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  • : Andrée OGER, conseillère départementale communiste de Saint André de l'Eure
  • Andrée OGER, conseillère départementale communiste de Saint André de l'Eure
  • : Andrée OGER est maire honoraire de Croth, conseillère départementale de Saint André de l'Eure et chevalier de la Légion d'Honneur.
  • Contact

Rendez-vous

Fête de l'Huma 2016

Vendredi 10, samedi 11 et dimanche 12 septembre
Parc du Bourget
3 jours : 35 €
    

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Salaires et pensions à la traîne, prix et loyers en hausse, profits et actionnaires qui explosent...

 

Front Uni 

contre la vie chère !

   

Campagne de pétition lancée par le PCF

pour exiger de meilleurs salaires, une hausse des minimas sociaux,

 pour exiger des baisses de TVA, un blocage des prix et des loyers

pour taxer les profits et le grandes fortunes
  

Demandez la pétition !

Signez la en ligne sur le site de la Fédération euroise du PCF : www.27.pcf.fr !

Participez au rassemblement devant Bercy (ministère des finances), vendredi 3 juin à 15 h !

Campagne contre la vie chère - affiche PCF 2011
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Contre la privatisation de La Poste !

Les communistes adhèrent au Comité Départemental de Défense de La Poste
(cliquez sur l'image !)  


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CRISE : que proposent les communistes ?







 

"Sarkozy a été élu par des pauvres qui se lèvent tôt pour aller faire la fête avec des riches qui se couchent tard".
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 Des idées, des vidéos, des sondages sur le site www.sortirdelacrise.tv 
 
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Texte libre

Je définirais la mondialisation comme la liberté pour mon groupe d’investir où il veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possibles en matière de droit du travail et de conventions sociales.

P.Barnevick, ancien président de la multinationale ABB. 

Pour moi, un réactionnaire c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui trouve que c’est dans l’ordre naturel des choses. Un conservateur, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui pense qu’on n’y peut rien. Un progressiste, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui trouve que c’est injuste. Un communiste, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui est prêt à faire pour eux ce qu’il ferait pour ses propres enfants.

Ibrahim,
Cuba, un soir lors d’une conversation inoubliable.

 

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« La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste.
La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique »

 

Karl MARX 

 

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Nouvelles permanences d'Andrée OGER :

 

 

 

Vous pouvez prendre rendez-vous avec Andrée OGER en contactant son secrétariat au 02.32.31.96.25

 

- Mairie de Saint André : les lundis de 17 h à 19 h

- Salle des Fêtes d'Ezy-sur-Eure: les vendredis de 17 h à 19 h

 

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Dernier tract des communistes
du sud de l'Eure

 (cliquer sur l'image)

 

  Tract St André Septembre 2013 - Recto

 Tract St André Septembre 2013 - Verso

 

 

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Ebuzzing - Top des blogs - Société

8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 10:18

15 000 djihadistes ont rejoint ces derniers temps les rangs de DAESH en passant par la Turquie.

Cette semaine, le gouvernement syrien a abandonné des territoires au profit de DAESH, préférant replier son armée autour de Damas pour protéger les zones urbaines. Des djihadistes étrangers sont récemment venus rejoindre l'Etat Islamique sur le front de Damas en arrivant, avec armes et bagages, de la Turquie.

Depuis des mois, le gouvernement islamo-conservateur de Erdogan et son parti, l'AKP, soutiennent les rébellions islamistes de Syrie : frontières poreuses aux allées et venues des djihadistes étrangers et de leurs armes, bombardements de troupes syriennes près de la frontière turque, refus durant des semaines de laisser passer des renforts vers l'enclave kurde de Kobané, proposition de zone d'exclusion aérienne en Syrie au profit des rebelles,... les faits parlent d'eux-mêmes.

Les élections législatives qui viennent de se dérouler en Turquie vont-elles changer la donne ?

Avec un profond recul, qui le prive de majorité au Parlement, l'AKP va devoir faire des alliances. Avec 41 % des voix et 258 sièges, l'AKP perd près de 10 points et 69 élus ! Or, avec 550 députés au Parlement, il faut 276 élus pour être majoritaire.

L'AKP devra trouver des soutiens chez les nationalistes du MHP (16 % des voix et 81 députés), ou auprès de la gauche laïque du CHP (25 % des voix, 132 députés). La dernière hypothèse est fort peu probable.

Dans tous les cas, des concessions vont devoir être faites et les inquiétudes concernant la poussée de l'islamisme radicale aux portes de la Turquie vont peser, notamment dans les zones frontalières de la Syrie où la présence de bases arrières islamistes inquiètent nombre d'habitants.

Par ailleurs, l'entrée d'un parti kurde au Parlement est historique pour plusieurs raisons.

Historique car c'est officiellement en tant que parti kurde que le HDP entre au Parlement. Ses 25 élus sortants avaient été élus sous l'étiquette "indépendant" la fois précédente.

Historique par l'ampleur du succès : 13,5 % des voix et 79 députés.

Historique car le score du HDP ne tient pas qu'au seul vote kurde mais au soutien dont a bénéficié ce parti de la part d'électeurs turcs partout dans le pays.

Son programme, particulièrement progressiste et laïc a convaincu des centaines de milliers d'électeurs, inquiets de l'autoritarisme et des politiques antisociales du premier ministre et de son gouvernement. Des conflits sociaux ont fait l'actualité ces dernières semaines en Turquie, notamment une longue mobilisation dans le secteur automobile.

Enfin, dans un pays de tradition laïque, l'intrusion du religieux dans les affaires de l'Etat et la position turque sur le conflit syrien a également pesé.

Dès lors, sans majorité absolue, l'AKP et son premier ministre vont devoir transiger avec d'autres forces.

Pas sûr que l'actuelle politique turque en faveur des rebelles islamistes en Syrie ne souffre pas de cette nouvelle situation.

C'est tout ce qu'on peut espérer pour le peuple syrien et pour la tranquillité de la Région.

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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 08:23

6 milliards de dollars, c'est ce que les multinationales ont volé à l'Afrique en 2014.

L'ONG OXFAM vient de publier ce chiffre édifiant alors que s'amorce une rencontre entre les pays riches, ceux du G7, et l'Afrique.

