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Présentation

  • : Andrée OGER, conseillère départementale communiste de Saint André de l'Eure
  • Andrée OGER, conseillère départementale communiste de Saint André de l'Eure
  • : Andrée OGER est maire honoraire de Croth, conseillère départementale de Saint André de l'Eure et chevalier de la Légion d'Honneur.
  • Contact

Rendez-vous

Fête de l'Huma 2016

Vendredi 10, samedi 11 et dimanche 12 septembre
Parc du Bourget
3 jours : 35 €
    

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Salaires et pensions à la traîne, prix et loyers en hausse, profits et actionnaires qui explosent...

 

Front Uni 

contre la vie chère !

   

Campagne de pétition lancée par le PCF

pour exiger de meilleurs salaires, une hausse des minimas sociaux,

 pour exiger des baisses de TVA, un blocage des prix et des loyers

pour taxer les profits et le grandes fortunes
  

Demandez la pétition !

Signez la en ligne sur le site de la Fédération euroise du PCF : www.27.pcf.fr !

Participez au rassemblement devant Bercy (ministère des finances), vendredi 3 juin à 15 h !

Campagne contre la vie chère - affiche PCF 2011
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Contre la privatisation de La Poste !

Les communistes adhèrent au Comité Départemental de Défense de La Poste
(cliquez sur l'image !)  


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CRISE : que proposent les communistes ?







 

"Sarkozy a été élu par des pauvres qui se lèvent tôt pour aller faire la fête avec des riches qui se couchent tard".
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 Des idées, des vidéos, des sondages sur le site www.sortirdelacrise.tv 
 
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Texte libre

Je définirais la mondialisation comme la liberté pour mon groupe d’investir où il veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possibles en matière de droit du travail et de conventions sociales.

P.Barnevick, ancien président de la multinationale ABB. 

Pour moi, un réactionnaire c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui trouve que c’est dans l’ordre naturel des choses. Un conservateur, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui pense qu’on n’y peut rien. Un progressiste, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui trouve que c’est injuste. Un communiste, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui est prêt à faire pour eux ce qu’il ferait pour ses propres enfants.

Ibrahim,
Cuba, un soir lors d’une conversation inoubliable.

 

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« La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste.
La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique »

 

Karl MARX 

 

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Nouvelles permanences d'Andrée OGER :

 

 

 

Vous pouvez prendre rendez-vous avec Andrée OGER en contactant son secrétariat au 02.32.31.96.25

 

- Mairie de Saint André : les lundis de 17 h à 19 h

- Salle des Fêtes d'Ezy-sur-Eure: les vendredis de 17 h à 19 h

 

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Dernier tract des communistes
du sud de l'Eure

 (cliquer sur l'image)

 

  Tract St André Septembre 2013 - Recto

 Tract St André Septembre 2013 - Verso

 

 

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Ebuzzing - Top des blogs - Société

12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 10:35

Alors que les signes d'incivilité gagnent toute la population, renforçons consciemment les signes de solidarité.

Pour une fois, voici un article qui ne traite pas d'un sujet d'actualité ! Il s'agit plus d'un ressenti, inquiétant, et d'une volonté de faire réagir.

Quelque part, aborder la question de l'incivilité est une question fortement politique. L'incivilité, quelle que soit son échelle, est un signe de la dégradation des rapports sociaux dans notre pays, d'une montée d'un individualisme qui amène, lentement, certains à ne pas prendre en considération "l'autre", ses droits et parfois aussi, malheureusement, sa vie.

Je parle bien d'incivilité, pas de délinquance.

L'incivilité, c'est le fait de ne pas respecter les règles du vivre ensemble qui font la cohérence d'une société pour des individus intégrés socialement. La délinquance, c'est déjà se mettre hors-la-loi volontairement.

L'incivilité, ce n'est pas que de rouler à 100 km/h en ville ou de faire du bruit dans un hôpital.

L'incivilité se niche partout, comme chez beaucoup d'automobilistes qui n'utilisent plus leurs clignotants, 54 % selon une étude récente !  Seul sur la route, l'automobiliste considère inutile de prévenir les autres automobilistes d'un changement de direction. C'est un signe manifeste d'égoïsme individualiste ! Qui n'a pas pesté contre un conducteur qui n'indique pas sa direction à un carrefour ou un rond-point, provoquant un coup de frein, une manoeuvre d'évitement de la part de la voiture qui suit ?

