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Présentation

  • : Andrée OGER, conseillère départementale communiste de Saint André de l'Eure
  • Andrée OGER, conseillère départementale communiste de Saint André de l'Eure
  • : Andrée OGER est maire honoraire de Croth, conseillère départementale de Saint André de l'Eure et chevalier de la Légion d'Honneur.
  • Contact

Rendez-vous

Fête de l'Huma 2016

Vendredi 10, samedi 11 et dimanche 12 septembre
Parc du Bourget
3 jours : 35 €
    

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Salaires et pensions à la traîne, prix et loyers en hausse, profits et actionnaires qui explosent...

 

Front Uni 

contre la vie chère !

   

Campagne de pétition lancée par le PCF

pour exiger de meilleurs salaires, une hausse des minimas sociaux,

 pour exiger des baisses de TVA, un blocage des prix et des loyers

pour taxer les profits et le grandes fortunes
  

Demandez la pétition !

Signez la en ligne sur le site de la Fédération euroise du PCF : www.27.pcf.fr !

Participez au rassemblement devant Bercy (ministère des finances), vendredi 3 juin à 15 h !

Campagne contre la vie chère - affiche PCF 2011
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Contre la privatisation de La Poste !

Les communistes adhèrent au Comité Départemental de Défense de La Poste
(cliquez sur l'image !)  


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CRISE : que proposent les communistes ?







 

"Sarkozy a été élu par des pauvres qui se lèvent tôt pour aller faire la fête avec des riches qui se couchent tard".
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 Des idées, des vidéos, des sondages sur le site www.sortirdelacrise.tv 
 
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Recherche

Texte libre

Je définirais la mondialisation comme la liberté pour mon groupe d’investir où il veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possibles en matière de droit du travail et de conventions sociales.

P.Barnevick, ancien président de la multinationale ABB. 

Pour moi, un réactionnaire c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui trouve que c’est dans l’ordre naturel des choses. Un conservateur, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui pense qu’on n’y peut rien. Un progressiste, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui trouve que c’est injuste. Un communiste, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui est prêt à faire pour eux ce qu’il ferait pour ses propres enfants.

Ibrahim,
Cuba, un soir lors d’une conversation inoubliable.

 

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« La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste.
La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique »

 

Karl MARX 

 

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Nouvelles permanences d'Andrée OGER :

 

 

 

Vous pouvez prendre rendez-vous avec Andrée OGER en contactant son secrétariat au 02.32.31.96.25

 

- Mairie de Saint André : les lundis de 17 h à 19 h

- Salle des Fêtes d'Ezy-sur-Eure: les vendredis de 17 h à 19 h

 

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Dernier tract des communistes
du sud de l'Eure

 (cliquer sur l'image)

 

  Tract St André Septembre 2013 - Recto

 Tract St André Septembre 2013 - Verso

 

 

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Ebuzzing - Top des blogs - Société

24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 09:43

François Hollande engage la France vers une réduction de moitié de sa consommation énergétique... d'ici 2050.

Les annonces du Président de la République lors de l'ouverture de la seconde conférence gouvernementale pour la transition écologique ont principalement cherché à légitimer la démarche engagée l'an passé sur la transition énergétique. Rien de très nouveau par rapport à ses précédents discours sur le sujet.

Rien non plus sur les thèmes de cette année : l'eau, économie circulaire, biodiversité marine, emplois environnementaux et éducation à l'environnement.

Les annonces ont cherché à contenter tout le monde et notamment le monde de l'entreprise avec la baisse de la TVA à 5 % sur les travaux d'isolation thermique des logements, tandis qu'une aide de 1 350 € à 2 000 € serait versée pour les foyers qui décideraient de tels travaux. Une aide bien modeste lorsque le budget de rénovation thermique d'un logement est évalué entre 20 000 € et 30 000 € !

La loi sur l'énergie prévue à l'origine dès cet automne est repoussée à après les élections municipales et européennes avec un vote fin 2014. Nous sommes donc loin de l'urgence proclamée et de la nécessaire mobilisation pour faire face au changement climatique.

Enfin, l’objectif de diminuer de 50 % d'ici 2050 la consommation finale de l'énergie reste à nos yeux un objectif difficile à atteindre compte tenu de l'augmentation de la demande liée à la résorption de la précarité énergétique, de l'augmentation de la population et de la reprise espérée de l'activité économique.

C'est bien là que la bas blesse ! Les mesures annoncées sont particulièrement légères ou très floues et tournent essentiellement à l'incantation.

Il est sûr que le meilleur moyen de diminuer la facture énergétique, c'est de ne pas en consommer !

Or, aujourd'hui, il y a beaucoup de progrès à faire en ce domaine. Réduire simplement la TVA sur les travaux d'isolation thermique des logements ne suffira pas pour aider les foyers modestes, notamment, pour mettre du double (ou triple) vitrage, mieux isoler les murs, les greniers,... Et quid des habitats collectifs ?

Autre voix d'économies : la durée de vie des appareils électriques, dont on sait aujourd'hui qu'elle est bien plus courte qu'autrefois afin de "soutenir" les ventes. Ne faudrait-il pas, là aussi, que l'Etat intervienne ?

En effet, produire des appareils électriques entraine de la consommation de ressources naturelles et énergétiques, leur transport (d'Asie du sud-est, essentiellement) aussi, et leur destruction est un véritable casse-tête vu que l'essentiel du plastique n'est pas recyclable !

Au niveau des ressources, réduire la part du nucléaire dans la production électrique est un choix que l'on peut faire. Pourquoi pas ?

La question qui vient à l'esprit, c'est : quelle énergie pour remplacer le nucléaire ?

Aujourd'hui, ceux qui prônent le développement de l'énergie éolienne (mais pas devant chez eux !) ou solaire, ne répondent pas à la question du coût de l'électrcité produite. S'éclairer ou posséder de l'électroménager deviendra t-il bientôt un privilège de riches ?

A moins que le gouvernement et les écologistes de la décroissance considère qu'il suffit de compter sur cette fameuse baisse de 50 % de la consommation énergétique d'ici 2050 pour réduire le nucléaire ?

L'objectif de réduire fortement la consommation énergétique de la France est un bon objectif, pour l'environnement, pour le climat et, finalement, pour le portefeuille des français.

Par contre, cet objectif ne doit pas entrainer un recul majeur de civilisation, notamment une dégradation sans précédent du niveau de vie des français les plus modestes, comme l'envisagent certains khmers verts !

Pour les communistes, l'objectif que doit viser notre pays est d'arriver à une réduction de la consommation énergétique du pays et à une réduction des émissions de gaz à effet de serre par le biais d'un développement économique nouveau, durable, qui mette l'accent sur les conditions de production, sociales et environnementales.

Ce nouveau mode de développement doit remettre en cause la seule vision financière, capitalistique de l'économie, et mettre en avant l'autonomie énergétique et économique de la France comme de chaque nation.

Cela ne plaira ni aux grandes entreprises, qui ne cherchent que le profit immédiat, le moindre coût, ni à certains courants écologistes, partisans d'une diminution massive de la population mondiale et d'une décroissance forte des économies. Tant pis !

Des pistes existent pour relocaliser durablement nos productions, agricoles, industrielles et de service, première voie pour en réduire l'impact environnemental (conditions de production, transport, recyclage).

