Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Andrée OGER, conseillère départementale communiste de Saint André de l'Eure
  • Andrée OGER, conseillère départementale communiste de Saint André de l'Eure
  • : Andrée OGER est maire honoraire de Croth, conseillère départementale de Saint André de l'Eure et chevalier de la Légion d'Honneur.
  • Contact

Rendez-vous

Fête de l'Huma 2016

Vendredi 10, samedi 11 et dimanche 12 septembre
Parc du Bourget
3 jours : 35 €
    

   ------------------------------ 

 

Salaires et pensions à la traîne, prix et loyers en hausse, profits et actionnaires qui explosent...

 

Front Uni 

contre la vie chère !

   

Campagne de pétition lancée par le PCF

pour exiger de meilleurs salaires, une hausse des minimas sociaux,

 pour exiger des baisses de TVA, un blocage des prix et des loyers

pour taxer les profits et le grandes fortunes
  

Demandez la pétition !

Signez la en ligne sur le site de la Fédération euroise du PCF : www.27.pcf.fr !

Participez au rassemblement devant Bercy (ministère des finances), vendredi 3 juin à 15 h !

Campagne contre la vie chère - affiche PCF 2011
------------------------------------------------
Contre la privatisation de La Poste !

Les communistes adhèrent au Comité Départemental de Défense de La Poste
(cliquez sur l'image !)  


- - - - - - - - - - - - - -

 
 
------------------------------------------------
CRISE : que proposent les communistes ?







 

"Sarkozy a été élu par des pauvres qui se lèvent tôt pour aller faire la fête avec des riches qui se couchent tard".
-------------------------------------------
 Des idées, des vidéos, des sondages sur le site www.sortirdelacrise.tv 
 
-------------------------------------------------
ADN-r--sistance.jpg


 

 














 


ensemble-2.jpg
 

Recherche

Texte libre

Je définirais la mondialisation comme la liberté pour mon groupe d’investir où il veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possibles en matière de droit du travail et de conventions sociales.

P.Barnevick, ancien président de la multinationale ABB. 

Pour moi, un réactionnaire c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui trouve que c’est dans l’ordre naturel des choses. Un conservateur, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui pense qu’on n’y peut rien. Un progressiste, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui trouve que c’est injuste. Un communiste, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui est prêt à faire pour eux ce qu’il ferait pour ses propres enfants.

Ibrahim,
Cuba, un soir lors d’une conversation inoubliable.

 

-------------------------

 

« La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste.
La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique »

 

Karl MARX 

 

-------------------------

Nouvelles permanences d'Andrée OGER :

 

 

 

Vous pouvez prendre rendez-vous avec Andrée OGER en contactant son secrétariat au 02.32.31.96.25

 

- Mairie de Saint André : les lundis de 17 h à 19 h

- Salle des Fêtes d'Ezy-sur-Eure: les vendredis de 17 h à 19 h

 

-------------------------------------------------------

Dernier tract des communistes
du sud de l'Eure

 (cliquer sur l'image)

 

  Tract St André Septembre 2013 - Recto

 Tract St André Septembre 2013 - Verso

 

 

 ----------------------------------------------------

----------------------------------------

Nouille2.jpeg


----------------------------------------------



 

 

1)

  

 

1)      

         

 

Ebuzzing - Top des blogs - Société

11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 08:55

Le jeudi 17 août, le PCF organise, avec le MODEF (syndicat agricole), des ventes solidaires de fruits et légumes.

 

Nectarines, prunes rouges, poires, melons, tomates, pommes de terre, haricots verts, salades seront vendus à Paris et dans différentes villes de Région parisienne. Une centaine de point de vente est prévue.

Par la suite, une dizaine de fédérations départementales du parti communiste organiseront à leur tour des initiatives du même type.

 

Pourquoi cette initiative ?

 

Nous sommes chaque jour plus nombreux à éprouver des difficultés pour faire face à nos besoins vitaux et, parmi eux, une alimentation saine, variée, de qualité. Des prix élevés, des salaires trop bas, et c'est le contenu de notre panier qui diminue.

 

Mais si notre pouvoir d'achat ne nous permet effectivement pas de manger correctement, de leur coté, les producteurs subissent aussi le racket de la grande distribution. Faute de prix rémunérateurs et du fait d'une politique de délocalisation massive de la production, on estime que le nombre de producteurs de fruits et légumes a été divisé par deux en 15 ans !

 

Alors que se sont ouverts les États généraux de l'alimentation, seuls les critères de compétitivité et de rentabilité semblent préoccuper le ministre de l'Agriculture, alors que les producteurs manifestent et revendiquent massivement, depuis des années, pour une juste rémunération de leurs produits. La nouvelle répartition des aides européennes annoncée par le ministère ne fait même qu’accroître la mise en danger des exploitations familiales et paysannes.

 

Les communistes proposent une alimentation saine, de qualité, relocalisée et accessible à tous. L'agriculture doit redevenir stratégique pour la France.

  • Moratoire immédiat, financier, fiscal de l’agriculture française pour permettre aux exploitations de retrouver leur équilibre économique.
  • Instaurer une conférence annuelle, qui donne lieu à une négociation interprofessionnelle, par production, avec la distribution, les fournisseurs, les producteurs en élargissant le champ de la représentativité syndicale.
  • Création d’un fonds de soutien à l’agriculture paysanne et aux filières relocalisées ouvertes à des alternatives vivrières, courtes, de proximité et biologiques.
  • Mise en œuvre d’un plan de transition écologique de la production agricole avec comme perspective une agriculture sans pesticides, autonome en ressources non renouvelables et participant à la santé publique et à lutte contre le réchauffement climatique.
  • Promouvoir une nouvelle politique agricole et alimentaire commune (PAC) en Europe, cohérente et volontariste, qui réponde en priorité aux besoins des citoyen-ne-s et du marché intérieur avec pour objectif la souveraineté alimentaire et la transition écologique.

Le PCF demande l'adoption d'une loi qui encadre strictement les marges et les pratiques de la grande distribution et fixe un prix minimum garanti aux producteurs.

 

Comme pour d'autres catégories sociales ou professionnelles, il y a ceux qui affirment défendre les agriculteurs mais qui laissent les bénéficiaires du libéralisme, agro-industries et grande distribution, imposer leur loi aux producteurs ainsi qu'à leurs salariés.

 

Par leurs propositions concrètes et continues, les communistes prouvent la cohérence de leurs idées, au bénéfice à la fois des producteurs et des consommateurs.

Repost 0
Published by Solidaire - dans En France
commenter cet article
7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 11:11

Nous reprenons ici un article de camarades des Bouches-du-Rhône.

