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Présentation

  • : Andrée OGER, conseillère départementale communiste de Saint André de l'Eure
  • Andrée OGER, conseillère départementale communiste de Saint André de l'Eure
  • : Andrée OGER est maire honoraire de Croth, conseillère départementale de Saint André de l'Eure et chevalier de la Légion d'Honneur.
  • Contact

Rendez-vous

Fête de l'Huma 2016

Vendredi 10, samedi 11 et dimanche 12 septembre
Parc du Bourget
3 jours : 35 €
    

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Salaires et pensions à la traîne, prix et loyers en hausse, profits et actionnaires qui explosent...

 

Front Uni 

contre la vie chère !

   

Campagne de pétition lancée par le PCF

pour exiger de meilleurs salaires, une hausse des minimas sociaux,

 pour exiger des baisses de TVA, un blocage des prix et des loyers

pour taxer les profits et le grandes fortunes
  

Demandez la pétition !

Signez la en ligne sur le site de la Fédération euroise du PCF : www.27.pcf.fr !

Participez au rassemblement devant Bercy (ministère des finances), vendredi 3 juin à 15 h !

Campagne contre la vie chère - affiche PCF 2011
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Contre la privatisation de La Poste !

Les communistes adhèrent au Comité Départemental de Défense de La Poste
(cliquez sur l'image !)  


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CRISE : que proposent les communistes ?







 

"Sarkozy a été élu par des pauvres qui se lèvent tôt pour aller faire la fête avec des riches qui se couchent tard".
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 Des idées, des vidéos, des sondages sur le site www.sortirdelacrise.tv 
 
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Texte libre

Je définirais la mondialisation comme la liberté pour mon groupe d’investir où il veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possibles en matière de droit du travail et de conventions sociales.

P.Barnevick, ancien président de la multinationale ABB. 

Pour moi, un réactionnaire c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui trouve que c’est dans l’ordre naturel des choses. Un conservateur, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui pense qu’on n’y peut rien. Un progressiste, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui trouve que c’est injuste. Un communiste, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui est prêt à faire pour eux ce qu’il ferait pour ses propres enfants.

Ibrahim,
Cuba, un soir lors d’une conversation inoubliable.

 

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« La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste.
La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique »

 

Karl MARX 

 

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Nouvelles permanences d'Andrée OGER :

 

 

 

Vous pouvez prendre rendez-vous avec Andrée OGER en contactant son secrétariat au 02.32.31.96.25

 

- Mairie de Saint André : les lundis de 17 h à 19 h

- Salle des Fêtes d'Ezy-sur-Eure: les vendredis de 17 h à 19 h

 

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Dernier tract des communistes
du sud de l'Eure

 (cliquer sur l'image)

 

  Tract St André Septembre 2013 - Recto

 Tract St André Septembre 2013 - Verso

 

 

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Ebuzzing - Top des blogs - Société

14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 09:06

Un article intéressant qui nous rappelle que la "réunification" allemande a été, en fait, l'absorption de la RDA socialiste par la RFA capitaliste. Une absorption sous forme de punition pour les ex-Allemands de l'est, méprisés à l'ouest, et toujours Allemands de seconde zone aujourd'hui.

L'article dissèque le pourquoi et le comment de cette réunification, et les erreurs que réitèrent nos "élites" dirigeantes aujourd'hui, malgré l'échec que représente cette absorption de l'Allemagne de l'Est par l'Allemagne de l'ouest.

Solidaire

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Du site "l'arène nue".

 
Vladimiro Giacchè
 
Vladimiro Giacchè est un économiste italien, actuellement président du Centre de recherche européenne de Rome. Fin connaisseur de l'Europe et de l'Allemagne, il est l'auteur d'un ouvrage original et riche sur la réunification allemande, Le second Anschluss – l'annexion de la RDA(édition Delga, 2015). Alors que l'Allemagne vient de voter dans le cadre d'élections législatives dont les résultats fragilisent Angela Merkel et quelques jour après le vingt-septième anniversaire de l'unité du pays, il a bien voulu répondre aux questions de L'arène nue
 
[Cet entretien a été traduit de l'italien par une fine équipe composée de Luca Di Gregorio, Gilles Tournier et Paul Moesch : un grand merci.]
 
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Les résultats des élections législatives en Allemagne ont révélé de profondes divergences entre l'Ouest et l'Est du pays. Dans l'ex-RDA, le parti AfD fait 21,5 %, et est arrivé second. Die Linke y a réalisé ses meilleurs score (16 % contre 9 % au niveau national). J'imagine que vous n'en être guère surpris. Comment l'expliquez-vous ?
 
Aucune surprise, en effet. C’est la conséquence d’un pays qui reste toujours divisé vingt-sept ans après son unification, en même temps que d’un accroissement des inégalités sociales ces dernières années. Un citoyen qui vit en Allemagne de l’Est a deux fois plus de chances d’être chômeur que s’il vivait à l’Ouest. Et lorsqu’il travaille, il perçoit un salaire inférieur de 25 % à ce que perçoit un travailleur de l’Ouest. 
 
Cela n'a pas grand chose à voir avec l’incapacité supposée des Allemands de l’Est à travailler (car oui, cet argument a parfois été avancé). C'est au contraire lié aux modalités de l’unification allemande. C’est lié au fait qu’à la nécessité de réaliser rapidement l’unité politique, qu’à la nécessité idéologique de supprimer complètement la RDA, ont été sacrifiées des exigences économiques élémentaires, en particulier celle de sauvegarder autant que possible l’industrie et les emplois des citoyens de l’Est. On a pratiqué la politique de la tabula rasa, en établissant le taux de change à un contre un entre le mark de l’Ouest et le mark de l’Est. Ce faisant, on a mis l’industrie de la RDA hors-jeu. Par ailleurs, l’ensemble du patrimoine industriel de l'ex-RDA a été confié à une société fiduciaire, la Treuhandanstalt, qui l’a liquidé, créant instantanément des millions de chômeurs. Il est beaucoup plus facile de fermer une industrie que de la reconstruire. Mais depuis, on s'est hélas rendu compte que lorsqu’on désindustrialise un pays (la désindustrialisation de la RDA n’a aucun autre exemple en Europe en période de paix) les conséquences peuvent durer des décennies, sinon des siècles. Le «Financial Times Deutschland» du 18 juin 2008 affirmait d'ailleurs que pour aligner complètement les revenus des deux parties de l’Allemagne, il faudrait 320 ans… 
 
Le plus ridicule est que l’unification de l’Allemagne nous est  présentée aujourd’hui comme une réussite opposable, par exemple, au destin du Mezzogiorno italien. La vérité, c’est que de tous les pays ex-socialistes d’Europe orientale, les territoires de l’Allemagne de l’Est sont ceux qui, en valeur absolue, ont connu le moins de croissance ces 27 dernières années. Il est dès lors normal que les citoyens qui vivent dans ces territoires se sentent abandonnés par la politique, et qu’ils expriment leur protestation par le vote. D'autant que comme on le sait, le pourcentage de pauvres (et de travailleurs pauvres – les working poors) en Allemagne a augmenté partout ces dernières années, et pas seulement à l’Est. C’est aussi le résultat du fameux « Agenda 2010 » de Schröder que Macron, à ce qu’il semble, veut aujourd’hui reproduire en France.
 
 
Dans votre livre, « Le second Anschluss » vous expliquez qu'au moment de la réunification, l'ex-RDA a été « criminalisée », que ses élites ont été écartées. Outre les problèmes économiques générés par une unification brutale, tout cela n'a-t-il pas généré également un traumatisme identitaire ?
 
