créanciers essaient d’empêcher le référendum parce qu’ils ne sont pas sûrs de pouvoir modifier l’opinion publique en si peu de temps, et Tsipras prend la tangente parce qu’il veut absolument que le référendum ait lieu.

Pourquoi les créanciers et les oligarques locaux veulent-ils empêcher les Grecs de recourir à ce processus démocratique ou, sinon, les pousser à voter « oui » ? Parce que si le peuple grec rejette les mesures d’austérité, surtout avec une large majorité, les créanciers se retrouveraient face à la volonté du peuple grec. Comment pourraient-ils ensuite ignorer la volonté des autres peuples européens ?

Quoiqu’il en soit, si les représentants de la mafia financière décident de punir le peuple grec pour sa résistance afin d’envoyer le message aux autres peuples de la zone euro, ce sera probablement en cessant complètement d’alimenter les banques grecques en liquidités en utilisant le mécanisme ELA. Et ils ne pourraient rien faire de plus idiot. Le gouvernement de gauche grec considérera cela comme une vraie déclaration de guerre et Tsipras saisira l’occasion pour prendre le contrôle total du système bancaire, effacer la dette, et revenir à la monnaie nationale.

Et voilà le vrai problème : à côté de l’impact qu’un tel développement aurait sur les marchés mondiaux, l’effondrement de Lehman Brothers aurait l’air d’une bagatelle.

Traduction : Dominique Muselet

SOURCE : »» http://failedevolution.blogspot.gr/2015/07/tsipras-delay-tactics-on-fi...

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 13:12

Voici un communiqué qui résume la position de SYRIZA, la force de gauche radicale amenée au pouvoir par le peuple grec il y a quelques mois.

Face à une dette illégitime et à des remboursements qui enfonce ce peuple dans la crise, le gouvernement grec d'Alexis Tsipras a bien tenté de négocier avec ses tortionnaires créanciers.

Malheureusement, l'enfermement idéologique de l'Europe, du FMI et de la BCE dans une intransigeance fiscale a rendu toute négociation impossible, à moins d'appliquer de nouvelles politiques d'austérité, les mêmes qu'ont refusé les électeurs grecs.

La propagande de notre gouvernement et des médias libéraux pour rendre les Grecs responsables de leur situation et faire passer l'idée que c'est au peuple de payer, vise à désamorcer une possible contagion à d'autres peuples de ce refus de payer des dettes dont sont responsables les spéculateurs, les banquiers et les gouvernements qui les servent.

En France, la dette publique s'est accrue de 600 milliards d'euros sous Sarkozy, en 2008, pour renflouer les banques françaises. C'est donc aujourd'hui le peuple français, par le biais de la dette publique, qui renfloue une dette privée, celle des banques !

Si le peuple grec, écrasé sous l'austérité, a su dire NON, ce sont les peuples espagnols (Podemos, Izquierda Unida,...) ou irlandais (Sinn Fein) qui montrent aujourd'hui les plus grands signes de rejet de ces politiques d'austérité et de nationalisation des dettes privées.

En ce sens, ce qui se déroule en Grèce est un événement majeur, non pas contre l'Europe et contre ses peuples, mais contre le libéralisme et l'austérité qui ont transféré les richesses nationales à une poignée d'oligarques et de multinationales.

Pour le peuple français, la meilleure nouvelle serait une réussite du gouvernement Tsipras et du Syriza, c'est-à-dire une défaite du FMI, de l'Union européenne et de sa Banque centrale.

L'affaiblissement des outils libéraux du capitalisme en Europe sonnerait comme une occasion historique pour que les peuples européens reprennent l'initiative et portent au pouvoir des forces d'une gauche radicale qui affronterait avec courage les marchés financiers et les spéculateurs.

Solidaire

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Un beau jour s’est levé dans le ciel de la Grèce et de toute l’Europe.

Le Premier Ministre grec, Alexis Tsipras, a invité le peuple à décider souverainement de son avenir, par un référendum organisé le 5 juillet.

Il ne s’agit pas d’une histoire entre la Grèce et l’Europe, mais de deux visions de l’Europe.