Ce petit historique du logement social permet de comprendre les mécanismes qui ont vu s'envoler les prix des logements dits "sociaux" et se transformer les logements HLM en ghettos pour pauvres. Il manque dans cet exposé un point sur le financement du logement social, autrefois assuré par le Livret A, monopole de La Poste et des Caisses d'Epargne : en ouvrant aux banques privées le droit de gérer des Livrets A, l'Etat a permis la perte de la principale source de financement populaire des HLM.

Il faut regarder le dossier du logement dans une vision globale d'évolution de la société française depuis les années 70 et l'offensive capitaliste pour reprendre les avantages sociaux conquis par les travailleurs durant le Front populaire et après-guerre.

Comme dans d'autres domaines, les "réformes" successives dans le logement ont permis à l'Etat de se désengager financièrement, au secteur privé de faire de juteux bénéfices sur le dos des plus pauvres et à la propagande de créer un nouveau point de division entre "prolétaires" en jouant la carte de la division entre familles "aidées" et familles "non aidées".

Solidaire

Tout un chacun qui se veut pour le progrès et contre l’injustice se dit scandalisé ces jours-ci (et à juste titre) par la décision du gouvernement de baisser les APL. Même le PS et même, encore plus à droite, Robert Hue ! C’est tout dire !!! Il n’y a guère que les godillots de Jupiter pour tenter de justifier l’injustifiable. Ici et là paraissent des billets comparant la baisse de l’APL à celle de l’ISF (respectivement 156 millions pour 4 milliards) ce qui la rend encore plus inacceptable.

JPEG - 12 ko

Mais il convient de ne pas s’arrêter là ni de verser des larmes de crocodile sur une mesure que le gouvernement Macron n’aurait pas pu prendre aussi facilement si la gauche avait fait ce qu’il faut quand elle était au pouvoir de 1981 à 83, puis de 1997 à 2002 [1] pour rendre conformes à l’intérêt commun le droit au logement et à la propriété et permis à la population de maitriser et contrôler l’application de ces droits.

De l’aide à la pierre à « l’aide à la personne »

Jusqu’en 1977, l’APL n’existait pas et pourtant les loyers étaient bien moins lourds dans le budget des ménages. Pourquoi ?
Parce que jusqu’à cette date, et avant que Raymond Barre, le 1er ministre de Giscard d’Estaing [2] ne la remette en cause, existait un dispositif appelé « AIDE A LA PIERRE ». En quoi cela consistait-il ?
Pour le dire de manière simplifiée c’était un dispositif qui permettaient à des bailleurs qui voulaient construire des logements sociaux de le faire à moindre coût. Les prix d’achat des terrains étaient réglementés par l’état, les prêts à la construction étaient à des taux plus avantageux que dans le cadre de constructions classiques…etc. Bref à qualité égale on avait des logements qui étaient moins chers à la location car ils revenaient moins chers à la réalisation. Si on ajoute à cela que les loyers étaient plus encadrés qu’aujourd’hui se loger (en particulier en HLM) était donc moins cher qu’aujourd’hui.
En plus de ce dispositif d’aide à la pierre il y avait une allocation (et non pas une « aide ») logement, droit qui venait atténuer le coût de la location pour les familles les plus modestes.

Ce système-là, qui était un frein aux profits fonciers et immobiliers, le gouvernement de l’époque n’en voulut plus. Oh ! il n’a jamais dit qu’il voulait permettre aux riches d’augmenter leur profit (ça évidemment aucun gouvernement de ne l’a jamais dit) ! Il a fait de la sémantique : 
- Il déclara à l’époque qu’il fallait « libérer » (qui est contre la liberté ?) le « marché » (version moderne de la notion de patrimoine national) de la construction 
- Qu’il fallait tout mettre dans le droit « commun » (sous-entendu en finir avec les privilèges et bien sûr on est tous contre les privilèges) 
- Qu’il fallait « aider » les familles les plus pauvres (et bien sûr on est tous pour « aider son prochain » (sic !) 
- et enfin qu’au lieu « d’aider la pierre » qui comme chacun sait est une matière inerte, il fallait « aider » la personne. Et même « personnaliser » cette aide et donc en finir avec un ensemble de mesures base d’un droit collectif.
Belle leçon de sémantique au service de la spéculation immobilière

Voilà comment un droit fondamental comme le droit au logement a été sabordé, au cours des années [3], par une loi première pierre d’un édifice qui est tout à la fois cause de la flambée des prix de l’immobilier, de la diminution du nombre de logements sociaux, de la mise en place d’une « aide » conditionnelle contribuant à la ghettoïsation de quartiers entiers et cause de discriminations insupportables parmi les « bénéficiaires » de logements qui n’ont plus de sociaux que le nom.

La mise à mort du logement social

En effet les conséquences prévisibles de cette loi que dénoncèrent alors en 1977 principalement la CNL, la CGT et le PCF, quelles furent elles ? 
- le sacro-saint marché étant « libéré » les prix purent s’envoler grâce sans doute à la « concurrence libre et non faussée » 
- les offices HLM durent donc acheter plus chers, emprunter au taux du « marché » et construire aux prix du même « marché » ce qui eut deux conséquences :

  • le rythme de constructions diminua et donc la pénurie augmenta
  • les logements devenus plus chers à la location, les familles les moins modestes, les quittèrent au fur et à mesure que leurs droits à l’APL diminuaient soit à cause du départ des enfants soit de l’évolution de leur situation professionnelle. 
    - Seules les plus modestes, ayant accès à l’APL purent rester ou y accéder et des cités naguère socialement diverses et même agréables devinrent des ghettos dans un contexte général d’accroissement du chômage et de la précarité et pendant que les gouvernements successifs ne cessaient de parler de « mixité sociale ». 
    - Enfin le mécanisme même de son calcul produit des inégalités entre bénéficiaires et non bénéficiaires mais aussi entre les bénéficiaires eux-mêmes. Ainsi une famille dès qu’elle dépasse le plafond fatidique de l’attribution va se retrouver à devoir payer en totalité un fort loyer qui lui laissera souvent moins de reste à vivre que si elle était en dessous dudit plafond. De même, entre familles au revenu identique, les fortes disparités entre les prix « libérés » vont produire de fortes différences de taux d’effort. Avec un tel système on crée presque mécaniquement le réflexe de se dire « ce sont ceux qui ne travaillent pas qui ont tous les avantages ! ».

Augmenter l’APL ce n’est pas remettre en cause le système actuel.

Même s’il est intolérable dans l’immédiat de voir cette « aide personnalisée » baisser, demander son augmentation, aussi souhaitable que cela paraisse, ne peut être qu’une solution d’urgence mais pas la solution à terme. Si on veut que le logement social redevienne une réalité dans ce pays il faut revoir au plan national la question de la propriété de la terre et donc du foncier, du rôle de l’état dans la gestion de celui-ci et repenser totalement la question du droit au logement et de son financement.

