Le Conseil général a élu son président et ses vice-présidents ce matin
Partout en France, les assemblées départementales se réunissent ce jeudi pour réélire leurs exécutifs, suite aux élections cantonales des dimanche 20 et 27 mars. Le Conseil général de l''Eure s'est réuni ce matin.
Lors de chaque élection cantonale, donc tous les trois ans, la moitié des conseillers généraux sont renouvelés. A la suite de ces élections, les assemblées départementales se réunissent pour élire leur président, leurs vice-présidents et les commissions qui gèrent la vie quotidienne de nos départements.
Cette année est particulière. Avec la Réforme territoriale imposée par la droite, les départements vivent leurs derniers instants. En 2014, avec l'arrivée des conseillers territoriaux siégeant à la fois au Département et à la Région, le Département perdra toute autonomie politique. Il perdra aussi toute autonomie d'action avec la fin de la clause de compétence générale qui lui permettait d'agir en dehors des domaines d'activité obligatoires (aide sociale, routes et collèges). C'en sera fini des subventions aux communes pour les travaux dans les mairies, les gymnases ou les écoles ! C'en sera fini des soutiens aux associations et aux clubs sportifs ! Finies également les interventions dans les domaines économique, culturel ou l'environnement !...
Ce caractère particulier de l'année, Marcel Larmanou l'a bien fait remarquer lors de son discours introductif de la session d'installation de la nouvelle assemblée départementale. L'élu communiste et maire de Gisors a souhaité défendre avec vigueur le rôle de nos collectivités locales dans une époque de désespérance généralisée, de crise sociale et d'abstention massive.
L'élection du Président du Conseil général qui a suivi a, sans surprise, permis la réélection de Jean-Louis Destans à la tête du Conseil général. Avec 24 voix contre 19 à l'UMP Jean-Paul Legendre, ce sont l'ensemble des voix de gauche qui se sont portées sur le président sortant.
Les élus communistes dévoilent le vrai visage de la droite euroise
A la suite de ce scrutin, les différents groupes politiques de l'assemblée ont pris la parole.
Premier à s'exprimer, Jean-Paul Legendre, pour le groupe Eure-Avenir (cache-sexe de l'a droite sarkozyste). Dans un discours lénifiant, l'élu UMP a tenté de faire oublier à la fois la filiation entre la droite départementale et la droite nationale (comme lors de la campagne électorale) et, en même temps, de tourner la page d'une campagne que la droite a voulu démagogique dans ses thèmes (la santé et le haut-débit : responsabilités de l'Etat, non du Département) et agressive envers les élus de la majorité.
Deuxième à prendre la parole, Lionel Prévost, pour le groupe socialiste et républicains, a doucement remis la droite à sa place mais il a surtout tenté de valoriser la bonne gestion de la majorité sortante et les projets à venir. Un discours certes intéressant mais fastidieux qui a fini par lasser une partie de l'assistance. Dommage.
Le dernier à s'exprimer a été Gaëtan Levitre, au nom des élus communistes.
Son discours, lui, a réveillé le public et mis la droite sous tension. Pas de discours mielleux ni de bilan d'activité ! Gaëtan a rapidement mis les pieds dans le plat, dévoilant la réalité d'une droite dont l'un des élus, Hervé Morin, est un ancien ministre de Sarkozy, responsable de la suppression de 54 000 emplois dans le domaine de la défense dont 480 dans l'Eure, au LRBA de Vernon.
Il dénonce également la collusion de la droite avec le Front national, notamment au travers les déclarations de Jean-Paul Legendre refusant d'appeler à faire barrage au FN entre les deux tours.
Notre camarade a insisté sur la désespérance populaire et la nécessité de faire de la politique à partir des réalités de nos concitoyens et de leurs attentes. La bataille pour l'emploi industriel en est un élément crucial.
Il a proposé, avec Andrée Oger, de créer un grand service public départemental de l'aide à domicile afin de coordonner les efforts, de rassurer professionnellement les personnels et d'assurer une haute qualité de service pour tous les bénéficiaires. Il est revenu également sur les batailles pour l'emploi qu'il a mené, notamment M-Real, en insistant sur son attachement, avec les salariés, à la création d'un Pôle d'excellence bois-papier sur son canton et l'arrivée de la chaudière biomasse pourtant annoncée.
Plus généralement, lui et les élus communistes, souhaitent renforcer le rôle de bouclier social du département face à une politique injuste et sans pitié de la droite sarkozyste de messieurs Legendre et Morin.
Son discours a mis dans le mille ! Les élus de droite fulminaient, à commencer par Jean-Paul Legendre qui, ni tenant plus, a cherché l'incident de séance autour des prises de parole qu'il avait pourtant acceptées.
Quant à l'assistance, des sourires narquois et des commentaires solidaires ont montré que, là aussi, la satisfaction de voir la droite remise en place dominait.
Nominations
A la suite, ce sont les vice-présidences et les postes en commissions qui ont été distribués.
Andrée Oger est élue deuxième vice-présidente du Conseil général, Marcel Larmanou, deuxième secrétaire.
Andrée Oger et Gaëtan Levitre se retrouveront au sein de la 2ème commission, en charge des solidarités. Andrée s'occupera encore une fois des anciens et des handicapés tandis que Gaëtan s'occupera de la petite enfance.
Marcel Larmanou et Gérard Grimault se retrouvent ensemble au sein de la première commission, en charge des finances. C'est Marcel Larmanou qui en prend la présidence.
Au terme de cette première session de la nouvelle assemblée, les élus communistes ont souhaité annoncer la couleur : ils seront plus que jamais du côté des salariés, des retraités et des familles face à une droite qui cache son jeu mais soutient les choix nationaux dictés par Sarkozy et son gouvernement libéral.
Pour les trois ans à venir, avec Andrée Oger aux solidarités, les élus communistes du Conseil général continueront de se battre pour améliorer la qualité des services offerts aux eurois et renforcer le rôle de bouclier social du département. En attendant de voir si la collectivité survivra au delà de 2014 ?
L'intégralité du discours de Gaëtan Levitre ici.