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Présentation

  • : Andrée OGER, conseillère départementale communiste de Saint André de l'Eure
  • Andrée OGER, conseillère départementale communiste de Saint André de l'Eure
  • : Andrée OGER est maire honoraire de Croth, conseillère départementale de Saint André de l'Eure et chevalier de la Légion d'Honneur.
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Rendez-vous

Fête de l'Huma 2016

Vendredi 10, samedi 11 et dimanche 12 septembre
Parc du Bourget
3 jours : 35 €
    

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Salaires et pensions à la traîne, prix et loyers en hausse, profits et actionnaires qui explosent...

 

Front Uni 

contre la vie chère !

   

Campagne de pétition lancée par le PCF

pour exiger de meilleurs salaires, une hausse des minimas sociaux,

 pour exiger des baisses de TVA, un blocage des prix et des loyers

pour taxer les profits et le grandes fortunes
  

Demandez la pétition !

Signez la en ligne sur le site de la Fédération euroise du PCF : www.27.pcf.fr !

Participez au rassemblement devant Bercy (ministère des finances), vendredi 3 juin à 15 h !

Campagne contre la vie chère - affiche PCF 2011
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Contre la privatisation de La Poste !

Les communistes adhèrent au Comité Départemental de Défense de La Poste
(cliquez sur l'image !)  


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CRISE : que proposent les communistes ?







 

"Sarkozy a été élu par des pauvres qui se lèvent tôt pour aller faire la fête avec des riches qui se couchent tard".
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 Des idées, des vidéos, des sondages sur le site www.sortirdelacrise.tv 
 
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Texte libre

Je définirais la mondialisation comme la liberté pour mon groupe d’investir où il veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possibles en matière de droit du travail et de conventions sociales.

P.Barnevick, ancien président de la multinationale ABB. 

Pour moi, un réactionnaire c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui trouve que c’est dans l’ordre naturel des choses. Un conservateur, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui pense qu’on n’y peut rien. Un progressiste, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui trouve que c’est injuste. Un communiste, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui est prêt à faire pour eux ce qu’il ferait pour ses propres enfants.

Ibrahim,
Cuba, un soir lors d’une conversation inoubliable.

 

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« La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste.
La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique »

 

Karl MARX 

 

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Nouvelles permanences d'Andrée OGER :

 

 

 

Vous pouvez prendre rendez-vous avec Andrée OGER en contactant son secrétariat au 02.32.31.96.25

 

- Mairie de Saint André : les lundis de 17 h à 19 h

- Salle des Fêtes d'Ezy-sur-Eure: les vendredis de 17 h à 19 h

 

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Dernier tract des communistes
du sud de l'Eure

 (cliquer sur l'image)

 

  Tract St André Septembre 2013 - Recto

 Tract St André Septembre 2013 - Verso

 

 

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Ebuzzing - Top des blogs - Société

20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 09:05

Hier soir sur Canal +, un François Hollande à bout de souffle remet le couvert pour le Front National.

L'interview d'hier soir, sur Canal +, de François Hollande aurait pu ne laisser qu'une impression de grand vide si celui qui parlait de Changement en 2012 n'avait pas sombré dans l'insulte et l'amalgame contre les Communistes.

Alors que les Français confirment, d'élection en élection, leur rejet des orientations politiques de François Hollande et du gouvernement de Manuel Valls, il devient difficile pour l'hôte de l'Elysée et pour ses proches de justifier leurs choix politiques et de trouver une dynamique nouvelle. De discours en discours, le Président comme ses ministres ou les responsables socialistes ne font que confirmer l'orientation social-libérale de leur politique.

Il semble bien que les conseillers de l'Elysée et de Matignon n'ont trouvé que la promotion du Front National pour tenter de créer un sursaut électoral autour du PS par la peur qu'inspire encore l'extrême-droite chez une majorité de Français.

Cette stratégie du pire, utilisée à grande échelle par Manuel Valls durant la campagne électorale des élections départementales, semble être désormais reprise par le Président lui-même.

A trop vouloir réduire le débat politique à un choix entre le PS et le FN, François Hollande en est arrivé hier soir à un raccourci insultant contre les Communistes et digne d'une falsification historique.

En mettant sur le même pied le discours de Marine le Pen et un "tract du Parti communiste des années 70", François Hollande crée un amalgame douteux entre deux courants politiques que tout oppose, sur les valeurs comme sur la pratique politique, et qui se sont opposés par les armes durant la seconde guerre mondiale.

Y-a t-il besoin de rappeler à François Hollande que les Communistes n'ont jamais pratiqué la haine de l'étranger, le rejet de la différence mais que, au contraire, l'acceptation de l'autre, l'égalité entre les Hommes et la solidarité internationale sont des valeurs essentielles du Communisme ?

L'Histoire du PCF a été traversée de cette fraternité entre travailleurs, au delà des frontières, des couleurs de peau et des religions.

le PCF a toujours été une force d'intégration sociale pour les immigrés de France, depuis sa création dans les années 20 avec les immigrés antifascistes italiens puis allemands, espagnols, polonais ou d'Europe centrale. Aujourd'hui encore, le PCF défend les valeurs de fraternité et de solidarité.

Faut-il rappeler à François Hollande que les Communistes, dès le 17 juin 1940, ont organisé les premiers germes de résistance dans la France occupée par une Allemagne nazie alors que l'extrême-droite française, elle, organisait la Collaboration avec l'occupant autour du Maréchal Pétain ? Faut-il lui rappeler les FTP-MOI ou l'Affiche rouge ?...

Non. François Hollande sait tout ça et insulte sciemment les Communistes et l'Histoire de France.

Il insulte également ses propres militants et l'Histoire de son propre parti politique, le Parti socialiste.

Dans ces années 70 où le discours du PCF aurait été celui du FN d'aujourd'hui, selon François Hollande, le Parti socialiste mené par François Mittérrand signa un "Programme commun" avec le Parti communiste, une alliance politique qui a permis à ce même François Mittérand de remporter l'élection présidentielle de 1981. Est-ce à dire que les socialistes de l'époque (dont il faisait partie !) se seraient alliés avec une force politique au discours xénophobe et nationaliste ?...

La falsification de l'Histoire et l'insulte envers des millions d'électeurs et de militants de gauche ne peut tenir lieu de stratégie politique pour un Président de la République.

L'échec de François Hollande et de sa majorité ne doit pas l'amener à jouer l'apprenti sorcier en favorisant l'arrivée au pouvoir de l'extrême-droite.

A l'heure où le Parti socialiste prépare son Congrès, les militants et sympathisants socialistes doivent se poser la question de savoir s'ils ont encore quelque chose en commun avec un Président et des responsables socialistes qui mènent une politique libérale, soumise aux diktats de Bruxelles et du MEDEF, et qui insultent, au travers du Parti communiste, l'Histoire de la gauche française dans son ensemble ?