Sans doute faudrait-il actualiser en l’améliorant le système d’avant 1977 mais ce qui est sûr c’est qu’il faut revenir à l’aide à la pierre et au droit collectif aux allocations logement. C’est d’ailleurs, comme nous le rappelions il y a déjà onze ans dans notre petite histoire du logement social, ce que la gauche avait promis dans son programme commun et qu’elle s’empressa de renier en 1981 une fois Mitterrand élu….

« Soyons réalistes, demandons l’impossible »

- Oui ou non le territoire de la France appartient à toute la nation et non à quelques privés qui se l’approprient ? Cette question pour l’instant aucune force politique ne la pose et a fortiori n’y répond. Si la réponse est oui, il faut agir pour des lois qui redonnent à la nation la propriété du patrimoine foncier qu’il s’agisse de ceux qui le travaillent ou de ceux qui habitent dessus (ce qui avait été évoqué dans l’histoire en 1961 dans le rapport Sauvy [4] Il fut aussi un temps pas si lointain où l’on parlait de la nécessaire municipalisation des terrains…

- De même il faut revoir toute la question de la propriété privée de l’immobilier et mettre en œuvre un réel droit de réquisition (si rarement appliqué) quand l’intérêt collectif est en jeu. Quand la municipalité de Caracas réquisitionne un terrain de golf réservé à quelques privilégiés pour en faire 5000 logements sociaux ne donne-t-elle pas un exemple de ce qu’il est possible de faire ?

- Oui ou non le droit de rester dans son logement doit-il être garanti à vie ce qui était quasiment le cas avec la loi de 1948 ? Si personne ne répond par l’affirmative à cette question, le PCF, la FI, le NPA… avancent l’idée de ne pas expulser sans relogement ce qui est déjà mieux que la situation actuelle mais pas aussi protecteur que la loi de 1948 par exemple et pas suffisant en termes de droit.

- Une fois l’aide à la pierre rétablie, les banques nationalisées et gérées par le peuple et non par un état patron, ce que nous n’avons jamais connu [5], pourront alors jouer leur rôle d’investisseur au service du social. L’objectif d’un loyer plafonné à 20% des revenus revendication parfois claironnée comme un slogan sans donner le moyen d’y arriver, sera alors atteignable.

- Mettre en place non une « aide » que de fait les moins pauvres payent pour les plus pauvres mais un droit universel à l’allocation logement destiné à faire disparaître les inégalités de situations dans l’accès au logement.

- Pour contrôler et gérer tout cela il est nécessaire de donner des droits nouveaux aux locataires, ce que réclament nombre d’associations de locataires mais aussi d’organisations (CGT, PCF, FI…) afin que l’on sorte de ce moyen âge du droit dans lequel nous sommes en matière de logement collectif.

Parler de service public du logement, part certes d’une intention louable, mais si c’est sans être précis sur la nature du changement à opérer, sans le corréler avec ce qui précède, cela ne veut pas dire grand-chose et ne peut avoir des incidences qu’à la marge. Faut-il rappeler qu’être révolutionnaire aujourd’hui ce n’est pas être pour un « meilleur » partage des richesses (entre ceux qui gardent le droit de posséder et les autres ?) mais être pour que leur possession soit collective avant d’en décider ensemble leur répartition.

Certains, que les exemples et références actuels ou historiques que l’on donne à l’appui de nos réflexions ne suffisent pas, nous dirons : « mais vous rêvez c’est impossible ».
Nous leur rappellerons alors la fameuse phrase du Che qui est en exergue de ce chapitre et que nous faisons nôtre.

Charles Hoareau

Lu sur "Rouge Midi"

[1Ne parlons pas des autres périodes où n’étaient au pouvoir que des gens de droite qui ont usurpé le mot socialiste.

[2D’Ornano était ministre du logement.

[3Sans parler des autres attaques comme le 1% logement amputé aujourd’hui de 60%.

[4Rapport au Conseil économique et social qui proposait de dissocier la propriété des terrains de celle du bâti et donnait à l’état les moyens de récupérer le foncier pour le bien commun. Proposition reprise par la seule ATTAC aujourd’hui. Le rapport ne fut pas adopté de peu.

[5En 1945 et 1981 toutes les banques furent nationalisées mais en excluant les salariés et les usagers de la gestion.

Repost 0
Published by Solidaire - dans En France
commenter cet article
3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 09:16

Le nuage de fumée médiatique se dissipe et laisse apparaître l'âpreté du programme libéral d'Emmanuel Macron et de sa majorité.

Malgré une campagne acharnée des médias privés en faveur d'Emmanuel Macron puis en faveur de son parti, les élections 2017 ont marqué la rupture grandissante entre une classe politique à la solde des multinationales et des marchés financiers et une population qui ne sait plus vers qui se tourner pour sortir notre pays de la spirale des régressions sociales et économique dans laquelle nous sommes depuis les années 80.

L'abstention aura été l'élément révélateur de cette rupture entre le peuple et ceux qui sont sensés le représenter.

Emmanuel Macron n'aura ainsi rassemblé que moins d'un électeur sur quatre au premier tour de la Présidentielle si on se réfère aux électeurs inscrits sur les listes électorales. Son élection au second tour tient pour beaucoup à la volonté de nombreux électeurs de faire barrage à la candidate d'extrême-droite.

Les résultats des Législatives ont également montré le paradoxe apparent entre une majorité pléthorique en faveur du camp libéral (En Marche, MODEM et Républicains "constructifs") et une absence de soutien populaire envers cette majorité. Ainsi, à la veille du second tour des Législatives, 61 % des Français souhaitaient que Emmanuel Macron n'ait pas de majorité absolue au Parlement. Malheureusement, le système électoral français permet à une minorité électorale d'obtenir une majorité parlementaire. Les médias privés y ont beaucoup contribué cependant, à coup d'informations démobilisatrices pour inciter les électeurs à ne pas voter : l'élection était déjà jouée en faveur du camp Macron bien avant le vote, selon eux !

Deux mois après l'élection présidentielle, un mois après les Législatives, les sondages ne font que conforter cette absence d'adhésion du peuple français aux choix et orientations du nouveau président et de sa majorité. Selon un sondage de l'institut YouGov publié aujourd'hui, ce sont seulement 36 % des Français interrogés qui ont une opinion favorable d'Emmanuel macron et 37 % qui ont une opinion favorable de son premier ministre, le Républicain Edouard Philippe.

Ce sont donc à peine plus d'un Français sur trois qui soutiennent l'équipe au pouvoir un mois à peine après son arrivée !

Même si, on l'a vu, Macron ne bénéficiait pas, à son élection, de la vague de soutien populaire annoncée par les médias, ces quelques semaines au pouvoir auront confirmé les craintes de ses opposants et entamé la confiance de ses partisans : recul des droits du travail, hausse de la CSG, baisse des APL, cadeaux fiscaux aux plus riches, baisse des dotations aux collectivités locales,... la liste est déjà longue en si peu de temps !