En une seule année, les multinationales ont fraudé 6 milliards d'euros aux pays africains par le biais de l'évasion fiscale.

6 milliards d'euros, c'est 3 fois ce qu'il faudrait aux pays d'Afrique touchés par la fièvre Ebola pour mettre en place un système de santé efficace. Cela donne une idée de l'ampleur du pillage !

Mais cette somme, c'est aussi autant d'argent qui ne profite pas au développement des pays concernés, que ce soit sous forme collective, via les impôts et les infrastructures publiques qui pourraient ainsi être financées, ou plus directement, via les salaires et les emplois locaux.

Cette donnée est à mettre en parallèle avec l'aggravation du phénomène d'exode de dizaines de milliers d'Africains de leurs pays vers l'Europe chaque année.

Alors que certains, à droite et à l'extrême-droite, pensent police, armée et fermeture des frontières pour freiner ce mouvement, l'intelligence et l'humanité invitent plutôt à réfléchir et à agir sur les causes de cet exode massif.

Avec les guerres, c'est en premier lieu la misère qui pousse des familles entières et des jeunes à quitter leurs proches et leur pays pour tenter leur chance en Europe, au péril de leurs vies.

Réfléchir simplement fermeture des frontières ne résoudra donc pas le problème !

Les dramatiques événements qui ont fait l'actualité ces dernières semaines devrait amener nos pays à changer leur politique vis-à-vis des pays d'Afrique et, plus généralement, des pays pauvres.

Cela voudrait dire combattre la fraude fiscale des multinationales qui pillent l'Afrique et, également, arrêter de soutenir des gouvernements africains corrompus ou dictatoriaux dont le rôle est uniquement de maintenir cette mainmise des multinationales sur les richesses de leur pays.

Le souci, comme l'a bien illustré Karl Marx, c'est que nos Etats sont au service des intérêts des classes dominantes, donc des multinationales et de leurs actionnaires !

Au lieu de favoriser le développement économique de ces pays et de soutenir une émancipation démocratique des peuples africains, la France, notamment, préfère soutenir ses grands groupes, pétroliers, nucléaires ou de la construction, en particulier, et des chefs d'Etat africains à leur service, quitte parfois à jouer avec le feu comme cela a été le cas en contribuant au renversement de Kadhafi en Libye. On voit aujourd'hui où en est cet ancien pays riche, livré aux gangs de passeurs de clandestins et aux groupes armés, Etat Islamique en tête !

Pour nous, citoyens, il est donc important d'avoir en tête que ces dizaines de milliers de migrants qui risquent leur vie pour rejoindre nos côtes sont avant tout des êtres humains, comme nous, victimes de guerres et d'une misère économique causés par nos propres gouvernants et les appétits financiers de nos grandes entreprises.

Finalement, la résolution du problème des migrants ne se fera pas aux frontières de l'Europe, ni même par l'action humanitaire en Afrique, mais bien chez nous, dans les sphères du pouvoir économique et politique.

Comme pour le chômage, la misère et les reculs sociaux en France, réduire l'immigration économique et humanitaire passe par l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement au service des intérêts populaires et du progrès social, un gouvernement réellement de gauche.

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 10:43

De nombreux médias se gargarisent d'une baisse du chômage en Espagne. Réalité ou mensonge ?

A en croire le gouvernement espagnol, le pays aurait vu baisser son nombre de chômeurs de 118 000 au mois de mai. Ce serait officiellement le quatrième mois consécutifs de baisse.

La nouvelle serait extraordinaire pour ce peuple qui souffre depuis déjà quelques années d'une crise sociale énorme causée par l'effondrement de la bulle immobilière dans la foulée de la crise américaine de 2008.

Sauf que ces chiffres sont à prendre avec des pincettes !

Déjà, de 118 000 personnes, la baisse du chômage ne concerne plus que 34 000 travailleurs si on retire les contrats temporaires liés aux nombreuses festivités du mois de mai. Deux tiers de moins.

Le chômage touche encore 4,21 millions de salariés espagnols soit 24 % d'entre eux : près d'un quart des salariés espagnols est au chômage et plus d'un jeune sur deux !

Cette baisse de 34 000 / 118 000 chômeurs est donc relative.

Par ailleurs, d'autres chiffres viennent de tomber dans le pays : ceux de la misère.

22,2 % des Espagnols sont en situation de sombrer dans la pauvreté (1 espagnol sur 5 !) et 6 % des Espagnols est déjà en situation de grande pauvreté.

Les expulsions continuent dans un pays qui a fait de l'accession à la propriété une culture. Ce que Sarkozy voulait imposer en France avant le krach boursier de 2007.

Bref ! Après la déculottée de la droite aux élections municipales et régionales le 25 mai dernier et avec un Parti socialiste espagnol qui continue de sombrer électoralement, les tenants français du modèle libéral, qui possèdent les médias, tentent de désamorcer une éventuelle contagion de la contestation politique et sociale qui touche ce pays.

Après la victoire de Syriza en Grèce, la crainte des hommes des marchés, c'est que l'Espagne bascule à son tour dans le camp de la gauche radicale !

Dénigrer le gouvernement grec (de la gauche radicale) et valoriser le gouvernement espagnol (de droite) sont des moyens naturels d'influencer les Français en continuant de marteler le discours dominant sur l'absence d'alternative aux politiques libérales et d'austérité actuelles.

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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 10:41

"Nous Pouvons !". Le slogan des Indignés espagnols est devenu le nom d'un mouvement, Podemos, qui bouscule droite et social-démocratie en Espagne.

L'Espagne était appelée aux urnes ce dimanche. Les élections municipales s'accompagnaient du renouvellement de plusieurs parlements régionaux.

Ce qu'annonçaient les sondages s'est réalisé : la gauche radicale, représentée par Podemos, a connu une forte poussée, à la fois aux Municipales et aux Régionales. La droite au pouvoir, empêtrée dans ses politiques d'austérité et plusieurs scandales, connait une lourde défaite, tout comme un Parti socialiste qui continue de plonger.

Madrid, fief de la droite depuis 1991, voit l'alliance autour de Podemos et du Parti communiste talonner la droite (Parti populaire, PP) avec 20 élus contre 21 de droite. Derrière, le Parti socialiste (PSOE) s'effondre mais conserve 9 élus qui feront la différence.