Si François Hollande soit s'excuser publiquement auprès du Parti communiste, comme le réclame Pierre Laurent, les responsables nationaux et locaux du Parti socialiste doivent, a minima, prendre leurs distances avec ces propos sous peine d'apparaître comme les cautionnant.

Affiche-Rouge.jpg

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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 08:39

Un texte de Jean MARGA trouvé sur "LeGrandSoir". Merveilleusement cynique.

Solidaire


Bien sûr il ne faut pas les embêter avec les analyses politiques que développent les vieilles barbes (il en reste encore quelques-unes).

Pensez ! C’est d’un rasoir, d’un triste !

Et il y a tellement mieux à faire ! Vroum-vroum, sortir, frimer, s’éclater, le buzz, le clinquant, ma tablette…

Et puis. Et puis patatrac !

Tu tombes là où ce n’était pas prévu, dans la trappe du chômage. Et là, plus personne ne te vois, tu ne brilles plus pour personne : l’oubli.

Tu ne comptes plus pour personne.

Adieu les repères, les relations finalement factices. Seul. Tu te retrouves seul face à cette merde, face à cette infamie.

Seul face à ces patrons, les mêmes que ceux qui faisaient tourner la machine dans l’autre sens pour tout autant t’exploiter lorsque tu travaillais, sans que tu t’en rendes compte : la machine qui t’appâtait avec les clinquants de sa publicité de pacotille et ses fausses promesses de vie meilleure.

Ces patrons qui usent et abusent de ta détresse et de ta solitude pour jouer avec toi, comme le chat avec la souris. Et là, tu n’es plus dans un décor carton-pâte de Walt Disney.

Tu es en détresse et a absolument besoin de travailler pour payer les traites, maintenir un niveau de vie que tu ne veux pas lâcher. Tu ne veux pas tout perdre, le peu qui t’appartient, passer sous l’eau et couler définitivement.

Tu es seul face à eux. Comment te battre, alors, dans ces conditions ? Déjà que la bagarre ce n’était pas ton truc…

Comment faire autrement que d’accepter ces pseudos entretiens d’embauche humiliants et dégradants, pratiqués hors de tout contrôle, et donc de toute légalité ; comment faire autrement que d’accepter leurs conditions ignobles et inhumaines ? Les contrats d’une semaine, les horaires précaires d’un jour sur l’autre, le travail de nuit, du week-end, ce travail qui ne correspond pas du tout à ta qualification…

Comment faire pour te défendre, toi qui n’a jamais étudié la législation du travail, la défense des droits des salariés ? Tu es pieds et poings liés devant eux…

Penses-tu encore à ce moment-là aux discours rasoirs des vieilles barbes, occupé que tu es à cacher à tes proches ta honte, ta culpabilité ; la culpabilité qu’ils ont réussi à introduire dans ta tête ? Pas assez flexible, pas assez qualifié, trop qualifié… Comme si c’était toi le responsable de l’état du « marché » du travail, toi qui cours d’agence d’intérim en agence d’intérim pour ne pas être gagné par le découragement et la déprime. Combien de temps tiendras-tu , supporteras-tu cette usure inhumaine qu’on t’inflige pour te faire accepter n’importe quoi/le plus gros travail au plus petit salaire ?

Ah, les vieilles barbes ! Avant l’heure ce n’était pas l’heure. Un discours plaqué qui ne correspondait à aucune de tes réalités et expériences sensibles.

Et maintenant ; maintenant que tu as disparu de leur écran radar, toi qui n’était pas un habitué des manifs ou des réunions politiques, comment vas-tu faire pour t’en sortir ?
Sur qui vas-tu compter ? Où trouveras-tu la force ?

Comment vas-tu faire pour dire la réalité vraie de cette machine à broyer les hommes qui la subissent à ceux qui n’en parlent plus parce qu’ils ne la connaissent pas eux-mêmes dans son aggravation et son abjection d’aujourd’hui ?

Comment vas-tu faire pour t’en sortir ?

François Chevalier, « stratégiste » chez V.P. Finance, un type dont tu n’as jamais entendu parler l’expliquait pourtant bien : « Le plein emploi est l’ennemi du profit ! ».

 

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 08:45

Dans un entretien à l’Obs, le 22 octobre dernier, le premier ministre Manuel Valls prétendait vouloir « agir » sur les « inégalités importantes » entre les salariés « très protégés » en CDI et les salariés précaires en CDD et en intérim, évoquant un « contrat de travail unique ». pour vaincre « la peur de l’embauche ».

Parmi ses demandes répétées d’assouplissement du contrat de travail, le patronat souhaitait, en effet, la mise en place du "contrat de projet". Ce nouveau contrat – "qui prendrait fin automatiquement une fois le projet réalisé" - viendrait remplacer le CDI pour mettre un terme à "la peur de l’embauche" des patrons.

Et la peur du chômage ? Ça n’existe pas ?

Le CDI est bien dans le collimateur des libéraux de droite comme de gauche et du patronat. Jugé « hyperprotecteur » pour les salariés et comme un frein aux licenciements et donc aux embauches par les patrons. C’est bien l’idée qu’essaient de nous vendre le Medef et, avec lui, l’aile droitisée du Parti socialiste.

Ainsi de Gérard Collomb, par exemple, député maire PS de Lyon, qui s’est lâché dans un entretien à l’Usine nouvelle. Il réclame « plus de flexibilité au début du contrat », avec « une période d’essai de deux ou trois ans, par exemple, pour que l’entrepreneur évalue le salarié et l’évolution de l’activité ». Mais parle encore un peu de « flexisécurité », en imaginant que « la sécurité augmenterait au fil du temps, avec des périodes de préavis rallongées (en cas de rupture du contrat ), et des indemnités plus conséquentes ». Quant au CDD, l’élu lyonnais l’aime au point de vouloir en faire profiter plus longtemps les salariés : « Ce serait bien d’avoir une période plus ample. »

Précaire plus longtemps, mais pas chômeur ... Pas mal pour la courbe qu’on rêve d’infléchir !

Comment ne pas y voir une promesse de resucée du contrat nouvelles embauches (CNE) ? Ce CNE à destination des entreprises de vingt salariés au plus (PME et TPE), on s’en souvient : une période d’essai de deux ans pour le salarié, et pour le patron la possibilité de rompre le contrat sans motif.

Mis en place sur ordonnance par le gouvernement Villepin en 2005, il fut abrogé en juin 2008 après avoir été jugé contraire au droit international par l’Organisation internationale du travail (OIT) en 2007, tandis que de multiples jugements prud’homaux en ordonnaient la requalification en CDI avec indemnisation en faveur des salariés.