  • La notre : celle de la démocratie et de la solidarité,
  • La leur : celle du refus de la justice sociale et du développement, qui piétine la démocratie, qui s’attaque à la protection des plus vulnérables, qui s’oppose à la taxation des riches et ignore les besoins écologiques

Le gouvernement grec a livré un rude combat dans des conditions d’asphyxie financière inouïes avec comme intention d’aboutir à un accord viable et mutuellement bénéfique avec ses partenaires.

Après cinq mois de négociations, les institutions en sont venues à poser un ultimatum qui contrevient aux principes de l’UE et sape la relance de l’économie grecque et la protection des conditions sociales. La troïka a bien décidée : le modèle unique néolibéral doit continuer en Grèce, comme dans tous les pays européens.

Tolérance zéro à la Démocratie.

Cinq mois de chantages de la part de la Troïka , cinq ans de crise humanitaire, économique et financière, cinq ans de soumission aux diktats des créanciers, ça SUFFIT !

La dernière proposition des créanciers du 25 Juin était un ultimatum. Son contenu était inacceptable et pratiquement non-négociable. Il constituait une proposition désastreuse pour l’économie et humiliante pour le peuple grec. Une proposition accompagnée du chantage « The Game is Over » lancé par Donald Tusk à Alexis Tsipras.

Le premier ministre grec lui avait répondu : « 5 millions de personnes au chômage, 3 millions de pauvres et des milliers de familles sans revenus, vivotant grâce aux retraites des grands-parents, ne sont pas un jeu ».

Les 18 ministres de l’Eurogroupe, ont piétiné une fois de plus la démocratie en Europe.

Hier le ministre grec des Finances Yannis Varoufakis a été exclu de l’Eurogroupe,

Hier, même, ont décidé de ne pas reconduire le programme de financement après le 30 juin. Ils ont refuse la proposition grecque de donner la possibilité au peuple de se prononcer au referendum sans menaces de banqueroute.

L'Eurogroupe n’a eu aucune considération aux probabilités d’éventuelles conséquences pour la zone Euro.

Les élites politiques des 18 pays membres, Wolfgang Schaüble en tête, ne se sont même pas souciés des apparences democratiques. Ce serait vraiment un probleme si les ministres des Finances étendaient le programme de l’ELA pour quelques jours de plus ?

Ils seront confrontés et jugés par l’histoire et par leurs propres peuples.

Il est envident qu’ils s’efforcent de faire échouer l’unique gouvernement de gauche de l’UE.

Le moment est critique. La décision unanime du gouvernement grec est arrivée, décision de confier au peuple grec le choix entre soumission et souveraineté populaire, entre poursuite de la crise et effort de redressement économique et social.

Le peuple grec est appelé a dire :

  • NON aux dicktats néolibéraux.
  • OUI au droit des peuples à décider de leur avenir.
  • NON à l’émigration de nos jeunes.
  • OUI aux efforts pour un avenir d’emploi, d’éducation et de perspectives ouvertes devant eux.
  • NON à une Union Européenne soumise aux appétits des créanciers.
  • OUI à la refondation de l’UE sur des bases de démocratie, de dignité, de droit du travail, de solidarité sociale et internationale.

Pour fonder une telle perspective le peuple grec se lèvera a la hauteur de son glorieux héritage historique, à la hauteur de ses sacrifices récents. Nous sommes décidés à ne pas nous coucher.

Nous invitons le peuple français, les partis de la gauche et tous les mouvements et associations à manifester leur solidarité avec le peuple grec et leur rejet des diktats de l’austérité.

NON aux chantages et aux ultimatums ! NON à la faillite sociale ! NON aux mémoranda et à l’austérité ! Pour la dignité et le bien-être des peuples européens ! Pour une Europe démocratique, sociale et solidaire !

Le Jeudi 2 juillet 18 h 30 à la Bastille nous disons #NON à l’ultimatum des créanciers, oui à la démocratie.

Publié le 29 juin 2015 par Vangelis Goulas. SOURCE : http://syriza-fr.org/2015/06/29/communique-de-syriza-paris-nous-disons...

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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 09:38

56 milliards d'euros ont été distribués aux actionnaires des entreprises du CAC 40 : un record depuis 2007, avant la crise financière !

Dans le détail, les rachats d'actions ont bondi de 55% à plus de 10 milliards d'euros, et les dividendes de 25% à 46 milliards, d'après une étude citée dans le quotidien Les Echos à paraître lundi.