Pour le reste, place à l'investissement public massif dans la recherche et le développement de solutions innovantes !

Le développement de nouvelles énergies, des logements et biens plus sobres en énergie, à la durée de vie plus longue, des transports collectifs plus modernes, plus nombreux,... autant d'idées pour réduire la consommation énergétique française en assurant un développement économique pour tous.

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 10:20

Week-end riche en événements au niveau mondial. De quoi alimenter plusieurs articles !

Entre l'attaque d'un centre commercial au Kénya, la victoire de la droite en Allemagne, une nouvelle grève majeure des ouvriers du textile au Bengladesh et l'anniversaire des massacres des camps palestiniens de Sabra et Chatila, il était difficile de faire un tri. D'où un article sous forme de brèves.

Kénya : Paris va-t-elle soutenir les shebabs ?

Un peu d'ironie grinçante sur un événement dramatique et horrible.

A l'heure où j'écris cette brève, les soldats kényans tentent toujours de déloger des rebelles islamistes somaliens retranchés dans un centre commercial avec des otages. 69 morts sont déjà comptabilisés.

L'agression de centre commercial est une tragédie facile. Facile et lâche de la part de groupes armés qui s'en prennent à des civils dans un espace clos.

Le Kénya se trouve donc au prise, une nouvelle fois, avec une rébellion armée islamiste qui s'en prend à des civils et aux autorités locales, ciblant particulèrement les civils non musulmans. La situation fait immanqublement penser aux débuts des violences en Syrie, et, quelque part, en Libye. La Syrie, notamment, connait depuis plusieurs mois, une évolution critique vers une prise de contrôle totale des islamistes sur la "rébellion" syrienne. Ces islamistes sont, pour la grande majorité, des combattants étrangers, armés et entrainés avant d'arriver en Syrie. Certains ont combattu en Afghanistan, en Bosnie, en Iraq. De plus en plus de civils sont victimes de massacres par ces groupes pour des raisons religieuses ou politiques : kurdes, chrétiens, alaouites, ...

En Syrie, comme avant en Libye, la France a décidé de soutenir les "rebelles" contre les pouvoirs en place.

En toute "logique", la France devrait s'engager auprès des shebabs somaliens alors que le "régime" kényan est mis en cause par la justice internationale ?

Allemagne : victoire d'adhésion en Allemagne ?

La droite sort victorieuse des élections de ce week-end. La CDU-CSU réalise sont meilleur score depuis 1990 avec 41,3 % des voix  !

En fait, il faut tenir compte de la déroute de son allié, le parti libéral (FDP) qui chute et disparait du Parlement. La CDU a certainement absorbé une partie de son électorat.

Dans le camp social démocrate, c'est la morosité. Avec 25,6 % des voix, le SPD fait mieux qu'en 2009 mais reste loin, très loin de la CDU.

Chez les Verts, c'est un échec, tout comme chez nos "camarades" de Die Linke, en net recul (8,6 % contre 11,4 %).

A y regarder de plus près, entre un SPD qui lorgne toujours sur le très criticable bilan social des années Schroeder, des Verts libéraux-compatibles et militaristes (une hérésie !) et un Die Linke qui appelait à l'union avec le SPD, les travailleurs allemands ne se sont pas passionnés pour une campagne électorale où l'alternative politique à la CDU semble inexistante.

Bengladesh : grève massive dans le textile

La colère ouvrière ne baisse pas dans un Bengladesh toujours traumatisé après les morts du Rana Plaza (1 100 ouvriers et ouvrières écrasés dans l'effondrement de leur atelier) en avril dernier et les nombreux morts qui ont précédé.

Près de 200 000 salariés ont manifesté dans les rues du pays, essentiellement à Dacca, la capitale, pour exiger un salaire minimal à 100 euros par mois (contre 38 euros actuellement !). La colère des travailleurs a entrainé de nombreux affrontements avec la police et le saccage de nombreux ateliers.

Les patrons n'en ont jamais assez : ils délocalisent dans le Tiers-Monde pour payer moins cher les travailleurs (et produire sans contraintes environnementales et sociales !) mais, même là-bas, les salariés doivent se serrer la ceinture !

Et certains disent que la lutte des classes n'existe pas ?

Palestine : tuons en paix

Certains occidentaux s'insurgent à juste titre des crimes du pouvoir syrien contre son peuple.

La plupart passent par contre sous silence les victimes innocentes de l'occupation israélienne en Palestine, les confiscations de terres agricoles, la destruction de logements civils, les assassinats et emprisonnements politiques, la colonisation et tous les actes illégaux au niveau international qu'Israël continue de mener malgré les condamnations nombreuses, répêtées et anciennes de l'ONU.

Alors que Fabius et Hollande attribuent au gouvernement syrien le gazage de centaines de civils et combattants dans la banlieue de Damas fin août dernier, et qu'ils veulent bombarder les troupes syriennes, aucun n'a jamais cherché à punir les responsables israéliens de l'opération plomb durci, fin 2008, et les 59 morts côté palestiniens.

Et la communauté internationale, le TPI en tête, reste sourde aux demandes de justice pour les victimes civiles des massacres de Sabra et Chatila, deux camps de réfugiés palestiniens au Liban, où les milices "phalangistes" chrétiennes ont massacré plusieurs milliers de civils avec la complicité d'une armée israélienne qui encerclait les camps. Le massacre s'est étalé sur trois jours, du 16 au 18 septembre 1982.

Le peuple palestinien souffre toujours dans l'indifférence des "démocraties" occidentales qui, pourtant, affirment vouloir secourir un peuple syrien voisin.

Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut rien voir !

Quatre actualités bien différentes en apparence mais qui montrent que notre monde vit sous la coupe d'un système économique et politique, le capitalisme, qui protège d'abord les intérêts économiques des puissants, et qui masque sa partialité sous un masque de pitié bien cynique, choisissant ses "victimes" sur des critères qui n'ont rien d'humanitaires.

L'absence d'une gauche communiste qui s'affirme, comme en Allemagne, permet au système de se maintenir sans inquiétude, indéfiniment.

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 09:22

Dans quel pays du monde assassine-t-on le plus de syndicalistes ? En Syrie ? En Chine ? à Cuba ? en Iran ?... Non. la réponse, c'est : en Colombie.

Il y a les ennemis de la démocratie, ceux que les gouvernements des Etats-Unis classent dans "l'axe du Mal", et il y a les amis de la démocratie, nos alliés.

La France compte sur ses gentils alliés saoudiens et qataris pour combattre le méchant gouvernement syrien. L'Arable Saoudite et le Qatar sont de gentils pays ou de gentils émirs contrôlent toutes les richesses, appliquent un gentil islamisme ultra-conservateur, interdisent aux méchantes femmes de pouvoir conduire, travailler librement, divorcer, et financent et arment les gentils islamistes qui combattent le méchant gouvernement syrien même si, parfois, ces gentils mais turbulents islamistes combattent de gentils gouvernements, comme au Mali.

Les Etats-Unis, dans leur arrière-cour que constitue l'Amérique du Sud, ont un gentil allié : la Colombie. Ils ont aussi de méchants adversaires : le Vénézuéla et Cuba, notamment.

La Colombie, ce sont pour beaucoup, les FARC, ces méchants rebelles communistes qui font la guerre parce qu'ils sont méchants. L'argument est court mais je n'ai jamais entendu un média français faire un reportage un peu conséquent sur les motivations de la rébellion marxiste en Colombie.

