Une résistance croissante des peuples d'Europe aux politiques d'austérité
Jeudi 27 mai, un million de salariés et retraités français ont contribué à faire de cette journée d'action intersyndicale la plus forte mobilisation sociale de l'année. Comme les français, grecs, portugais ou tchèques, les travailleurs de toute l'Europe se mobilisent pour contrer les attaques dont ils sont victimes de la part de leurs gouvernement et de l'Europe.
Tout doit disparaître !
Hôpitaux publiques qui ferment, médicaments qu'on ne rembourse plus, droit à la retraite remis en cause, crèches transformées en consignes à bébés, Poste en passe d'être privatisée et SNCF menacée elle-aussi de basculer dans le droit privé ... les capitalistes n'en ont jamais assez !
Dans cette fuite en avant du capitalisme, ce sont tous les secteurs de la vie qui doivent devenir des centres de profit y compris les Etats que Bruxelles voudrait bien voir bénéficiaires.
En France, malgré l'absence d'information sur les motifs réels de la journée d'action du 27 mai, un million de travailleurs se sont rassemblés en France pour rejeter les politiques libérales du pouvoir UMP, notamment la réforme des Retraites. Les deux-tiers des français approuvent ces mobilisations.
Quoiqu'en disent les responsables politiques libéraux, de droite comme de gauche, les réformes ne passent pas, les français sont contre.
Cette opposition des travailleurs français se retrouve à travers toute l'Europe, par des mobilisations populaires ou des votes sanction contre les partis au pouvoir.
En Grèce, le 15 mai, ce sont plus de 100 000 travailleurs qui ont manifesté à Athène contre le plan d'austérité du "socialiste" Papandréou. Ils répondaient en cela à l'appel du PC grec et de son syndicat de "masse", le PAME.
Au Portugal, ce sont 300 000 travailleurs qui ont défilé dans les rues de Lisbonne samedi 29 mai à l'appel de la CGTP, syndicat proche du PC portugais ; un record pour un pays de 11 millions d'habitants.
En République tchèque, les élections législatives de ce week-end ont entrainé l'effondrement des partis historiques, héritiers de la Révolution de velour de 1989 : les sociaux-démocrates perdent plus de 10 % à 22,08 % des voix (56 députés ; - 28 élus) et l'ODS, la droite de Vaclav Havel et du président Vaclav Klaus, recule de 15 points à 20,22% des voix (53 députés ; - 28 élus). Les bénéficiaires sont de nouveaux partis de droite, créés pour l'occasion (recyclage !). Seul parti historique à maintenir ses positions, le PC de Bohême-Moravie (KSCM) obtient 11,27 % et garde ses 26 députés. Une reconnaissance du travail d'opposition mené par le KSCM contre les politiques libérales.
C'est le même constat en Grande-Bretagne avec la déconfiture des travaillistes du Labour qui n'a pas complètement bénéficié aux Conservateurs. L'émergence d'une troisième force, les Libéraux-Démocrates, montre l'usure du bipartisme anglais et de la politique d'alternance qui bénéficie uniquement aux banquiers de la CIty. L'alternative politique n'apparait toujours pas au Royaume-Uni mais le retour de mouvements sociaux forts dans ce pays est un événement historique trente ans après Thatcher.
On pourrait multiplier les exemples de pays européens où les grands conflits sociaux se multiplient comme la Roumanie (60 000 manifestants à Bucarest le 19 mai) ou l'irlande.
Le silence complet des médias sur ces événements sociaux étrangers traduit la crainte de leurs actionnaires de voir la mobilisation sociale prendre de l'ampleur et de la confiance en France également. Peur également que les travailleurs comprennent qu'il n'y a pas d'alternative politique crédible avec des hommes politiques qui en acceptent les règles du jeu, qu'ils soient de droite, Sarkozy comme Villepin, ou officiellement de gauche comme Strauss-Kahn.
En Grèce, au Portugal ou en Tchéquie, ceux qui offrent des perspectives au mouvement social se sont les communistes car ils constituent les seuls adversaires réels au capitalisme, donc la seule force qui peut contraindre actionnaires et spéculateurs à ranger leurs couteaux.
Sortir de la crise, sauver nos retraites ou préserver nos services publics ne se fera pas en acceptant les règles du jeu d'un capitalisme mondialisé et libéral mais en imposant des solutions radicalement anticapitalistes qui affecteront les centaines de milliards d'euros qui partent à la spéculation et réorienteront ces richesses dans le sens de l'intérêt collectif et des salaires.