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Andrée OGER, conseillère départementale communiste de l'Eure Andrée OGER est maire honoraire de Croth, conseillère départementale de Saint André de l'Eure et chevalier de la Légion d'Honneur.

Europe (suite) : mobilisation demain en Grande-Bretagne

Solidaire

Une mobilisation syndicale historique est annoncée pour demain à Londres. Peu de chance que nos médias couvrent largement le sujet. Parlons-en ici.

Hier, nous parlions ici du "Pacte pour l'euro" en négociation au niveau européen pour imposer une super austérité. La Grande-Bretagne connait des remous sociaux depuis plusieurs mois et illustre les conséquences de l'effondrement social qu'entrainent la compétition entre peuples européens pour le seul bénéfice des actionnaires et des banques.

Il y a quelques mois de cela, de nombreuses manifestations ont émaillé l'actualité anglaise. Il s'agissait notamment de manifestations étudiantes contre la flambée des droits universitaires décidée par le gouvernement libéral-démocrate de David Cameron (relire : Plus de 50 000 étudiants manifestent à Londres contre les coupes drastiques du gouvernement de droite et la hausse des frais de scolarité ; 100 000 en Irlande, 100 000 en Grande-Bretagne, 3 000 000 au Portugal ),

Demain, la grande confédération syndicale britannique (TUC : Trades-Union Congress) organise une grande manifestation dans Londres. Une mobilisation égale aux mémorables manifestations d'opposition à la guerre en Iraq est attendue.

En cause, là aussi un plan d'austérite gouvernemental pour compenser les pertes dues aux conséquences de la crise capitaliste et aux dépenses du gouvernement pour renflouer les banques et l'économie. 100 milliards d'euros d'économie en quatre ans sont programmés !

Bien évidemment, ce sont les programmes sociaux et les services publics qui sont sur la sellette ! En bons soldats du libéralisme, le gouvernement actuel ne va pas chercher à faire payer les responsables de la crise !

Au final, une fusion de toutes les allocations (familiales, parent isolé, chômage et autres) en une seule allocation modulable (à la baisse, cela va sans dire), la suppression de 490 000 emplois publics et le report à 66 ans de l'âge de départ en retraite sont au programme. On voit bien que seules les familles populaires et les travailleurs sont mis à l'amende. Moins d'allocations pour les plus pauvres, moins de services publics et moins d'emplois sont donc au programme. De quoi enfoncer un peu plus une société britannique déjà lourdement appauvrie par trente ans de libéralisme à la Thatcher ou à la Blair.

Aujourd'hui, beaucoup de salariés doivent cumuler deux emplois pour s'en sortir. Evidemment, plutôt dans les classes populaires. Avec les conséquences que l'on imagine sur l'amplitude horaire, la santé et la vie de famille ! Tout ça, bien sûr, pour tout juste vivoter.

C'est bien ce modèle qui est en passe de se mettre en place en France.

Un modèle capitaliste qui ne jure que par la soi-disante "compétitivité" des salariés et qui, au final, entraine une dégradation continue des salaires et des conditions de travail des travailleurs européens : à chaque fois qu'un pays dégrade la protection sociale de ses salariés, les voisins prônent l'alignement à la baisse. Pour rester "compétitifs", pardi !

Bien entendu, à chaque fois, cette "compétitivité" retrouvée finit dans les poches des actionnaires.

Deux ans après le krack financier dû aux milieux financiers, les bourses sont reparties ainsi que les bénéfices mais la pression sur les travailleurs, elle, ne fait que s'accentuer.

Cette confiscation des richesses et la culpabilité des milieux capitalistes dans la crise actuelle est évidente.

Grecs et portugais sont mobilisés depuis des mois pour mettre en échec leurs propres plans d'austérité gouvernementaux. Le premier ministre portugais vient d'ailleurs de démissionner.

Irlande, Islande, Espagne ou Italie connaissent aussi de forts mouvements sociaux depuis des mois.

A chaque fois, c'est depuis les syndicats de "classe" et les partis communistes que partent les ripostes. Nos camarades grecs ont d'ailleurs connus une véritable poussée aux élections régionales de novembre dernier à 11 %. Partout, l'extrême-droite défend les programmes d'austérité et de régression sociale comme en Grèce (où le LAOS a pris une claque aux élections) ou en France (Le FN était opposé aux manifestations pour les retraites en 2010), au côté des droites "traditionnelles", du FMI de Dominique Strauss-Kahn et des partis sociaux-démocrates (au pouvoir en Espagne, Grèce et Portugal).

De manière plus discrète, malheureusement, mais réelle, le parti communiste se renforce aussi en France et devrait accroître le nombre de ses conseillers généraux à l'issue du second tour des cantonales de dimanche prochain.

Le silence complet des médias français sur ces mobilisations sociales à l'étranger ou sur les évolutions actuelles, progresssistes, des révolutions sud-américaines ou tunisiennes, cache mal la volonté du pouvoir politique et économique d'éviter une prise de conscience populaire de la force du mouvement social.

Taire l'actualité sociale ou salir ceux qu'ils ne peuvent passer sous silence (Tunisie et la "peur" des islamistes ou d'une "vague d'immigration", SNCM, dockers,...) démontre la crainte chez eux d'une contagion sociale.

A la veille des cantonales, nos regards et nos pensées seront au côté des travailleurs britanniques. En espérant une victoire de leur mouvement, victoire qui servirait d'exemple en France comme en Europe.

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