Cependant, ce total a été gonflé par deux énormes opérations au caractère exceptionnel : la sortie partielle de Nestlé du capital de L'Oréal, qui a vu le groupe français racheter pour environ 6 milliards d'euros de ses propres actions à son actionnaire suisse, et une distribution d'actions Hermès par LVMH à ses actionnaires. Retraités de ces opérations, les rachats d'actions de l'an dernier sont en légère diminution par rapport à 2013, tandis que les dividendes ressortiraient en hausse de 5,5%. Mieux que l'inflation et le Livret A !

6 groupes cumulent presque 50% des dividendes

"Comme les années précédentes, le trio de tête des versements de dividendes (hors LVMH) représente de l'ordre du tiers des dividendes versés, il est à l'identique de l'an dernier composé de Total, Sanofi et GDF Suez. Si on ajoute EDF, Orange et BNP Paribas, on atteint avec 6 groupes presque 50% des dividendes", précise Vernimmen.net.

Ces chiffres pourraient relancer la polémique sur la propension des grands groupes français à récompenser leurs actionnaires plutôt qu'à embaucher et à investir, alors que le gouvernement a pris des mesures importantes en leur faveur avec le CICE puis le pacte de responsabilité.

Il y a de quoi alors que des sommes fabuleuses sont octroyées par l'Etat aux grands groupes pour favoriser la recherche comme pour le groupe pharmaceutique SANOFI qui touche de l'argent pour développer sa recherche et... licencie des centaines de chercheurs !

Pendant ce temps, on voit le gouvernement, la droite et les médias donner des leçons d'austérité aux Français (comme aux Grecs) pour renflouer les caisses de l'Etat et de la Sécu !

Avouez qu'en prenant une partie de ces 56 milliards d'euros (10 %, c'est déjà presque 6 milliards d'euros !), il y aurait de quoi améliorer les comptes de la République !

Mais, pour les libéraux de tous poils, une économie saine est une économie où les entreprises peuvent faire un maximum de bénéfices, licencier comme elles veulent et produire sans frontières ni contraintes écologiques. Le contraire d'une économie qui fonctionnerait pour l'intérêt de tous.

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 08:40

Et de un !

Alors que le Parti socialiste connait une véritable hémorragie d'adhérents, expliquant en partie l'échec de l'aile gauche du PS au dernier congrès socialiste, les députés et sénateurs frondeurs du Parti socialiste n'ont pas eu le courage, jusqu'à présent, d'assumer jusqu'au bout leur refus des politiques libérales appliquées par le gouvernement Valls et le chef de l'Etat.

Avec la démission du PS de Philippe Noguès, député du Morbihan, c'est le premier élu national qui prend ses responsabilités et tire des conclusions radicales de la conversion assumée du PS aux thèses libérales.

Comme il l'explique dans "L'Obs", "les solutions que propose le gouvernement entraînent de plus en plus clairement la gauche vers des positions sociales libérales dans lesquelles je ne me reconnais pas. (…) Le fossé entre les citoyens et la politique n'a jamais été aussi large, et je pense que nos incohérences et nos reniements y sont pour beaucoup."

Il faut désormais espérer que d'autres parlementaires poussent leur logique jusqu'au bout et transforment leur "fronde" stérile en opposition pratique aux politiques qu'ils dénoncent.

Démission ou non, ces députés frondeurs doivent aujourd'hui voter contre tout projet libéral imposé par ce gouvernement.

En s'abstenant jusqu'à présent, ils favorisent finalement l'adoption des lois comme la Loi Macron ou celle sur le renseignement (l'écoute généralisée de la population, à l'américaine !). Conclusion que tire également Philippe Noguès, qui reconnait l'échec du bilan des Frondeurs : "Nous avons un peu dérangé politiquement, mais nos efforts ont été assez vains."

Seule l'émergence d'une véritable opposition politique de gauche, notamment au Parlement avec les élus communistes, Front de Gauche et socialistes "frondeurs", peut mettre en échec la dérive libérale du PS et de son gouvernement.

Ce serait un premier signe envoyé aux travailleurs de l'existence d'une réelle alternative politique, basée sur le refus d'une soumission libérale aux exigences des marchés financiers.

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 08:39

Le Magazine CQFD publie dans son numéro de juin ce descriptif d'une société britannique après des années de libéralisme, d'abord travaillistes (nos "socialistes" à nous) puis conservateur (notre droite à nous !).