Pour certains, il s'agira d'une "petite" incivilité, mais, dès lors qu'une majorité ne respecte plus un aspect du "vivre ensemble", certains considèrent qu'ils peuvent encore moins le respecter.

Idem avec les places handicapées, parfois même squattées par des personnes valides qui ont emprunté la carte d'un proche pour pouvoir abuser de ces places !

Hors la voiture, l'incivisme, c'est jeter ses papiers et mégots par terre, c'est détourner le regard en caisse prioritaire lorsqu'une femme enceinte ou une personne handicapée se présente, histoire de ne pas céder sa place, c'est ne pas secourir une personne qui tombe, qui fait un malaise, en passant à côté, comme si on avait rien vu,..

Toutes ces formes d'incivilité, et toutes celles que je ne cite pas, sont des signes inquiétants d'une société où chacun oublie l'autre, où seul compte sa petite personne, et éventuellement ses proches immédiats.

Comment s'étonner alors que certains, notamment chez les jeunes, vont encore plus loin dans l'incivilité quand tant d'adultes et de séniors socialement inserrés ne respectent plus le code de la route ou le minimum de correction vis-à-vis d'autrui ? Ne devrions-nous pas montrer l'exemple ?

Cette dégradation du respect de l'autre amène doucement à la violence banalisée comme le montrent de récentes scènes de violence au volant à Paris (un automobiliste, arrêté à un feu pour passer un coup de fil en poignarde un autre), dans la Marne (un conducteur ayant grillé une priorité tire au fusil sur une voiture et tue un passager de 19 ans) ou dans l'Aude (un passager mécontent veut forcer un bus de voyage à s'arrêter, provoque un accident et la mort de deux passagers).

Cette incivilité et cette violence vont de pair avec une société où l'individu ne compte plus et où les rapports sociaux individualisent les personnes.

La perte du sentiment de collectif en entreprise et dans nos communes a poussé les travailleurs, d'un côté, et les habitants des communes à s'isoler, à considérer que tout doit se régler individuellement.

Salaires individualisés, plans de licenciements, disparition des grands ateliers et atomisation de l'emploi et des horaires, culte de la consommation et du loisir individuel, mise en avant du paraître au détriment de la richesse culturelle,... l'évolution de notre société à amener chacun à se voir seul au milieu d'une société hostile.

La violence des rapports sociaux, a progressé ses trente dernières années, entre peur du chômage, de la précarité, peur de l'avenir pour ses enfants et petits enfants, dureté des relations hiérarchiques au travail, hausse de la petite délinquence,...

Il faut reconnaître que ceux qui défendaient l'idée de progrès collectif, de solidarités, ont trahi leurs engagements, comme la gauche au pouvoir, en 1983 comme en 1988 et comme... aujourd'hui.

Ceux qui se sont accrochés à ces valeurs, pour de multiples raisons (sociologiques, historiques) comme les communistes ou certains syndicats, n'ont pas su réagir, s'adapter à l'éclatement du monde du travail.

Le remplacement de la solidarité par l'individualisme et la montée du climat de violence social a, au contraire, profité aux forces politiques qui poussent à l'isolement, au rejet de l'autre, sur des critères ethniques, religieux, géographiques ou d'orientation sexuelle. L'extrême-droite surfe sur ce sentiment d'isolement et sur cette peur du déclassement social pour nourrir l'incendie qui brise les solidarités ce qui, finalement, accentue les tensions et la fracturation de notre société. L'extrémisme religieux profite aussi de ce sentiment pour agréger autour de lui des communautés qui se sentent rejetées ou menacées par les autres.

Si on n'y prend garde, cette violence sociale se transformera en violence physique, par le biais des tensions attisées par la société et les forces sociales et politiques qui jouent leurs intérêts propres avant ceux de la France.

Au contraire, ce qui serait nécessaire serait de ressouder la solidarité nationale, de rapprocher les citoyens de ce pays, les travailleurs, les générations, les cultures.

Il faudrait travailler à l'apaisement au sein du corps social et regarder les causes réelles de cette effritement de la société : l'individualisme exacerbé par les cultures d'entreprise et la société de consommation, et la violence sociale née du libéralisme de ces trente dernières années.