A l'image de Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron et son équipe tentent de faire passer un maximum de réformes impopulaires avant qu'une quelconque riposte sociale et politique ne se mette en place.

Dès à présent, nous relayons l'appel à la mobilisation lancé par la CGT pour le mardi 12 septembre.

La grève générale et les manifestations massives sont les seuls moyens qu'ont aujourd'hui les travailleurs pour défendre leurs droits et leurs revenus. Il ne faut pas compter sur un parlement composé d'une majorité de députés amateurs, véritables marionnettes au service de leur gourou libéral.

Pour sa part, le Parti communiste vous donne rendez-vous les 8, 9 et 10 septembre pour le grand rendez-vous politique et festif que représente la Fête de l'Humanité au Parc du Bourget. Il y sera également de riposte, sur le plan politique.

 

Repost 0
Published by Solidaire - dans En France
commenter cet article
31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 09:24

En 1972, Georges Pompidou et son premier ministre, Valéry Giscard d'Estaing signaient l'acte de mort de la France en tant que nation indépendante.

C'est une stratégie de longue haleine. Celle de ceux qu'on appelle aujourd'hui les "marchés financiers", qu'on appelait autrefois "les forces du Capital". Leur objectif : venir à bout des Etats-nations pour contourner toutes les protections acquises par les travailleurs lors de décennies de luttes sociales dans chaque pays et pour récupérer les gigantesques marchés potentiels que représentent les monopoles d'Etat et autres services publics.

50 ans de contre-réformes

Dans les années 60, au plus fort d'une lutte entre système capitaliste et système socialiste, ce dernier semblait en capacité de tenir la dragée haute aux grandes nations capitalistes : les victoires successives de mouvements révolutionnaires à Cuba, en Corée ou au Vietnam et l'arrivée au pouvoir dans d'autres pays de gouvernements laïcs et républicains (Egypte, Syrie,...) menaçaient le capitalisme à l'échelle mondiale.

Avec la guerre froide et la course aux armements, les pays occidentaux ont cherché (et réussi) à bloquer le développement économique des pays socialistes. Puis, ils ont travaillé sur les nationalismes et la religion pour provoquer des tensions et des conflits internes aux seins de ces pays afin d'en provoquer l'explosion. Le soutien à Ben Laden et aux Talibans afghans a été une stratégie développée par les Etats-Unis et les puissances européennes pour saper l'expansion socialiste en Orient. Le monde en paie aujourd'hui les conséquences. L'Afghanistan en premier !

Plus près de chez nous, la construction européenne a servi de fer de lance au capitalisme pour prendre l'ascendant sur le monde du travail à une époque où le syndicalisme ouvrier puissant et la peur de la contagion communiste poussaient les Etats et les syndicats patronaux nationaux à céder des avantages sociaux importants à leurs travailleurs. N'oublions pas qu'en 1976, le Parti communiste pesait 25 % des voix en France, 33 % en Italie !

Après mai 68, l'arrivée à l'Elysée de George Pompidou, un homme issu du milieu des affaires (comme Macron), et de son premier ministre libéral Valéry Giscard d'Estaing, a sonné l'heure de la contre-offensive du capitalisme contre les conquêtes ouvrières.

La première étape a été franchie en 1972. Une étape essentielle pour saper l'indépendance de la France en tant qu'état souverain : l'abandon du droit de frapper monnaie par la Banque de France au bénéfice de la Banque Centrale Européenne.

De tout temps, et partout dans le monde, ce qui définit un Etat, ce sont ses pouvoirs essentiels dits "régaliens" : une monnaie, une armée, une police et une justice. Abandonner l'un de ses droits, c'est ce mettre en position de soumission envers celui qui en prend le contrôle !

En abandonnant le contrôle de sa monnaie nationale, la France perdait donc son autonomie économique, sa capacité de décider de la parité entre le franc et les monnaies étrangères, et particulièrement, sa compétitivité économique.

Depuis, de traités européens en traités européens, la France a abandonné d'autres pans de son indépendance économique et législative au profit d'une Europe entièrement construite autour de la logique des marchés et de la mondialisation de l'économie capitaliste. Travailleurs salariés comme travailleurs indépendants, petites entreprises ou commerces, les forces qui pouvaient influer les élus nationaux ont perdu le contrôle de leur destin face aux multinationales et aux banques.

Vers la destruction de la démocratie locale et des protections des salariés ?

Avec la création du personnage Emmanuel Macron par les médias et leurs propriétaires, c'est une nouvelle étape dans la dissolution de la République française qui est enclenchée.

S'appuyant sur quelques scandales et sur des décennies de double langage d'une classe politique qui affirmait vouloir résoudre une crise capitaliste qu'elle entretenait elle-même, le système médiatico-économique a sapé l'image de l'élu de la Nation et des services de l'Etat pour créer un contexte favorable à une réorganisation en profondeur de la société.

La première phase vient de se terminer, avec la recomposition politique qui cherche à noyer définitivement les notions de gauche et de droite, les partis politiques en tant qu'organisations structurées au service d'idées (d'idéologies) et de programmes clairs.

La deuxième étape pour jeter le discrédit dur les institutions de la République commence : d'un côté, l'image de l'Assemblée nationale est sapée par l'inconsistance des nouveaux députés élus dans la majorité, par le discrédit jeter a priori sur leur honnêteté au travers d'une loi sur la moralisation de la vie politique qui permet, surtout, de supprimer une réserve parlementaire dont beaucoup d'élus se servaient pour financer, en toute transparence, le tissu associatif de leur territoire et les projets municipaux de nombre de petites communes sans ressources (écoles, routes, infrastructures collectives,...).

Cette étape comprend aussi l'accélération de l'assèchement de la démocratie locale : communes ou départements. Cette assèchement est essentiellement financier, par la suppression des financements de l'Etat (sérieusement enclenchée sous Hollande) ou de la taxe d'habitation, et par une pression énorme de l'Etat au regroupement de communes en gigantesques agglomérations ou métropoles.

Les centres de décision s'éloignent des villages, des quartiers populaires. Les élus ne sont plus des particuliers qui s'engagent bénévolement pour leur commune mais des quasi-professionnels que ne connaissent plus les habitants et qui s'en remettent à des conseillers, des techniciens, pour gérer des dossiers de plus en plus complexes, des sommes de plus en plus importantes.

A termes, la France perdra ses élus locaux. Ceux qui resteront ne feront que valider des avis d'experts techniques qui appliquent des réglementations européennes, comme les appels d'offre. Le parlement français se contentera d'être le relais des décrets venus de Bruxelles où d'autres technocrates non élus prendront les grandes décisions.