La Colombie, c'est aussi le narcotrafic et les cartels de la drogue. Eux, ils font partie des méchants, sauf quand ils soutiennent la lutte anti-guérilla.

Alors que nos médias, comme ceux des Etats-Unis, n'ont pas de mots assez durs pour stipendier les "régimes" cubains et vénézuéliens, ils présentent toujours la Colombie comme une démocratie moderne. Aux prises avec une méchante guérilla et des trafiquants de drogues, certes, mais une démocratie quand même.

Curieusement, quand on parle pauvreté, analphabétisme, santé, assassinats politiques, les statistiques internationales placent Cuba et le Vénézuéla en bonne position. Sous Hugo Chavez, la pauvreté au Vénézuéla a très fortement régressé (de 48,6 % de la population en 2002 à 27,8 % en 2010), l'analphabétisme aussi. Avec l'aide de Cuba, le secteur de la santé a fortement progressé, en termes d'infrastructure et de qualité de soins

Rien de tel pour la Colombie où une poignée de riches latifundiaires (propriétaires terriens), industriels et bourgeois font la loi, notamment en assassinant les militants politiques et syndicaux de gauche.

4 000 syndicalistes ont été assassinés en Colombie depuis 1986 soit 30 % des meurtres de syndicalistes commis dans le monde pour ce seul pays ! Sans parler des militants politiques de gauche, notamment ceux de l'Union patriotique ( plusieurs centaines assassinés en quelques années) , première tentative de retour des FARC à la vie civile....

La Colombie aujourd'hui est au prise avec un mouvement social sans précédent dont, évidemment, ne parlent pas nos médias.

Les paysans se sont mobilisés en masse contre une loi leur interdisant ce que font tous les paysans du monde depuis que l'agriculture existe : réutiliser comme semences une partie de la récolte précédente. Tout cela pour les seuls intérêts des géants des semences, américains en majorité : Monsanto, Cargill, ...

Une législation qui nous pend au nez.

Je m'arrêterai ici pour laisser Charles Hoarau nous expliquer la situation colombienne dans l'article ci-dessous.

Solidaire


Dans le pays recordman du monde pour la répression syndicale (plus de 4000 morts depuis 1986, 30% des syndicalistes assassinés dans le monde) et où se succèdent depuis des décennies des présidents/dictateurs inféodés aux Etats-Unis, se déroule depuis le 19 mois d’août une révolte sociale sans précédent. Elle dépasse de loin la grève historique de 1928 qui avait mobilisé plus de 20 000 travailleurs et s’était achevée par le massacre des bananeraies, les grandes grèves des années 1970 ou plus près de nous la marche patriotique d’avril 2012 qui a réuni à Bogota plus de 90 000 manifestants,

Parti des paysans le mouvement frappe par sa mobilisation qui ne se dément pas et son contenu hautement politique puisque les grévistes demandent rien de moins que l’annulation de l’accord de libre-échange entre la Colombie et les États-Unis (TLC) dont ils dénoncent ses conséquences sur leur niveau de vie. Ils demandent aussi que la Résolution 970 soit reconnue non conforme. Cette résolution, approuvée en 2010 par l’Institut Colombien de l’Agriculture, limite le droit des paysans à cultiver leurs propres semences pour les réutiliser et, au contraire, les incite à utiliser les semences « légales » et génétiquement contrôlées par des multinationales comme Monsanto, Dupont ou Syngenta. Autrement dit, outre la question des OGM, il faudrait en finir avec les graines gratuites…en Colombie comme ailleurs dans le monde, chez nous compris.

Le « libre échange » la dernière trouvaille du capitalisme mondial

Le TLC est un accord qui est dans la droite ligne des accords internationaux de libre échange que pousse depuis quelques années le capitalisme mondial : TCE à l’intérieur de l’UE (le traité de mise en place du fameux concept de concurrence libre et non faussée), TTIP ou accord transatlantique (entre USA et UE),TPP ou accord transpacifique (entre USA et une partie des pays de l’Asie/Océanie).

Comme l’écrit Gaël De Santis dans l’Huma du 2 juillet 2013 « C’est le principe d’une zone de libre-échange qui devrait être mis en cause.(…) Du point de vue des droits sociaux, un accord transatlantique constituerait une véritable attaque contre les citoyens européens. Les services publics pourraient être soumis à une concurrence plus dure encore qu’elle ne l’est aujourd’hui. C’est la capacité des parlements à déterminer les politiques publiques qui se verrait rognée. Le mandat de négociation réclame la création d’un « mécanisme de règlement des différends entre État et investisseurs ». En pratique, si une firme attaque en justice un État parce qu’il a fait évoluer sa législation, rendant moins rentable un investissement, l’affaire ne se réglerait pas devant les tribunaux, mais devant une instance arbitrale privée. Plusieurs États ont déjà été condamnés sur cette base pour avoir entrepris de mener une politique de santé publique. (…) Plus généralement, toutes les productions européennes seraient ouvertes à la concurrence, par un abaissement des droits de douanes pour les firmes états-uniennes. »

Sortir de cette logique suppose comme l’écrit Bernard Cassen que la« gauche de gauche » sorte enfin du conformisme , admette que ni l’UE, ni la zone euro ne sont des horizons indépassables, bien au contraire mais des dispositifs à combattre et appelle, comme en Colombie, à l’annulation des accords existants. Mais cela est une autre histoire…

Les agriculteurs colombiens qui ne veulent pas être les dindons de cette nouvelle farce réclament l’établissement de prix planchers ainsi que la baisse des prix des intrants agricoles (machines agricoles, engrais…). Dans cette lutte qui ne cesse de s’élargir ils sont rejoints par les mineurs, les chauffeurs routiers, les employés des secteurs de la santé et de l’éducation, du pétrole, les étudiants…Souvent les manifestants, les jeunes en particulier, revêtent le poncho traditionnel des paysans et brandissent des pancartes contre l’impérialisme. Type de slogan entendu : « Ne reste pas indifférent, rejoins le défilé, ton grand-père est paysan, et tu es ouvrier », « (...) et oui nous la réclamons, et oui nous la revendiquons, une Colombie libre et souveraine »,

Face à cette révolte inédite, (la FSM - fédération syndicale mondiale - parle de plusieurs centaines de milliers de grévistes), le gouvernement a d’abord tenté tour à tour propagande mensongère et répression. Accusant les FARC d’être derrière les grévistes (la vieille rengaine tenace employée à chaque conflit d’envergure dans tous les pays du monde : « les grévistes sont manipulés ») et agitant ainsi le spectre de la guerre civile, il a déployé 50 000 soldats face aux manifestants ou pour dégager les axes routiers et carrefours occupés. Résultat ? Des centaines de blessés et deux morts.
Et dire qu’il y en a encore pour continuer à qualifier un gouvernement de ce type de « démocratie libérale ».