C'est un travail global, général, politique !

C'est cet esprit qui règne à la Fête de l'Huma et au PCF où chacun compte pour un mais où chacun compte pour l'autre !

C'est aussi un travail individuel que nous devons tous mener.

Contre l'effondrement de notre société, pas de petites mesures, pas de petits actes ! Mettre son clignotant, respecter les handicapés, les séniors et les femmes enceintes, sourire à ses voisins ou jeter ses papiers gras à la poubelle, c'est aussi contribuer à revaloriser le civisme et la respect d'autrui.

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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 08:49

Les communistes de la section de Béziers ont publié une brève et claire analyse des chiffres de la crise.

Pour beaucoup de travailleurs, la réalité quotidienne fait que les arguments sur la crise, sur les efforts à produire ou sur une baisse prochaine du chômage apparaissent douteux ou mensongers. Il s'agit souvent plus d'une perception (juste) que d'une réflexion argumentée, faute de données réelles en possession du simple citoyen.

C'est que les médias, les grands partis politiques (FN compris) et le patronat se gardent bien de faire connaître des chiffres officiels qui démontrent que l'austérité creuse la tombe de notre économie et que, si l'économie manque d'argent, c'est parce que les prélèvements des actionnaires et de la spéculation sur les comptes des entreprises ont connu une croissance énorme ces dernières décennies.

Des centaines de milliards d'euros sont ainsi retirés du circuit économique chaque année au profit des grandes fortunes. Autant d'argent en moins pour la recherche, l'investissement productif et... les salaires !

Une crise ou l'Europe et l'euro jouent un rôle majeur.

Solidaire


C’est la crise, il faut faire des efforts ".

Il n’y aurait d’autre chemin que celui de l’austérité... C’est le message multiquotidien envoyé en permanence au monde du travail, actifs et retraités. Or, une étude économique du mois de juin 2013 tord le cou à ces pseudos vérités :

Situation économique mondiale :

Avril 2013 :
- le FMI révise à la baisse ses prévisions de croissance : cela concerne surtout la zone euro

- le FMI parle d’une croissance à 3 vitesses :

  • croissance forte (pays émergents),
  • pays à croissance faible (USA),
  • croissance négative ou en décroissance (zone euro).

- Le FMI admet que la responsabilité de la situation dégradée de l’UE incombe, dans une très large mesure, aux politiques d’austérité. Les politiques d’austérité affaiblissent le potentiel de croissance économique et par là-même, les revenus et les rentrées fiscales, ce qui alourdit le déficit budgétaire et la dette publique (spirale sans fin).

Aujourd’hui, les banques européennes disposent d’énormes sommes en liquidité (estimées à 1.100 milliards d’euros) alors que les besoins de financements sont largement non satisfaits surtout en ce qui concerne les PME.

France : Compte de la nation (source INSEE) :

- En 2012, en euros constants, le produit intérieur brut (PIB) stagne, après avoir progressé de 1,7% en 2010 et de 2% en 2011 : Montant du PIB : 2 032 milliards d’euros.

Si l’économie française avait eu une croissance de 2% entre 2008 et 2012 (taux moyen sur les 2 dernières décennies), le montant du PIB serait supérieur de 180 milliards par rapport à la situation actuelle.

Si le taux de croissance était de 3%, le surplus du PIB serait de 280 milliards d’euros.

- La consommation des ménages baisse en 2012 de 0,4% en euros constants. C’est la baisse la plus importante depuis l’après-guerre. La consommation des ménages n’avait baissé qu’une seule fois, en 1993, de 0,20%...

Montant de la consommation des ménages : 1.130 milliards d’euros.

- Le pouvoir d’achat du revenu disponible diminue de 0,9%, c’est la plus forte baisse depuis 1984.

- Pour la première fois, les pensions des « jeunes retraités » (c’est-à-dire de ceux qui partent à la retraite) est inférieure à celle des générations précédentes.

- C’est une baisse du salaire socialisé (salaire-emploi-retraite) ; La masse salariale nette reçue par les ménages ralentit.

Sur l’emploi : (retraites)

Deux emplois nouveaux sur 3 sont à durée déterminée. L’ANI ne fait qu’aggraver la situation.

Un jeune occupe son premier emploi à 23 ans, et un emploi en CDI à 28 ans. C’est la baisse généralisée de toutes les retraites qui est à l’ordre du jour.