La "fracture sociale", comme aurait dit Chirac, s'est aggravée avec un appauvrissement généralisé du monde du travail et une plongée dans la misère pour de plus en plus de familles, de jeunes notamment. Sans espoir de sortie.

Ce "modèle" britannique, malgré ses particularités, fait penser à la situation espagnole (et ses milliers de familles expulsées), à la situation grecque ou, même, à la situation allemande où le chômage massif est caché par des statistiques bricolées et des obligations de travail.

Quant à la France, les récents chiffres sur la misère qui touche 3 millions d'enfants illustrent une situation sociale qui s'approche du désastre.

Alors que les médias tentent de faire croire que la Grèce est responsable de sa situation financière pour que les Français considèrent normal que ce soit le peuple grec qui éponge cette dette, le reportage de CQFD, comme les chiffres qui concernent la France ou l'Espagne, amènent au contraire à réfléchir aux causes profondes du chômage et de la misère, aux politiques qui aggravent cette situation, poussent de plus en plus de salariés dans la précarité sociale et criminalisent ceux qui se retrouvent les plus en difficulté au lieu de les aider à s'en sortir.

C'est bien le modèle économique global, le capitalisme, et les politiques de libéralisation du marché de l'emploi qui provoquent cet effondrement social à la base alors que le nombre de grandes fortunes n'a jamais été aussi élevé dans nos pays.

Encore une fois, l'argent va à l'argent et, pour se protéger des pauvres, les riches poussent les partis politiques du système à criminaliser les pauvres.

C'est bien ce que la droite euroise met en place en multipliant les contrôles à destination des bénéficiaires du RSA ! Comme si la misère était un choix. Comme si être pauvre était un crime.

Solidaire

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À quelques semaines des élections générales britanniques, la coalition conservatrice au pouvoir se targue d’avoir relancé le pays sur les rails de la croissance. Pour qui s’attarde sur son bilan social, en revanche, les louanges sont moins flamboyantes : depuis son arrivée au pouvoir en 2010, on compte environ 100 000 sans-abri supplémentaires dans tout le royaume.

Par Emmanuel Sanséau. {PNG}

Voilà que la responsable du Booth Center, principale association d’aide aux sans-abri de Manchester, décroche enfin le combiné. Et c’est peu dire qu’elle a l’air sous pression. « Non monsieur, je n’ai vraiment pas le temps de vous parler. Je viens de perdre deux volontaires dans mon équipe », souffle-t-elle d’une voix tendue. « On a une centaine de SDF qui attendent tous les matins devant notre porte. On est juste très très occupés. Non, ça va être comme ça pour les prochains mois. Allez voir notre site si vous voulez des informations. Bonne journée. » Attendant une éruption d’humanisme déluré – de celles qu’on voit jaillir des travailleurs sociaux aux grands journaux télévisés – vous vous êtes plutôt senti comme au comptoir d’un commissariat agité. Du coup, vous avez rappelé. « Non monsieur, nous avons une pénurie de personnel, nous n’avons pas le temps. » Combien sont-ils à y travailler ? « Allez sur notre site. CLAC. » Pareil accueil vous sera d’ailleurs réservé à l’association Mustard Tree, Shelter, Barnabus – toutes dévouées aux sans-abri de Manchester. Motif : « débordés. »

Si les gens n’ont pas le temps de parler, les chiffres se montrent plus bavards. Selon le dernier rapport consacré aux inégalités sociales dans l’agglomération de Manchester (publié en 2013), 600 000 de ses résidents « ressentent les effets d’une extrême pauvreté ». C’est deux fois la population de Nantes, plus d’un quart de l’aire urbaine du Grand Manchester. Parmi ceux-ci, les « gens qui se lèvent tôt et travaillent dur » pourtant flattés par les élites politiques, se trouvent en première ligne : tandis que le prix de l’immobilier mancunien, sous les effets de la gentrification, augmente plus vite qu’à Londres, les mesures de flexibilisation de l’emploi ont précipité des familles entières dans la « faim, l’isolement, la peur et la frustration. » Un peu plus tard, en décembre 2014, on apprenait que 5 000 personnes avaient fait appel au « service-sans-abri » de la municipalité. Le rapport aurait dû faire l’effet d’une bombe. On n’entendit qu’un pétard mouillé.