Cela n’a pas suffi pour arrêter le mouvement, alors tout en maniant le bâton il a fini par admettre que les grévistes posaient des questions réelles, faire une réunion interministérielle de crise et entamer de timides négociations. Le 1er septembre le président Santos a annoncé « qu’il allait lever les droits de douane pesant sur 23 produits, dont certains engrais et pesticides, afin de faire baisser les coûts de production agricole. » De plus le gouvernement a entamé des négociations secteur par secteur. Ainsi, "En promettant de leur acheter 40 000 litres de lait par jour et de veiller à leurs besoins dans les domaines de l’éducation, de la santé et des infrastructures, le gouvernement a obtenu que les Indiens du département du Nariño [sud-ouest] cessent leur blocus", [1]

Arrestation de dirigeants syndicaux

C’est dans ce contexte que le pouvoir a arrêté Huber Ballesteros, dirigeant de la Fédération Unitaire Nationale Agraire (FENSUAGRO) ce qui a évidemment provoqué l’indignation chez les syndicalistes et dans la population et les appels à soutien ci-dessous.

Celui du secrétariat de la FSM pour l’Amérique latine et les Caraïbes

(...) Nous exigeons sa libération immédiate et celle des autres leaders des protestations agraires et populaires détenus. En même temps nous exigeons du gouvernement colombien de mettre un terme à la persécution et à la répression contre le mouvement syndical et populaire et à sa place de résoudre une fois pour toutes les justes exigences présentées en faveur des Colombiens marginalisés et exclus.

(...) Nous appelons à manifester notre solidarité à travers la Coordination FSM dans la Région Andine (fsmandina@colombia.com) et de l’Equipe FSM Colombie comunicaequipofsm@gmail.com
Secrétariat Fédération Syndicale Mondiale Région Amérique latine et Caraïbes

Et celui de la FSM de Colombie

LE REACTIONNAIRE GOUVERNEMENT COLOMBIEN DETIENT LE NEGOCIATEUR DE LA GREVE PAYSANNE ET POPULAIRE

C’est avec indignation que nous recevons la nouvelle, ce dimanche 25 août de la détention arbitraire à Bogota de notre camarade Huber Ballesteros Gomez, membre de l’équipe Colombie de la Fédération Syndicale Mondiale (FSM), récemment élu membre du Comité Exécutif National de la Centrale Unitaire des Travailleurs CUT , qui fait aussi partie de la Junte Patriotique Nationale du Mouvement Social et Politique Marche Patriotique.

Le camarade Ballesteros s’est distingué dans la lutte syndicale et populaire comme un authentique représentant du secteur agraire et qui a agi dans le cadre de la table Nationale Agricole et Populaire d’Interlocution et d’Accord-MIA Nationale- et fait partie du comité négociateur du mouvement de grève, face au Gouvernement National.

La détention injuste et arbitraire de ce remarquable dirigeant agraire et populaire, fait partie des politiques réactionnaires de l’Etat et du gouvernement de Juan Manuel Santos qui obéissant aux ordres de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International, se refuse de résoudre les justes réclamations paysannes des petits et moyens producteurs agricoles, des travailleurs de la santé, des camionneurs et en général du mouvement populaire.

Nous condamnons la détention arbitraire de notre camarade Huber Ballesteros et exigeons sa liberté immédiate et celle des autres leaders des protestations agraires et populaires détenus, de même que nous exigeons du gouvernement national la fin de la persécution et répression contre le mouvement populaire et la résolution une fois pour toutes des exigences présentées en faveur des Colombiens marginalisés et exclus et en général du mouvement populaire. Nous nous adressons au mouvement syndical, populaire et aux organisations politiques progressistes nationales et mondiales pour exiger du gouvernement national que soient mis en liberté tous les détenus sociaux et populaires détenus, pour avoir exigé le respect de la souveraineté nationale, la souveraineté alimentaire et une solution aux plus graves et élémentaires problèmes qui nous frappent, aiguisés par les politiques d’accumulation économique capitaliste et impérialiste, dénommé néolibéralisme.
Fraternellement,

EQUIPE COLOMBIE-FEDERATION SYNDICALE Mondiale-FSM-.

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 08:40

D'un drame, certains tentent d'en faire une affaire politicienne.

On entend beaucoup droite et extrême-droite, encore une fois main dans la main, appeler à soutenir le bijoutier niçois qui a tué l'un de ses cambrioleurs. 800 personnes ont même manifesté en soutien de ce bijoutier, notamment des élus et militants de l'UMP et du FN.

Peu de monde, sur les antennes, tente de faire entendre la voix de la raison, celle de la Justice, celle de la Civilisation.

Car, au bout du compte, au delà du cas de ce bijoutier, c'est bien la Civilisation qui est visée par ceux qui défendent de manière politicienne le droit à la vengeance dans ce dossier niçois !

Du côté des faits, il n'y a évidemment pas à remettre en cause le vol et l'agression physique dont a été victime ce bijoutier. Les deux jeunes braqueurs tombent de fait sous la qualification de vol à main armée en bande organisée avec violence. Une peine de 20 ans accompagne ce type de qualification.

Dans cette affaire, on imagine aisément la situation de ce bijoutier âgé (67 ans), un mélange de peur, de douleurs dues aux violences qu'il a subies, et de colère, pour ce braquage.

Jusque là, il est la victime d'une affaire de braquage comme malheureusement il y en a des dizaines par an en France.

Mais, alors que ses agresseurs sont sortis de sa bijouterie et qu'ils prennent la fuite sur un scooter, le voilà qui sort un pistolet et tire dans le dos de ses agresseurs, tuant le passager, un jeune homme de 19 ans.

Certains tentent la justification de légitime défense.

C'est que dans "légitime défense", il y a "défense" et non pas l'idée de riposte après coup !

Il est évident que nous ne sommes pas dans ce cas de figure puisque l'agression dont il a été victime était terminée : il ne se défendait plus mais a cherché à arrêter les voleurs (au mieux) ou à les punir lui-même (au pire) en allant récupérer son arme puis en sortant dans la rue pour tirer.

De victime, ce bijoutier devient agresseur.

Ce bijoutier risque désormais une condamnation pour homicide. Le doute repose sur le côté "volontaire" de l'homicide (il visait les braqueurs) ou le côté "involontaire" (il visait le scooter, pour les arrêter).

Dans un cas comme dans l'autre, ce vieux bijoutier finira en prison.

Rien que pour cela, foutre en l'air sa vie, déjà, il a tort.

Mais, deux éléments viennent s'ajouter : il ne possédait pas de port d'arme et était donc en possession illégale d'une arme à feu ; il a tiré en pleine rue à 9 heures du matin, au risque de toucher un passant, un automobiliste ou un gamin allant au centre de loisir voisin.

Comment des partis qui dénoncent les violences et la circulation illégale des armes à feu dans les banlieues des villes du sud de la France peuvent-ils défendre quelqu'un qui s'est procuré illégalement une arme à feu, certainement auprès des mêmes pourvoyeurs d'armes que pour les caïds de banlieue ?

Qu'auraient dit ces soutiens politiques si un passant innocent, un gamin de passage, avait reçu une balle (perdue) tirée par le bijoutier ? Auraient-ils justifier cette victime par le droit de défendre son bien ?...

Leur réaction est politicienne. Elle vise à surfer sur l'émotion d'un électorat qui leur est favorable.

Dans cette affaire, le bijoutier n'a pas riposté dans le cadre de la légitime défense mais a réagi à une agression en cherchant à se faire lui-même justice.

C'est là que se pose la question de Civilisation !

Le principe de toute société, de toute civilisation, c'est de protéger ses citoyens et de poursuivre ceux qui enfreignent les lois. Ce sont les missions respectives de la Police et de la Justice.