L'armée française sera intégrée à une armée européenne. Le parlement n'en aura plus le contrôle. C'en est déjà partiellement le cas !

Les autres services publics n'existeront plus que dans les souvenirs : ils sont déjà largement rongés par la mise en concurrence avec le privé et par le manque de moyens, deux méthodes pour leur retirer toute crédibilité et toute capacité à remplir leur rôle ! N'est-ce pas déjà le cas avec EDF, La Poste, la SNCF ou, même, Pôle-Emploi (qui sous-traite au privé) et nos forces de l'ordre (sociétés de gardiennage ou de télésurveillance qui "pallient" à l'incapacité de l'Etat de protéger les biens) ou l'éducation nationale (concurrencée par des "écoles privés" au statut privilégié et des entreprises de cours à domicile) ?

Ce scénario n'est bien-sûr pas inévitable !

Depuis le référendum sur le Traité Constitutionnel Européen, en 2001, les citoyens de plusieurs pays européens (dont la France !) ont montré qu'ils pouvaient se mobiliser pour contrarier la stratégie de l'Europe et des marchés financiers.

La convergence des luttes, entre travailleurs des entreprises privées et travailleurs du secteur public, l'éducation populaire à l'Histoire et à l'économie, la formation des militants, sont autant d'armes qui permettent aux citoyens-travailleurs de prendre conscience des enjeux actuels des réformes annoncées par Macron : réforme du Code du travail et réforme territoriale, baisse des APL et allègement de l'ISF, tout est lié !

Les salariés les plus conscients ont aujourd'hui un rôle majeur, une responsabilité historique pour aider un maximum de nos concitoyens à comprendre les logiques des politiques libérales actuelles et pour qu'ils prennent conscience de notre capacité collective à inverser le sens de l'Histoire.

Les communistes et leur Parti doivent aujourd'hui revoir leur stratégie et leurs objectifs pour répondre à ces enjeux historiques pour le peuple français.

Repost 0
Published by Solidaire - dans En France
commenter cet article
29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 10:45

Dans un courrier daté du 13 juillet, Philippe Martinez, secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT), a écrit un réquisitoire aux députés à l’encontre de la réforme du Code du travail

 
 
Philippe Martinez (CGT) a transmis aux députés un réquisitoire contre la future réforme du Code du travail, dans un courrier consulté mardi par l’AFP où il fustige des mesures qui « remettent en cause » le droit international. 

Dans son courrier daté du 13 juillet et adressé aux députés, M. Martinez estime que la concertation engagée par le gouvernement avec les partenaires sociaux est « loin d’un réel dialogue social », déplorant que le « texte de 15 pages de propositions » qu’il a « remis à la ministre du Travail » n’ait, « à ce jour, reçu aucun écho des services du ministère ». 

Sur le fond, Philippe Martinez anticipe que les ordonnances réformant le Code du travail remettront « en cause, si l’on en croit les déclarations publiques du Premier ministre et de la ministre du Travail, certaines conventions de l’Organisation internationale du travail ». 

La réforme « prétexte la lutte contre le chômage » 

Le syndicaliste cite la primauté des accords d’entreprises sur les conventions de branches qui favoriserait « le dumping social », la primauté de l’accord d’entreprise sur le contrat de travail « qui entraînera des milliers de licenciements », la fusion des instances représentatives du personnel (IRP), la « disparition des délégués syndicaux » pour la négociation collective et « leur remplacement par des délégués pouvant être mis en place par les employeurs ». Il cite également la barémisation des indemnités prud’homales qui va « favoriser les licenciements à moindre + coût + », la « généralisation des CDI de chantier » et une « nouvelle réforme des plans sociaux, permettant à des entreprises florissantes à l’étranger de licencier en France ». 

Cette réforme « prétexte la lutte contre le chômage », alors que « des études d’organismes aussi différents que l’OCDE, l’OIT, la banque mondiale, l’Insee établissent clairement qu’il n’y a aucun lien entre protection de l’emploi et hausse du chômage », écrit M. Martinez aux députés, avec lesquels il sollicite « un rendez-vous le plus rapidement possible ». 

Il veut renforcer les « droits des travailleurs » 

Le leader de la CGT plaide pour un « Code du travail simplifié […] mais renforçant les droits des travailleurs », citant en exemple le projet rédigé par le Groupe de recherche pour un autre Code du travail (GR-Pact) de l’universitaire Emmanuel Dockès. 

Il préconise par ailleurs de lutter contre le « mal travail », qui coûte selon lui « environ 80 milliards d’euros », pour redresser les « comptes de notre protection sociale ». 

Ouest France
Repost 0
Published by Solidaire - dans En France
commenter cet article
27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 08:51

Le cas de Muriel Pénicaud est un bon exemple du cynisme des dirigeants politiques libéraux, qu'ils se disent (disaient) socialistes ou de droite : ces gens-là, cul et chemise avec les milieux d'affaires, donnent des leçons de probité et parlent de la nécessité de faire des efforts alors qu'eux et leurs amis engrangent des sommes énormes via la Bourse ou des rémunérations sans lien avec la réalité de l'économie.

Rompre avec ce modèle économique nécessite de corseter sérieusement le système capitaliste, ou, mieux, de le remplacer par un système qui mette comme priorité l'intérêt des hommes et de leur environnement. On appelle ce système, le socialisme !

Solidaire

----------------------------------------

Muriel Pénicaud a réalisé en 2013 une plus-value de 1,13 million d’euros sur ses stock-options en tant que dirigeante de Danone, profitant de la flambée en Bourse qui a suivi l’annonce de 900 suppressions d’emplois du groupe en Europe

Stocks-options. La ministre du Travail touche le pactole sur le dos des emplois
 
Plus d’un million d’euros de plus-values boursières par un simple jeu d’écritures : c’est la somme gagnée en une journée par Muriel Pénicaud comme directrice générale des ressources humaines (DGRH) chez Danone, le 30 avril 2013. Et cela alors que le groupe s’apprêtait à supprimer 900 emplois de cadres, dont 230 en France. L’information fait tache sur le CV de la ministre du Travail, au moment où celle-ci défend mordicus au Sénat l’idée que faciliter les licenciements sera in fine bénéfique à l’emploi et donc aux salariés. 

Selon les comptes officiels de Danone pour l’année 2013 que l’Humanité a consultés, Muriel Pénicaud a en effet perçu un gros paquet de stock-options pour ses états de service au comité exécutif du groupe alimentaire. Enregistrée par l’Autorité des marchés financiers à la date du 30 avril 2013, la transaction porte sur un lot de 55 120 actions acquises à une valeur de 34,85 euros l’unité, bien en dessous du cours de l’action ce jour-là, et revendues aussitôt pour l’essentiel (52 220 actions) à 58,41 euros l’unité, au cours du marché. Soit 1 920 932 euros à l’achat, et 3 049 966,54 euros à la revente. Bilan de l’opération : une plus-value immédiate de 1 129 034,54 euros, non comptées les 2 900 stock-options restant alors en sa possession. 