A Barcelone, deuxième ville du pays, la droite nationaliste catalane (CiU), aux commandes depuis toujours, perd sa première place au profit dune alliance entre Podemos et la gauche communiste avec 11 élus contre 10 à la droite. Derrière, la gauche possède des réserves avec la gauche nationaliste républicaine (ERC, 5 élus), le Parti socialiste (4 élus) et la gauche marxiste (CUP, 3 élus) tandis que la droite nationaliste catalane aura du mal à faire alliance avec les indignés de droite (Ciutadans, 5 élus) et la droite fédéraliste (PP, 3 élus).

A Valence, l'alliance de gauche radicale Compromis talonne également la droite (9 élus contre 10), suivie des indignés de droite (Ciudadanos) et des socialistes. Les alliances risquent de faire chuter la droite sur cette autre grande ville.

Il en est de même à La Corogne, à Saragosse, à Séville (où c'est le PSOE qui pourrait rafler la mise).

Au niveau des régions autonomes, la droite connait un fort recul qui profite aux Indignés, essentiellement à Podemos.

Comme en Grèce, où c'est la parti de gauche radicale qui a renversé le bipartisme droite / social-démocratie, l'Espagne connait sa révolution citoyenne avec l'irruption des Indignés au travers, essentiellement, du mouvement populaire de gauche Podemos.

Si la gauche communiste, autour de Izquierda Unida (IU, Gauche Unie), connait localement des reculs, la somme des forces Podemos et IU, ainsi que des mouvements républicains de gauche (BNG en Galice, ERC en Catalogne) et des marxistes de CUP, montre que la gauche antisystème et républicaine est la grande gagnante de ces élections, confirmant les Européennes de 2014.

L'alternative existe en Europe. Elle s'incarne au travers de cet investissement citoyen au sein du mouvement social, syndical et associatif et de son incarnation politique, la gauche radicale.

En France, nous avons besoin aussi de cette alternative politique radicale, qui fasse tomber un bipartisme PS / UMP qui ne profite qu'au système financier et qui brise l'élan d'une extrême-droite dont le programme ne fera qu'aggraver les tensions sociales et raciales.

Il est temps que les militants de gauche, associatifs, syndicalistes, communistes, écologistes ou socialistes, s'unissent enfin pour mettre leurs idées en commun et faire renaître l'espoir d'un changement qui tourne le dos à trente ans de libéralisme et de soumission aux lois du marché et de la finance.

C'est cet esprit qui anime le PCF et qui s'exprime au travers d'une plateforme de propositions à discuter, "La France en Commun" qui sera bientôt proposée aux militants et simples citoyens qui veulent construire cette alternative.

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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 14:57

François Hollande arrive à Cuba. Une première qui met les journalistes dans tous leurs émois et qui donne lieu à nouvelle vague d'anticastrisme primaire.

Depuis que les Etats-Unis ont accepté, enfin, de revenir doucement sur le blocus économique qu'ils imposaient à Cuba, nos journalistes semblent découvrir que Cuba s'ouvre au monde.

Pourtant, Cuba est déjà depuis longtemps un pays ouvert sur le monde, une destination touristique prisée et un pays exportateur de produits de qualité, à commencer par le rhum et les cigares.

Cuba est aujourd'hui le pays d'Amérique latine le mieux placé en termes d'éducation et de santé, selon les Nations Unies elles-mêmes. Sa position est tellement enviable que ce petit pays de 11 millions d'habitants se permet d'envoyer des médecins dans d'autres pays depuis déjà de nombreuses années, comme à Haïti après le séisme de 2010, ou, plus récemment, en Afrique de l'ouest contre l'épidémie d'Ebola ou au Brésil ( Si ! Si !) pour soulager les populations des régions amazoniennes isolées.

D'un point de vue géopolitique, le blocus imposé à Cuba à coûter énormément d'argent à l'île, puisque les Etats-Unis sont les voisins immédiats de Cuba donc le débouché naturel des échanges économiques de ce pays. Les difficultés financières de l'île repose beaucoup sur ce blocus. Avec la chute de l'Union soviétique et des pays socialistes, au début des années 9, Cuba a perdu également ses principaux partenaires économiques, ce qui a logiquement aggravé la situation des Cubains.

Pour compliquer la situation cubaine, il faut aussi se souvenir que les Etats-Unis ont réussi à imposer aux entreprises étrangères ce blocus, avec des sanctions économiques terribles pour celles qui oseraient défier le diktat américain. BNP-Paribas en a fait l'amère expérience récemment.

Mais, depuis le début des années 200, avec des réformes économiques internes et, surtout, l'arrivée au pouvoir de dirigeants indépendants et progressistes en Amérique du sud, Cuba a retrouvé des partenaires à la fois proches et fiables pour commercer. C'est le cas avec la création de l'ALBA, l'Alliance bolivarienne des Amériques, avec le Venezuela, l'Equateur et la Bolivie notamment, une sorte de marché commun où l'intérêt des peuples prime sur celui des multinationales (à la différence de l'Union européenne !).

Autant dire que l'économie cubaine s'ouvre depuis déjà quelques temps au monde et que les difficultés cubaines ne sont pas forcément liées aux seuls défauts réels du système socialiste cubain mais aussi, et surtout, aux dégâts d'un blocus imposé par le puissant voisin américain.

Si les journalistes parlent de Cuba, c'est aussi pour se demande si cette "ouverture économique", qu'ils n'avaient pas vu jusque là, va s'accompagner d'une "ouverture politique" ?

Mais de quoi parle t-on ?

D'une ouverture vers un système parlementaire à l'occidental qui s'est auto-proclamé démocratique ?...

Avec plus de 50 % d'abstention et des candidats qui trahissent leurs engagements une fois élus, peut-on vraiment se féliciter du "modèle" occidental, français ou nord-américain ?...

On peut critiquer le système cubain mais, encore faut-il le connaître !

Et quel média français nous explique-t-il comment fonctionne le système électoral cubain ?

Cuba connait des élections. Les candidats sont désignés à la base, par les électeurs, selon un système unique où le Parti communiste n'a pas le droit d'intervenir, même si le poids démographique du PCC influe logiquement sur les débats.