À l’État social déjà sévèrement amputé par trente ans de consensus néolibéral, David Cameron avait prétendu substituer une déclinaison moins agressive du projet conservateur, la « Big Society » : une communauté de bénévoles, citoyens modèles devenus philanthropes par la grâce d’un pouvoir décentralisé. Et la responsabilité individuelle de prévaloir encore un peu plus sur ce qu’il restait de « mamma étatique. » Agitant depuis 2010 l’épouvantail du déficit public pour légitimer des « décisions difficiles », la coalition a sorti la hache austéritaire avec une vigueur thatchérienne, privant de 35 milliards de livres les dépenses publiques pour ne laisser entrevoir qu’un État réduit à ses fonctions vitales. Puisque les « classes dangereuses » semblent avoir cessé d’inquiéter les élites politiques, c’est à la voiture-balais de la charité qu’est confiée la gestion des indigents, désormais perçus comme définitivement résignés. La voilà, la « big Society » : en 2010, 40 000 britanniques avaient eu recours au Trussel Trust, principale banque alimentaire du pays. Aujourd’hui, ils sont 900 000. La fondation Joseph Rowntree estime le nombre de sans-abri à 280 000 personnes dans tout le royaume, en hausse de 30% depuis ces cinq dernières années.

« Chez moi, c’est là. »

« Mon pote, t’imagines même pas à quelle vitesse tu peux te retrouver à ma place. » Jason a la voix enrouée et plus vraiment de dents. Voilà 8 heures qu’il a pris poste entre deux guichets de banque à Piccadilly Gardens, au cœur de Manchester. Sur le trottoir. « Tu prends une mauvaise décision au mauvais moment et, bam ! tout fout le camp. Moi, j’avais acheté un appart’ avec ma copine. Ça n’a pas duré longtemps. Quand elle m’a quitté, je me suis retrouvé à la rue et sans thunes. Ça fait six mois que je fais la manche. J’ai été un peu partout, au Pays de Galles, à Bristol, et là je suis de retour à Manchester, chez moi. » En face de lui, un tramway décharge un flot de costumes trois pièces impeccables.

« Une pièce monsieur ? Bonne journée monsieur. » Les passants filent à vive allure, personne ne semble l’avoir remarqué. L’État ? « Non, je compte certainement pas dessus. J’ai un ami qui m’accueille chez lui pour dormir, il faut seulement que je lui paie à boire en échange. Et les gens du conseil (municipal de Manchester, ndlr) qui doivent gérer les SDF, ils peuvent nous faire une place dans un dortoir seulement quand ils nous trouvent là, à agoniser sur le trottoir en pleine nuit. Alors moi, au lieu de dormir chez mon pote, il faudrait que je zone ici, à attendre que l’un d’entre-eux me trouve. C’est assez dangereux la nuit. Alors je compte pas sur eux. Tu vois ce que je veux dire ? » Mais qu’importe, Jason est de bonne humeur. Il a trouvé un job d’une semaine à compter du lundi suivant. « Je suis ébéniste. Je pose des joints, je visse des trucs et tout. Après ça, je sais pas. Tu vois ce que je veux dire ? »

À quelques encablures de là, John s’est agenouillé devant une enseigne de Mc Donald’s, avec une serviette Disney sur les épaules, des chaussures arrachées et un nez à moitié cassé. Quoiqu’en se rapprochant, il semblerait plutôt qu’il lui manque un bout de nez. « Je vais te dire ce qui m’est arrivé. Je suis sorti de prison il y a deux mois et, depuis ça, je me retrouve sans maison, sans argent, sans rien. Chez moi, c’est là. » Sur le trottoir de la rue d’Oxford, dégueulassé par des emballages de Big Mac. « Moi, je suis irlandais. Et ici, si t’as pas un passeport anglais, les gens de la commune peuvent pas t’aider. Ils n’en ont rien à foutre de moi. » Et les avatars de la « Big Society » ? « Ouais, je suis allé voir quelques associations au début mais ils te disent : “revenez plus tard, revenez plus tard, revenez plus tard.” Ils avaient tous l’air débordés. Alors au bout d’un moment, tu reviens pas. Là, j’essaie d’économiser pour aller dans une auberge de jeunesse pour la nuit. Il faut que je prenne une douche, que je dorme dans un vrai lit pour une fois. Ça coûte 20 livres. 20 livres ! T’imagines ? »

Violence de l’État post-social

Brutal, l’État l’est d’autant plus par la violence qu’il déploie à l’encontre des premières victimes de son délitement. Tandis que les sanctions accrues à l’encontre des chômeurs et des « assistés » ont privé d’allocations sociales deux millions de familles depuis 2013 (selon le syndicat Unite), son ignorance des indigents est soigneusement matérialisée par la rigueur budgétaire… et la loi.