Permettre que chacun puisse rendre lui-même la justice, SA justice, par la violence, c'est nier la base de toute civilisation ! C'est créer un nouveau far-west où ce sera la loi du plus fort qui règnera et, au final, la violence et la vengeance l'emporteront sur la justice et l'apaisement. Le contraire du but officiellement recherché !

En utilisant son arme contre des braqueurs en fuite, ce bijoutier a lancé un signal à tous les braqueurs de Nice et de Provence : désormais, pour éviter de vous faire descendre par votre victime en fuyant le lieu du braquage, neutralisez le commerçant ! En l'assommant, en le ligotant ou... en le tuant !

Par son geste, ce bijoutier met en danger tous les commerçants de sa Région, susceptibles désormais de violences supplémentaires par des agresseurs qui prendront les devants !

Cette escalade dans la violence, c'est celle qui gangrène les Etats-Unis ! Le port d'arme généralisé entraine une course à l'armement chez les criminels et une criminalité par armes à feu extrêmement plus élevée qu'en France !

Si le port d'arme légal et le droit à la riposte étaient efficaces contre le crime, les Etats-Unis ne devraient-ils pas être le pays où la criminalité est la plus basse ?

C'est aussi pour cette raison que le bijoutier à tort : il met finalement en danger ses propres confrères.

Et c'est aussi pour cela que la Justice, en France comme dans toute société civilisée, interdit à quiconque de jouer au policier ou au juge.

Lutter contre la délinquance qui gangrène certains quartiers, certaines villes, nécessite des moyens coordonnés, des moyens de Police, bien sûr, mais aussi des moyens de Justice (ce qu'oublient nos gouvernants successifs), et, avant toute autre chose, une prévention sociale en offrant un cadre éducatif de qualité aux jeunes et en leur offrant des perspectives d'avenir, socialement et professionnellement. Et là, on est loin du compte !

Que des partis politiques qui veulent gouverner le pays justifient la vengeance comme mode de fonctionnement social est la preuve qu'ils préfèrent surfer sur des sentiments de colère des populations, pour engranger dacilement un capital électoral,  plutôt que de s'attaquer aux causes profondes de la montée de la délinquance : l'absence de repères sociaux de certains jeunes, l'absence de perspectives dans une société en crise et le manque de moyens des services publics de Police et de Justice.

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 11:13

Un communiqué des sénateurs communistes et républicains qui dénonce l'absence de volonté des sénateurs de lutter contre le cumul des mandats.

Les sénateurs communistes abordent la question d'un "statut de l'élu". C'est une question majeure qui permettrait à des salariés du secteur privé, à des ouvriers, employés ou techniciens, d'accéder à des mandats électoraux, notamment ceux de députés et sénateurs.

Aujourd'hui, le risque de ne pas retrouver d'emploi à l'issu d'un mandat pour ces catégories sociales, limite leur présence dans les assemblées élues. Retraités, hauts fonctionnaires et professions libérales squattent au contraire tous les mandats.

Enfin, l'absence de règles strictes sur le cumul des mandats entraine une "professionnalisation" de la politique, avec des parlementaires qui ne vivent que de leurs mandats et qui perdent pied avec la réalité du terrain, celle e la vie des français.

On serait tentés de rajouter, en tant que communistes, que vient s'ajouter aussi l'origine sociale des élus, souvent de classes supérieures, et on comprendra l'indifférence ou l'incompréhension des élus vis-à-vis des difficultés des travailleurs.

Après la parité, à quand des quotas de travailleurs dans les assemblées ?

Solidaire


Par le groupe Communiste Républicain et Citoyen au Sénat 

Cumul des mandats : Le Sénat rate le coche de la démocratie

L’exigence de démocratisation de la vie politique est forte dans notre pays, où, à juste titre, les citoyens électeurs ont bien souvent l’impression que leurs aspirations, leurs attentes, ne sont ni entendues ni prises en compte.
Le groupe CRC du Sénat est attaché depuis longtemps à la démocratie vivante, celle qui permet l’association de tous à la vie politique et aux décisions dans la cité. Il avait accueilli positivement, malgré ses évidentes limites, le projet de loi tendant à limiter le cumul des mandats électifs.
Dans la France du XXIe siècle, il est inadmissible que l’exercice des responsabilités publiques devienne le « domaine privé », la « chasse gardée » de quelques professionnels de la politique.
Notre groupe s’est attaché, tout au long du débat mené au Sénat, à améliorer autant que faire se peut un texte qui ne produisait que de timides avancées dans la bonne direction.
Ainsi, a-t-il défendu la création d’un véritable statut de l’élu(e), l’application généralisée du mode de scrutin proportionnel, seul moyen d’assurer une juste représentation des hommes et des femmes de toutes convictions, conditions et origines au sein des Assemblées, du local au national. Il a par ailleurs démontré que deux mandats successifs pouvaient contribuer au renouvellement, au rajeunissement et à la féminisation de ces assemblées.
A notre grand regret, une majorité hétéroclite et conservatrice s’est opposée, avec la dernière énergie, à toute avancée significative et même au contenu initial du texte !
Devant cette dénaturation du projet de loi, le groupe CRC n’a pu que voter contre un texte vidé de son contenu et dont il est certain qu’il sera incompris par l’opinion publique.
Il est regrettable que le Sénat ait ainsi manqué le coche de la modernité et du renouveau démocratique !

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 10:11

Un rappeur grec d'extrême-gauche assassiné au couteau, des militants communistes agressés à coup de bâtons cloutés : triste semaine en Grèce !

Comme dans les années 1920 / 1930, la profonde crise qui frappe certains pays d'Europe est le terreau sur lequel prolifère la gangrène fasciste.

La Grèce connait une poussée électorale de l'extrême-droite depuis quelques années. La destabilisation complète de la société sous les politiques d'austérité imposées par l'Europe, la Banque Centrale Européenne et le FMI (qualifiés de "Troïka" par les grecs), a favorisé le discours nationaliste et xénophobe d'un parti ouvertement néo-nazi : Aube Dorée.

18 députés de ce parti siègent désormais au parlement grec.

L'extrême-droite grecque se sent pousser des ailes et multiplie les provocations verbales et les actions violentes. On ne compte plus les agressions contre les immigrés, au grand jour et en place publique, ou les attaques contre les piquets de grève de travailleurs luttant pour sauver leurs emplois. Plusieurs parlementaires d'Aube Dorée sont actuellement poursuivis pour violence.

Par ses actions, l'extrême-droite grecque montre qu'elle sert finalement les intérêts de la Troïka, donc de ceux qui étranglent le peuple grec, en s'attaquant à ceux qui luttent contre les mesures d'austérité et les licenciements. C'est un classique de l'extrême-droite que l'on retrouve aussi en France à l'écoute des discours violemment antisyndicaux du Front National.

En quelques jours, l'extrême-droite a passé un pas supplémentaire dans la violence.

En deux actions violentes, elle a montré toute la violence et toute la haine dont elle est porteuse. un signal d'alarme pour les grecs, mais aussi pour tous les citoyens d'Europe !

Ce sont d'abord une vingtaine de militants communistes (KKE) et jeunes communistes (KNE) qui se sont fait agresser lors d'un collage d'affiches en soirée jeudi 12 septembre, alors qu'ils préparaient un festival à destination de la jeunesse dans la banlieue du Pirée, le port d'Athènes.