Les dernières élections municipales, il y a quelques semaines, ont d'ailleurs vu des dissidents agréés par l'Occident "démocratique" se présenter et être balayés par le scrutin électoral. Ingrats de Cubains !...

Bref ! Cuba renoue économiquement avec le développement, après des années d'étranglement des Etats-Unis. Logiquement, Cuba cherche à développer des partenariats, non pas pour favoriser le développement d'un capitalisme financier sur l'île, comme le rêvent certains journalistes, mais pour faire venir des technologies et des emplois nouveaux au bénéfice des Cubains.

Pour ce qui est de la démocratie, que nos gouvernements occidentaux apprennent déjà à écouter leurs populations, à respecter leurs engagements électoraux et à respecter le vote de leurs citoyens (Traité Constitutionnel Européen notamment) avant de venir donner des leçons de démocratie aux peuples du reste du Monde !

D'autant plus que les dernières campagnes démocratiques, à coup de bombes en Afghanistan, en Iraq, en Libye ou en Syrie, ont provoqué les résultats que l'on sait.

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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 09:16

Les 1000 personnes les plus fortunées résidant au Royaume-Uni possèdent 763 milliards d'euros au total, en 2015.

Pour figurer dans cette liste, il faut disposer d'au moins 139 millions d'euros.

Les niveaux records des marchés boursiers mondiaux ont particulièrement stimulé les grandes fortunes britanniques, estime le Financial Times. En effet, désormais, les 1000 personnes les plus riches vivant au Royaume-Uni possèdent 547 milliards de livres (763 milliards d'euros), selon un classement paru dimanche 26 avril dans un supplément du Sunday Times.

C'est plus du double par rapport à 2009 (112% de plus précisément), durant la crise financière !

Désormais, pour faire partie des 1000 britanniques les plus fortunées, il faut disposer d'au moins 100 millions de livres (139 millions d'euros). C'est 15 millions de livres de plus qu'en 2014 !

Par ailleurs, le Royaume-Uni compte désormais 117 milliardaires en 2015, soit 13 de plus que l'année dernière.

Et en France, c'est kif-kif !

Alors, chers amis, quand on vous parlera de la crise et de la nécessité de "faire des efforts", de renoncer à vous soigner, à demander une augmentation ou à partir à la retraite à 60 ans, vous saurez quoi répondre !

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 14:30

Une question que ne se posent pas Julien LEPERS, encore moins nos journalistes, BHL ou Reporters Sans Frontières.

Dans quel pays, certainement une dictature, peut-on compter entre 2006 et 2012, plus de 25 000 personnes disparues , 60 journalistes assassinés et 15 autres disparus, plus de 45 000 exécutions, 16 000 cadavres non identifiés et près de 1 500 corps retrouvés dans des fosses communes ?

Vous me citerez certainement la Corée du Nord ? La Chine ? L'Iran ? La Syrie ?...

Faux ! Petit indice : c'est un pays d'Amérique latine.

Si vous écoutez les médias français ou BHL, ou, mieux, les avis de Washington, vous penserez à Cuba, au Venezuela, à la Bolivie, au Brésil ou à l'Argentine, l'un de ses pays qui a choisi comme dirigeants des gauchistes, des cryptocommunistes sanguinaires ?...

Encore tout faux !

Ce pays aux statistiques qui font froid dans le dos, c'est le Mexique !

Mais le Mexique, c'est un pays démocratique. Entendez par là qu'il fait parti du marché commun nord-américain, mis en place par les Etats-Unis, et qu'il accueille, dans des conditions sociales très avantageuses pour les entreprises, de nombreuses multinationales américaines.

Ces morts et ces disparus, ce sont les cartels de la drogue qui en sont responsables. Les cartels de la drogue mais pas seulement ! Les forces de l'ordre corrompus et les politiciens locaux, pas très clairs non plus, sont souvent montrés du doigt, comme dans le cas de la disparition de 43 étudiants d'Ayotzinapa, dans l'ouest du pays.

45 000 exécutions (la ville d'Evreux !), 25 000 disparus (le canton de Saint André),... et personne ne dénonce ce pays, cette situation de non-droit où la démocratie et la loi n'ont plus d'existence que sur le papier ?

Le Venezuela de Maduro vient d'être considéré par les Etats-Unis d'Obama comme une "menace extraordinaire et inhabituelle pour la sécurité nationale et la politique extérieure des Etats-Unis ".

Curieusement, le Mexique voisin, par où transitent tous les trafics vers les Etats-Unis, drogues et êtres humains en tête, est toujours regardé avec bienveillance.

Les Droits de l'Homme se limitent souvent au droit des affaires pour les gouvernements occidentaux.

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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 08:41

Un bateau surchargé de 550 migrants parti de Libye et 144 survivants seulement.

L'information ne fera peut-être pas la Une des journaux télévisés ce soir mais comment rester insensible devant la mort de 400 personnes, dont de nombreux enfants, lors du chavirement d'un bateau surchargé de migrants clandestins près des côtes italiennes ?

Ce drame horrible, à grande échelle, nous rappelle que la misère et la guerre poussent de plus en plus de Maliens, d'Erythréens, d'Iraquiens ou de Syriens dans les bras de passeurs qui les volent et les envoient à la mort.

900 migrants sont ainsi déjà morts cette année en tentant de rejoindre les côtes européennes en 2015 contre 47 sur la même époque en 2014.
8 000 migrants ont rejoint l'Europe depuis vendredi seulement !

Autant dire que ceux qui pensent qu'il suffit de durcir la législation et d'augmenter les contrôles aux frontières pour freiner ce flux de misère se trompent complètement.

Ce sont les causes de ces mouvements de

population qui doivent être traités car personne ne quitte jamais son pays et ses proches par plaisir.
Nos pays, nos gouvernements, ont leur part de responsabilité en attisant les crises et les guerres dans ces pays, et en soutenant des gouvernements qui ne servent que les intérêts d'une minorité.

Les guerres en Libye et en Syrie, soutenues ou organisées depuis les Etats-Unis et l'Europe, ont créées un chaos économique et social de grande ampleur qui facilite le développement de réseaux mafieux de passeurs.