Le CNE, un an après sa mise en place, « n’a pas généré de nouveaux emplois », constatait François Hollande, en 2006. Il disait juste. Le PS de l’époque avait d’ailleurs combattu ce dispositif accolé au fumant CPE (contrat première embauche) durant des semaines aux côtés de milliers de jeunes et de salariés dans les rues à l’hiver 2005. Dix ans après, la même soupe refroidie est pourtant remise sur le feu par ce même PS.

« La rupture du contrat avant la réalisation du projet serait un licenciement pour motif personnel qui n’impliquerait "pas la mise en œuvre de l’ensemble des obligations légales et conventionnelles qui auraient résulté d’un licenciement pour motif économique" » propose ainsi le Medef.

Pour le Medef, il s’agit donc de créer pour l’ensemble des secteurs d’activité un nouveau contrat de travail qui prend fin une fois le projet réalisé sur le modèle du contrat de chantier existant dans le BTP.

Dans sa philosophie, ce contrat de travail « flexible » rappelle le « contrat de mission » proposé il y a onze ans par la fédération Syntec, qui avait suscité une forte mobilisation des syndicats et des informaticiens. A l’époque déjà, ils craignaient une plus grande précarisation des salariés des sociétés de services. Faire coïncider le contrat de travail avec le contrat commercial rendant caduque le système de l’intercontrat, cette période entre deux missions où l’ingénieur reste sous contrat avec sa SSII.

L’idée avait ensuite continué son chemin prenant différents noms selon les cercles patronaux : le contrat de projet (janvier 2004, rapport de Virville) ; le CDI de performance (mai 2004, Croissance Plus) ; le contrat de travail unique (octobre 2004, rapport Camdessus) ; le contrat export (octobre 2004, Nicolas Sarkozy) ; le CDI « nouvelle embauche » (juin 2005, Dominique de Villepin) ; ou, plus récemment, le CDI pour tous (novembre 2011, Institut Montaigne).

Le contrat de projet qui n’est en fait qu’une “généralisation du CDI de mission” , c’est une provocation dans les termes, puisque c’est la généralisation du “contrat de mission”, aujourd’hui réservé à certains cadres et à certaines missions assez hautement qualifiées. C’est au contraire, précisément, la remise en cause frontale du CDI, puisque des salariés, y compris non cadres, pourraient être embauchés pour une mission déterminée. Ce qui est pervers : non seulement on remet en cause le CDI, mais on veut remettre en cause aussi le CDD, et en particulier la prime de précarité de 10 %, elle-même jugée insupportable

Contrat de projet : Quelle est l’entreprise qui n’a pas un projet ?", ironise Jospeh Thouvenel, vice-président de la CFTC.

CDD de mission, contrat de mission ou contrat de projet, l’idée de cette recette n’est pas nouvelle et le patronat a déjà tenté de la servir à plusieurs reprisés ces dernières années, provocant à chaque fois la même indignation syndicale. Elle provient en fait du rapport de Michel de Virville, secrétaire général du groupe Renault, remis au gouvernement en janvier 2004.

Dès septembre 2007, dans une "note de problématique" adressée aux syndicats, le Medef reprenait ce projet en partant du postulat que la majorité des embauches se fait en contrats courts : le nouveau dispositif devait ainsi "répondre aux besoins des entreprises et limiter le sentiment de précarité des salariés."

Il en veut pour preuve le modèle irlandais, le fameux "Tigre celtique" longtemps montré en exemple de réussite grâce à une très grande flexibilité des salariés : Aujourd’hui, l’Irlande se trouve en faillite. C’est la voie sur laquelle veut nous emmener le Medef !"

La volonté de tuer définitivement le cadre protecteur du CDI pour le remplacer par un contrat précarisant les salariés avec une période dite « d’essai prolongée de deux à trois ans » couve au patronat depuis des lustres, mais aussi chez les sociaux-libéraux.

En fait, ce contrat signe la fin du CDI pour le transformer en missions.
Et puis : "Quelle banque va prêter à une personne avec ce type de contrat ?"

Un contrat de travail unique pour simplifier ? Bien sûr qu’il le faut ! Il est d’ailleurs prôné par les partis politiques de réelle gauche, et par les syndicats dignes de ce nom.

Mais ce contrat doit être un CDI, et en aucun cas un amalgame, tel que ce contrat de projet, qui nous est présenté comme mettant fin au CDD, mais qui mettra surtout fin au CDI ...

Salariés : attention, arnaque !

Chien Guevara

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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 08:41

Un bateau surchargé de 550 migrants parti de Libye et 144 survivants seulement.

L'information ne fera peut-être pas la Une des journaux télévisés ce soir mais comment rester insensible devant la mort de 400 personnes, dont de nombreux enfants, lors du chavirement d'un bateau surchargé de migrants clandestins près des côtes italiennes ?

Ce drame horrible, à grande échelle, nous rappelle que la misère et la guerre poussent de plus en plus de Maliens, d'Erythréens, d'Iraquiens ou de Syriens dans les bras de passeurs qui les volent et les envoient à la mort.

900 migrants sont ainsi déjà morts cette année en tentant de rejoindre les côtes européennes en 2015 contre 47 sur la même époque en 2014.
8 000 migrants ont rejoint l'Europe depuis vendredi seulement !

Autant dire que ceux qui pensent qu'il suffit de durcir la législation et d'augmenter les contrôles aux frontières pour freiner ce flux de misère se trompent complètement.

Ce sont les causes de ces mouvements de

population qui doivent être traités car personne ne quitte jamais son pays et ses proches par plaisir.
Nos pays, nos gouvernements, ont leur part de responsabilité en attisant les crises et les guerres dans ces pays, et en soutenant des gouvernements qui ne servent que les intérêts d'une minorité.

Les guerres en Libye et en Syrie, soutenues ou organisées depuis les Etats-Unis et l'Europe, ont créées un chaos économique et social de grande ampleur qui facilite le développement de réseaux mafieux de passeurs.

Ces drames humains à nos portes ne font que se multiplier. Il est grand temps de réfléchir autrement les relations internationales que par la guerre et l'exploitation.

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 09:34

Le Pen en France est critiqué pour son soutien implicite à Pétain mais personne ne dénonce le pouvoir ukrainien qui vient de réhabiliter officiellement les forces de la collaboration avec le régime nazi !

Encore une fois, le schéma médiatique d'une Ukraine démocratique aux prises avec une rébellion fomentée par Moscou prend l'eau. Malheureusement, vous n'en entendrez pas parler dans les médias de masse, à la télévision, à la radio ou dans la presse écrite !

Pourtant, pour éclairer les citoyens français sur la réalité de la situation ukrainienne, en clair, pour faire leur travail d'information, nos médias ne devraient-ils pas informer les Français des dernières décisions prises par le Parlement ukrainien ?