Oui, c’est un autre aspect considérable et peu connu de cette affaire. L’élite, non seulement politique mais aussi scientifique et culturelle de l'ex-RDA, a été complètement évincée. Aujourd’hui encore, rares sont les professeurs des universités enseignant à l’Est qui ne proviennent pas de l’Ouest. Dans la magistrature et dans l’armée, la proportion des « Ossies » est quasi nulle. Tous les instituts et les académies de l’Est ont été liquidés en un temps record. Certains, tel le juriste et éditorialiste Arnulf Baring, sont même allés jusqu'à écrire des citoyens de l’Est qu’ils avaient été « mentalement altérés » par le « régime collectiviste », et qu’ils étaient donc devenus malgré eux un « élément freinant d’un point de vue systémique». 
 
Ces pratiques et ces propos ont évidemment contribué à engendrer dans une large frange de la population d’ex-Allemagne de l’Est, la sensation d’avoir été colonisée, et de voir mise en cause sa propre identité. Il est d'ailleurs intéressant d’observer que la population de l’Est ne partage guère l’idée - majoritaire dans le monde politique et dans les médias mainstream – selon lequel tout ce qui existait en RDA, méritait d’être éliminé. Un sondage commandé par le gouvernement à l’institut de recherche EMNID pour le vingtième anniversaire de la chute du Mur a en effet montré que 49% des habitants de l'ex-RDA approuvaient l’affirmation suivante : « la RDA avait plus d'aspects positifs que d'aspects négatifs. Il y avait des problèmes, mais on vivait bien ». Pour les « Ossies », la diabolisation de la RDA a donc largement été perçue comme une mise en cause de leur histoire personnelle et de leur identité.
 
Vous expliquez que l'unification allemande s'est faite par la monnaie, et que c'était une si mauvaise idée que le patron de la Bundesbank de l'époque, Karl-Otto Pöhl, était contre. Le même fut ensuite un farouche opposant à la mise en place de l'euro. Existe-t-il des similitudes entre l'unification monétaire des deux Allemagnes et la création de la monnaie unique européenne ?
 
Le témoignage de Karl-Otto Pöhl est très intéressant. Il était en effet opposé, en 1990, à l’unification monétaire immédiate. Celle-ci a cependant été réalisée, de surcroît au taux de 1 Deutschemark contre 1 Ostmark, alors que le taux de change réel dans les relations économiques entre les deux Allemagne était jusque-là de 1 pour 4,44. Du coup, le prix des marchandises produites en RDA s'est trouvé réévalué du jour au lendemain de 350 % ! Deux ans plus tard, Pöhl pouvait affirmer devant une commission d’enquête parlementaire que dans ces conditions « les entreprises de RDA perdraient toute compétitivité », et conclure en disant qu’on avait administré à l'Est « un remède de cheval qu’aucune économie ne pourrait supporter. » À l’époque de cette commission d'enquête, Pöhl n’était plus président de la Bundesbank. Il s’était en effet retiré en 1991, peu de temps après une audition au Parlement européen durant laquelle il avait déjà présenté l’unification monétaire allemande comme « un désastre », et déconseillé à ses auditeurs de ne pas renouveler l'erreur à l’échelon européen. Comme on le sait, il n'a pas été écouté. 
 
Mais quelles sont les ressemblances entre les deux unions monétaires ? 
 
La plus importante tient au fait qu’une monnaie n’est pas simplement une monnaie, mais intègre des rapport juridiques et sociaux. Dans le cas du Deutschemark, il s’agissait de rapports sociaux capitalistes ( ceux de la prétendue « économie sociale de marché » allemande ). Dans le cas de l’euro, il s’agit du néolibéralisme qui inspire le traité de Maastricht et qui se caractérise par l’indépendance de la Banque Centrale par rapport aux gouvernements (ce qui signifie la dépendance de nombreux gouvernements par rapport à cette Banque centrale), dont l'objet unique est la stabilité des prix ( et pas l’emploi ). 
 
En découle une compétition entre les États est fondée sur le dumping social et fiscal, où celui qui joue le jeu le premier est gagnant. Évidemment, dans le contexte d’une monnaie unique, au sein de laquelle il est par définition impossible d’ajuster les différences de compétitivité par le taux de change, la victoire qui n’admet aucune contestation. L’Allemagne a joué ce jeu avec l’Agenda 2010 de Schröder et une forte réduction des impôts sur les entreprises. Résultat : une énorme croissance de sa balance commerciale, tandis que les autre États de la zone euro étaient en déficit. Du coup dans de nombreux autres pays européens et de la même façon quoi qu’avec une intensité moindre, on a pu observer, après 2008 des phénomènes semblables à ceux qui s’étaient manifestés en Allemagne de l’Est après la réunification : chute du PIB, désindustrialisation, augmentation du chômage, déficit de la balance commerciale, augmentation de la dette publique, émigration. 
 
Les ressemblances, comme on peut voir, ne sont donc pas négligeables. Mais il y a également des différences, positives ou négatives. Dans l’eurozone, on n'a jamais vu se mettre en place la parité déraisonnable des monnaies comme ça avait été le cas entre le DM et l'Ostmark. En revanche, il n’y a pas eu non plus les transferts de fonds massifs qu’a effectués la RFA au profit de la RDA. L’opposition têtue de l’Allemagne à ce type de transferts démontre que la classe dirigeante de ce pays n’a pas retenu la leçon de l’unification d’un point de vue économique. Cette leçon est la suivante : si tu désindustrialises ton voisin, et si tu veux qu’il continue à acheter tes produits, tu dois financer sa consommation. L’Allemagne espère obtenir le beurre et l'argent du beurre, ce qui ne fait que rendre explosives les contradictions au sein de l’Eurogroupe. 
 
On a évoqué plus haut la Treuhand, l'outil créé pour privatiser à toute vitesse en Allemagne de l'Est. N'était-elle pas une sorte d'ancêtre de la « Troïka » qui a si durement sévi dans les pays d'Europe du Sud ?
 
Si, bien sûr ! La réactivation d'une Treuhand pour la Grèce fait partie du train de mesures acceptées par Alexis Tsipras durant l’été 2015. Il s’agit en substance d’exproprier une partie du patrimoine public grec (dans le cas de l’Allemagne de l’Est, il s’agissait de la totalité), et de le confier à une société fiduciaire placée sous le contrôle des créanciers. En octobre 2016, j’ai participé à un congrès à Berlin durant lequel a été mise en évidence la continuité entre les privatisations opérées par la Treuhandanstalt et les mesures imposées par la « Troïka » et l’Eurogroupe à la Grèce. Il est incroyable que ce modèle ait été de nouveau choisi vu le désastre qu’il a provoqué en ex-RDA, c'est à dire la destruction de richesses pour un montant de 900 milliards de DM de l’époque, et l'anéantissement de l’industrie de l’Est. C’est là qu’on voit à quel point il peut être funeste de d'ignorer les leçons de l'histoire. 
 
Aujourd'hui, vous qui avez écrit tour à tour sur l'Europe et sur l'Allemagne, comment voyez-vous l'avenir de ce pays, et celui de notre continent ?
 
Je ne suis pas très optimiste. L'Allemagne semble prisonnière de sa politique mercantiliste et incapable de modifier son approche. Chez les autres grands pays européens - à commencer par la France – demeure l’illusion de pouvoir la suivre sur son terrain. Il me semble que ni les classes dirigeantes allemandes ni celles européennes ne soient conscientes des immenses dégâts causés par l'idée de faire de l'union monétaire l'alpha et l'oméga de l'union politique du continent. 
 
La plus grande promesse de la monnaie unique, celle de promouvoir la convergence entre les économies, a été trahie (et il ne pouvait en aller autrement, à la lumière du contenu du Traité de Maastricht). C’est le contraire qui s’est produit. La conséquence est une instabilité structurelle de la zone euro, mais également une dégradation des relations entre pays d'Europe, un «blame game» («jeu des reproches») continu et réciproque et la fin de toute volonté de solidarité européenne. On l'a parfaitement vu hier au sujet de la Grèce, on le voit encore aujourd'hui au sujet de la crise migratoire. 
 
