Vers une interdiction du Parti communiste d'Ukraine ? (PCF)
Pendant que l'armée et les milices issues de l'extrême-droite mènent une guerre contre les régions russophones opposées au pouvoir de Kiev, issu d'un putsch, bombardant des zones habitées, le même pouvoir organise une chasse aux sorcières contre les communistes dans l'ensemble du pays.
Fortement composé de forces d'extrême droite, le nouveau gouvernement ukrainien mène une politique d'éliminations des oppositions politiques. Les communistes, 14 % des voix aux élections de 2012, sont en première ligne.
Parallèlement, dans les zones russophones, plusieurs associations de défenses des droits humains parlent de début de nettoyage ethnique. Des dizaines de milliers d'habitants de ces régions ont fui vers la Russie ou la Crimée et des centaines de civils sont morts sous les bombardements de l'aviation et de l'artillerie de l'armée ukrainienne.
A nouveau, le traitement médiatique du conflit ukrainien est d'une partialité immonde, ne laissant la parole qu'au pouvoir central de Kiev.
La même couverture partiale concerne actuellement les conflits syriens (au profit des rebelles et des islamistes) comme du conflit palestinien où sont rarement précisés que les seules vitimes des affrontements actuels sont des Palestiniens, souvent des enfants et des femmes désarmés, tués dans des bombardements.
Sur ces sujets, nos médias démontrent qu'ils ne sont que les instruments d'une propagande au service d'intérêts géopolitiques bien éloignés des valeurs des Droits de l'Homme, piétinées par nos "alliés" dans ces conflits.
Solidaire
Communiqué du PCF :
"Le ministère ukrainien de la Justice vient de lancer une procédure judiciaire en vue d'interdire le Parti communiste d'Ukraine, selon les agences de presse.
Le ministère, par la voix du ministre de la Justice Pavel Petrenko, a ainsi chargé le Parquet général et le Service de sécurité nationale d'enquêter sur les activités du Parti communiste.
Le gouvernement en place à Kiev accuse en réalité le Parti communiste d'Ukraine et son dirigeant Petro Simonenko de soutenir les « séparatistes » dans l’Est de l’Ukraine pour discréditer le PCU et d’avoir favorisé l’annexion à la Russie de la Crimée.
Les communistes ukrainiens rappellent avoir toujours nié de telles accusations, affirmant au contraire qu’ils se sont prononcés dès le début de la crise ukrainienne pour l’intégrité du territoire, pour une consultation du peuple ukrainien sur le choix des alliances économiques, pour l’établissement d’un système fédéral afin d’empêcher tout séparatisme, y compris en Crimée.
Ce processus qui pourrait conduire la justice à se prononcer sur l’interdiction d’une des principales forces politiques en Ukraine représentée au parlement constitue un véritable déni de démocratie de la part des nouvelles autorités de Kiev.
Ce à l’heure où des combats meurtriers se déroulent dans l’Est du pays provoquant de nombreuses victimes et où des dizaines de milliers de citoyens doivent fuir les affrontements déclenchés par l’opération antiterroriste ordonnée par le président Porochenko.
Le PCF s'interroge sur les raisons d'une telle campagne contre le Parti communiste d'Ukraine dont les militants et dirigeants sont par ailleurs victimes d'agressions intolérables de la part de l'extrême droite et ce alors que l'accord de libre échange avec l'UE n'a pas été soumis à une consultation démocratique du peuple ukrainien; l'OTAN, quant à elle, accroit sa pression sur les autorités du pays. Nous appelons la France et l'UE à mettre tout en oeuvre pour interpeller d'urgence les autorités de Kiev afin qu'elles fassent respecter la démocratie dans ce pays et mettent fin à de tels comportement autoritaires et contraires aux principes de respect des libertés et droits démocratiques dont elles prétendent se réclamer.
Les communistes français apportent leur soutien au Parti communiste d'Ukraine, à ses militants et dirigeants dans leur combat pour une Ukraine libre, unie et démocratique. "