Hier, ce Parlement a tout simplement décider d'interdire toute propagande communiste en Ukraine et de faire des partisans de l'UPA et de leur leader, Stepan Bandera, des héros de la Nation.

Stepan Bandera et l'UPA ont combattu au côté de l'armée nazie, en Ukraine et en Pologne. Ils sont responsables de massacres de Juifs, de Russophones, de Polonais et de militants communistes. Après la défaite nazie, ces milices ont continuer le combat durant quelques années dans les forêts ukrainiennes avant d'être écrasés par l'Armée rouge.

A quelques semaines de l'anniversaire de la défaite nazie, la glorification de l'UPA sonne comme un signe claire du retour au pouvoir à Kiev d'une idéologie fasciste.

Cet événement s'inscrit dans la logique des événements précédents, avec la forte implication des milices d'extrême-droite dans la chute du Président Ianoukovitch et dans le conflit avec les régions autonomistes du Donbass.

L'interdiction il y a quelques mois du russe, deuxième langue nationale du pays et langue de 40 % des Ukrainiens, allait dans le même sens, celui d'un nationalisme exacerbé, d'une haine du non-ukrainophone.

Parallèlement, l'interdicion de toute référence à l'idéologie communiste va dans le même sens puisque ce sont les communistes qui ont vaincu le régime fasciste ukrainien et le régime nazi !

La chasse aux communistes dans cette soit-disant Ukraine démocratique dure depuis longtemps et prend là un caractère législatif qui devrait permettre officiellement l'interdiction du Parti communiste ukrainien et de tous les mouvements qui se revendiquent de cet héritage. Or, encore aujourd'hui, le KPU demeure la seule force d'opposition au gouvernement fascisant de Kiev et la seule force politique à dénoncer publiquement la guerre menée par Kiev contre les Ukrainiens du Donbass !

Interdire le communisme en Ukraine, c'est à la fois symbolique, en parallèle de la glorification des forces de la collaboration avec le nazisme, et c'est aussi politique, en étouffant la seule force d'opposition interne au pouvoir actuel.

Alors ? Pourquoi l'Europe et les Etats-Unis soutiennent-ils le régime de Kiev ?

Pour deux raisons : pour mener une guerre indirecte contre la Russie, comme ils l'ont fait en soutenant les talibans d'Afghanistan dans les années 80 puis les rebelles libyens et syriens, et parce que le nouveau gouvernement ukrainien défend une politique de libéralisation économique qui offre les richesses du pays aux multinationales occidentales.

En soutenant politiquement, économiquement et militairement le régime actuel en Ukraine, les pays européens dont la France favorisent l'émergence d'un pouvoir fasciste aux portes de l'Europe.

La géopolitique occidentale a favorisé l'émergence du djihadisme dans les pays musulmans. Elle favorise désormais le retour du fascisme.

Il est temps de ressortir nos livres d'Histoire et nos manuels de diplomatie pour se rappeler que nos gouvernements jouent aux apprentis sorciers et menacent l'avenir même des peuples dont ils ont la charge.

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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 13:51

L'holocauste, "détail de l'Histoire" ou le maréchal Pétain qui ne serait pas un "traître", les derniers propos de Jean-Marie Le Pen ne font que trahir le fonds de la pensée du parti d'extrême-droite qu'il a fondé.

Encore une fois, le fondateur du Front National se fait remarquer par des propos révisionnistes. Révisionnistes car niant ou minimisant des réalités historiques liées aux horreurs provoquées par la barbarie du régime nazi et de ses alliés durant la seconde guerre mondiale.

Nul intérêt de revenir sur les monstruosités intellectuelles proférées cette fois-ci par Jean-Marie Le Pen. Celui-ci ne cherche pas à démontrer mais bien, par ses insinuations, à remettre en cause les faits historiques et les crimes du régime nazi et des forces de collaboration qui s'y sont associées ailleurs en Europe durant la Seconde guerre mondiale.

Ce n'est pas la première fois que le fondateur du FN se lâche ainsi. Il est pourtant toujours Président d'honneur de ce parti.

C'est que, au final, ce n'est pas tant les idées de Jean-Marie Le Pen qui posent problème à l'actuelle direction du FN que les dégâts que commettent ces propos sur la campagne de banalisation de ce parti à l'initiative de sa direction actuelle avec le soutien des grands médias nationaux.

Au FN, ces derniers temps, ce sont des dizaines de cadres et candidats qui ont été sanctionnés pour avoir exprimé trop fort le fonds de leur pensée : nostalgies hitlériennes, volonté d'organiser des "battues" anti-musulmanes, antisémistisme,... le fonds idéologique reste celui de l'extrême-droite historique, des fondateurs du Front National, anciens de l'OAS, de la collaboration, catholiques intégristes et autres nostalgiques des régimes fascistes.

Les sanctions contre ces candidats et militants visait d'abord à protéger l'image de marque d'un FN qui tente de se faire passer pour un parti respectable, banal.

En effet, il suffit de croiser un militant ou un cadre du FN pour que suinte la haine des étrangers, le rejet des partis "classiques" et des syndicats. La seule idée de scander un "je suis chez nous" dans l'hôtel du département du Vaucluse, au soir du premier tour de l'élection départementale, donne le ton de ce que deviendrait une grande collectivité départementale aux mains du FN : un trou noir pour la démocratie et pour le droit à la différence.

Même si le FN appliquait à Jean-Marie Le Pen les mêmes sanctions qu'aux nombreux militants exclus ces derniers mois (ce qui ne semble de toute façon pas être le cas), le racisme et la tentation totalitaire sont des valeurs à la base de l'existence même du Front National.

L'arrivée aux affaires de Marine Le Pen n'est pas une rupture avec l'histoire et l'idéologie d'extrême-droite du FN, c'est juste une volonté de donner une apparence neuve, souriante et moins radicale à ce parti, un ravalement de façade pour mettre de la couleur à ce qui reste une prison pour l'intelligence, les libertés et la démocratie. 

Le Pen père dit finalement tout haut ce que pensent les militants FN.

La France n'a pas un problème avec Jean-Marie Le Pen. Elle a un problème avec le FN lui-même.

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 15:37

Un article un peu long qui permet de faire le point sur la situation de la Grèce, deux mois et demi après la victoire de la Gauche radicale.

L'actuelle intégration européenne permet à l'Allemagne et aux créanciers de la Grèce de tenter d'imposer leurs choix politiques à un peuple grec qui a pourtant décidé de rompre avec ces choix.

Comme pour le Traité Constitutionnel Européen, refusé par les peuples français et hollandais et pourtant imposé (Traité de Lisbonne), l'Europe se gargarise de "démocratie" mais refuse de l'appliquer sur ses terres.

Loin des quelques reportages diffusés dans nos médias nationaux, qui tentent de faire croire que la gauche radicale s'est déballonnée, la réalité montre au contraire un gouvernement grec qui cherche à gagner du temps et à trouver une issue au blocage imposé par Bruxelles, la Banque Centrale Européenne et le FMI.