Voilà pour les dégâts. Quant aux risques, ils ne sont pas moindres. Le risque majeur est celui de l'explosion non coordonnée de la zone monétaire. La chose la plus raisonnable à faire serait de désamorcer cette bombe, et de le faire tous ensemble, en réfléchissant à la manière d'éliminer l'euro de la façon la moins douloureuse possible. Je constate qu'au contraire, on continue à divaguer sur un surcroît d’intégration européenne. Cette attitude est digne de ceux qui pensent que pour résoudre les problèmes d'un immeuble construit sur de mauvaises fondations il faut ajouter un nouvel étage. En général, dans ces cas-là, les choses ne se terminent pas bien. 
 

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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 08:29

Nouvel article sur les Etats-Unis, le "modèle" dont tout le monde parle, dont tout le monde rêve !

Après l'explosion de la pauvreté, voici un article de l'Express sur le droit au port d'armes qui permet à n'importe qui, psychopathe compris, de s'acheter autant d'armes qu'il le veut, tandis que des produits comme les "Kinder Surprise" sont interdits !

Solidaire

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Après l’attaque meurtrière du festival country de Las Vegas, l’absurdité des lois sur les armes américaines est une nouvelle fois mise en évidence. Il est en effet très simple de toucher une arme est très simple, mais un objet aussi anodin que la légendaire friandise de Ferrero, l’œuf Kinder Surprise, est interdit sur le sol américain. Comment l’expliquer ?

59 personnes ont été tuées à Las Vegas dimanche dernier. Un homme équipé avec un arsenal de pas moins de 23 armes dans sa chambre d’hôtel a tiré sur le public d’un concert de country music. Des armes qu’il n’a sans doute pas eu de grande difficulté à se procurer, compte tenu du Second amendement de la Constitution américaine qui autorise le port d’armes aux Etats-Unis.

Mais la loi américaine est beaucoup plus ferme en ce qui concerne l’oeuf Kinder Surprise, cette friandise en chocolat de forme ovoïde qui renferme une capsule interne contenant un minuscule jouet. Depuis 1930, il est en effet illégal d’inclure des produits non comestibles à la nourriture aux États-Unis. (La galette des rois est elle aussi concernée par cette interdiction)

En 1997, la Consumer Product Safety Commission (CPSC) a statué que cette loi s’appliquait également au Kinder Surprise. De ce fait, les Américains doivent se passer des œufs chocolatés. Bien que tout le monde soit convaincu aux États-Unis que l’interdiction des œufs Kinder Surprise est absurde, la loi reste en vigueur. En 2012, un homme a été arrêté parce qu’il revenait du Canada avec 6 oeufs Kinder dans sa voiture. L’agent des douanes avait menacé de lui infliger une amende de 2.100 euros par œuf .

Sur le site l'expresse-live

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3 octobre 2017 2 03 /10 /octobre /2017 09:52

Quand taux de chômage et taux de pauvreté ne sont pas liés.

Comme au Royaume-Uni (où certains cumulent deux boulots pour vivre !) et en Allemagne (où les chômeurs doivent accepter n'importe quel travail), le taux de chômage bas cache une réalité beaucoup moins reluisante : un appauvrissement généralisé des classes populaires.

L'article ci-dessous, du yétiblog, nous montre la réalité des chiffres aux Etats-Unis et la dégradation forte de la situation d'une majorité de citoyens de ce pays.

Et pourtant, médias et politiciens libéraux n'arrêtent pas de nous vanter les mérites des Etats-Unis, de la "dynamique" Allemagne et de sa chancelière aimée de tous, etc. ! Il ne s'agit pas de méconnaissance mais bien d'une propagande constante pour nous vendre le mythe libéral, celui d'une société où les riches seraient décomplexés et sans impôts ce qui permettrait aux autres de bénéficier à leur tour d'une croissance de leurs revenus.

La réalité, c'est que le capitalisme se moque complètement du bien-être des travailleurs comme il se moque de l'environnement et de l'avenir de la planète ! Seul compte le taux de profit et la courbe des actions !

Qu'on le veuille ou non, seule une société socialiste, débarrassée des intérêts égoïstes des possédants, est à même de réfléchir un développement économique globale, profitable pour tous et durable.

Solidaire

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Lien vers l'article : ici

On s’en doutait un peu, mais ça va mieux en le démontrant : selon un rapport de The Economic Innovation Group, la précarisation économique de la population américaine ne cesse de s’aggraver et de s’étendre.

Ce rapport, intitulé « Distressed communities », a évalué la situation économique de la population américaine selon sept critères :

  • absence de diplôme d’études secondaires
  • taux d’inoccupation des logements
  • adultes sans emploi
  • taux de pauvreté
  • revenu médian
  • évolution de l’emploi
  • changement dans les établissements d’affaires

Quatre constats impitoyables

  1. la répartition géographique entre les précaires (distressed), ceux qui sont en voie de le devenir (at risk to mid-tier) et ceux qui sont à l’abri du besoin (comfortable) est irrégulière, mais manifeste :
Répartition géographique de la richesse aux États-Unis
Répartition géographique de la richesse (ou de la pauvreté !) aux États-Unis

2. La précarisation des populations américaines a énormément augmenté depuis 2000.

Augmentation de la précarisation par États américains depuis 2000
Augmentation de la précarisation par États américains depuis 2000 (en pourcentage)

3. Le pourcentage de la population vivant en état de total détresse (distressed) diffèrent selon les États, mais peut atteindre des pourcentages impressionnants. Exemple : 43% des habitants de l’État du Mississipi sont en situation de détresse absolue.

Pourcentage de la population vivant en situation de détresse dans chaque État américain

4. 54,3% de la population des États-Unis est aujourd’hui en voie de précarisation ou en détresse. NB : vous constaterez la différence entre ce taux de précarisation et le taux officiel de chômage annoncé par les autorités américaines – 4,3% ! – ce qui en dit long sur la valeur du travail dans ce pays des « droits de l’homme ».

Répartition de la population selon la situation économique (en pourcentage)
Répartition de la population selon la situation économique (en pourcentage)
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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 08:55

Le référendum sur l'indépendance de la Catalogne est-il légitime ? Le gouvernement central espagnol a t-il eu raison de tenter d'empêcher ce scrutin ?

Les images de violences de ce week-end de référendum en Catalogne rappellent de biens tristes images, des images vues en Espagne, il y a 40 ans durant la dictature d'extrême-droite de Francisco Franco, ou plus récemment, à l'époque de la dislocation de la Yougoslavie en 1991.

Légitime ou non, ce référendum comme le contexte de débat sur l'indépendance de la riche Catalogne, ne justifient pas les violences policières organisées par le pouvoir central de Madrid, ni même les arrestations préalables de dirigeants catalans ou l'interdiction de sites d'informations républicains. Refuser de reconnaître le résultat du scrutin aurait largement suffit !

Toute cette violence, vue d'une manière unilatérale, donne du grain à moudre aux militants de l'indépendance qui peuvent se targuer d'être pacifique face à une violence de l'état espagnol.

Il faut aussi ce souvenir que ce débat qui secoue la Catalogne concerne aussi le Pays-Basque où l'on regarde avec inquiétude les événements en cours du côté de Barcelone !

Pour autant, quel est le sens de ce débat sur l'indépendance de la Catalogne ?

J'ai reçu hier soir par mail un commentaire d'un camarade communiste libertaire d'origine espagnole (comme moi). Je tenais à le partager avec vous en y apportant mes propres commentaires.