Nathan, par exemple, est trop vieux pour que le « service sans-abri » de Manchester lui vienne en aide. Le gars a 19 piges. À moins d’être mineur, enceinte ou en situation d’urgence, la municipalité est déchargée de toute responsabilité légale. « Il faut régulièrement remplir un dossier en ligne pour leur demander de l’aide. Ils peuvent te proposer une piaule pas trop chère. Mais c’est toujours la même réponse : je suis pas sur la liste prioritaire, alors il faut attendre qu’une place se libère. Ça fait deux mois que j’attends. » Deux semaines plus tôt, on apprenait que le conseil municipal, dirigé par les travaillistes, approuvait une coupe budgétaire de 50 millions de livres (environ 68 millions d’euros). Cette année, son « service sans-abri » devra ainsi en économiser 3 millions. Selon la fondation Joseph Rowntree, l’ensemble des services du royaume ont vu leurs budgets se réduire de 26 % depuis 2010.

« J’ai quitté l’école à 16 ans et j’ai enchaîné les contrats d’apprentissage, poursuit Nathan. À la fin de l’année dernière, je me suis fait dégager de mon stage. Après ça, j’ai galéré à trouver un job. Ensuite, mon oncle m’a dégagé de chez lui. Et là, je viens de me faire dégager par un flic », parce que le patron de l’hôtel Premier Inn au flanc duquel il s’était campé en avait décidé ainsi. Du coup, il lit le journal à l’arrière dudit hôtel et n’est pas peu fier de parler politique. « C’est clair que Cameron a augmenté le fossé entre ceux qui n’ont rien et ceux qui ont beaucoup. La vie coûte de plus en plus cher, les salaires ne sont pas suffisants… Tu vois pas le piège, mais une fois que t’es dedans c’est mission impossible pour en sortir. »

En février dernier, le Premier ministre annonçait que les jeunes sans emploi devront effectuer des travaux communautaires pour continuer à percevoir des allocations chômage (environ 250 livres par mois, soit 345 euros). Quant aux personnes obèses, elles pourraient tout simplement être privées de prestations de maladie si elles « refusent d’être traités. » Rassurez-vous, rien à voir avec un certain darwinisme social, c’est seulement pour éviter qu’ils se laissent « aspirer dans une vie dépendante des aides sociales ». Au téléphone, la responsable du Booth Center commençait à en avoir marre que vous la rappeliez. Juste une question : qu’est-ce que M. Cameron a fait pour les aider ? « Je ne peux pas vous répondre. CLAC. »

Par Emmanuel Sanséau. {PNG} paru dans CQFD n°131 (avril 2015), rubrique Le dossier

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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 08:22

Le Parlement grec a monté une commission dont l'objectif était d'étudier la dette grecque, ses origines et sa légalité. Le rapport vient d'être rendu public au parlement grec (la Vouli) en présence d'observateurs internationaux, du PCF notamment.

Les preuves présentées dans le rapport indiqueraient que la dette issue des plans d’austérité est une violation directe des droits fondamentaux de l’homme.

Le rapport sera officiellement publié aujourd'hui vers 16h.

Composé de 9 chapitres, le rapport conclut, sans vraiment beaucoup de surprise, que la dette grecque est en grande partie illégale, illégitime et odieuse. Ce rapport préliminaire présente une cartographie des problèmes et des questions clés liées à la dette publique grecque, et fait état des violations juridiques associées ; il retrace également les fondements juridiques sur lesquels peut se fonder la suspension unilatérale des paiements de la dette.

Les résultats sont présentés en neuf chapitres structurés comme suit (traduction du résumé publié en anglais ici) :

1. la dette avant la troïka

Ce chapitre revient sur les analyses de la croissance de la dette publique grecque depuis les années 1980.