Ces drames humains à nos portes ne font que se multiplier. Il est grand temps de réfléchir autrement les relations internationales que par la guerre et l'exploitation.

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 09:34

Le Pen en France est critiqué pour son soutien implicite à Pétain mais personne ne dénonce le pouvoir ukrainien qui vient de réhabiliter officiellement les forces de la collaboration avec le régime nazi !

Encore une fois, le schéma médiatique d'une Ukraine démocratique aux prises avec une rébellion fomentée par Moscou prend l'eau. Malheureusement, vous n'en entendrez pas parler dans les médias de masse, à la télévision, à la radio ou dans la presse écrite !

Pourtant, pour éclairer les citoyens français sur la réalité de la situation ukrainienne, en clair, pour faire leur travail d'information, nos médias ne devraient-ils pas informer les Français des dernières décisions prises par le Parlement ukrainien ?

Hier, ce Parlement a tout simplement décider d'interdire toute propagande communiste en Ukraine et de faire des partisans de l'UPA et de leur leader, Stepan Bandera, des héros de la Nation.

Stepan Bandera et l'UPA ont combattu au côté de l'armée nazie, en Ukraine et en Pologne. Ils sont responsables de massacres de Juifs, de Russophones, de Polonais et de militants communistes. Après la défaite nazie, ces milices ont continuer le combat durant quelques années dans les forêts ukrainiennes avant d'être écrasés par l'Armée rouge.

A quelques semaines de l'anniversaire de la défaite nazie, la glorification de l'UPA sonne comme un signe claire du retour au pouvoir à Kiev d'une idéologie fasciste.

Cet événement s'inscrit dans la logique des événements précédents, avec la forte implication des milices d'extrême-droite dans la chute du Président Ianoukovitch et dans le conflit avec les régions autonomistes du Donbass.

L'interdiction il y a quelques mois du russe, deuxième langue nationale du pays et langue de 40 % des Ukrainiens, allait dans le même sens, celui d'un nationalisme exacerbé, d'une haine du non-ukrainophone.

Parallèlement, l'interdicion de toute référence à l'idéologie communiste va dans le même sens puisque ce sont les communistes qui ont vaincu le régime fasciste ukrainien et le régime nazi !

La chasse aux communistes dans cette soit-disant Ukraine démocratique dure depuis longtemps et prend là un caractère législatif qui devrait permettre officiellement l'interdiction du Parti communiste ukrainien et de tous les mouvements qui se revendiquent de cet héritage. Or, encore aujourd'hui, le KPU demeure la seule force d'opposition au gouvernement fascisant de Kiev et la seule force politique à dénoncer publiquement la guerre menée par Kiev contre les Ukrainiens du Donbass !

Interdire le communisme en Ukraine, c'est à la fois symbolique, en parallèle de la glorification des forces de la collaboration avec le nazisme, et c'est aussi politique, en étouffant la seule force d'opposition interne au pouvoir actuel.

Alors ? Pourquoi l'Europe et les Etats-Unis soutiennent-ils le régime de Kiev ?

Pour deux raisons : pour mener une guerre indirecte contre la Russie, comme ils l'ont fait en soutenant les talibans d'Afghanistan dans les années 80 puis les rebelles libyens et syriens, et parce que le nouveau gouvernement ukrainien défend une politique de libéralisation économique qui offre les richesses du pays aux multinationales occidentales.

En soutenant politiquement, économiquement et militairement le régime actuel en Ukraine, les pays européens dont la France favorisent l'émergence d'un pouvoir fasciste aux portes de l'Europe.

La géopolitique occidentale a favorisé l'émergence du djihadisme dans les pays musulmans. Elle favorise désormais le retour du fascisme.

Il est temps de ressortir nos livres d'Histoire et nos manuels de diplomatie pour se rappeler que nos gouvernements jouent aux apprentis sorciers et menacent l'avenir même des peuples dont ils ont la charge.

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 15:37

Un article un peu long qui permet de faire le point sur la situation de la Grèce, deux mois et demi après la victoire de la Gauche radicale.

L'actuelle intégration européenne permet à l'Allemagne et aux créanciers de la Grèce de tenter d'imposer leurs choix politiques à un peuple grec qui a pourtant décidé de rompre avec ces choix.

Comme pour le Traité Constitutionnel Européen, refusé par les peuples français et hollandais et pourtant imposé (Traité de Lisbonne), l'Europe se gargarise de "démocratie" mais refuse de l'appliquer sur ses terres.

Loin des quelques reportages diffusés dans nos médias nationaux, qui tentent de faire croire que la gauche radicale s'est déballonnée, la réalité montre au contraire un gouvernement grec qui cherche à gagner du temps et à trouver une issue au blocage imposé par Bruxelles, la Banque Centrale Européenne et le FMI.

L'article ci-dessous, de l'économiste Jacques Sapir, développe une analyse intéressante où la Grèce tenterait de s'orienter vers la Chine et la Russie pour lui assurer des financements que l'Europe lui refuse.

Cette stratégie entrainerait de facto la sortie de la Grèce de la zone Euro et la création d'une nouvelle monnaie nationale grecque.

Cette situation signifierait aussi le premier grand échec de l'intégration capitaliste européenne avec le premier exemple d'un peuple qui reprendrait le contrôle de sa monnaie et de ses finances sur la pieuvre financière.

Un moment historique à suivre.

Solidaire


Tsipras à Moscou, acteur du grand basculement ?

par Jacques Sapir

6 avril 2015

 

Alexis Tsipras, le nouveau Premier Ministre de la Grèce sera le 8 avril à Moscou. Or, le 9 avril, la Grèce doit effectuer un payement au Fond Monétaire International. Les déclarations sur ce point du Ministre des finances de la Grèce ne laissent planer aucune ambiguïté : la Grèce honorera sa créance[1]. Mais, le 14 avril, la Grèce doit simultanément émettre pour 1,4 milliards d’Euros de bons du Trésor, renouvelant la dette à court terme (ce que l’on appelle faire « rouler » la dette) et le gouvernement doit payer 1,7 milliards en pensions et salaires. Or, la Banque Centrale Européenne a « déconseillé » aux banques privées grecques d’accepter de nouveaux bons à court terme émis par l’Etat grec[2]. On voit que cette visite d’Alexis Tsipras à Moscou va donc bien au-delà de la traditionnelle amitié entre la Grèce et la Russie. Elle pourrait signifier, à relativement court terme, l’amorce d’une bascule à l’échelle de l’Europe.