Une cinquantaine de militants et voyous locaux ont débarqué en voitures et en motos, armés de bâtons cloutés et de barres de fer. Un véritable guet-apens qui enverra 9 militants communistes à l'hôpital.

Dans la nuit de mardi à mercredi, autre guet-apens, cette fois-ci contre un rappeur connu pour sa proximité avec l'extrême-gauche, Pavlos Fyssas, 34 ans. Le militant antifasciste est mort sous les coups de stylet (couteau) d'un militant d'Aube Dorée.

Evidemment, autant côté communiste que de l'extrême-gauche, les réactions ne se sont pas fait attendre et des manifestations ont été organisées suite à ces agressions. L'assassinat de Pavlos a entrainé hier plusieurs importantes manifestations à travers le pays (plus de 20 000 manifestants au total).

Ces agressions dont la violence ne cesse de monter jusqu'au meurtre sont le fait d'une extrême-droite décomplexée, surfant sur la décomposition d'une société trahie par une classe politique, de droite comme socialiste, complètement décrédibilisée.

Cette violence de l'extrême-droite grecque n'est pas sans rappeler la violence croissante de l'extrême-droite française.

L'assassinat en France de Clément Méric le 5 juin 2013 par des militants d'extrême-droite est un parallèle saisissant avec l'assassinat en Grèce de Pavlos Fyssas cette semaine.

Cette semaine, et pour la deuxième fois de l'année, les colleurs d'affiches de la bande aux Le Pen s'en sont pris au local du Parti communiste d'Hennebont, dans le Morbihan. Cela rappelle les dégradations répêtées dont ont été victimes les locaux du Parti communiste dans le Rhône de la part de groupuscules d'extrême-droite.

La violence est constitutive de l'extrême-droite, par son discours de haine contre les étrangers et ceux qui les défendent, par leur antisyndicalisme, par l'esprit de division qu'entraine leur idéologie.

Même cachée derrière le sourire carnassier d'une Marine Le Pen, l'extrême-droite reste un courant politique de droite prêt à mettre en place un régime autoritaire, antidémocratique et antisocial s'il arrivait au pouvoir.

Le Front National, vitrine publique de l'extrême-droite française, ne sera jamais un parti "banal", un parti républicain.

Il serait bon que l'électoralisme de certains responsables UMP ne les amène pas à des alliances malsaines avec le diable brun.

Aube-Doree.jpg

Militants grecs d'Aube Dorée : salut fasciste et croix celtique, marques de l'extrême-droite néo-nazie

Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires

Militants des JNR, groupe d'extrême-droite récemment dissout car impliqué dans la mort de Clément Méric

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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 09:47

L'Assemblée Nationale étudie à partir d'aujourd'hui une loi qui permettra aux pouvoirs publics de racheter un site industriel rentable en cas de menace de fermeture.

Cette loi portera le nom de Florange, suite au combat des salariés d'Arcelor-Mittal, bien que l'idée soit euroise. C'est en effet avec le long combat des salariés de la papeterie d'Alizay qu'est née cette idée.

On voit dans la presse Jean Louis Destans présenter cette loi. La manière dont le sujet est traité laisse penser que, finalement, même s'il est parfois précisé que les salariés de la papeterie en ont lancé l'idée, ce serait le Parti socialiste qui en aurait été le porteur.

Comme pour le conflit des M-real lui-même, il parait encore une fois nécessaire de remettre les pendules à l'heure, de rendre à César ce qui appartient à César.

Personne ne nie l'admirable travail du Conseil général, en premier chef de son Président et de ses services juridiques, pour le rachat de la papeterie au groupe Finlandais M-real et sa revente au groupe thaïlandais Double A !

Par contre, le combat des M-real ne peut se résumer aux quelques mois qui ont précédé la vente du site au Département, sa "départementalisation" comme on l'a qualifiée.

Car, la proposition d'exproprier le site industriel en cas de refus de vente par le propriétaire finlandais n'est pas sortie d'un chapeau ! Elle aura mis du temps à faire son chemin.

C'est un eurodéputé communiste qui l'a suggérée lors d'une visite sur le site papetier eurois. Cet eurodéputé n'est autre que l'eurodéputé communiste de notre circonscription électorale, Jacky Hénin.

C'était le 25 mai 2009. Trois ans avant le rachat du site par le Département.

Entre les deux dates, il aura fallu beaucoup d'énergie pour que les salariés, qui se sont appropriés immédiatement la proposition, réussissent à rendre crédible la proposition auprès des autorités publiques... et du Conseil général

Durant trois ans, les salariés de la papeterie se sont accrochés à leur entreprise, grâce à leurs syndicats CGT et CGC,  multipliant les contacts, les actions, les manifs.

Dans ce combat, ils ont pu constamment et dès le départ compter sur les militants communistes et le maire communiste d'Alizay Gaëtan Levitre, par ailleurs conseiller général du canton de Pont-de-l'Arche. Un mandat dont on va voir l'importance.

Les communistes, avec les syndicalistes de la papeterie, ont rapidement monté un comité de soutien local, avec nombre d'élus locaux, sous la direction de Gaëtan Levitre.

De multiples actions médiatiques et de nombreuses rencontres en Préfecture et sous-Préfecture ont fini par rendre incontournable ce combat pour l'emploi industriel au niveau régional.

Ces nombreuses actions auront été relayées de multiples fois par Gaëtan Levitre et les autres conseillers généraux communistes au sein du Conseil général, par des interventions en Session, des motions de soutien.

Au niveau régional, grâce à Jean-Luc Lecomte, et au niveau national, avec le député communiste André Chassaigne, d'autres relais ont porté le combat des papetiers d'Alizay et la proposition de reprise du site par les pouvoirs publics.

Beaucoup n'y ont pas cru, à commencer par nombre d'élus de la majorité départementale du Conseil général.

Il aura fallu tout l'acharnement de Gaëtan Levitre et des syndicats de M-real pour convaincre la Préfecture et le Président du Conseil général de la viabilité d'un tel projet.

Même le repreneur, ce sont les salariés de la papeterie qui ont été le chercher !

Il faut féliciter Jean Louis Destans et les conseillers généraux de la majorité départementale d'avoir su écouter les salariés et Gaëtan Levitre, d'avoir été capables de changer d'avis sur un combat complexe, alors qu'ils considéraient le site perdu et conseillaient aux salariés d'accepter le Plan social.

Oui, le Département et son Président ont été des acteurs clés de la reprise du site papetier d'Alizay par les thaïlandais de Double A !

Mais ceux qui ont semé la graine de l'espoir et ont permis que pousse et grandisse l'idée que la papeterie d'Alizay avait un avenir, ce sont le député européen communiste Jacky Hénin et le maire d'Alizay et conseiller général, Gaëtan Levitre.

 

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 10:22

Entre Fillon qui met à égalité PS et FN et des sondages qui montre la proximité idéologique entre électeurs FN et UMP, il y a de quoi craindre pour l'avenir de la France !

Certains nostalgiques de l'OAS ou de Pétain voient déjà leur revanche arriver sur leurs défaite face aux républicains et démocrates. On est pourtant loin de la coupe aux lèvres !

Le travail de Marine Le Pen porte ses premiers fruits : de plus en plus de français ont un regard sympathique sur la fille du fondateur du parti d'extrême-droite, l'ancien tortionnaire d'Algérie, Jean-Marie Le Pen. Entre discours plus nuancé et récupération de thèmes de gauche (comme les retraites), l'héritière Le Pen reprend la stratégie qui a permis le développement du mouvement fasciste italien et du national-socialisme allemand.