Il conclut que l'augmentation de la dette n'est pas le résultat de dépenses publiques excessives, qui sont en fait restées inférieures aux dépenses publiques des autres pays de la zone euro, mais plutôt en raison des taux extrêmement élevés, des dépenses militaires excessives et injustifiées, de la perte de recettes fiscales due à des sorties illicites de capitaux, de la ​​recapitalisation des banques privées, et des déséquilibres internationaux créés par les failles dans la conception de l'Union monétaire elle-même.

L'adoption de l'euro a conduit à une augmentation drastique de la dette privée en Grèce à laquelle les grandes banques privées européennes ainsi que les banques grecques ont été exposées. La crise bancaire a contribué à la crise de la dette souveraine grecque. Le gouvernement de George Papandreou a aidé à présenter les éléments d'une crise bancaire comme une crise de la dette souveraine en 2009 en mettant l'accent et en augmentant le déficit public et la dette.

2. Evolution de la dette publique grecque entre 2010 et 2015

Ce chapitre conclut que le premier accord de prêt de 2010 a principalement visé le sauvetage des banques privées et a permis aux banques de réduire leur exposition aux obligations d'État grecques.

3. la dette publique grecque en 2015

Ce chapitre présente la nature controversée de la dette actuelle de la Grèce, les principales caractéristiques des prêts, qui sont analysés plus en profondeur dans le chapitre 8.

4. Mécanisme de la dette en Grèce

Ce chapitre révèle les mécanismes des accords qui ont été mis en œuvre depuis mai 2010. Ils ont créé une quantité importante de nouvelle dette, tout en générant des coûts abusifs ainsi que l'approfondissement de la crise. Les mécanismes révèlent que la majorité des fonds empruntés ont été transférés directement aux institutions financières. Plutôt que de bénéficier à la Grèce, ils ont accéléré le processus de privatisation, par l'utilisation d'instruments financiers.

5. conditionnalités contre la durabilité

Ce chapitre présente comment les créanciers ont imposé des conditions intrusives attachés aux accords de prêt, ce qui a conduit directement à l'impossibilité économique et à l'insoutenabilité de la dette. Ces conditions, sur lesquelles les créanciers insistent encore, ont non seulement contribué à la baisse du PIB, mais aussi à un emprunt public plus élevé, faisant la dette de la Grèce plus insoutenable encore, mais a également provoqué des changements dramatiques dans la société, et a provoqué une crise humanitaire. La dette publique de la Grèce peut être considérée comme tout à fait insoutenable à l'heure actuelle.

6. Impact des "programmes de sauvetage" sur les droits de l'homme

Ce chapitre conclut que les mesures mises en œuvre dans le cadre des "plans de sauvetage" ont directement affecté les conditions de vie des personnes et ont violé les droits de l'homme, que la Grèce et ses partenaires sont tenus de respecter, de protéger et de promouvoir en vertu du droit national et international. Les ajustements drastiques imposés à l'économie grecque et à la société dans son ensemble ont provoqué une détérioration rapide du niveau de vie, et restent incompatibles avec la justice sociale, la cohésion sociale, la démocratie et les droits humains.

7. les questions juridiques entourant les protocoles d'entente et de prêt

Ce chapitre soutient qu'il y a eu violation des droits de l'homme de la part de la Grèce elle-même et des prêteurs que sont les États membres de la zone euro, la Commission européenne, le Parlement Européen, la Banque Centrale et le Fonds monétaire International, qui ont imposé ces mesures à la Grèce.

Tous ces acteurs ont échoué à évaluer les violations des droits de l'homme comme un résultat des politiques qu'ils ont obligés de poursuivre, et ont aussi directement violé la Constitution grecque en dépouillant efficacement la Grèce de la plupart de ses droits souverains. Les accords contiennent des clauses abusives, qui contraignent la Grèce à capituler sur des aspects importants de sa souveraineté. Ceci est imprimé dans le choix de la loi anglaise comme régissant le droit pour ces accords, ce qui a facilité le contournement de la Constitution grecque et les obligations internationales des droits de l'homme.

Il y a plusieurs indications qui montrent que les parties contractantes ont agi de mauvaise foi, ce qui rendent ces accords invalides.

8. évaluation des dettes illégitimes, odieuses, illégale et non-viables

Ce chapitre fournit une évaluation de la dette publique grecque selon les définitions relatives à la dette odieuse, illégitime, illégale et non viable adoptées par le Comité.