 

I. La situation de la Grèce

 

 

On sait que la Grèce a conclu un accord de nature provisoire avec ses créanciers (l’Eurogroupe mais aussi le FMI). Aujourd’hui le pays fait donc face à des difficultés importantes de court terme comme la fuite des capitaux hors du système bancaire (12 milliards d’Euros pour le mois de février) ainsi que l’incertitude financière sur sa capacité à effectuer les remboursements de sa dette. Cette incertitude financière est une arme à la fois politique et économique sur le nouveau gouvernement. Les investissements sont aujourd’hui fortement ralentis en Grèce, et les Investissements Directs Etrangers (IDE) sont au point mort. Dans ces conditions, l’Eurogroupe (i.e. la réunion des Ministres des finances de la Zone Euro) a pris la responsabilité d’exercer des pressions politiques et économiques de plus en plus fortes sur le gouvernement grec.

 

On sait aussi que les politiques d’austérité sont un échec non seulement en Grèce mais dans bien d’autres pays. Les effets destructeurs de ces politiques d’austérité, non seulement dans le cas de la Grèce mais aussi dans celui du Portugal, de l’Espagne et de l’Italie, sont aujourd’hui évidents et parfaitement avérés. D’un point de vue technique, on peut dire que le multiplicateur des dépenses fiscales, ce multiplicateur qui lie les mouvements du PIB et celui des dépenses budgétaires, a été grossièrement sous-estimé par les autorités de l’Union Européenne, et cela même après la publication de l’étude fameuse de Blanchard, réalisée au FMI, et datant de janvier 2013[3]. Il est évident que les politiques mises en œuvre en Grèce sous le nom de « Mémorandum » ne fonctionnent pas et ont de plus des effets destructeurs très importants sur l’économie. Ces politiques, et il faut insister sur ce point, n’ont pas été mises sur pied pour « aider » la Grèce, mais bien uniquement pour permettre aux pays créditeurs d’être remboursés. Ceci a été reconnu dernièrement dans une note du FMI. Mais, sur ce point aussi, elles se révèlent contre-productives. En effet, il est clair que la Grèce, à la suite des divers Mémorandums, ne pourra pas rembourser sa dette. La politique mise en œuvre pour sortir ce pays de l’insolvabilité l’a, au contraire, fait plonger dans l’insolvabilité.

 

C’est dans ce cadre qu’il faut considérer les politiques mises en œuvre par l’Union européenne, et dont le caractère anti-démocratique, et même fascisant, se révèle chaque jour un peu plus. En coupant l’accès à la liquidité d’urgence qui a été mis en place par la BCE dès le 4 février dernier, en refusant toutes les solutions proposées par Athènes, les dirigeants européens espèrent que la pression va être telle sur Alexis Tsipras que ce dernier sera contraint d’accepter les conditions de ses créanciers.

 

Ces conditions ne sont pas économiques, car on a vu qu’elles ont en réalité aggravée la situation du pays. Ces conditions sont donc bien en réalité politiques. A travers l’acceptation de « réformes » du marché du travail et des pensions qui ne sont pas urgentes sur le plan économique, mais qui permettent de montrer la capacité des institutions européennes « d’annuler » politiquement l’essentiel du programme et du message de Syriza. C’était là l’essentiel et il faut bien le comprendre pour saisir toute la situation. Les dirigeants européens veulent ainsi annuler le résultat des élections du 25 janvier si celui-ci met en péril la politique qu’ils mènent depuis des années. Ils veulent annuler ces élections alors même qu’ils se prétendent de grands défenseurs de la démocratie. On a ainsi la démonstration ainsi irréfutable que « démocratie » n’est qu’un mot dans leur bouche et que, dans la réalité, ils n’ont de cesse que de nier cette dernière et de nier la souveraineté du peuple qui s’est exprimée dans ces élections. Dans cette stratégie, l’Eurogroupe n’a donc cessé de rejeter les propositions de réformes présentées par la Grèce. Mais, ce faisant elle a radicalisé les positions du gouvernement grec. Il faut alors comprendre pourquoi ce dernier n’a pas décidé de rupture franche avec les institutions européennes.

 

II. Les raisons de la politique grecque vis-à-vis de l’Europe

 

En réalité, Syriza situe son action à l’intérieur de l’Union européenne. Certains le font par idéologie, mais la majorité du parti le fait par réalisme. L’attachement de la population, et des élites grecques, à l’UE est important et il faut en comprendre les raisons. Les raisons de cet attachement sont multiples.

 

Il y a d’abord des raisons d’ordre géopolitique. Les Grecs se souviennent de l’isolement dont leur pays fut victime lors des événements de Chypre en 1973, qui devaient conduire à l’intervention Turque sur l’île (opération ATTILA). Ces événements furent d’ailleurs la cause de la chute de la dictature des « colonels ». Il en reste la mémoire en Grèce des dangers d’un nouvel isolement. C’est ce que les gouvernements successifs, de droite ou de gauche, ont cherché à éviter via l’adhésion de la Grèce au Marché Commun (sous le gouvernement conservateur de Caramanlis) puis le soutien indéfectible aux différentes étapes de la construction européenne. Même l’adhésion de la Grèce à l’Union Economique et Monétaire, c’est à dire à la zone Euro, peut en réalité être interprété comme une expression de cette volonté de ne pas être isolé. On peut penser que cette crainte de l’isolement face à la Turquie puisse désormais être contrebalancée tout autant par des accords militaires et politiques avec la Russie que par l’adhésion à l’Union européenne.

 

Il y a, ensuite, des raisons économiques. La Grèce a beaucoup profité dans la période 1975-2000 des fonds structurels européens, et nombre des investissements publics ont été réalisés grâce aux programmes divers (aides aux zones insulaires, aux zones de moyenne montagne, etc…) de l’aide européenne. Le fait que cette dernière se soit largement réduite depuis 1995, et surtout depuis l’entrée des anciens pays d’Europe de l’est dans l’UE, rend cependant cet argument bien plus faible qu’il y a dix ans. Les Grecs ont mesuré qu’aujourd’hui cette « aide » est de plus en plus faible alors que les contrainte imposées par l’Union européenne sont véritablement meurtrières.