La cagnotte boursière de 1,13 million d’euros de Muriel Pénicaud n’est pas tombée du ciel. Pour réaliser un tel bénéfice de près de 60 % sur sa mise de départ, la ministre a profité de la remontée de l’action qui a suivi l’annonce d’un plan de restructuration du groupe, faisant grimper le cours dans les semaines qui ont précédé la transaction. Dans le cadre d’« économies de fonctionnement » de 200 millions d’euros décidées en 2012, la direction de Danone a, en effet, annoncé, le 19 février 2013, la « suppression d’environ 900 postes managériaux et administratifs répartis dans 26 pays européens ». 

Le titre Danone s’envole à 55-60 euros en avril-mai 

Un choix immédiatement salué par les marchés financiers par un bond du titre, comme l’a relevé toute la presse à l’époque. « La Bourse achète ce discours : l’action prenait presque 5 % mardi matin (19 février 2013 – NDLR) en début de séance », soulignait ainsi le Figaro. « À court terme, des destructions d’emplois peuvent remonter le cours de l’action et vont donc bénéficier au capital, contre la production et la valeur ajoutée », confirme l’économiste spécialiste des entreprises qui siège au Conseil économique, social et environnemental (Cese), Frédéric Boccara, membre des Économistes atterrés et de la direction du PCF. 

À partir de cette date, le cours de l’action marque en effet une césure nette : d’une cotation située au-dessous de 52 euros l’action avant l’annonce du plan de destruction d’emplois, le titre Danone s’envole à 55-60 euros en avril-mai, accélérant plus vite que la moyenne du CAC 40, pour ne plus redescendre avant octobre 2013. Tout bon pour Muriel Pénicaud, qui fait valoir ses stock-options pile à l’expiration du délai de garde de quatre ans exigé par Danone pour en bénéficier. 

Quand il procède à cette restructuration, le groupe est pourtant loin d’être au bord de la faillite. Danone vient au contraire de battre le record de son chiffre d’affaires, passant pour la première fois en 2012 le cap des 20 milliards d’euros dans le monde, en hausse de 8 % en un an. Et les perspectives pour 2013 sont bonnes, avec une nouvelle progression escomptée d’au moins 5 %. Mais, pour le PDG du leader mondial des produits laitiers et numéro deux des eaux en bouteilles, Franck Riboud, la marge avant impôts de Danone, déjà très élevée à 14,18 %, soit près de 3 milliards d’euros, est encore insuffisante. L’Europe montre des signes de fléchissement, avec une baisse des ventes de 3 % et une marge de « seulement » 15,66 %, supérieure aux autres continents, mais en recul par rapport à 2011 (17,37 %). Cela, le PDG de Danone, qui vient de proposer un dividende en hausse de 4,3 % à ses actionnaires, ne le supporte pas : « C’est une équation qui n’est pas pérenne, et une situation que nous allons surmonter », grâce à « une adaptation de nos organisations » visant à « redonner de la compétitivité et de l’efficacité en Europe », déclare-t-il. L’idée d’un plan de suppression d’emplois est lancée, à la grande joie de la Bourse… et du porte-monnaie de la future ministre du Travail. 

D’autant que celle-ci n’a pas seulement fait une affaire à la revente. Le prix d’achat de ses actions s’est aussi avéré ultrarentable : à 34,85 euros l’unité, elle en a fait l’acquisition au cours proche du plancher de ces dix dernières années. Le mécanisme des stock-options est ainsi fait que le prix d’acquisition est fixé lors de l’attribution des actions plusieurs années avant que son bénéficiaire ne les achète réellement : on parle d’« option d’achat ». Quand vient le moment pour le haut dirigeant de « lever l’option », c’est-à-dire de débourser l’argent pour les acquérir, il le fait au prix fixé à l’avance. Pour Muriel Pénicaud, cela s’est très bien agencé : ses stock-options, et le prix qui leur était attaché, lui ont en effet été attribuées le 23 avril 2009, juste après l’effondrement des valeurs boursières du CAC 40 à la suite du krach de 2008-2009. Entre le 8 janvier 2008 et le 19 mars 2009, l’action Danone a perdu ainsi près de la moitié de sa valeur, passant de 63,71 euros à 33,67 euros. À quelques mois près, la ministre, qui siégeait au comité exécutif du groupe en tant que DGRH depuis mars 2008, aurait peut-être dû mettre ses stock-options à la poubelle ! 

C’est en effet l’autre avantage de ce mode de rémunération prisé des PDG, à l’instar de ceux de Danone ou de Renault : comme il s’agit d’une « option d’achat », le dirigeant ne court aucun risque, puisqu’il peut tout simplement renoncer à acheter s’il constate que l’action a perdu de sa valeur. Ici, rien de tel : si la terrible crise économique a fait des perdants, elle a aussi fait des gagnants et Muriel Pénicaud en fait partie. La chance lui a souri d’ailleurs jusqu’au bout, puisqu’elle est l’une des dernières dirigeantes de Danone à avoir bénéficié de stock-options avant que l’entreprise ne renonce à ce type de rémunération en 2010, au profit d’attributions d’actions liées à la performance. 

Contacté à plusieurs reprises par l’Humanité, le cabinet de la ministre du Travail n’a pas souhaité donner suite à nos demandes de réactions de sa part. Quant à Danone, l’entreprise s’est contentée de confirmer nos informations sur les stock-options dont a bénéficié son ex-DGRH, sans dévoiler d’autres éléments de rémunération. 

« Muriel Pénicaud n’a rien à voir avec le monde du travail » 

Reste que cela écorne sérieusement le portrait de la ministre, dépeinte dans la presse comme une DRH attentive à la démocratie sociale et au facteur humain. « C’est quelqu’un qui se prétend salarié mais qui se situe objectivement du côté des intérêts du capital, et qui s’est trouvé à ce titre directement intéressé aux destructions d’emplois, estime l’économiste Frédéric Boccara. Elle a peut-être une fibre sociale quand elle va à confesse, mais elle n’a rien à voir avec le monde du travail, celui des salariés, mais aussi celui des artisans et même des petits patrons. » Lors de sa nomination, la fédération CGT de l’agroalimentaire avait d’ailleurs dénoncé les « bons et loyaux services » de l’ex-DGRH qui a « estampillé » le plan social de 2013 déguisé en « départs volontaires », selon le syndicat, une « véritable Bérézina pour les salariés ». 