Voilà ce que m'écrit Denis :

" Toutes les chaines de télévision françaises s'expriment sur la question de l'Indépendance de la Catalogne... 
Bien entendu, n'étant pas espagnol et encore moins catalan, je n'ai aucune opinion sur la question mais je me permets cependant quelques commentaires : 
- un rappel historique : Comparer la Catalogne à un pays colonisé est méprisant envers tous les peuples du Monde qui n'ont jamais atteint le niveau de participation des élites catalanes à la vie de leurs "occupants" d'autant plus que ces mêmes élites ont largement profité de l' "Empire espagnol" et même du Franquisme après l' "épisode " (pour elles) de la Guerre civile"
- "Madrid est responsable de tous nos maux !!!!" entend-on (en castillan d'ailleurs) sur toutes les chaînes de télévision française. Sans s'attarder sur le gouvernement Rajoy, émanation des grandes puissances économiques et financières, on peut estimer qu' en cas d'indépendance, les mêmes élites contrôleront toujours le pouvoir à Barcelone. 
Et comme leur politique ne devrait pas changer fondamentalement, les problèmes devraient donc rester les mêmes. Cependant on ne pourra plus accuser Madrid, exclu des décisions, mais qui alors sera responsable de tous les maux ? Les émigrés ? Les gens du Sud ? (ceux qui parlent déjà un mauvais espagnol !), en bref les "Pas-nous-pas-nous" ?  Les "mauvais catalans" ? (ceux qui parleront de droits sociaux)...
En ce sens, l'indépendance catalane serait aussi un épisode supplémentaire du poker menteur commencé avec le débat sur le protectionnisme au XIXème siècle et dont les manches successives ont marqué, depuis, l'histoire de la Péninsule  le plus souvent au profit de possédants pratiquant à chaque fois la surenchère nationaliste pour convaincre le bon peuple de se taire et leur laisser le pouvoir.
Une dernière remarque s'impose : tout cela n'a rien d'extraordinaire et ne relève donc pas d'une grande finesse politique. Mais pratiquer ce type de raisonnement même basique à notre époque n'est pas bien vu. Il est mieux accepté de disserter sur le "droit à l'indépendance" en éludant toute question sociale.
Denis "

Mes commentaires :

Le camp nationaliste catalan comprend deux camps :

- celui de la droite catalane (Convergencia i Unio), qui a toujours été au pouvoir à Barcelone depuis le retour de la "démocratie" en 1978 et qui représente les intérêts de la bourgeoisie catalane, une bourgeoisie qui a vécu sans difficultés la période de la dictature mais qui a largement profité du boom économique de l'Espagne depuis l'ouverture des années 80, et particulièrement depuis l'entrée dans l'Union européenne ;

- celui de la gauche républicaine (Esquerra Republicana de Catalunya) qui se revendique de la République espagnole renversée en 1939 par Franco (avec l'aide de l'Allemagne nazie, de l'Italie fasciste et avec la passivité de la France et du Royaume-Uni) et qui a connu une poussée électorale depuis la crise économique du pays et l'effondrement du Parti socialiste espagnol (PSOE) ; son électorat est plus populaire.

Il y a donc deux points de vue qui se rejoignent sur un combat, celui autour de l'indépendance. Il n'est pas certain que les motivations et les intérêts soient exactement les mêmes !

Les questions posées par Denis sont importantes : à quoi sert l'indépendance ?

- A camoufler les causes de la crise économique qui touche aussi la Catalogne en mettant les responsabilités sur Madrid ou sur les régions les plus pauvres du pays ? Un égoïsme qu'on retrouve en Flandres et en Italie du nord avec les partis d'extrême-droite qui parlent là aussi d'indépendance.

- A moins que ce projet ne soit l'occasion de bâtir une Catalogne plus juste économiquement, reconnaissant le travail à sa juste valeur et, donc, pénalisant l'oisiveté des actionnaires et des banquiers ?

Il est à craindre, malheureusement, que la Catalogne indépendante reste sur un modèle capitaliste inchangée et que seule l'élite actuelle profite réellement du changement institutionnel.

Maintenant, quelle stratégie vont choisir Madrid et Barcelone ?

Le gouvernement de droite à Madrid, héritier de la droite franquiste, refuse de céder un pouce de terrain aux Catalans, tandis que les nationalistes catalans semblent pousser par une minorité qui exige la sécession sans négociation.

Espérons que la raison l'emportera et que les travailleurs de Catalogne, les Catalans comme les très nombreux immigrés de l'intérieur (Andalous, Murciens, Extremenos ou Galiciens), sachent tempérer les ardeurs des deux camps et trouver une voix qui permette à chacun de vivre en paix dans un modèle social plus favorable aux intérêts de ceux qui contribuent à créer la richesse.

Eric RUIZ, fils d'immigré espagnol dont la famille vit sur Barcelone et Gérone.

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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 08:51

Résultats contrastés aux élections législatives allemandes, bien loin des discours autour d'une supposée victoire d'Angela Merkel.

Nos médias français sont décidément parfaitement rodés au travail de propagande douce pour convaincre la population que le système politique est immuable et qu'aucune alternative n'existe en dehors d'une alternance en forces politiques qui garantissent son maintien.

En France, les élections sénatoriales ont certes montré un premier échec de la droite macroniste, face à des élus locaux confrontés à de nouvelles coupes budgétaires de l'Etat, à la suppression des contrats aidés et à la menace de disparition de la taxe d'habitation, mais ces élections ont aussi montré la capacité de rassemblement des communistes.

Ainsi, malgré une arithmétique défavorable, le groupe communiste, républicain et citoyen au Sénat (CRC) comptera 13 membres à l'issue de ces élections. 11 sénateurs ont été élus dimanche dernier et rejoignent les 2 élus dont les sièges n'étaient pas renouvelables cette année. Ces sénateurs ont recueilli sur leur candidature des voix issus de grands électeurs (élus communaux, en général) non communistes mais qui se sont reconnus dans les propositions que portaient les communistes.

Avec 13 sénateurs, le PCF et ses alliés constitue un groupe qui continuera de peser dans cette assemblée.

Pourtant, les médias ont été très silencieux sur ce sujet, au point de ne pas citer, sur une chaîne de (dés-)information en continue, de ne pas citer les 2 sénateurs communistes élus dans le département du Nord au moment de la proclamation des résultats ! 

Allemagne : victoire ou défaite de Merkel et des sociaux-libéraux ?

De même, sur les élections en Allemagne, le discours des médias était à reculons de la vérité. Tous faisaient grand cas de la "victoire" d'Angela Merkel et de la CDU-CSU ! Pourtant, les chiffres montrent un recul de 8 % de l'alliance CDU-CSU ! Une véritable déroute qui amène cette alliance au plus bas depuis la chute du nazisme !

Pour les "sociaux-démocrates", convertis au libéralisme depuis les années 90, sous Gerhard Shroder, la chute continue avec 5 % de moins lors de cette élection et tout juste 20,5 % des voix. Là aussi, un plus bas historique que les médias ont reconnu plus facilement : pour les patrons de presse, même libérale, la gauche reste et la gauche et sa défaite est toujours une bonne chose !

De ces élections, les téléspectateurs et auditeurs français ne retiendront que la percée de l'AfD, force clairement d'extrême-droite. Avec 13,6 %, c'est effectivement un résultat inquiétant qui devrait amener les dirigeants de toute l'Europe à se remettre en question sur les conséquences de leurs politiques respectives : aujourd'hui, seule la péninsule ibérique semble épargnée par le retour de la peste brune !

L'autre nouvelle venue d'Allemagne, c'est la nouvelle poussée de la gauche radicale. Die Linke obtient 9,2 % des voix et progresse de 0,6 point, surtout en ex-Allemagne de l'Ouest.

Avec 69 parlementaires, Die Linke gagne 5 parlementaires et pèsera d'autant plus dans les débats nationaux.

Mais de cela, vous n'entendrez pas parler !

Sénatoriales ou élections allemandes, la désinformation est à l'oeuvre.