L'article ci-dessous, de l'économiste Jacques Sapir, développe une analyse intéressante où la Grèce tenterait de s'orienter vers la Chine et la Russie pour lui assurer des financements que l'Europe lui refuse.

Cette stratégie entrainerait de facto la sortie de la Grèce de la zone Euro et la création d'une nouvelle monnaie nationale grecque.

Cette situation signifierait aussi le premier grand échec de l'intégration capitaliste européenne avec le premier exemple d'un peuple qui reprendrait le contrôle de sa monnaie et de ses finances sur la pieuvre financière.

Un moment historique à suivre.

Solidaire


Tsipras à Moscou, acteur du grand basculement ?

par Jacques Sapir

6 avril 2015

 

Alexis Tsipras, le nouveau Premier Ministre de la Grèce sera le 8 avril à Moscou. Or, le 9 avril, la Grèce doit effectuer un payement au Fond Monétaire International. Les déclarations sur ce point du Ministre des finances de la Grèce ne laissent planer aucune ambiguïté : la Grèce honorera sa créance[1]. Mais, le 14 avril, la Grèce doit simultanément émettre pour 1,4 milliards d’Euros de bons du Trésor, renouvelant la dette à court terme (ce que l’on appelle faire « rouler » la dette) et le gouvernement doit payer 1,7 milliards en pensions et salaires. Or, la Banque Centrale Européenne a « déconseillé » aux banques privées grecques d’accepter de nouveaux bons à court terme émis par l’Etat grec[2]. On voit que cette visite d’Alexis Tsipras à Moscou va donc bien au-delà de la traditionnelle amitié entre la Grèce et la Russie. Elle pourrait signifier, à relativement court terme, l’amorce d’une bascule à l’échelle de l’Europe.

 

I. La situation de la Grèce

 

 

On sait que la Grèce a conclu un accord de nature provisoire avec ses créanciers (l’Eurogroupe mais aussi le FMI). Aujourd’hui le pays fait donc face à des difficultés importantes de court terme comme la fuite des capitaux hors du système bancaire (12 milliards d’Euros pour le mois de février) ainsi que l’incertitude financière sur sa capacité à effectuer les remboursements de sa dette. Cette incertitude financière est une arme à la fois politique et économique sur le nouveau gouvernement. Les investissements sont aujourd’hui fortement ralentis en Grèce, et les Investissements Directs Etrangers (IDE) sont au point mort. Dans ces conditions, l’Eurogroupe (i.e. la réunion des Ministres des finances de la Zone Euro) a pris la responsabilité d’exercer des pressions politiques et économiques de plus en plus fortes sur le gouvernement grec.

 

On sait aussi que les politiques d’austérité sont un échec non seulement en Grèce mais dans bien d’autres pays. Les effets destructeurs de ces politiques d’austérité, non seulement dans le cas de la Grèce mais aussi dans celui du Portugal, de l’Espagne et de l’Italie, sont aujourd’hui évidents et parfaitement avérés. D’un point de vue technique, on peut dire que le multiplicateur des dépenses fiscales, ce multiplicateur qui lie les mouvements du PIB et celui des dépenses budgétaires, a été grossièrement sous-estimé par les autorités de l’Union Européenne, et cela même après la publication de l’étude fameuse de Blanchard, réalisée au FMI, et datant de janvier 2013[3]. Il est évident que les politiques mises en œuvre en Grèce sous le nom de « Mémorandum » ne fonctionnent pas et ont de plus des effets destructeurs très importants sur l’économie. Ces politiques, et il faut insister sur ce point, n’ont pas été mises sur pied pour « aider » la Grèce, mais bien uniquement pour permettre aux pays créditeurs d’être remboursés. Ceci a été reconnu dernièrement dans une note du FMI. Mais, sur ce point aussi, elles se révèlent contre-productives. En effet, il est clair que la Grèce, à la suite des divers Mémorandums, ne pourra pas rembourser sa dette. La politique mise en œuvre pour sortir ce pays de l’insolvabilité l’a, au contraire, fait plonger dans l’insolvabilité.

 

C’est dans ce cadre qu’il faut considérer les politiques mises en œuvre par l’Union européenne, et dont le caractère anti-démocratique, et même fascisant, se révèle chaque jour un peu plus. En coupant l’accès à la liquidité d’urgence qui a été mis en place par la BCE dès le 4 février dernier, en refusant toutes les solutions proposées par Athènes, les dirigeants européens espèrent que la pression va être telle sur Alexis Tsipras que ce dernier sera contraint d’accepter les conditions de ses créanciers.

 

Ces conditions ne sont pas économiques, car on a vu qu’elles ont en réalité aggravée la situation du pays. Ces conditions sont donc bien en réalité politiques. A travers l’acceptation de « réformes » du marché du travail et des pensions qui ne sont pas urgentes sur le plan économique, mais qui permettent de montrer la capacité des institutions européennes « d’annuler » politiquement l’essentiel du programme et du message de Syriza. C’était là l’essentiel et il faut bien le comprendre pour saisir toute la situation. Les dirigeants européens veulent ainsi annuler le résultat des élections du 25 janvier si celui-ci met en péril la politique qu’ils mènent depuis des années. Ils veulent annuler ces élections alors même qu’ils se prétendent de grands défenseurs de la démocratie. On a ainsi la démonstration ainsi irréfutable que « démocratie » n’est qu’un mot dans leur bouche et que, dans la réalité, ils n’ont de cesse que de nier cette dernière et de nier la souveraineté du peuple qui s’est exprimée dans ces élections. Dans cette stratégie, l’Eurogroupe n’a donc cessé de rejeter les propositions de réformes présentées par la Grèce. Mais, ce faisant elle a radicalisé les positions du gouvernement grec. Il faut alors comprendre pourquoi ce dernier n’a pas décidé de rupture franche avec les institutions européennes.

 

II. Les raisons de la politique grecque vis-à-vis de l’Europe

 

En réalité, Syriza situe son action à l’intérieur de l’Union européenne. Certains le font par idéologie, mais la majorité du parti le fait par réalisme. L’attachement de la population, et des élites grecques, à l’UE est important et il faut en comprendre les raisons. Les raisons de cet attachement sont multiples.

