La démobilisation de l'électorat se confirme aux cantonales
Deuxième tour des cantonales ce dimanche 27 mars. L'abstention se confirme tout comme l'effondrement de l'UMP dont ne profite pas le PS.
Avec 55 % d'abstention, on ne peut pas dire qu'il y ait eu une grande mobilisation au second tour des cantonales !
Cette abstention et les résultats de ce vote sont à relativiser puisque l'abstention varie d'un canton à l'autre, de 45 % à 62 % dans l'Eure, par exemple et touche toutes les configurations de vote : droite contre gauche, gauche contre FN ou droite contre FN.
C'est bien là qu'est le problème ! Quand un électeur sur deux ne se rend plus aux urnes, même lorsque les enjeux politiques sont importants, il faut se poser des questions ?
Notez-bien que les médias n'ont absolument pas parler des élections cantonales avant le premier tour !
Et notez également que depuis le premier tour, le seul sujet de discussion dans les médias est le score du Front National !
A quoi sert un Conseil général ? Quelle est la situation actuelles des départements ? Que vont devenir les départements avec la Réforme territoriale de 2014 ? Quelles sont les différences entre départements de gauche et départements de droite ? Que proposent les différentes forces en présence ?... De cela, il n'a jamais été question !
Les médias ont entièrement passé sous silence les enjeux politiques de ces élections, un comble !, pour ne faire que de l'audimat en mettant en avant le score du FN.
Ceci étant, entre les cantonales de 2004 et celles de 2011, le Front National perd 100 000 voix. Cela relativise la fameuse "vague bleu marine" dont nous assomment les médias !
Le FN ne doit son succès qu'à la plus grande démobilisation des électeurs des autres partis qu'à une progression de ses voix.
Dans l'Eure, le Front National perd des voix dans 11 cantons sur 21 ! Même dans les cantons symboliques des Andelys, d'Ecos ou d'Etrépagny, l'extrême-droite est en recul. En terme de progrès, on fait mieux, non ?
Ceci dit, même en relativisant ce "progrès" du FN, il n'en reste pas moins que l'influence persistante du parti xénéophobe et l'influence de ses idées au sein de l'UMP et de son électorat ont de quoi inquiété tous les républicains et démocrates de ce pays.
De l'autre côté de l'échiquier politique, ces élections ont confirmé la bonne tenue des candidats communistes et du Front de Gauche. La réelection de Gaëtan Levitre ce dimanche, avec 66 % des voix face à la droite, démontre la capacité de rassemblement à gauche des candidats communistes sur des bases claires d'opposition au capitalisme et aux droites.
De la même façon, le renforcement des majorités communistes dans les deux conseils généraux gérés par le PCF (l'Allier et le Val-de-Marne) se fait malgré les attaques de toute part, par la droite et l'extrême-droite (normal !) et par l'alliance PS-écologistes (moins normal !).
Au final, 118 conseillers généraux communistes et du Front de Gauche ont été élus ou réélus avec ces élections. contre 104 élus il y a 6 ans. Une bonne chose.
Entre une forte abstention et un vote FN persistant, les conclusions à tirer de ces élections reposent essentiellement sur l'absence de perspectives crédibles à gauche pour une majorité de français. Un vaste chantier est ouvert.