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Andrée OGER, conseillère départementale communiste de l'Eure Andrée OGER est maire honoraire de Croth, conseillère départementale de Saint André de l'Eure et chevalier de la Légion d'Honneur.

Banques : à quand des nationalisations ?

Solidaire
Le gouvernement ce lundi et Sarkozy ce mardi reçoivent les représentants des banques françaises.

Officiellement, ces rencontres ont pour objectif de poursuivre la moralisation du système financier français. Pourtant, alors que les annonces de bénéfices et de bonus s'accumulent, la population et l'économie ne voient aucun retour sur investissement malgré les 360 milliards d'euros injectés en octobre par l'Etat, donc les contribuables, dans les caisses de ces banques.

Au contraire, quelques mois après les scandales financiers, les banques françaises renouent avec leurs vieilles pratiques : versement de bonus faramineux, résultats positifs tirés par les activités de marché, poursuite du resserrement du crédit,...
La Banque de France a tiré le signal d'alarme il y a déjà un moment. Dans une de ses études, elle constate que les établissements bancaires ont, au cours du dernier trimestre, continué à resserrer leurs critères d’attribution des crédits.

Pourtant, selon Nicolas Sarkozy, "le système est simple : plus les banques ont de fonds propres, plus elles prêtent". On voit le résultat !
Entre les effets d'annonce et les résultats, l'écart est plus qu'inquiétant. Et quand le scandale rejaillit avec l'annonce de la redistribution d'un milliard d'euros aux traders de la BNP, le gouvernement fait mine d'agir. Mais sur le fonds, c'est Christine Lagarde qui trahit les pensées du gouvernement :  "Maintenant, ce n’est pas pour autant qu’il faut condamner tous les bonus… ". Voilà qui est dit !

"I want my money back !"

De fait, en injectant ces 360 milliards d'euros d'argent public dans les caisses des banques, l'objectif du gouvernement Sarkozy n'était pas de relancer l'économie mais de renflouer les caisses des banques et des financiers en socialisant les pertes.

En clair, les bénéfices restent privés mais les déficits sont publics !

D’autant que, grâce aux récentes injections de fonds propres, l’État est devenu l’un des actionnaires les plus importants des banques françaises, avec 15,9% du capital de BNP Paribas, 7,2% de la Société générale, 5,7% de Dexia, et potentiellement 20% du futur groupe Caisses d’épargne-Banques populaires. Pourtant, à ce jour, aucune participation de l’État aux conseils d’administration n’est envisagée. Et, pour le gouvernement, il est hors de question de revenir sur ce point. " Il faut que l’État crée un climat de confiance avec les banques ", explique Christine Lagarde.

Comme le disait Margaret Thatcher à propos de l'Europe, l'Etat devrait affirmer : "I want my money back !" (je veux mon argent !).

C'est ce que revendiquent les communistes. Puisque l'Etat investit dans les banques, il doit décider de leur avenir et de leurs politiques.

Le député communiste du Nord Jean-Jacques Candelier prépare, pour la rentrée, avec d’autres élus de son groupe, le dépôt d’une proposition de loi à l’Assemblée nationale. Il propose "de nationaliser les grandes banques capitalistes françaises (dont la BNP-Paribas), de démocratiser leur fonctionnement, avec la participation des salariés et des usagers" et "cela dans le cadre d’un nouveau service public et d’un large pôle public financier".

On verra à l'automne ceux qui sont réellement dans le camp de l'intérêt public, au service de l'économie et de la population, et ceux qui sont dans le camp des intérêts particuliers, su service des rois de la finance et des spéculateurs.
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