Ce chapitre conclut que la dette publique grecque, en date de juin 2015 est insoutenable, puisque la Grèce est actuellement incapable de rembourser sa dette sans compromettre gravement sa capacité à remplir ses obligations de base des droits humains.

En outre, pour chaque créancier, le rapport fournit des preuves de cas indicatifs de dettes illégales, illégitimes et odieuses.

Dette envers le FMI : Elle doit être considérée comme illégale puisque qu'elle a violé les propres statuts du FMI, et ses conditions enfreignaient la Constitution grecque, le droit international coutumier, et les traités auxquels la Grèce est partie. Elle est également illégitime, puisque les conditions incluses empiétaient sur les obligations en matière de droits de l'homme. Enfin, elle est odieuse puisque le FMI savait que les mesures imposées étaient antidémocratiques, inefficaces, et conduiraient à de graves violations des droits socio-économiques.

Dettes envers la BCE: Elles doivent être considérées comme illégales car la BCE a sur-intensifié son mandat en imposant l'application des programmes d'ajustement macro-économiques (par exemple la déréglementation du marché du travail) par l'intermédiaire de sa participation à la Troïka. Les dettes envers la BCE sont également illégitimes et odieuses, puisque la principale raison d'être du programme était de servir les intérêts des institutions financières, permettant aux grandes banques privées européennes et grecques de se débarrasser de leurs obligations grecques.

9. les fondations juridiques pour la répudiation et la suspension de la dette souveraine grecque

Ce chapitre présente les options concernant l'annulation de la dette, et en particulier les conditions dans lesquelles un Etat souverain peut exercer le droit de répudiation ou la suspension du paiement de la dette en vertu du droit international.

Plusieurs arguments juridiques permettent à un Etat de répudier unilatéralement sa dette illégale, odieuse et illégitime. Dans le cas de la Grèce, un tel acte unilatéral peut être fondée sur les arguments suivants :

- la mauvaise foi des créanciers qui ont poussé la Grèce à violer la loi nationale et les obligations internationales relatives aux droits de l'homme ;

- la prééminence des droits humains sur les accords tels que ceux signés par les gouvernements précédents avec les créanciers ou la troïka ;

- la coercition ;

- les clauses abusives qui violent de manière flagrante la souveraineté grecque et violent la Constitution ;

- et enfin, le droit reconnu en droit international à un Etat de prendre des contre-mesures contre les actes illégaux commis par ses créanciers, qui endommagent délibérément sa souveraineté budgétaire, l'obligent à assumer la dette odieuse, illégale et illégitime, violent l'autodétermination économique et les droits humains fondamentaux.

En ce qui concerne la dette insoutenable, chaque État est légalement en droit d'invoquer la nécessité dans des situations exceptionnelles afin de sauvegarder les intérêts essentiels menacés par un péril grave et imminent.

Dans une telle situation, l'Etat pourra être dispensé de l'accomplissement de ces obligations internationales qui augmentent le péril, comme cela est le cas avec les contrats de prêts en suspens. Enfin, les Etats ont le droit de se déclarer unilatéralement insolvable quand le service de leur dette est insoutenable, dans ce cas, ils ne commettent aucun acte illicite et donc n'en portent pas la responsabilité.

La dignité des personnes vaut plus qu'une dette illégale, illégitime, odieuse et insoutenable.

Ayant achevé son enquête préliminaire, le Comité estime que la Grèce a été et est la victime d'une attaque préméditée et organisée par le Fonds Monétaire International, la Banque Centrale Européenne, et la Commission Européenne. Cette mission violente, illégale et immorale était exclusivement destinée à transférer la dette privée sur le secteur public.

En mettant ce rapport préliminaire à la disposition des autorités grecques et du peuple grec, le Comité estime avoir rempli la première partie de sa mission telle que définie dans la décision du président du Parlement du 4 Avril 2015.

La commission espère que le rapport sera un outil utile pour ceux qui veulent sortir de la logique destructrice de l'austérité et défendre ce qui est aujourd'hui mis en péril : les droits humains, la démocratie, la dignité des peuples, et l'avenir des générations futures.

http://www.okeanews.fr/20150617-la-dette-grecque-illegale-illegitime-et-odieuse-selon-le-rapport-preliminaire-du-comite-sur-la-dette

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