Comme autour du mouvement social naissant, que les médias s'efforcent d'enterrer de peur qu'il ne prenne de l'ampleur, l'objectif est immuable : pousser à la résignation, amener les Français à courber l'échine et à accepter le libéralisme et ses conséquences sur la précarisation de la société comme des des fatalités avec lesquelles il faut vivre.

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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 10:48

Une contribution au débat sur la place du nucléaire en France.

L'exemple allemand se révèle faux : les énergies renouvelables s'avèrent incapables de remplacer les énergies fossiles ou le nucléaire, faute de vent ou de soleil (selon les périodes).

L'Allemagne achète de l'énergie à l'étranger, pour compenser, ou utilise... du gaz, autre énergie fossile carbonée, pour remplacer le charbon !

Moralité : l'Allemagne augmente sa production de gaz à effet de serre !

Que cela ne nous empêche pas de poursuivre nos recherches pour améliorer la productivité des énergies renouvelables ! Mais, pour l'instant, elles ne sont pas en capacité de remplacer le nucléaire en France.

Une autre solution consisterait à investir massivement dans les réductions de la consommation énergétique : tout le monde pense aux habitations, voire aux automobiles, mais qui se pose la question de :

  • la croissance du trafic aérien et de la pollution (et le bruit) produites par les avions (avec Notre Dame des Landes comme modèle !) ?
  • de la baisse du trafic ferroviaire de marchandises (le culte du tout camion !) ?
  • de l'affaiblissement du trafic fluvial (les péniches) économe en énergie ?
  • ou de la pollution énorme des paquebots de croisière (un paquebot produit autant de particules fines que 1 000 000 de voitures !) ?

Solidaire

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On cite souvent en exemple l’Allemagne pour la réussite de sa transition énergétique... Voici quelques citations issues d’un document bilan de l’année 2016 d’un organisme allemand très favorable à la transition énergétique (Agora Energiewende, initiative de la fondation européenne du climat)

Elle nous confirme que malgré les énormes investissements réalisés en photovoltaique et éolien, leur contribution est très variable et pour la grande majorité des jours, très loin de pouvoir assurer la réponse à la demande...
Et s’il y a du soleil en été... il n’y a malheureusement le plus souvent que peu de vent...

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et à l’inverse, si le vent fait tournée les éoliennes en hiver, en tout cas certains jours... il y a peu de soleil !

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Les principaux messages de cette présentation à travers les titres traduits en Français

- Mix électrique 2016 : les renouvelables atteignent leur plus forte part, le gaz est le grand gagnant, le charbon le grand perdant... [1]

- Production électrique 2000-2016 : les renouvelables x5, baisse de moitié du nucléaire, les énergies fossiles restent constantes [2]

On comprend donc que la transition énergétique allemande n’a pas réduit d’une tonne les énergies fossiles et que les énormes investissements en renouvelables ont en fait remplacés de l’énergie nucléaire... non carbonée !

- Les changements de 2015 to 2016 : Augmentation des renouvelables (+4%), mais d’abord du gaz (+16%), baisse du charbon, du nucléaire et de la demande [3]

- La production électrique atteint de nouveaux sommets alors que la consommation baisse... 8,6% de l’électricité en 2016 est partie dans les pays voisins, principalement de l’énergie électrique du charbon [4]

Bref, en tendance sur 10 ans, confirmée en 2016, c’est que le gaz est le grand gagnant de la transition énergétique allemande, qui revend de l’électricité carbonée et remplace du nucléaire par de l’ENR et du gaz, sans baisser ses consommations fossiles...

Tout cela avec des investissements en ENR énormes pour une production qui stagne en 2016...La faiblesse du vent et du soleil en 2016 conduisent à une baisse du solaire électrique (-0.4TWh), et de l’éolin terrestre (-4.1TWh), remplacé par de l’éolien maritime (+4.7TWh), de l’hydrogène (+1.5 TWh) et de la biomasse (+1 TWh)

Mais il y a pourtant eu 6GW de capacités ENR nouvelles introduites en 2016... 
- Eolien terrestre : +4.3 GW pour une baisse de -4100 GWh de production 
- Solaire : +1 gigawatt pour une baisse de -400GWh de production 
- Biomasse : +40 MW installés pour une augmentation de production de 1000 MWh... Efficacité bien faible puisque la production correspond à ... 25h de fonctionnement

La traduction économique est évidente...les prix augmentent, et notamment parceque les taxes qui financent les ENR (l’équivalent de la CSPE en France) continuent à croitre... (+0,53c/KWh... ). Ces taxes qui représentaient 33% du coût total de l’électricité allemande en 2011 en représentent désormais 70% !

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Et pendant ce temps, les émissions de gaz à effet de serre de l’Allemagne ont augmenté de 8 millions de tonnes équivalents CO2... Pour atteindre l’objectif officiel de 2020, dans 3 ans, il faudra réduire les émissions de 41 millions de tonnes par an... la transition énergétique est encore à faire !

Le débat est ouvert... et la comparaison France-Allemangne n’est pas forcément ce qu’on dit médiatiquement...

production199019952000200520102015
autre30,126,828,536,135,533,3
gaz35,941,149,272,789,378,5
lignite170,9142,6148,3154,1145,9150
charbon140,8147,1143,1134,1117110
nucléaire152,5154,1169,6163140,684,9
ENR19,725,137,962,5104,2191,4
total549,9536,8576,6622,5632,5648,1
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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 14:42

Loin des présentations partiales des médias, dignes de la pire des propagandes, le Venezuela de Nicolas Maduro est confrontée à une situation comparable à celle qui précédât le coup d'Etat contre le président chilien, Salvador Allende, en 1973.

Ce week-end, les médias français annonçaient qu'une poignée de militaires avait tenté de prendre d'assaut une base militaire proche de Caracas. Une information qui pouvait laisser penser à une fracture au sein de l'armée bolivarienne malgré l'étrangeté de l'information : en effet, comment une quarantaine de militaires pouvait-elle penser pouvoir vaincre une caserne entière ? Selon les autorités vénézuéliennes, il s'agirait en fait de civils se faisant passer pour des militaires, une version plus crédible que celle présentée par les journalistes français. L'objectif de ces civils était, sans nul doute, de pousser à la rébellion d'autres militaires, des vrais, ce coup-ci !

Cette attaque, après des semaines d'émeutes violentes, fait partie d'une longue liste d'événements successifs dont la logique et le timing rappelle les événements qui ont précédé le coup d'état du général Pinochet, au Chili, et l'assassinat du président socialiste Salvador Allende, le 11 septembre 1973.

Au Venezuela comme au Chili, les élections ont amené au pouvoir des chefs d'état progressistes, portant une politique sociale, basée sur une nationalisation des principales industries : le pétrole au Venezuela, le cuivre au Chili.

Dans ces deux pays, bien évidemment, ces nationalisations et les politiques redistributives qui se sont mises en place, ont fortement touché les intérêts des classes dominantes et des multinationales minières, notamment nord-américaines.

L"Histoire du Chili nous a montré l'éventail des mesures et des actions que peuvent mettre en place les possédants, aidés des Etats-Unis et de leurs alliés, pour créer un contexte de crise économique et sociale, favorable à la montée d'un mécontentement populaire : création de pénuries en produits de base, grève des transporteurs, manifestations médiatisées d'une "opposition" interne issue des beaux quartiers, etc.

Le Venezuela d'aujourd'hui vit un scénario comparable, avec les moyens de communication d'aujourd'hui. On peut reprendre les actions mise en oeuvre sous Allende par le patronat et la bourgeoisie au Chili et les transposer à ce que connait aujourd'hui le Venezuela de Maduro.

Mondialisation médiatique oblige, pour camoufler la réalité aux populations européennes, nos médias (privés pour leur immense majorité) véhiculent l'idée d'une contestation majoritaire, confrontée à la répression d'un gouvernement minoritaire.