FN en hausse mais toujours marginalisé

Cependant, si ce travail amène le FN et son hégérie à des niveaux jamais atteints dans les sondages, la banalisation de l'extrême-droite n'est pas réalisée. Beaucoup de français se souviennent encore de leurs cours d'Histoire de la Seconde guerre mondiale et des dangers que représentent les théories racistes et autoritaires du FN.

Selon un sondage BVA paru ce mois-ci, 34 % des français auraient une bonne opinion de Marine Le Pen et 31 % considèreraient envisageable de voter pour elle. Ces "bons" résultats progressent respectivement de 8 % et 5 % par rapport au sondage précédent de mars 2011.

Ces inquiétants résultats sont à prendre en considération et doivent justifier une vigoureuse réaction des démocrates.

Il faut quand même nuancer cette poussée car les thèses d'extrême-droite restent toujours minoritaires en France. Heureusement !

Ainsi, toujours dans le même sondage BVA sur Marine Le Pen, 65% des Français ont une mauvaise opinion d’elle. 67% des Français ne pourraient en aucun cas voter pour elle lors de la prochaine élection présidentielle et trois-quarts des Français ne lui feraient pas confiance pour gouverner le pays !

Un peu de pédagogie permettrait aussi d'ouvrir les yeux aux 21 % de français qui considèrent ses idées comme différentes de celles de son père. Comme si celui-ci avait pu laisser SON parti dans les mains d'une "dissidente" ? !...

54 % des français continuent de considérer que le Front National ne peut pas être considéré comme un "parti comme les autres". Entendez par là : un parti "républicain".

Canibalisation de l'UMP par le FN

Ce que nous apprennent par contre ces sondages, c'est que la croissance du Front National se fait par la porosité de plus en plus grande entre les électorats de la droite UMP et du Front National.

La banalisation du FN se fait au sein de la droite alors que les électeurs de gauche rejettent massivement les thèses fascistes.

70 % des électeurs UMP considèrent le FN comme un parti "comme les autres".

40 % seraient prêts à voter pour elle (15 % de plus qu'en février 2011 !).

55 % pensent qu'elle ferait une politique "meilleure" que le Parti socialiste !

Quand on interroge les électeurs de gauche, les résultats sont tout autres et le FN recule même dans cet électorat où seuls 7 % des sondés envisageraient de voter pour elle contre 14 % en 2011 !

Tous ces chiffres sont les signes d'une perte de repères de l'électorat de droite, UMP essentiellement. La digue républicaine maintenue sous Chirac a partiellement sauté et certains électeurs (et militants) UMP voient désormais le FN et ses thèses d'un bon œil.

Il faut dire que les années Sarkozy ont été l'occasion d'une véritable droitisation de l'UMP, d'un alignement sur les théories néo-conservatrices. On l'a vu sur l'immigration (avec le tristement célèbre "ministère de l'identité nationale"), sur les droits sociaux ou sur les droits des homosexuels. La forte implication de l'UMP, bras dessus-bras dessous avec tout ce la France compte de nazillons, d'extrémistes religieux et d'homophobes, avait de quoi alerter !

Dans ce contexte, on comprend mieux les propos d'un François Fillon marginalisé par Copé au sein de l'appareil UMP. Pour se refaire une place au sein du parti, il opte pour  une stratégie de course vers la droite, histoire de s'attirer les sympathies des plus réactionnaires de ses militants.

Se faisant, François Fillon participe à l'entreprise de banalisation du FN. En considérant qu'il n'appellerait pas systématiquement à voter socialiste en cas de duel PS-FN, mais qu'il soutiendrait "le moin sectaire des candidats", il contribue à faire du FN un allié potentiel de la droite "républicaine", donc à lui donner légitimité, crédibilité et respectabilité.

Cette stratégie de Fillon que l'on a vu à l'œuvre avec Sarkozy, Guéant ou Hortefeux, est totalement suicidaire.

Historiquement, les gouvernements bourgeois de droite qui ont tenté de "contrôler" leur partis d'extrême-droite ont fini par être complètement dépassés par eux. C'est ce que nous ont montré les expériences allemandes et italiennes des années 20 et 30.

En Europe, la Hongrie montre l'exemple à ne pas suivre d'un gouvernement de droite qui s'aligne complètement sur l'extrême droite (Jobbik).

En France, depuis que l'extrême-droite est réapparue sur l'échiquier politique français (en 1983, il y a trente ans !), jamais la droite française n'a pu réduire son influence électorale en puisant des idées dans cette fange xénophobe ni en organisant d'alliances, officielle ou tacite, avec elle !

Ce que l'Histoire nous enseigne, c'est ce que traduisent aujourd'hui les sondages : la droite banalise l'extrême-droite et rend poreuses les frontières idéologiques puis électorales entre elle et le FN. Au final, c'est le FN qui siphonne l'électorat de droite.

Loin du cliché longtemps entretenu et absurde d'un électorat communiste passé au FN, c'est plutôt une dérive à droite de notre société qui entraine la poussée brune marine : un Parti socialiste glissant vers le social-libéralisme et une droite gaullliste évoluant vers le libéralisme conservateur, une droite conservatrice évoluant vers l'intolérance raciste,...

Si les communistes, et toute la gauche, a le devoir de démontrer au quotidien la proximité des thèses économiques et sociales de la droite et de l'extrême-droite, c'est avant tout au sein de la droite, notamment chez ses dirigeants nationaux, que doit surgir la volonté de se démarquer de l'extrême-droite au niveau moral et démocratique.

On ne manipule pas le diable contre ses adversaires : on finit par se faire bouffer par lui !

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 08:59

L'édition 2013 de la Fête de l'Humanité se referme sur un nouveau succès populaire.

Comme chaque année, c'est avec un peu de tristesse que l'on quitte la Fête de l'Humanité. Tristesse mêlée de joie après trois jours de fraternité, de fête et d'ébullition intellectuelle !

Le nombre de 650 000 entrées de 2012 sera t-il atteint ou dépassé ? Il est trop tôt pour le dire.

Cependant, la foule immense des spectacteurs aux concerts, la fréquentation des allées et des stands, voilà des éléments qui donnent un bon aperçu de ce que sera cette fête !

Et, qu'on se le dise, le concert de M, samedi soir, a fait le plein ! La Grande Scène était bondée avec autour de 80 000 personnes venues assister au spectacle de Matthieu Chédid. Un premier indice.

Pour ceux qui auront fréquenté les allées de la Fête samedi, la pluie quasi permanente aurait pu entrainer une baisse de fréquentation. Il n'en a rien été.

Avant "M", il y a eu Zebda et son mémorable hommage au poète chilien Victor Jara, ou le détonnant spectacle de HK et les Saltimbanks, et leurs invités, salariés des entreprises en lutte. A chaque fois, la foule est au rendez-vous, joyeuse, participative.

Il en est de même pour les stands, notamment les stands eurois qui auront connu une affluence comparable à celle de l'an passé, ce qui n'est pas une mince affaire après le déplacement et regroupement des 4 stands départementaux !