Sur l’investissement :

  • L’investissement diminue de 1,2%. Son niveau est inférieur de 7,5% à celui de 2007 (les investissements baissent, les dividendes augmentent). C’est un refus délibéré de croissance, de créations d’emploi, de satisfaction des besoins sociaux et non une fatalité.
  • La baisse de l’investissement concerne également les ménages (- 0,3%).
  • Il en est de même pour les administrations publiques (- 0,5%).

Taux de marges des entreprises :

- L’excédent brut d’exploitation (EBE = Valeur Ajoutée – masse salariale + impôts liés à la production) se contracte.

- Le taux de marge EBE/VA perd 0,8% par rapport à 2011.

Ce qui pose problème, ce n’est pas le travail, mais la rémunération exorbitante du capital.

Le patronat justifie ainsi ses politiques anti-salariales et anti-sociales. C’est un argument fallacieux, car : le taux de marge était de 23% en 1981, de 32% en 1989. Autrement dit, le taux de marge a augmenté de presque 10 points ; inversement, la part des salaires dans la valeur ajoutée a diminué d’autant.

La vraie question : qu’est-ce que les entreprises ont fait de ces marges ? Ont-elles créé des emplois ? Non ! Le chômage a augmenté !

Ont-elles augmenté les investissements ? La réponse est non. Le taux d’investissement (Investissement sur VA) n’a pas augmenté.

L’amélioration du taux de marge a donc profité principalement au actionnaires et aux propriétaires.

2012 par rapport à 1981 :

  • La part des dividendes versée aux actionnaires dans la Valeur ajoutée est passée de 5% en 1980 à 24% aujourd’hui. Depuis 10 ans, le montant des dividendes versés aux actionnaires dépasse celui des investissements.
  • Les rapports gouvernementaux « Approche de la compétitivité française », « Réinventer la croissance », font l’impasse sur 5 données de fond : les salaires, la consommation, la demande publique, les services publics, le financement.

Sans commentaires !

Si ce n’est pour préciser que les 500 plus grandes fortunes de France ont vu leurs revenus progresser de + de 25% en un an. Ces fortunes représentent l’équivalent du budget de l’Etat (330 milliards d’euros) et 16% du produit intérieur brut (PIB) qui est la totalité des richesses produites par les salariés en France chaque année.

Une des questions de fond n’est pas de ré-orienter la politique de l’Union Européenne. Dès l’origine, l’Union Européenne a été une construction du capital au service du capital. Les solutions à la crise, aux politiques austéritaires sont avant tout nationales, dans chaque pays. Ce n’est pas une conception « nationaliste » ou de repliement sur soi, mais au contraire, une conception de coopération entre états souverains mutuellement fructueuse pour les peuples, tous les peuples. Une conception politique libérée de l’exploitation capitaliste.

Question de fond qui est et sera de plus en plus d’actualité, et pas seulement d’un point de vue de la réflexion théorique, mais surtout dans ses conséquences et implications concrètes pour tous les peuples d’Europe.

Contrairement à ce que prétend le patronat et ses soutiens, les profits d’aujourd’hui ne sont pas les investissements de demain, ni les emplois d’après-demain. Les profits d’aujourd’hui font des profits de demain, et des super profits de lendemain.

Pour sortir de la crise, il faut valoriser le travail :

- créer des emplois stables et les sécuriser,

- augmenter salaires, pensions et minima sociaux,

- améliorer l’organisation et les conditions de travail,

- établir une sécurité sociale professionnelle,

- augmenter l’investissement par la formation professionnelle des salariés, par la recherche et le développement.

Robert Auzeby, section de Béziers du PCF

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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 10:13

"Les femmes bientôt obligées d'allaiter au Vénézuéla" titrait récemment le Figaro. Info ou grosse intox ?

Décidémment, le Vénézuéla est une source continuelle d'inspiration pour les défenseurs médiatiques des Droits de l'Homme !

Alors que notre pays est bien plus concerné en ce domaine par ses relations de plus en plus étroites avec des pays comme le Qatar, c'est le Vénézuéla qui se trouve régulièrement à la Une des médias français qui voient à la tête de ce pays un régime dictatorial et sanguinaire.