Bien évidemment, c'est faire peu de cas de la réalité des faits ! Nos médias ne parlent jamais des rassemblements massifs en faveur du gouvernement, comme récemment, les centaines de milliers de citoyens qui ont accompagné les députés de la nouvelle assemblée constituante. Nos médias ne parlent jamais des assassinats de responsables politiques du camp chaviste, ni de ceux des policiers ou contre-manifestants favorables au gouvernement ! Seuls une poignée de forces politiques (communistes, insoumis,...) présentent une analyse proche du camp progressiste vénézuélien sur la pénurie organisée par les grands groupes privés de distribution et les industriels !

Même la présentation de Nicolas Maduro tend désormais à le glisser dans la catégorie des dictateurs méchants : les dictateurs gentils étant pourtant légion dans le camp occidental comme dans le Golfe, aux Philippines, ou en Afrique !

La manipulation des faits, pour présenter le Venezuela comme une dictature, va jusqu'à taire la réalité sur les médias locaux, télévisions, radios et journaux, qui sont dans leur immense majorité aux mains des groupes privés qui dénoncent le pouvoir en place et organisent les manifestations ! C'est cette réalité qui a mené à la création de Telesur par Hugo Chavez : apporter une vision favorable au mouvement bolivarien dans un océan de médias favorables au camp capitaliste.

Aujourd'hui, la fiabilité de l'armée vénézuélienne limite les risques de coup d'état dans ce pays.

Le chaos intérieurs et les menaces extérieures des puissances capitalistes, des Etats-Unis et de l'Union européenne surtout, semblent les armes que veulent employer les partisans du retour en arrière pour ramener au pouvoir au Venezuela une oligarchie favorable au libéralisme et aux intérêts des multinationales.

Les communistes et les progressistes doivent assurer publiquement et fortement leur soutien au peuple vénézuélien dans ce contexte dangereux pour ses droits démocratiques et sociaux.

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 09:03

L'oligarchie capitaliste peut renverser le gouvernement bolivarien. Tous les indicateurs montrent que c'est une guerre sociale qui ravage le Venezuela et que le Président Nicolas Maduro et le PSUV ont besoin de notre soutien.

 
Venezuela : C'est une guerre sociale qui déchire le pays
 
La révolution bolivarienne n'a jamais eu la sympathie des médias français et européen. Même du temps de Hugo Chavez, nos caciques politiques et médiatiques criaient à la dictature. Aujourd'hui nous sommes à la veille d'un coup d'état. 
Retour sur une situation d'instabilité. 

Organiser des pénuries et saboter l'économie 

Il aura fallu deux éléments pour déclencher la guerre sociale : 
  1. La victoire de Nicolas Maduro contestée par l'opposition soit-disant démocratique du MUD. Les résultats étaient serrés, mais les élections municipales, quelques temps après, ont confirmé la victoire du PSUV. 
  2. La chute des cours du pétrole. Ce pétrole est la richesse du peuple du Venezuela, et toutes les politiques du gouvernement bolivarien s’appuient sur les rentrées financières pour construire le socialisme du XXIème siècle. Sauf que s'appuyer sur une activité économique est très dangereux. 
Pour l'opposition dirigée par les oligarques capitalistes revanchards, toutes les conditions sont réunies pour renverser le gouvernement. 
La Table d'opposition démocratique (MUD), jouissant d'un fort appui international (un décret de Barack Obama faisant du Venezuela "une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis" et l'arrivée à la tête de l'Organisation des Etats américains (OEA) d'un inconditionnel de Washington, l'Uruguayen Luis Almagro) a lancé une offensive de guérilla urbaine en 2014 sous le nom explicite de la Salida (la sortie) et, en l'absence de résultat tangible (hormis 43 morts et plus de 800 blessés!), accentué une "guerre économique" destinée à déstabiliser le pays. 
Cette "guerre économique" remporte un succès certain. Des pénuries sciemment organisées d'aliments, de médicaments et de produits de première nécessité, pousse une partie des électeurs "bolivariens" a sanctionner le pouvoir, rendu responsable du chaos, en permettant, plus par abstention que par adhésion, une victoire de l'opposition lors des législatives de décembre 2015 (sachant que le PSUV réalisait son meilleurs score électoral depuis sa fondation). 
Cette nouvelle Assemblée va tenter, par tous les moyens, notamment anticonstitutionnels, de renverser le pouvoir. Face à la résistance du Président Maduro, l'opposition lance de grandes manifestations violentes pour déstabiliser le pouvoir.
 
Venezuela : C'est une guerre sociale qui déchire le pays
Médiatiser les manifestations de l'opposition et manipuler les images 

On est loin de l'image de jeunes pacifistes réprimés, le Venezuela est victime d'un mouvement organisé et violent de déstabilisation. L'opposition (qui contrôle la majorité des médias et dispose du soutien des chancelleries occidentales) organise des assauts et des meurtres en tout impunité. 
Plus de 100 personnes sont décédés dans ces affrontements et un nombre important (la majorité) sont des militants du PSUV qui ont été torturés puis exécutés et des policiers abattus par les manifestants "pacifistes". De plus il faut poser la question de savoir d'où viennent les armes utilisées par les manifestants ? L'armée étant fidèle à la révolution, ces armes viennent de pays complices des violences, lesquels et par où ?.
 
Venezuela : C'est une guerre sociale qui déchire le pays
D'ailleurs les images des manifestants de l'opposition ressemblent, à s'y méprendre, aux soit-disant manifestants pacifiques Ukrainiens lors du putsch fasciste de EuroMaïdan de 2014. 
Malgré les appels, nombreux, répétés, à la paix et au dialogue du Président Maduro, l'opposition n'a jamais donné suite, elle ne veut pas discuter, elle veut le pouvoir et reprendre la main sur le pays et son précieux pétrole. 

Organiser un semblant de démocratie alternative et appeler à l'aide la communauté internationale 

Les dirigeants putschistes, comme Leopoldo Lopez emprisonné pour avoir organiser des émeutes violentes en 2015, sont hissés en figure de martyr et des appels internationaux sont diffusés pour dénoncer la dictature chaviste. 
Des images manipulées de manifestations montrent la répression gouvernementale, mais taisent les meurtres de militants socialistes, où les attaques contre des bâtiments publics vénézuéliens (Tribunal suprême de justice, télévision publique ...). 
L’opposition se coordonne à l’extérieur en s'appuyant sur la funeste OEA (Organisation des États américains) qui avait exclus Cuba en 1961 et jusqu'en 2009 (La raison de son exclusion est que l'établissement d'un système communiste était considéré comme incompatible avec le système inter-américain, car il brisait l'unité et la solidarité du continent) et qui est dirigée par Luis Almagro, un ancien ministre des affaires étrangères uruguayen, connu pour être un opposant au socialisme bolivarien depuis 2014. 
Au sein de l'OEA, les pays caribéens et socialistes (membre du l'ALBA) ont rejeté les attaques contre le Venezuela. L'Amérique Latine est divisée, Washington rendre dans la danse pour imposer son pouvoir, c'est le retour de la "doctrine Monroe".
 
Venezuela : C'est une guerre sociale qui déchire le pays
 
Les Etats-Unis agissent pour renverser la révolution socialiste 

C'est le retour de la doctrine Monroe (qui fait des Amériques une terre contrôlée par les USA depuis le "corollaire" de Théodore Roosevelt). Les Etats-Unis tentent de nouveau une offensive pour renverser la révolution socialiste. 
Le président des Etats-Unis, Donald Trump a émis un bref communiqué assurant que son Gouvernement appliquera « de fortes et rapides mesures économiques » contre le Venezuela si la président Nicolás Maduro convoque l'Assemblée Nationale Constituante (ANC). 
Il a fait cette annonce le lendemain du jour où l'opposition a organisé un plébiscite pour condamner l'Assemblée Nationale Constituante, plébiscite dont les résultats ont été fortement remis en question par le Gouvernement. 
Il y a 1 mois, le secrétaire d'Etat nord-américain Rex Tillerson avait prévenu que Washington préparait une « liste très forte d'individus » du Gouvernement bolivarien qui seraient sanctionnés par la Maison Blanche. Auparavant, le Trésor avait sanctionné plusieurs magistrats du Tribunal Suprême de Justice (TSJ) et le vice-président exécutif, Tareck El Aissami.
 