 

Il y a, enfin, une raison idéologique. Les élites modernisatrices de la Grèce, élites dont Syriza fait en réalité partie intégrante, ont toujours considéré que le rattachement à l’Europe occidentale, c’est à dire au noyau initial du Marché Commun, était un gage de mise en œuvre des réformes destinées à libérer la Grèce de l’héritage ottoman. On peut discuter à l’infini de ce qui est, et n’est pas, dans la culture sociale et politique grecque un « héritage » de l’occupation ottomane, mais il n’en reste pas moins que la présence massive du népotisme, de la corruption, et plus généralement d’institutions que l’on peut qualifier de « molles » et qui permettent le maintien de ce népotisme et de cette corruption, est attribuée à cet « héritage ». De ce point de vue, l’adhésion à l’Union européenne était la seule garantie des réformes nécessaires.

 

Ces trois raisons expliquent que Syriza soit un parti viscéralement pro-européen, et que le deuil qu’il doit faire de l’Europe soit un processus douloureux. Les dirigeants de Syriza avaient espéré fédérer autour d’eux des pays qui souffraient tout autant de l’austérité, comme l’Espagne, le Portugal ou même l’Italie et la France. Ils avaient espéré constituer un grand « front uni » contre l’austérité à l’échelle européenne. Mais, ils ont ici pêché par optimisme. Optimisme quant aux positions du gouvernement français, qui s’avère chaque jour un peu plus le laquais de l’Allemagne. Optimisme quant aux positions des gouvernements conservateurs en Espagne et au Portugal, qui voient en réalité en Syriza un danger pour leur propre domination sur leurs peuples. Les dirigeants de Syriza, mutatis mutandis, se sont trouvés dans la même position que les dirigeants bolchéviques persuadés que la révolution en Russie allait provoquer la révolution en Allemagne, et restant en panne de stratégie quand ceci n’arriva pas.

 

On sait que de ce constat naquit la stratégie de développement autonome de l’URSS, avec la NEP, conçue comme une stratégie alternative devant l’échec de la révolution en Allemagne. Autour de cette NEP put se fédérer un bloc implicite allant des bolchéviques aux divers modernisateurs (menchéviques, socialistes-révolutionnaires), bloc qui devait donner d’ailleurs à la NEP sa dynamique économique et sociale extrêmement progressive[4]. De fait, il semble que les dirigeants de Syriza aient anticipé que leur optimisme pourrait être déçu. L’alliance politique qu’ils ont conclue avec les « Grecs Indépendants » (An.El) signifiait bien que les concessions qu’ils étaient prêts à faire pour rester au sein de la zone Euro auraient une limite. Il est aussi possible qu’ils aient sous-estimé le mouvement de résistance nationale qui s’est manifesté après l’élection du 25 janvier.

 

Nous en sommes là. Le gouvernement grec a compris que fors une capitulation sans condition, une soumission abjecte aux diktats européens, il ne trouverait aucun terrain d’accord avec l’Eurogroupe et la BCE. Le fait qu’il ait évolué dans sa position quant à la privatisation du port du Pirée, pour ne pas heurter la Chine, est une indication que le gouvernement grec n’attend plus grand chose de l’Union européenne et se prépare à compter de plus en plus sur la Russie et la Chine.

 

III. Quelle stratégie ?

 

Il faut alors envisager ce qui pourrait se passer dans les prochains jours, voire les prochaines semaines.

 

Le gouvernement grec a donc décidé d’honorer sa créance au FMI. C’est entièrement compréhensible. Il ne peut se mettre à dos et l’Eurogroupe et le FMI. Un défaut vis-à-vis de ce dernier aurait de plus des conséquences importantes pour la Grèce, des conséquences en fait d’autant plus importantes que la Grèce se trouverait coupée des financements européens et forcée, de fait, de sortir de l’Euro. La décision d’honorer la créance vis-à-vis du FMI laisse à penser qu’une position de rupture est en train d’émerger au sein du gouvernement grec.

 

Cette rupture cependant, le gouvernement grec veut en faire peser l’entière responsabilité sur l’Eurogroupe et l’Union européenne. Il le veut d’une part pour des raisons de politique intérieure et de morale politique. Ayant affirmé durant la campagne électorale qu’il ne voulait pas sortir de l’Euro, il doit agir en sorte d’être expulsé de cette dernière. D’où le fait qu’il ne faut pas s’attendre à des gestes de rupture de la part de la Grèce, mais à une fermeté sur les principes : il n’est pas question de renoncer aux promesse électorales et au programme sur lequel ce gouvernement a été élu. Mais, le gouvernement grec veut aussi que cette rupture soit le fait des institutions européennes pour rendre moins douloureuse la brisure du rêve européen. Le deuil de l’idée européenne, du moins dans sa forme la plus inclusive, aura certainement des conséquences. Si la responsabilité de ce deuil peut reposer sur Bruxelles et Francfort, il peut en découler un surcroît de légitimité pour le gouvernement grec.

 

C’est ici que prend place la possibilité de créer une nouvelle monnaie qui circulerait en même temps que l’Euro, afin de permettre au gouvernement grec de réaliser les paiements qu’il doit faire pour la population, et de relancer le financement de l’investissement. Il faut dire ici que ceci n’a pas eu d’équivalent. Non que des systèmes de double circulation monétaire n’aient pas existé. Mais, ces systèmes ont été à la fois très instables (une monnaie finissant par évincer l’autre) et il n’y a pas d’exemple de cas où une monnaie supra-nationale ait été contestée par une monnaie nationale nouvellement créée, sauf dans le cas de la rupture d’un pays (Autriche-Hongrie, URSS). Dans ce cas, la double circulation ne dure pas plus que quelques semaines. Si le gouvernement grec décide logiquement, devant l’étranglement financier dont il est l’objet, de créer une nouvelle monnaie, se poseront immédiatement deux problèmes :

 

Quelle stabilité pour la nouvelle monnaie.

Quel taux de change entre cette nouvelle monnaie et l’Euro.