 

Il y a d’abord des raisons d’ordre géopolitique. Les Grecs se souviennent de l’isolement dont leur pays fut victime lors des événements de Chypre en 1973, qui devaient conduire à l’intervention Turque sur l’île (opération ATTILA). Ces événements furent d’ailleurs la cause de la chute de la dictature des « colonels ». Il en reste la mémoire en Grèce des dangers d’un nouvel isolement. C’est ce que les gouvernements successifs, de droite ou de gauche, ont cherché à éviter via l’adhésion de la Grèce au Marché Commun (sous le gouvernement conservateur de Caramanlis) puis le soutien indéfectible aux différentes étapes de la construction européenne. Même l’adhésion de la Grèce à l’Union Economique et Monétaire, c’est à dire à la zone Euro, peut en réalité être interprété comme une expression de cette volonté de ne pas être isolé. On peut penser que cette crainte de l’isolement face à la Turquie puisse désormais être contrebalancée tout autant par des accords militaires et politiques avec la Russie que par l’adhésion à l’Union européenne.

 

Il y a, ensuite, des raisons économiques. La Grèce a beaucoup profité dans la période 1975-2000 des fonds structurels européens, et nombre des investissements publics ont été réalisés grâce aux programmes divers (aides aux zones insulaires, aux zones de moyenne montagne, etc…) de l’aide européenne. Le fait que cette dernière se soit largement réduite depuis 1995, et surtout depuis l’entrée des anciens pays d’Europe de l’est dans l’UE, rend cependant cet argument bien plus faible qu’il y a dix ans. Les Grecs ont mesuré qu’aujourd’hui cette « aide » est de plus en plus faible alors que les contrainte imposées par l’Union européenne sont véritablement meurtrières.

 

Il y a, enfin, une raison idéologique. Les élites modernisatrices de la Grèce, élites dont Syriza fait en réalité partie intégrante, ont toujours considéré que le rattachement à l’Europe occidentale, c’est à dire au noyau initial du Marché Commun, était un gage de mise en œuvre des réformes destinées à libérer la Grèce de l’héritage ottoman. On peut discuter à l’infini de ce qui est, et n’est pas, dans la culture sociale et politique grecque un « héritage » de l’occupation ottomane, mais il n’en reste pas moins que la présence massive du népotisme, de la corruption, et plus généralement d’institutions que l’on peut qualifier de « molles » et qui permettent le maintien de ce népotisme et de cette corruption, est attribuée à cet « héritage ». De ce point de vue, l’adhésion à l’Union européenne était la seule garantie des réformes nécessaires.

 

Ces trois raisons expliquent que Syriza soit un parti viscéralement pro-européen, et que le deuil qu’il doit faire de l’Europe soit un processus douloureux. Les dirigeants de Syriza avaient espéré fédérer autour d’eux des pays qui souffraient tout autant de l’austérité, comme l’Espagne, le Portugal ou même l’Italie et la France. Ils avaient espéré constituer un grand « front uni » contre l’austérité à l’échelle européenne. Mais, ils ont ici pêché par optimisme. Optimisme quant aux positions du gouvernement français, qui s’avère chaque jour un peu plus le laquais de l’Allemagne. Optimisme quant aux positions des gouvernements conservateurs en Espagne et au Portugal, qui voient en réalité en Syriza un danger pour leur propre domination sur leurs peuples. Les dirigeants de Syriza, mutatis mutandis, se sont trouvés dans la même position que les dirigeants bolchéviques persuadés que la révolution en Russie allait provoquer la révolution en Allemagne, et restant en panne de stratégie quand ceci n’arriva pas.

 

On sait que de ce constat naquit la stratégie de développement autonome de l’URSS, avec la NEP, conçue comme une stratégie alternative devant l’échec de la révolution en Allemagne. Autour de cette NEP put se fédérer un bloc implicite allant des bolchéviques aux divers modernisateurs (menchéviques, socialistes-révolutionnaires), bloc qui devait donner d’ailleurs à la NEP sa dynamique économique et sociale extrêmement progressive[4]. De fait, il semble que les dirigeants de Syriza aient anticipé que leur optimisme pourrait être déçu. L’alliance politique qu’ils ont conclue avec les « Grecs Indépendants » (An.El) signifiait bien que les concessions qu’ils étaient prêts à faire pour rester au sein de la zone Euro auraient une limite. Il est aussi possible qu’ils aient sous-estimé le mouvement de résistance nationale qui s’est manifesté après l’élection du 25 janvier.

 

Nous en sommes là. Le gouvernement grec a compris que fors une capitulation sans condition, une soumission abjecte aux diktats européens, il ne trouverait aucun terrain d’accord avec l’Eurogroupe et la BCE. Le fait qu’il ait évolué dans sa position quant à la privatisation du port du Pirée, pour ne pas heurter la Chine, est une indication que le gouvernement grec n’attend plus grand chose de l’Union européenne et se prépare à compter de plus en plus sur la Russie et la Chine.

 

III. Quelle stratégie ?

 

Il faut alors envisager ce qui pourrait se passer dans les prochains jours, voire les prochaines semaines.

 

Le gouvernement grec a donc décidé d’honorer sa créance au FMI. C’est entièrement compréhensible. Il ne peut se mettre à dos et l’Eurogroupe et le FMI. Un défaut vis-à-vis de ce dernier aurait de plus des conséquences importantes pour la Grèce, des conséquences en fait d’autant plus importantes que la Grèce se trouverait coupée des financements européens et forcée, de fait, de sortir de l’Euro. La décision d’honorer la créance vis-à-vis du FMI laisse à penser qu’une position de rupture est en train d’émerger au sein du gouvernement grec.

 

Cette rupture cependant, le gouvernement grec veut en faire peser l’entière responsabilité sur l’Eurogroupe et l’Union européenne. Il le veut d’une part pour des raisons de politique intérieure et de morale politique. Ayant affirmé durant la campagne électorale qu’il ne voulait pas sortir de l’Euro, il doit agir en sorte d’être expulsé de cette dernière. D’où le fait qu’il ne faut pas s’attendre à des gestes de rupture de la part de la Grèce, mais à une fermeté sur les principes : il n’est pas question de renoncer aux promesse électorales et au programme sur lequel ce gouvernement a été élu. Mais, le gouvernement grec veut aussi que cette rupture soit le fait des institutions européennes pour rendre moins douloureuse la brisure du rêve européen. Le deuil de l’idée européenne, du moins dans sa forme la plus inclusive, aura certainement des conséquences. Si la responsabilité de ce deuil peut reposer sur Bruxelles et Francfort, il peut en découler un surcroît de légitimité pour le gouvernement grec.

 

C’est ici que prend place la possibilité de créer une nouvelle monnaie qui circulerait en même temps que l’Euro, afin de permettre au gouvernement grec de réaliser les paiements qu’il doit faire pour la population, et de relancer le financement de l’investissement. Il faut dire ici que ceci n’a pas eu d’équivalent. Non que des systèmes de double circulation monétaire n’aient pas existé. Mais, ces systèmes ont été à la fois très instables (une monnaie finissant par évincer l’autre) et il n’y a pas d’exemple de cas où une monnaie supra-nationale ait été contestée par une monnaie nationale nouvellement créée, sauf dans le cas de la rupture d’un pays (Autriche-Hongrie, URSS). Dans ce cas, la double circulation ne dure pas plus que quelques semaines. Si le gouvernement grec décide logiquement, devant l’étranglement financier dont il est l’objet, de créer une nouvelle monnaie, se poseront immédiatement deux problèmes :

 

Quelle stabilité pour la nouvelle monnaie.