Venezuela : C'est une guerre sociale qui déchire le pays
Tenir et soutenir 

Le 30 juillet 2017 sera une date décisive pour l'avenir du Venezuela. Des élections législatives constituantes doivent se dérouler pour mettre fin au blocage institutionnel et économique du pays. 
L'opposition, avec le soutien et les menaces des Etats-Unis, refuse ce processus légal, démocratique et constitutionnel. 
A l'heure actuelle, les militants du PSUV doivent tenir et nous, nous devons les soutenir. Le Venezuela et la révolution ont besoin du soutien des communistes français. 
Il faut pas tomber dans le leurre de l'anti-Maduro agité par quelques militants aigris (ils se reconnaîtront) face aux menaces d'interdiction du PCV. Le PCV est victime d'une loi adoptée en 1965 par un régime politique qui n'avait rien à voir avec le socialisme bolivarien et qui visait le contrôle de l'activité politique. Aujourd'hui l'Assemblée nationale, contrôlée par la droite, ne va pas changer la loi et l’intérêt des communistes est de soutenir la constituante pour pouvoir refaire la loi.
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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 14:43

Un petit contre-pied de l'actualité française, en oubliant un temps l'élection présidentielle, et en refusant de sombrer dans la panique organisée après la nouvelle agression islamiste sur Paris.

Cet article sur le Venezuela peut paraître éloigné des réalités françaises. Finalement non !

Les pratiques des Etats-Unis et de leurs vassaux dans les pays considérés comme rebelles, ou la manipulation de l'information par les médias, pour transformer les faits dans le sens des intérêts impérialistes, sont des techniques de communication et de manipulation des opinions publiques qui pourraient, un jour, toucher la France si un gouvernement progressiste arrivait aux affaires.

Solidaire

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Dans le court terme informe et fébrile qui constitue l’horizon mental du consommateur d’actu européen, défile à toute vitesse le film « Venezuela ». Depuis quatre ans, les causes de la guerre économique lancée contre le gouvernement bolivarien sont remplacées par leurs effets, pour en rejeter la responsabilité sur… le gouvernement bolivarien. Plus amusant : ce 30 mars 2017, les grands groupes médiatiques habillés de papiers journaux comme « la Libre Belgique » diffusent la vulgate mondiale d’un « coup d’Etat du président Maduro ». Cette transformation du réel en son contraire par les médias de droite – majoritaires au Venezuela – et par leurs commanditaires internationaux, est tellement énorme et constante qu’elle indiffère la majorité de la population concernée.

L’architecture de la séparation des pouvoirs au Venezuela ressemble à celle de la France, mais en moins monarchique : le pouvoir juridique, législatif et exécutif s’équilibrent de manière plus subtile. Dans ce cas le Tribunal Suprême de Justice a décidé d’assumer les fonctions de l’Assemblée Nationale tant que sa majorité de droite continuera à ignorer les verdicts de la justice – par exemple sur les élections frauduleuses de certains de ses députés – ou de reconnaître les institutions démocratiques – ses députés viennent d’appeler à l’intervention extérieure contre le gouvernement issu des urnes. Comment l’Europe, possédée par les médias, pourrait-elle en être informée ? Comment pourrait-elle faire autre chose que croire au storytelling de la puissance qui veut détruire la démocratie participative du Venezuela avec un arsenal économico-médiatique bien plus puissant que celui qui détruisit le socialisme de Salvador Allende ? « Les médias font passer les coups d’Etat modernes comme étant une défense de la démocratie » explique l’ex-rédacteur en chef du Monde Diplomatique Maurice Lemoine (1).

La voix de Haïti, première république libre d’Amérique Latine, qui vient de s’élever au sein de l’OEA (organisme connu par les historiens pour ses appuis aux interventions de Washington en Amérique Latine) a valeur de rappel moral. Si tant est qu’on peut encore l’entendre au fond de la caverne de Platon.

Thierry Deronne, Venezuela, 30 mars 2017

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Discours prononcé par Harvel Jean-Baptiste, Ambassadeur de Haïti auprès de l’OEA, le 29 mars 2017

Monsieur le Président,

L’Organisation des États américains dont Haïti est membre fondateur depuis sa création en 1948, reconnaît, avec l’entrée en vigueur de sa charte en 1951, quatre langues officielles de travail, dont l’anglais, l’espagnol, le portugais, et le français, qui est également l’une des langues officielles de la République d’Haïti.

Nous considérons que c’est un manque de respect vis-à-vis de la République d’Haïti, lorsque le Secrétaire général s’autorise de faire circuler un rapport qui concernerait une situation dans la région, sans se donner la peine de nous en faire avoir copie dans notre langue officielle qui est aussi, je le répète, l’une des quatre langues officielles de l’organisation.

Sur cette base, la République d’Haïti voudrait demander qu’il soit noté dans les procès-verbaux de ce Conseil permanent, que nous considérons ledit rapport du secrétaire général Luis Almagro concernant une situation au Venezuela comme une rumeur, car nous n’en avons pas pris connaissance selon les normes tracées par l’organisation.

Toutefois, cette rumeur nous préoccupe profondément et à plus d’un titre. Il est surprenant que le secrétaire général, Luis Almagro, recommande la suspension du Venezuela dans l’organisation et exige des « élections générales sans délai et à tous les niveaux » dans ce pays. (1)

Monsieur le Président,

Face à de tels agissements du secrétaire général, la situation est plus que grave pour notre Organisation. Avec de telles recommandations, le secrétaire général n’a pas seulement outrepassé ses prérogatives, il a aussi voué un mépris inadmissible aux principes fondamentaux consacrés dans la charte de l’organisation.

En effet, nous devons rappeler que, selon l’article premier de la Charte de l’OEA, « aucune disposition ne l’autorise à intervenir dans des questions relevant de la juridiction interne des Etats membres ».

De même, selon l’article 2 et 3 de la charte, l’OEA se donne pour principes d’ « encourager et consolider la démocratie représentative dans le respect du principe de non-intervention ainsi que « le respect de la souveraineté et de l’indépendance des Etats ».

Dans ces conditions, nous sommes absolument consternés devant le fait que le secrétaire général de l’OEA peut seulement songer à appeler à « la convocation d’élections générales sans délai et à tous les niveaux » dans un État membre de l’organisation ayant un président en fonction dont le mandat court jusqu’à 2019 !!! (1)

Monsieur le Président,

Le moment est grave. Il dépasse de loin la question du Venezuela. Les agissements du secrétaire général fragilisent notre organisation. Ses actes ne nous rassurent pas du tout pour ce qui concerne la paix et la stabilité dans la région. Si nous laissons le secrétaire général, comme il le fait, s’immiscer sans réserve dans les affaires internes d’un pays et au détriment du principe du respect de la souveraineté des Etats, bientôt Haïti et d’autres pays de la région seront eux aussi victimes de cette même dérive de l’organisation.