Côté politique, la lutte contre l'austérité et pour la défense de l'emploi industriel, le refus d'une guerre coloniale en Syrie, le droit à la retraite à 60 ans ou les thèmes de la santé, des municipales, des transports en commun, par exemple, ont attiré des milliers de festivaliers lors de multiples débats sur ces trois jours.

Il en a été de même hier lors du meeting de Pierre Laurent, sous le soleil (c'est à noter !), face à un public massif, attentif et remonté.

Non, décidemment, pas besoin d'attendre les chiffres définitifs des entrées à la Fête de l'Humanité pour affirmer que le succès était une nouvelle fois au rendez-vous !

Tant pis si les médias taisent l'événement, ou le présente sciemment sous des aspects négatifs, préférant la fascination brune et malsaine d'une Marine Le Pen ! Les 500 000, 600 000 personnes ou plus qui ont participé à la Fête de l'Humanité savent bien ce qu'ils ont vécu et grâce à qui !

Rendez-vous à Rouen les 22 et 23 novembre prochain pour l'édition normande de la Fête de l'Humanité !

Huma 2013 - Samedi 15 septembre (10)

Le stand d'Evreux, sa tarterie et son exposition sur les municipales

Huma 2013 - Samedi 15 septembre (7)

A côté du stand d'Evreux, les trois autres stands eurois ont connu aussi un grand succès

Huma 2013 - Samedi 15 septembre (34)

Le concert de Zebda, en l'hommage du poète chilien Victor Jara, assassiné lors du coup d'état au Chili en septembre 73, a attiré des dizaines de milliers de spectateurs samedi après-midi

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 08:55

Le capitalisme comme il va.

Nous avons ici parler de la loi Hartz IV votée par les sociaux-démocrates en Allemagne et qui a entrainé la précarisation de millions d'allemands avec des jobs à 1 € de l'heure (relire : Travailleurs pauvres, misère sociale, voilà le modèle allemand issu des réformes Schröder que glorifie François Hollande  ).

L'article suivant fait le point sur le marché britannique du travail et la précarisation grandissante des travailleurs.

Encore une fois, que l'on soit en France, en Allemagne ou en Grande Bretagne, mais aussi en Espagne ou en Grèce, la "crise" est un formidable moyen de pression sur les travailleurs pour obtenir qu'ils cèdent sur leur sécurité professionnelle, sur leurs salaires et sur leurs retraites.

En haut de l'échelle sociale, auprès des grands patrons et des actionnaires qui gagnent de l'argent en dormant (comme Liliane Bettencourt, pour ne citer qu'elle !), ceux que des générations de travailleurs ont appelé "les bourgeois", la richesse continue de croître.

Hier, nous parlions d'ailleurs des bénéfices records qui seront distribués en janvier en France aux actionnaires des 40 plus grandes entreprises côtées en Bourse : 49,9 milliards d'euros, 5 % de plus qu'en janvier dernier.

La mondialisation, l'Union européenne et la crise servent d'abord les intérêts du capitalisme pour contourner les règles sociales nationales, les mouvements sociaux, et opposer les peuples entre eux dans une concurrence qui ne sert aucun travailleur et qui nuit à l'environnement.

La solution reste et demeure la mobilisation sociale et politique des classes populaires et moyennes mais aussi des commerçants et artisans, en clair des "travailleurs", pour imposer une autre logique économique, une juste répartition des richesses au bénéfice de ceux qui les produisent, dans le respect des souverainetés populaires et de l'environnement.

Solidaire


wipeoutzero.JPG

Article repris d'Avante, organe du Parti communiste portugais

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Les contrats « zéro heure » qui n'offrent aucune garantie au travailleur, sont devenus une pratique courante au Royaume-uni, révèle une étude récente d'un institut britannique.

Dans certains entreprises du Royaume-uni, les contrats « zéro heure » représentent l'immense majorité des contrats de travail. C'est le cas de la chaîne McDonalds, où 90% des travailleurs (précisément 82 000 personnes) se trouvent dans ces conditions, c'est-à-dire qu'elles peuvent travailler 70 heures comme aucune, étant rémunérées en conséquence.

Le patron ne leur donne aucune garantie, mais exige d'eux une disponibilité totale, en fonction de ses besoins.

Ainsi, la multi-nationale du hamburger peut s'offrir le luxe, avec seulement 1 200 travailleurs effectifs de servir quotidiennement 2,5 millions de repas sur les terres de sa Majesté.

Sports Direct est une autre chaîne commerciale fort célèbre qui tient 20 000 travailleurs avec des contrats « zéro heures », soit, 90% de sa main d’œuvre. Le même modèle se trouve appliqué dans le boutiques Boots ou Subway.

Comme l'explique un reportage du journal espagnol Publico, il n'est pas rare qu'un travailleur soit convoqué le matin au travail puis renvoyé chez lui si le nombre de clients se révèle plus faible que prévu.

La question est devenue d'une actualité brûlante après que le CIPD (Chartered Institute of Personnel and Development), un institut spécialisé en ressources humaines, a publié, le 5 septembre, un rapport précisant que les travailleurs se trouvant dans ces conditions sont quatre fois plus nombreux que ce que les chiffres officiels indiquent.

Ainsi, alors que les statistiques britanniques tablent sur l'existence de 250 000 « contrats zéro », l'étude du CIPD estiment que les chiffres réels tourneraient autour d'un million de personnes.

Un cas de sur-exploitation

A son tour, le CIPD qui s'est basé sur une enquête auprès de mille employeurs, montre que le recours à cette forme de précarité absolue est devenu commun à de nombreux secteurs d'activité.

Les résultats révèlent que 19 % des employeurs interrogés emploient au moins une personne dans ces conditions.

Dans le secteur dit du volontariat, ce pourcentage monte à 34 %, dans le secteur public il est de 24 % et dans le secteur privé en général, il se maintient à 17 %.

Dans l’hôtellerie, la restauration et le divertissement, 48 % des employeurs admettent recourir aux « contrats zéro », dans l'éducation, 25 %, et dans la santé 27%.

Il est quand même significatif que 25% des entreprises avec plus de 250 travailleurs utilisent ce type de contrats, quand ce chiffre n'atteint que 11% dans les petites entreprises.

La majorité des employeurs (54%) qui reconnaissent utiliser ce type de contrats, affirment qu'ils représentent un peu plus de 10% du total des travailleurs, le pourcentage moyen étant de 16%.

Sur la base de ces réponses, le CIPD estime qu'entre 3 et 4% des employeurs interrogés ont des contrats « zéro heures », ce qui équivaut à un million de travailleurs sur tout le Royaume-uni.

Par ailleurs, les informations fournies par 148 travailleurs avec ce type de contrats montrent que 14 % des patrons n'offrent souvent pas le nombre d'heures suffisants pour répondre à leurs besoins vitaux.

D'autre part, 38% des travailleurs considèrent qu'ils ont un emploi à temps plein, travaillant plus de 30 heures par semaine.

La vérité, c'est que ces contrats « zéro heures » sont loin de correspondre à des profils d'étudiants ou de gens qui désirent travailler que quelques heures dans la semaine, la raison pour laquelle ils ont été créés.

Selon le syndicat Unison, la grande majorité de ces travailleurs sont assujettis à ces contrats, sans en tirer le moindre avantage, comme le droit aux vacances, à une couverture maladie, une assurance-santé ou une indemnisation en cas de licenciement, tout simplement parce qu'ils n'ont pas d'autre choix.

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