Combien ça coûte ? Le prix de l’intervention en Libye
Plus de bombes, moins d'écoles !
Ce matin, nous étions entre 100 et 150 à participer au rassemblement devant l'Inspection académique à Evreux pour protester contre les suppressions de postes d'enseignants prévus à la rentrée 2011. Une importante délégation de parents d'élèves et d'enseignants de Prey représentait notre canton au côté d'une vingtaine d'autres délégations.
En France, ce seront de nouveau 16 000 postes qui seront supprimés au sein de l'Education nationale à la prochaine rentrée malgré des effectifs annoncés en hausse dans le primaire et le secondaire.
Il faut faire des économies, parait-il ! Quitte à sacrifier l'avenir de notre jeunesse, donc l'avenir du pays.
Il faut faire des économies mais quand il s'agit d'aller bombarder la Libye, on ne compte plus.
Alors que la France a failli se ranger du côté du dictateur Ben Ali dans le dossier tunisien et alors que la France reste bien passive sur les dossiers yéménites ou bahreini, elle prend la tête d'une "croisade", selon Claude Guéant, contre la dictature libyenne. Attitude douteuse et risquée : douteuse au regard des choix politiques précédents et, surtout, des chaleureuses relations entre notre gouvernement et le régime de Kadhafi il y a encore quelques mois ; risquée car le danger d'une irakisation de la Libye est dénoncé autant par la Ligue arabe que par des dizaines de pays à travers le monde, depuis les grandes puissances que sont la Russie, la Chine, l'Inde ou le Brésil, jusqu'à nos voisins allemands et italiens.
Et pourtant, la France y va de bon coeur ! A coup de bombardements dont on doute qu'ils épargnent des civils.
C'est là qu'arrive la question du coût de cette guerre. Ces bombardements ont un coût.
Une heure de vol pour un Rafale c'est 13 000 euros environ ; pour le Mirage, c'est entre 10 000 et 11 000 euros.
Certains justifieront ces dépenses en disant qu'une heure d'entraînement ou une heure de mission, c'est le même prix. A part que le nombre de missions est énorme (55 missions au 23 mars) et que les distances sont plus grandes, avoir la morale dans le porte-monnaie, c'est le triste résumé de l'état d'esprit de notre société.
Mais nos avions ne sont pas des bombardiers d'eau. Et une bombe, cela coûte cher aussi !
Un missile, c'est entre 300 000 et 350 000 euros l'unité.
A chaque fois que l'armée française largue un missile en Libye, c'est l'équivalent de 8 postes d'enseignants qui part en fumée !
Combien de postes d'enseignants aurions-nous pu conserver si la France n'était pas partie bombarder la Libye ?
Certainement aucun. Les suppressions de postes n'ont rien à voir avec un quelconque manque d'argent public, on le voit bien sur le dossier libyen. Il s'agit d'un choix politique.
Tout comme est un choix politique le fait de conserver 4 000 soldats français, avec chars, hélicoptères et Rafales en Afghanistan. Un budget colossal, 54 soldats tués et un résultat complètement catastrophique pour ce pays où les talibans sont plus puissants de jour en jour.
Non content de dilapider des millions d'euros tous les jours en Libye, le gouvernement de Fillon et Sarkozy vient de décider de livrer des armes aux "rebelles" libyens. Encore quelques semaines et la France fournira les hommes pour tenir ces armes. Une rébellion dont les représentants autoproclamés rassemblent des anciens proches de Kadhafi, des royalistes et des personnes "qui veulent rester anonymes" (?). Une belle brochette de gens douteux !
Les députés communistes ont été les seuls à l'Assemblée nationale a refusé le soutien au gouvernement français sur le dossier libyen. Ils défendent l'idée internationalement défendue de rejet de la violence militaire pour régler ce conflit et chasser ce dictateur et dénoncent l'hypocrisie de notre gouvernement, certainement plus soucieux d'apparaître en bonne position pour caser les entreprises pétrolières françaises quand le pays sera "libéré" de Kadhafi.
Nous voilà donc avec un gouvernement qui prévoit l'avenir. Pas celui de nos enfants mais celui des grands groupes industriels et financiers.
Comme pour le krack financier de 2008, la droite au gouvernement préfère investir à perte l'argent public pour la cause de la finance et des grandes entreprises et abandonne les dépenses utiles, dans l'enseignement comme dans les autres services publics.
Rafale ou école : il faut choisir !