Monsieur le Président, Mes chers collègues,

Vous n’êtes pas sans savoir que mon pays, Haïti, est l’un des pays ayant connu une difficile transition vers la démocratie. L’expérience d’Haïti nous enseigne qu’il ne saurait y avoir ni promotion ni protection de la démocratie dans un pays à coups de sanctions. Nous devons donc tirer leçon de l’expérience haïtienne. Seuls le dialogue, la recherche du compromis, la médiation non partisane et sans ingérence, peuvent protéger et promouvoir la démocratie dans la région. Nous profitons à cet effet de l’occasion pour remercier le Conseil permanent de l’OEA, pour le rôle médiateur qu’il a joué sans ingérence et sans menaces de sanctions, dans les négociations haïtiano-haïtiennes qui ont abouti au dénouement heureux du processus électoral en Haïti.

Force est alors de constater que les sanctions ne sont pas la solution.

De ce fait, il est impératif de défendre l’OEA contre toute instrumentalisation qui peut en être faite au détriment des intérêts d’un Etat membre. Ainsi notre appui au Venezuela relève-t-elle fondamentalement d’une question de principe. Si nous autorisons la menace de ce coup d’Etat maquillé contre le gouvernement élu du Venezuela, nous ne pourrons pas empêcher qu’on en fasse de même, à l’avenir, contre d’autres pays des Amériques.

Dans cette perspective, ce qui se passe à l’OEA en cet instant même, augure des jours sombres pour l’Organisation hémisphérique et pour notre région. L’Organisation des Etats Américains n’a jamais été aussi divisée. La convocation d’une réunion du Conseil permanent pour débattre de la situation d’un Etat-membre, sous la menace de suspension de cet Etat, et en cherchant à pousser vers des élections anticipées contre un Président élu, tout cela nous fait craindre la mise en œuvre d’un agenda qui ne correspond ni à l’esprit ni à la lettre de la Charte de notre organisation.

Face à cet agenda qui ne peut que fragiliser l’organisation, la délégation haïtienne voudrait soutenir que la meilleure solution reste et demeure la voie du dialogue. Nous supportons le dialogue et la négociation entre les acteurs vénézuéliens eux-mêmes afin de trouver une issue à la situation politique dans leur pays. Nous soutenons également toutes les formes de médiation non partisane, qui respectent les principes de la souveraineté des Etats et qui croient que, comme nous l’a enseigné l’expérience haïtienne, la solution définitive ne peut venir que des acteurs eux-mêmes, dans le respect des principes constitutionnels qui régissent la vie politique interne du pays. Je vous remercie.

Source : http://www.lenouvelliste.com/article/169601/oea-venezuela-la -position-dhaiti

Notes

1 – Le Venezuela, depuis la révolution bolivarienne, a organisé un nombre record de scrutins (une vingtaine) en 18 ans, reconnus comme transparents par les observateurs de l’Union Européenne, de l’Organisation des États Américains ou de l’Association des Juristes Latino-américains. Selon l’ex-président du Brésil Lula da Silva, il s’agit d’un “excès de démocratie”. Pour Jimmy Carter qui a observé 98 élections dans le monde, le Venezuela possède le meilleur système électoral du monde. En mai 2011 le rapport de la canadienne Fondation pour l’Avancée de la Démocratie (FDA) a placé le système électoral du Venezuela à la première place mondiale pour le respect des normes fondamentales de démocratie.
2 – Maurice Lemoine, Les enfants cachés du général Pinochet (précis de coups d’Etat modernes et autres tentatives de déstabilisation), Don Quichotte, Paris, 2015

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 12:54

L'arrivée au pouvoir au Portugal de la gauche plurielle (Parti socialiste au gouvernement avec le soutin du Parti Communiste Portugais, des Verts et du Bloc de gauche) avait irrité les chantres de l'orthodoxie budgétaire. Un an et demi plus tard, ce pays fragile de la zone euro affiche un déficit public au plus bas depuis 1974 et rentre dans les clous de Bruxelles.

Même si cette politique n'est pas une claire rupture avec les règles de l'orthodoxie européenne, elle montre qu'il y a des marges de manoeuvres pour une politique alternative même dans ce cadre ! Imaginez ce qu'il serait possible de faire en refusant les règles bruxelloises !

Solidaire

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Portugal : la gauche anti-austérité a divisé le déficit par deux
 
Après avoir divisé par deux le déficit en 2016, à 2%, le Portugal compte le ramener à 1,5% cette année, puis 1% en 2018 avant de viser l'équilibre budgétaire en 2020: ce pari ambitieux figure dans le programme de stabilité adopté jeudi que Lisbonne s'apprête à envoyer à Bruxelles. 

Si le Portugal est encore loin de l'excédent budgétaire affiché par l'Allemagne, il a de quoi faire pâlir d'envie nombre de ses voisins, l'Espagne enregistrant un déficit de 4,5% du PIB en 2016 et la France ratant de peu son objectif avec 3,4%. 

Une politique de relance 

Qui plus est, le Premier ministre socialiste Antonio Costa a réussi le tour de force de juguler les déficits tout en redonnant du pouvoir d'achat aux Portugais, en augmentant le salaire minimum et les prestations sociales. 

«Nous avons eu l'occasion unique d'en finir avec la théorie selon laquelle l'Europe est condamnée à un avenir fait uniquement d'austérité. Le modèle portugais est une recette exportable dans tout le continent», a assuré le ministre des Finances Mario Centeno. 

Cette rigueur dans les comptes a toutefois du mal à passer auprès des alliés du gouvernement minoritaire, le Bloc de gauche appelant les socialistes à «défier la Commission européenne» et le Parti communiste dénonçant «la soumission au diktat de Bruxelles». 

La fin des mesures de rigueur 

Mis en selle en novembre 2015 grâce à une alliance inédite avec la gauche radicale, Antonio Costa a détricoté nombre de mesures de rigueur adoptées par la droite après l'appel du pays à une aide financière internationale en 2011. 

Le gouvernement est ainsi revenu en partie sur la privatisation de la compagnie aérienne nationale TAP, a mis fin aux surtaxes sur les revenus et instauré le retour aux 35 heures dans la fonction publique. 

Pour faire passer pour la première fois son déficit en dessous de la barre des 3% fixée par Bruxelles, le Portugal a dû tailler dans l'investissement public, en chute de 30% en 2016. 

«A court terme, les perspectives de l'économie paraissent radieuses. Mais à la longue, il sera difficile de répondre aux attentes des Portugais, car les coupes dans les dépenses nuiront à la qualité des services publics», s'inquiète le professeur d'économie Joao Duque. 

Optimiste, le gouvernement a revu à la hausse jeudi sa prévision de croissance qui est passée à 1,8%, contre 1,5% auparavant, à l'unisson avec la Banque du Portugal. 

Tirée par les exportations, la croissance a bénéficié du boom du tourisme au Portugal, qui a encore battu tous les records en 2016, avec des recettes de 12,7 milliards d'euros. 

Des emplois dans le tourisme 

Et le tourisme a fourni un quart des emplois créés en 2016 au Portugal, dont le taux de chômage est descendu à 10%, au plus bas depuis 2009. 

Du coup, l'état de grâce du gouvernement de gauche perdure, avec 63% d'opinions favorables ou très favorables, contre 25% d'insatisfaits, selon un sondage de l'Université catholique. 

«Ma situation s'est améliorée avec ce gouvernement. Avant j'avais 400 euros de pension d'invalidité par mois, maintenant je gagne 15 euros de plus», témoigne José Santos, 57 ans, un ancien maçon. 

Un avis qui n'est pas partagé par tous: «Il n'y a pas d'argent, mais les centres commerciaux sont pleins, les gens vivent à crédit et s'achètent des Mercedes. Un jour, ils ne pourront plus payer», s'alarme Jorgeta Guerra, 46 ans. 

Car même si le Portugal est bien parti pour sortir de la procédure de déficit excessif, il croule sous une dette publique de 130,4% du PIB. Et ses taux d'emprunt à dix ans frôlent régulièrement la barre des 4%, nettement au-dessus de ceux d'Italie ou d'Espagne. 

CNEWS Matin
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Published by Solidaire - dans Dans le Monde
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