Dans l’Hémicycle, la ministre des faux-semblants Muriel Pénicaud, qui a cumulé les rémunérations de Danone avec celles perçues au conseil d’administration d’Orange (58 000 euros de jetons de présence perçus en 2013 pour l’exercice 2012) et a occupé les fonctions de directrice générale adjointe de Dassault-systèmes et d’administratrice de la SNCF, ne s’est d’ailleurs pas appliquée à elle-même la recommandation d’un rapport qu’elle a cosigné en 2010, et qui préconisait de prendre en compte la « performance sociale » dans la rémunération variable des dirigeants d’entreprise, plutôt que la seule « performance économique ». En l’occurrence, concernant les stock-options, l’indexation sur le seul cours de la Bourse. 

Un amendement propose d’interdire toute suppression d’emploi 

Mais le plus embarrassant est sans doute la réponse faite le 12 juillet en présence de la ministre par le rapporteur de la loi travail bis, le député macroniste Laurent Pietraszewski, à un amendement de Sébastien Jumel (PCF). Ce dernier proposait d’interdire « toute suppression d’emploi (…) lorsque l’entreprise a distribué des dividendes ou des stock-options ou des actions gratuites ». Soit exactement ce qui s’est passé chez Danone en 2013. « Nous sommes tous au clair là-dessus, lui a répondu le rapporteur en motivant le refus de l’amendement. Nul ne souhaite en effet qu’une entreprise qui réalise un bénéfice ou distribue des dividendes à ses actionnaires puisse en même temps licencier en toute impunité des salariés pour des raisons d’opportunité financière. » Et la ministre d’ajouter dans l’Hémicycle : « Même avis »… 

Des fermetures d’usines très profitables aux actionnaires 

Après le plan de restructuration de 2013, le groupe a annoncé en juin 2014 la fermeture pour la mi-2015 de ses usines de Casale Cremasco en Italie, de Hagenow en Allemagne et de Budapest en Hongrie, entraînant la suppression de 325 postes. La faute à une « baisse significative des ventes » en Europe qui a entraîné des « situations de surcapacité locale » de production, a expliqué la direction. En revanche, dans le même temps, la profitabilité de la branche Europe de Danone s’est spectaculairement redressée, passée de 14,42 % de taux de marge avant impôt en 2013 à 17,26 % en 2015, tirant vers le haut toute la rentabilité du groupe au niveau mondial. Les dividendes servis aux actionnaires ont suivi le même chemin, passant de 1,45 euro par action pour l’exercice 2013 à 1,60 euro en 2015 (+ 10,3 %). 

Sébastien Crépel 
L'Humanité
Repost 0
Published by Solidaire - dans En France
commenter cet article
24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 09:13

Bel exemple de la solidarité vue par des anciens socialistes : le gouvernement baisse l'Aide au logement pour pouvoir baisser les impôts des plus riches !

La nouvelle fait du bruit, pas seulement chez les étudiants : dès septembre, les Allocations Personnalisées au Logement (APL) seront revues à la baisse de 5 € quel que soit le montant perçu par l'allocataire !

Pour un étudiant qui percevait 140 € comme pour une famille qui touchait 400 €, la baisse sera la même !

Pourtant, les allocataires des APL ont fortement besoin de cette aide et 5 €, pour une famille ou un étudiant à faibles revenus, c'est l'équivalent de 2 repas !

Pour l'Etat, l'économie est énorme ! Cela représente 5 € par mois pour 8 millions d'allocataires soit 40 millions d'économies mensuelles et près de 500 millions d'économies annuelles sur le dos des locataires les plus en difficultés !

C'est vrai qu'il faut faire des économies ! L'annonce de la réforme de l'Impôt de Solidarité sur la Fortune, qui ne concernerait plus que les possesseurs de biens immobiliers de grandes valeurs, va peser pour plusieurs dizaines de millions d'euros sur le budget de l'Etat !

Imaginez bien que, bientôt, un "investisseur" (le nom politiquement correct des spéculateurs) pourra spéculer en bourse ou acheter des œuvres d'art sans payer le moindre ISF, ce qui était le cas jusque là !

Et ce gouvernement cherche à rejeter la responsabilité sur le gouvernement précédent alors qu'Emmanuel Macron était encore ministre des finances de François Hollande et Manuel Valls l'an dernier et que nombre des députés qui le soutiennent sont issus des rangs de l'ancienne majorité !

La réalité de la présidence Macron et de son gouvernement, c'est qu'elle représente une recomposition politique alliant l'aile droite du Parti socialiste à l'aile centriste et libérale de la droite française. Une recomposition sans changement de ligne politique : c'est toujours le libéralisme au profit des puissants et de la finance qui oriente les choix gouvernementaux !

La rentrée sera chaude ! Entre la réforme du Code du travail, la baisse des APL et la violente attaque contre les collectivités locales, les citoyens auront de nombreuses raisons de se dresser contre ce pouvoir minoritaire.

Repost 0
Published by Solidaire - dans En France
commenter cet article
20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 08:46

Le tollé médiatico-militaire autour de la démission du chef d'état-major des armées cache aussi un nouveau camouflet aux députés de la République.

Les médias ont fait grand cas de la démission historique d'un chef d'état major des armées.

Cet événement donne la mesure des méthodes de management qu'applique le nouveau président Macron envers les corps constitués en France. Mieux vaut ne pas l'ouvrir !

On avait déjà vu comment le parti du Président considère la liberté de parole chez ses parlementaires ! Depuis leur élection, les députés En Marche sont aphones : à croire qu'ils sont rentrés au Carmel, dans un ordre monastique où règne le silence et la soumission au Seigneur !

Dans le cas de l'armée, au delà du signal fort qu'envoie la démission du général Villiers et du gigantesque couac qu'elle représente dans la communication jusque là bien huilée de l'Elysée, le coup de colère de Macron contre le chef militaire de nos armées est aussi une nouvelle insulte au Parlement.

C'est en effet lui qui contrôle le budget de la Défense, et non le Président.

Les députés et sénateurs communistes, dans le communiqué qui suit, rappellent ces faits ainsi que la position communiste sur le sujet du budget militaire et l'objectif inquiétant de 2 % du budget national.

Solidaire

------------------------------------------------------------

Communiqué du groupe des sénateurs communistes sur la démission du chef d état-major

 
 
Démission du chef d'état-major Pierre de Villiers : un nouveau coup de menton d'Emmanuel Macron
 
Les sénatrices et sénateurs du groupe Communiste, Républicain et Citoyen ont appris ce jour la démission de Pierre de Villiers de sa fonction de chef d'état-major, qu'il occupait depuis trois ans et demi. 

Malgré les désaccords de fond existants et assumés avec Monsieur de Villiers sur la stratégie militaire de la France de sur-déploiement et de développement massif du budget des armées françaises pour correspondre aux exigences de l'OTAN, les sénatrices et sénateurs du groupe CRC ne peuvent voir dans ce départ que le résultat d'une nouvel acte d'autoritarisme du Président de la République. En effet, si ce dernier est bien effectivement le chef des armées en vertu de la Constitution, il convient de rappeler que le budget reste du ressort du Parlement et que les conditions de déploiement restent du domaine de l'état-major. 