 

La stabilité de cette nouvelle monnaie pourrait être garantie par un fond de stabilisation, lui même issu d’un prêt de courte durée (2 ans au maximum). La Russie a déjà dit, par la voix de son Ministre des affaires étrangères, qu’elle était prête à étudier un tel prêt. En fait, on voit bien que ceci est une manière « douce » de sortir de l’Euro. Si cette nouvelle monnaie est stable, elle va rapidement s’imposer dans la circulation monétaire interne face à l’Euro tout en connaissant une dépréciation de 20% à 30%. Cette dépréciation devrait aboutir à une balance commerciale fortement excédentaire dans un délai de 6 mois à un an, garantissant les conditions de remboursement du prêt. De fait, les conditions d’une stabilité à moyen terme de la nouvelle monnaie grecque apparaissent comme bonnes. Ce fond de stabilisation pourrait bien être fourni par la Russie. Cet excédent commercial pourrait d’ailleurs être aussi accru par la levée des « contre-sanctions » prises par la Russie contre les productions agro-alimentaires des pays de l’UE, une levée qui pourrait dans un premier temps concerner la Grèce et la Hongrie. Par ailleurs, la Grèce devra faire défaut sur ses dettes libellées en Euro, ce qui ne sera pas sans poser quelques problèmes aux pays de l’Eurogroupe et à la BCE.

 

Plus généralement, un conflit irrémédiable entre la Grèce et les pays de l’Eurogroupe aboutirait à ce que la Grèce se tourne vers la Russie et la Chine à la fois pour les investissements (IDE) et pour les relations tant politiques qu’économiques.

 

IV. Un grand basculement

 

Une telle solution impliquerait un basculement dont le sens dépasse de loin le seul cas de la Grèce. Lors de la préparation de son voyage à Moscou qui doit avoir lieu le 8 avril, Alexis Tsipras a donné le ton le 31 mars en affirmant que les « sanctions contre la Russie ne mènent nulle part.»[5]. Cette déclaration était un désaveu très clair de la politique orientale de Bruxelles, en particulier au sujet de l’Ukraine. Voilà qui a de quoi inquiéter la Commission européenne. Athènes pourrait alors se décider à défendre les positions de la Russie au sein de l’UE, et ce en particulier si l’UE se montrait agressive avec la Grèce. Il n’est nullement de l’intérêt de la Grèce de quitter l’UE. Le gouvernement grec serait un bien meilleur allié de Moscou s’il restait membre de l’UE, tout en contestant systématiquement, et en les paralysant, toutes les décisions. Or, si l’on peut en théorie expulser un pays de l’UE, il faut pour cela obtenir l’unanimité des autres membres. Il est clair qu’il y aura toujours un ou deux autres pays qui refuseront de voter cette expulsion, ne serait-ce qu’en raison de la crainte qu’ils pourraient avoir d’être les prochains sur la liste des expulsés.

 

Ce refus d’aller plus avant dans la confrontation avec la Russie, refus qui – il faut le savoir – est très largement partagé en Grèce même par des forces politiques qui ne sont pas au gouvernement, pourrait d’ailleurs faire sortir du bois d’autres pays qui partagent en réalités ces positions : Chypre, la Slovaquie ou la Hongrie, par exemple. Mais, aujourd’hui, l’enjeu de ce voyage est sans doute encore plus grand. Il est clair que le conflit entre la Zone Euro et la Grèce est inévitable, et que ce conflit peut provoquer une sortie de l’Euro de la part de la Grèce. Le voyage à Moscou d’Alexis Tsipras, mais aussi les relations étroites que son gouvernement est en train d’établir avec la Chine et plus généralement avec les pays des BRICS, représente potentiellement un moment historique. Celui du reflux des institutions européennes de l’UE au profit d’une avancée, certes timide, certes prudente, mais néanmoins réelle des puissances émergentes, comme la Russie et la Chine, dans le jeu européen. C’est pour cela qu’il y a bien plus dans ce voyage que ce que l’œil d’un observateur peut voir.

 

La crainte de ce grand basculement doit aujourd’hui commencer à s’immiscer dans les cerveaux quelque peu embrumés des dirigeants européens. Quelles sont alors leurs possibilités ? Ils peuvent céder, tout ou partie, de ce que demande Syriza. On l’a déjà dit, une telle solution porterait en elle la condamnation implicite des politiques d’austérité. Il ne faudrait guère attendre pour que d’autres pays, tels l’Espagne et le Portugal, adorant ce qu’hier ils avaient brulé, ne se décident alors à embrasser les demandes de la Grèce. Le risque est immense de voir la politique établie par l’Allemagne et au profit de l’Allemagne voler alors par dessus les moulins. Le gouvernement allemand en est conscient, et c’est pourquoi il mène un « front de la fermeté » sur ces points. Mais, à tenir une position intransigeante avec la Grèce, ces mêmes dirigeants prennent le risque d’un éclatement de toute la construction politique qu’ils ont accomplie depuis plus de quinze ans. On le voit, et ceci quelle que soit l’issue de cette crise, c’est à la fin de la construction européenne telle qu’elle s’est faite depuis maintenant près de vingt-cinq ans que nous sommes en train d’assister. L’expression « grand basculement » apparaît donc comme bien appropriée. Reste à savoir comment les gouvernants français s’adapteront à cette nouvelle situation.

 

Notes

 

[1] http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/la-grece-s-engage-a-rembourser-le-fmi_1668428.html

[2] http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/la-bce-demande banques-grecques-de-ne-plus-acheter-de-dette-d-athenes-463735.html

[3] Blanchard O. et D. Leigh, « Growth Forecast Errors and Fiscal Multipliers », IMF Working Paper, n°13/1, janvier 2013.

[4] Sapir J., “Éléments d’une histoire économique de l’URSS: quelques questions sur la croissance”, inHistoriens et Géographes, n°351, décembre 1995, pp.191-218. Idem, “La guerre civile et l’économie de guerre, origines du système soviétique”, in Cahiers du Monde Russe, vol. 38, n°1-2, 1997, pp. 9-28.

[5] http://www.theguardian.com/world/2015/mar/31/alexis-tsipras-greece-russiarelations

 

 

 

 

Catégorie : Politique Européenne / Grèce

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Published by Solidaire - dans Dans le Monde
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