En 2011, une info époustouflante avait embrasée brièvement nos médias : une usine de fabrication d'ogives nucléaires serait cachée sous une usine de bicyclettes vénézuéliennes ! L'information venait de source sûre : duu Département d'Etat américain ! Celui qui montrait via Colin Powell des fioles d'anthrax à l'ONU pour justifier la guerre du Golfe. C'est dire le sérieux !...

Quelques jours après, Hugo Chavez, président du Vénézuéla, ironisait sur cette info en la confirmant : « c’est exact, nous sommes en train de produire les premières bicyclettes atomiques ». L'info bidon (une intox, en gros) allait mourir aussi vite qu'elle était née. Mais sans démenti des médias !

En début d'année, c'est l'élection du nouveau président vénézuélien, Nicolas Maduro, successeur d'Hugo Chavez, qui devenait sujet à caution aux yeux des médias français. L'opposition, après avoir reconnue le vote, se lançait dans une campagne de dénonciation du scrutin bien que plusieurs organismes internationaux présents sur place, dont la fondation de l'ex-président nord-américain Jimmy Carter, aient validé le scrutin.

Là aussi, les vérifications des juges de la Cour suprême ont fini par valider définitivement l'élection... sans que nos médias ne reviennent sur leurs accusations, évidemment.

29 % des vénézuéliennes allaitent leurs bébés contre 69 % des françaises

Aujourd'hui, le nouveau sujet à la mode, c'est de dénoncer le Vénézuéla qui tenterait de forcer toutes les vénézuéliennes à allaiter !... Y compris celles qui refusent, on imagine ?

Cette info a fait le tour des médias, depuis Le Figaro (évidemment !), Le Point (on comprend aussi !) et Métronews, jusqu'à plusieurs titres ou sites de la presse féminine (Marie-Claire, Elle, Terrafemina, Famili, Magicmaman).

Au delà de l'absurdité de l'info, c'est la reprise de journal en journal qui montre le fonctionnement d'une presse qui reprend des infos sans même les vérifier du moment qu'elle attire le lecteur et peut salir un pays honni.

Car, côté absurdité, peut-on imaginer un pays qui interdirait biberons et tétines et obligerait les femmes à allaiter ? Y-aura t-il bientôt des contrôleurs ou des policiers pour vérifier que les femmes vénézuéliennes donnent bien la tété à leurs bébés ?...

La réalité, c'est que le gouvernement vénézuélien veut simplement renforcer une loi en faveur de l'allaitement maternel datant de 2007. Et, pour cela, il met tout le poids de la force publique pour pousser vers l'allaitement maternel.

Notons au passage que l'allaitement maternel, mode naturel d'alimentation des bébés (donc le mieux adapté à l'enfant), est hautement recommandé par l'OMS comme par les nutritionnistes et les pédiatres ! C'est à la fois bénéfique pour le bébé (adaptation du lait, anticorps,...) et pour la maman (prévention du cancer du sein,...).

Notons également que des lois identiques existent ailleurs, aussi incitatives que ce que veut mettre en place le Vénézuéla, comme en Norvège, et que personne n'en fait une affaire d'état !

La réalité vénézuélienne, c'est que seules 29 % des femmes allaitent leur bébé, contre 69 % en France et... 98 % en Norvège !

Au Vénézuéla, 30 % des accouchements se font par césarienne, le double de la moyenne mondiale ! Dans les cliniques privées, ce chiffre monte à 80 % !...

La course au chiffre, l'intéressement aux ventes de biberons et substituts de lait industriels, les intérêts économiques des industriels, tout cela pousse à dévaloriser auprès des parents l'allaitement et l'accouchement naturel.

La loi sur l'allaitement vise à ramener le taux de femme allaitant leurs bébés à 70 % d'ici 2016 par le biais d’une série de mesures : information des futurs parents sur les bienfaits de l’allaitement maternel par rapport aux alternatives "industrielles" ; obligation pour les centres de santé publics et privés de promouvoir l’allaitement maternel et prohibition de donner au nouveau-né d’autres formules, sauf sur indication médicale ; réglementation des étiquetages et interdiction de la promotion et la publicité pour les substituts au lait maternel, etc.

Nulle trace d'interdiction du biberon ! Nulle obligation de nourrir son bébé par allaitement !