La brutalité du Président de la République affichée le 13 juillet dernier, avant même de demander des explications au principal intéressé, pose question. Ainsi, il ne serait « pas digne d'étaler certains débats sur la place publique ». La place publique en question est le Parlement,en charge du budget et interrogeant Monsieur de Villiers sur ledit budget. Faut-il comprendre qu'après avoir fait le choix de court-circuiter les parlementaires en recourant largement aux ordonnances, Monsieur Macron souhaite aujourd'hui priver le Parlement de sa mission de contrôle ou sanctionner celles et ceux qui « oseraient parler » aux parlementaires ? Comment ne pas constater une nouvelle tentative d'Emmanuel Macron pour imposer la toute puissance de l'exécutif ? 

Les sénatrices et sénateurs communistes rappellent enfin leur attachement à un budget des armées correspondant aux besoins réels mais maintiennent leur position de prudence vis-à-vis d'un objectif budgétaire de 2% du PIB, imposé par l'OTAN, qui ne correspondrait pas aux besoins mais marquerait une volonté de militarisation accrue.
Repost 0
Published by Solidaire - dans En France
commenter cet article
18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 09:09

Alors que le gouvernement vient d'obtenir les pleins pouvoir pour entamer la mise à sac de la législation du travail, il ouvre un deuxième charnier, celui-ci pour enterrer la démocratie locale !

Sans surprise, les députés zombies de La République en Marche ont acquiescé à la demande d'Emmanuel Macron de saborder leur rôle de représentants du peuple pour permettre au gouvernement de procéder par ordonnances pour démolir le Code du Travail. Cette technique permettra à Edouard Philippe et à son gouvernement de détruire près de 100 ans d'acquis sociaux en quelques mois durant l'été. L'objectif : empêcher tout travail d'opposition des députés de gauche (Communistes et Insoumis) et profiter des congés d'été pour désamorcer toute mobilisation sociale.

Dans cette stratégie de blitzkrieg, le gouvernement et Emmanuel Macron tentent aussi de dépecer une démocratie locale qui fait la force du maillage territorial de la France par des élus et des services publics de proximité.

Déjà sous François Hollande, alors qu'Emmanuel Macron était au gouvernement, ce sont plusieurs milliards d'euros qui ont été prélevés sur les dotations aux collectivités locales pour boucher le trou du budget de l'Etat : il faut bien compenser les cadeaux aux grandes entreprises comme le CICE !

Résultat : nombre de collectivités ont dû revoir à la baisse leurs subventions aux associations, leurs dotations d'équipement de leurs écoles ou les animations et activités municipales.

Derrière, beaucoup de communes ont été poussées à la fusion (au 1er janvier 2016) avec la promesse d'un maintien des dotations de l'Etat.

Aujourd'hui, on voit que l'Etat trahit sa parole et veut aller encore plus loin dans la destruction de la démocratie de proximité : au delà des économies budgétaires réalisées et des marchés publics abandonnés qui s'ouvrent pour le secteur privé, l'objectif est aussi politique et vise à réduire le nombre d'élus locaux donc la place des citoyens dans la gestion de leur destin.

Les Français ont à faire à un gouvernement qui réforme la France à la hache, selon les considérations du monde de la finance et du FMI.

Seuls les plus riches et les multinationales y gagneront. Pour l'immense majorité des Français, salariés ou travailleurs indépendants, les économies budgétaires dans la fonction publique, les suppressions de postes de fonctionnaires et de vacataires, et la dérégulation du marché du travail vont accroître les difficultés économiques du quotidien et le sentiment d'abandon.

Une voie ouverte au populisme réactionnaire du Front National si la riposte ouvrière et syndicale n'est pas à la hauteur dès septembre.

Repost 0
Published by Solidaire - dans En France
commenter cet article
13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 08:49

L'article de Capital, ci-dessous, illustre la réalité de la politique menée par Emmanuel Macron et son premier ministre de droite : une politique libérale au service des plus riches.

L'étude menée par l'Observatoire français des conjonctures économiques montre clairement que seuls les 10 % de Français les plus riches bénéficieront largement des baisses d'impôts annoncées mais que les 10 à 20 % des Français les moins riches seront finalement perdants.

Une politique de classe au service des puissants.

Solidaire

----------------------------------------------

Les Français les plus riches sont les grands gagnants des baisses d’impôts prévues par Emmanuel Macron

 
Les 10% de français les plus riches capteront 46% des baisses d'împots
 
Voilà qui ne va pas plaire à l’exécutif. L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), classé à gauche, a publié mercredi 12 juillet son étude sur l’impact des mesures fiscales prévues par le gouvernement. Cet organisme a ainsi analysé les conséquences macroéconomiques de chacune des réformes proposées dans le programme présidentiel et amendées par le Premier ministre lors de son discours de politique générale. L’institution complète l’étude par le calcul des effets redistributifs ; c’est à dire à qui profitent directement ces baisses d’impôts.
 
Surprise (ou pas) : le premier décile de la population est le grand gagnant. 

Si l’OFCE précise que les mesures prévues feront “plus de gagnants que de perdants”, il précise également que sur les 9,15 milliards de baisses d’impôts prévues, 4,20 milliards bénéficieront aux 10% les plus riches, soit 46% du total. Leurs revenus annuels augmenteraient de 2,6% (contre 1,4% en moyenne pour l’ensemble des ménages). Selon les données Insee 2013, il faut gagner plus de 3599 euros nets par mois pour figurer dans cette tranche. Ces 10% de chanceux profiteraient pleinement du plafonnement forfaitaire à 30% sur les revenus de l’épargne, mais aussi de la transformation de l’ISF en impôt sur la fortune immobilière (IFI). Un nouvel impôt qui exclurait les placements financiers tels que les actions, les obligations ou l’assurance-vie. 

Au contraire, le dernier décile - les 10% les plus pauvres de la population - serait celui qui bénéficierait le moins (en compagnie du 2ème décile) de ces baisses d’impôts : leurs revenus n'augmenteraient que de 1%, soit moins que la moyenne nationale. Un faible gain annuel donc, s’élevant à 81 euros. 

Et cela pourrait être pire pour les ménages les moins aisés. Si le gouvernement, comme il semble en avoir l'intention, choisit de financer les baisses d'impôts par des coupes dans les dépenses de santé ou les aides personnalisées au logement, ce maigre de 81 euros par an pourrait se transformer carrément en perte nette de 337 euros, soit 4% du revenu en moins, selon l'OFCE. Emmanuel Macron, taxé d’être le Président des riches, risque donc de porter cette étiquette un petit moment encore. 

Capital
Repost 0
Published by Solidaire - dans En France
commenter cet article