Quel taux de change entre cette nouvelle monnaie et l’Euro.

 

La stabilité de cette nouvelle monnaie pourrait être garantie par un fond de stabilisation, lui même issu d’un prêt de courte durée (2 ans au maximum). La Russie a déjà dit, par la voix de son Ministre des affaires étrangères, qu’elle était prête à étudier un tel prêt. En fait, on voit bien que ceci est une manière « douce » de sortir de l’Euro. Si cette nouvelle monnaie est stable, elle va rapidement s’imposer dans la circulation monétaire interne face à l’Euro tout en connaissant une dépréciation de 20% à 30%. Cette dépréciation devrait aboutir à une balance commerciale fortement excédentaire dans un délai de 6 mois à un an, garantissant les conditions de remboursement du prêt. De fait, les conditions d’une stabilité à moyen terme de la nouvelle monnaie grecque apparaissent comme bonnes. Ce fond de stabilisation pourrait bien être fourni par la Russie. Cet excédent commercial pourrait d’ailleurs être aussi accru par la levée des « contre-sanctions » prises par la Russie contre les productions agro-alimentaires des pays de l’UE, une levée qui pourrait dans un premier temps concerner la Grèce et la Hongrie. Par ailleurs, la Grèce devra faire défaut sur ses dettes libellées en Euro, ce qui ne sera pas sans poser quelques problèmes aux pays de l’Eurogroupe et à la BCE.

 

Plus généralement, un conflit irrémédiable entre la Grèce et les pays de l’Eurogroupe aboutirait à ce que la Grèce se tourne vers la Russie et la Chine à la fois pour les investissements (IDE) et pour les relations tant politiques qu’économiques.

 

IV. Un grand basculement

 

Une telle solution impliquerait un basculement dont le sens dépasse de loin le seul cas de la Grèce. Lors de la préparation de son voyage à Moscou qui doit avoir lieu le 8 avril, Alexis Tsipras a donné le ton le 31 mars en affirmant que les « sanctions contre la Russie ne mènent nulle part.»[5]. Cette déclaration était un désaveu très clair de la politique orientale de Bruxelles, en particulier au sujet de l’Ukraine. Voilà qui a de quoi inquiéter la Commission européenne. Athènes pourrait alors se décider à défendre les positions de la Russie au sein de l’UE, et ce en particulier si l’UE se montrait agressive avec la Grèce. Il n’est nullement de l’intérêt de la Grèce de quitter l’UE. Le gouvernement grec serait un bien meilleur allié de Moscou s’il restait membre de l’UE, tout en contestant systématiquement, et en les paralysant, toutes les décisions. Or, si l’on peut en théorie expulser un pays de l’UE, il faut pour cela obtenir l’unanimité des autres membres. Il est clair qu’il y aura toujours un ou deux autres pays qui refuseront de voter cette expulsion, ne serait-ce qu’en raison de la crainte qu’ils pourraient avoir d’être les prochains sur la liste des expulsés.

 

Ce refus d’aller plus avant dans la confrontation avec la Russie, refus qui – il faut le savoir – est très largement partagé en Grèce même par des forces politiques qui ne sont pas au gouvernement, pourrait d’ailleurs faire sortir du bois d’autres pays qui partagent en réalités ces positions : Chypre, la Slovaquie ou la Hongrie, par exemple. Mais, aujourd’hui, l’enjeu de ce voyage est sans doute encore plus grand. Il est clair que le conflit entre la Zone Euro et la Grèce est inévitable, et que ce conflit peut provoquer une sortie de l’Euro de la part de la Grèce. Le voyage à Moscou d’Alexis Tsipras, mais aussi les relations étroites que son gouvernement est en train d’établir avec la Chine et plus généralement avec les pays des BRICS, représente potentiellement un moment historique. Celui du reflux des institutions européennes de l’UE au profit d’une avancée, certes timide, certes prudente, mais néanmoins réelle des puissances émergentes, comme la Russie et la Chine, dans le jeu européen. C’est pour cela qu’il y a bien plus dans ce voyage que ce que l’œil d’un observateur peut voir.

 

La crainte de ce grand basculement doit aujourd’hui commencer à s’immiscer dans les cerveaux quelque peu embrumés des dirigeants européens. Quelles sont alors leurs possibilités ? Ils peuvent céder, tout ou partie, de ce que demande Syriza. On l’a déjà dit, une telle solution porterait en elle la condamnation implicite des politiques d’austérité. Il ne faudrait guère attendre pour que d’autres pays, tels l’Espagne et le Portugal, adorant ce qu’hier ils avaient brulé, ne se décident alors à embrasser les demandes de la Grèce. Le risque est immense de voir la politique établie par l’Allemagne et au profit de l’Allemagne voler alors par dessus les moulins. Le gouvernement allemand en est conscient, et c’est pourquoi il mène un « front de la fermeté » sur ces points. Mais, à tenir une position intransigeante avec la Grèce, ces mêmes dirigeants prennent le risque d’un éclatement de toute la construction politique qu’ils ont accomplie depuis plus de quinze ans. On le voit, et ceci quelle que soit l’issue de cette crise, c’est à la fin de la construction européenne telle qu’elle s’est faite depuis maintenant près de vingt-cinq ans que nous sommes en train d’assister. L’expression « grand basculement » apparaît donc comme bien appropriée. Reste à savoir comment les gouvernants français s’adapteront à cette nouvelle situation.

 

Notes

 

[1] http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/la-grece-s-engage-a-rembourser-le-fmi_1668428.html

[2] http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/la-bce-demande banques-grecques-de-ne-plus-acheter-de-dette-d-athenes-463735.html

[3] Blanchard O. et D. Leigh, « Growth Forecast Errors and Fiscal Multipliers », IMF Working Paper, n°13/1, janvier 2013.

[4] Sapir J., “Éléments d’une histoire économique de l’URSS: quelques questions sur la croissance”, inHistoriens et Géographes, n°351, décembre 1995, pp.191-218. Idem, “La guerre civile et l’économie de guerre, origines du système soviétique”, in Cahiers du Monde Russe, vol. 38, n°1-2, 1997, pp. 9-28.

[5] http://www.theguardian.com/world/2015/mar/31/alexis-tsipras-greece-russiarelations

 

 

 

 

Catégorie : Politique Européenne / Grèce

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Published by Solidaire - dans Dans le Monde
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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 15:28

    4 élus composent le nouveau groupe Communiste, Ecologiste et Citoyen au sein du Conseil départemental de l'Eure.

Après la victoire de la droite aux élections départementales, c'est, sans surprise, Sébastien LECORNU, maire de Vernon qui prend la place de Président de l'Assemblée départementale.

Avec 30 sièges pour la droite, 12 pour le PS et les divers gauche et 4 pour le rassemblement des communistes, écologistes et citoyens, la nouvelle assemblée départementale a viré au bleu. Malheureusement pour nos concitoyens !

La victoire de la droite est une victoire par défaut. Les Eurois n'ont pas rejeté le bilan de la majorité sortante mais le bilan de trois années de mandat Hollande. Les promesses non tenues, voire trahies, et la dégradation constante de l'emploi et des salaires dans notre pays ont poussé bon nombre d'électeurs de gauche vers l'abstention ou, pire, vers le vote Front National.

Il ne faut pas chercher ailleurs la défaite de nombreux sortants socialistes ! La désunion qui serait la cause de cette défaite, selon plusieurs responsables nationaux du PS, est une piètre excuse. D'ailleurs, en 2008 et 2011, la gauche se présentait déjà dans sa diversité : cela ne l'a pas empêché de gagner !...

Cerise sur le gâteau, les 12 élus socialistes et divers gauche, n'ont pas été capables de réaliser cette "union" que scandent leurs dirigeants nationaux. Des conflits d'égos ont miné ce groupe qui éclate en deux morceaux.

De notre côté, le rassemblement qui a permis l'élection d'Andrée OGER et de Serge MASSON, sur le canton de Saint André, et de Gaëtan LEVITRE et de Maryannick DESHAYES, sur le canton de Pont-de-l'Arche, nous a permis de créer un groupe Communiste, Ecologiste et Citoyen au sein de la nouvelle assemblée départementale.

Ce groupe nous permettra une liberté de parole et une liberté d'action face aux projets de la droite dans ce département.

Les semaines à venir seront décisives pour connaître les premières grandes orientations de la nouvelle équipe.

Nous saurons être vigilants.

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 08:53

Qu'est-ce qui a fait perdre "la gauche" dimanche ? Sa désunion ou les choix politiques du gouvernement ?

Encore une fois, le Parti socialiste et ses grands dirigeants jouent la carte de l'aveuglement après leur déroute électorale. Au PS, une seule explication à ses très mauvais scores des élections départementales : la division à gauche.

L'avantage de cet argument, pour les dirigeants socialistes, c'est qu'elle écarte toute remise en cause personnelle, toute discussion sur le bilan de près de trois ans de mandat présidentiel de François Hollande (Déjà !) et sur les résultats des politiques appliquées par les gouvernements successifs, ceux de Jean-Marc Ayrault puis de Manuel Valls.

Pour éviter la déroute des dimanches 22 et 29 mars, il aurait donc suffit, selon le Parti socialiste, que tout le monde à gauche fasse l'union !... Et les électeurs auraient suivi comme des moutons, serait-on tenté de dire !

C'est faire peu de cas de la réalité et de la capacité des électeurs à constater l'échec de la politique gouvernementale et la trahison des promesses de campagne du candidat Hollande. En premier lieu, celle de s'attaquer à la finance.

L'abstention a fortement touché l'électorat de gauche. Elle touche depuis déjà bien longtemps un électorat populaire que la gauche est sensé défendre.

Inversement, le vote Front National désormais bien ancré en France, outre le caractère malsain, raciste et de rejet du voisin qu'il implique, est aussi un marqueur de ce rejet d'une gauche gouvernementale dont la politique n'est désormais plus différente de celle de la droite.

Il est évident que l'échec du Parti socialiste lors de ces élections, comme lors des élections européennes, n'est pas dû à un manque d'union à gauche mais bien aux choix politiques de son gouvernement, de son président de la République !

A gauche, que ce soit au Parti communiste comme au Front de Gauche, chez certains écologistes et chez certains socialistes, cela fait très longtemps que les critiques fusent et qu'un changement de cap politique est exigé.

Rompre avec le libéralisme et mettre en place une véritable politique de gauche, qui s'attaque à la finance, à la spéculation et à l'évasion fiscale des plus riches et des grandes entreprises, c'est permettre de réinvestir dans la recherche, l'éducation, la santé publique et développer des filières industrielles nouvelles, propres !

C'est ce que nous proposons depuis des années. C'est ce message que nous n'avons pas réussi à faire passer dans l'opinion publique. Il est vrai que les médias nationaux ont suivi le gouvernement dans sa stratégie de tout centrer sur le Front National durant la campagne. Cela a mis en lumière ce parti comme la seule opposition "officielle" au gouvernement et pousser des milliers d'électeurs dans ses bras.

De fait, les désaccords politiques de fond entre la direction du PS et ses alliés d'un côté, et les autres forces de gauche de l'autre, sont tellement forts qu'une alliance électorale lors des élections départementales aurait été artificielle, politicienne et perçue comme cela par les électeurs.

Si le parti socialiste souhaite une union à gauche, il faudra d'abord qu'il change sa politique gouvernementale en faveur des salariés, des travailleurs, en rompant avec sa ligne libérale actuelle et sa soumission aux exigences de la finance.

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 11:18

Andrée OGER et Serge MASSON sont élus au Conseil départemental.

A l'issue du deuxième tour de l'élection départementale sur le canton de Saint André, la triangulaire a été fatale à l'UMP et, surtout, au FN qui rêvait déjà d'emporter la victoire !

Avec une participation en hausse à 49,10 % (+ 400 votants) et un nombre de suffrages exprimés plus important (+ 510 voix), c'est la liste menée par Andrée OGER et Serge MASSON qui l'emporte avec 35,81 % des voix. Elle progresse de 1 point sur le premier tour (34,77 %) et, surtout, de près de 300 voix avec 3 724 suffrages.

Derrière, l'UMP passe devant le FN.

L'UMP progresse de 350 voix (3 444 voix) et de 1,8 point à 33,12 % tandis que le FN regresse de 120 voix et de près de 3 points à 31,07 %.

Sur Saint André, Serge MASSON et Andrée OGER font la différence en progressant de 300 voix et de 3 points entre les deux tours avec 50 % ses suffrages exprimés.

Encore merci aux électeurs qui ont choisi le camp du progrès contre ceux du libéralisme ou de la haine !

Reste qu'avec 50 % d'abstention et un scrutin serré, la gauche doit se poser des questions sur ce canton.

Pour les communistes, l'heure est probablement à revenir en force sur le territoire pour briser la dynamique individualiste et les forces de haine qui empêchent les ouvriers et les classes populaires d'envisager une sortie de la crise et du capitalisme par le haut.

En tout cas, pour les 6 ans à venir, notre canton pourra compter sur l'expérience d'Andrée OGER et sur les qualités de Serge MASSON pour défendre les intérêts de notre territoire et de sa population.

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