Manipulation et commérage

De fait, cette loi qui, je le rappelle, est du même acabit que celles de la Norvège notamment, a été l'occasion de transformer le gouvernement démocratique et socialiste vénézuélien en un monstre qui ne respecte pas les bébés et les mamans !

En effet, quoi de plus fort comme image que celle d'une mère et de son enfant ? L'image de l'allaitement, l'innocence des bébés se prêtent bien à la manipulation des sentiments des lecteurs.

On se rappelle de Saddam Hussein et de la fausse information sur les couveuses débranchées à la maternité de Koweit-City, lors de l'invasion du Koweit. Une fausse info créée par le gouvernement koweitien et relayée par les Etats-Unis pour justifier l'intervention américaine de 1991.

On se rappelle également du faux charnier de Timisoara en Roumanie en décembre 1989, des 4 630 victimes de Ceaucescu exhibées devant les caméras. L'image d'un cadavre de bébé tenu à bout de bras aura influencé certainement des millions de téléspectateurs, rendant inexcusable le "régime" Ceausescu et justifiant son exécution sans procès.

TF1 annonçait ainsi, « Ceaucescu, atteint de leucémie, aurait eu besoin de changer son sang tous les mois. Des jeunes gens vidés de leur sang auraient été découverts dans la forêt des Carpates. Ceaucescu vampire ? Comment y croire ? La rumeur avait annoncé des charniers. On les a trouvés à Timisora. Et ce ne sont pas les derniers ».

Là aussi, la réalité était facilement vérifiable, puisque les cadavres étaient ceux du cimetière de la ville !

Faire passer le gouvernement vénézuélien pour un régime dictatorial dirigé par un ogre est une stratégie à long terme. Peu importe que les accusations soient vraies ! Si certains y croient, même si les infos sont ensuite démenties, il en restera toujours quelque chose.

Les commérages font ensuite le reste.

Les sites et la presse féminins relaient ainsi une info qu'elles n'ont pas pris la peine de vérifier. Le philosophe Ierre Bourdieu parlait de "circulation circulatoire de l'nformation" pour décrire cette reprise en boucle, de journaux en journaux, d'informations invérifiées et seulement répêtées.

Ces sites féminins seraient plus inspirés à aller regarder du côté du Qatar et de nos alliés saoudiens : la condition féminine dans ces pays mériterait certainement des campagnes puissantes de leur part, à l'heure où le Qatar, notamment, fait main basse sur des biens importants de notre pays : grands hôtels, grands magasins, club de foot, chaîne satellitaire,... !

Peut-être pouvons-nous tenter, à notre tour, de lancer une fausse rumeur, un hoax, comme on dit sur le net ? Et, pour rester sur les bébés, l'info concernera la monarchie brittanique, en bons républicains que nous sommes.

"Selon des sources médicales anglaises, la reine d'Angleterre aurait mangé le placenta du bébé de Kate Middleton, sur le conseil d'une prêtresse vaudou jamaïcaine dont l'influence croissante auprès de la vieille reine commence à inquiéter le gouvernement britannique."

Après l'absurde obligation d'allaiter les bébés au Vénézuéla, la rumeur sur le placenta de Kate Middleton devrait vite être reprise par les magazines pipole et féminin.

On attend le démenti !

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 09:35

Les communistes fourbissent leurs armes pour démontrer que la réforme des retraites annoncée par le gouvernement sera à nouveau un échec et entrainera un nouveau recul de civilisation en France.

Pour les communistes, l'objectif est toujours de revenir à la retraite à 60 ans pour tous, à taux plein, après 37,5 annuités de cotisation !

Nous voulons revenir à un système de solidarité entre les générations, un système par répartition qui fasse participer plus activement les revenus du capital au financement.

Les débuts de carrière précoce (apprentissage,...) tout comme les années d'études doivent être pris en compte car la formation ne doit pas être opposée au droit à la retraite. Se former est un bien pour la société qui doit être valorisé dans le droit à la retraite !

Nous voulons également que les pensions soient calculées sur les dix dernières années de salaire, une retraite avec indexation des pensions sur les salaires, et non sur les prix, et aucune pension inférieure au SMIC.

Revenir à la retraite à 60 ans, c'est possible !

Les tenants du libéralisme et de la déconstruction européenne jouent sur les chiffres pour faire croire à la fatalité d'un recul de civilisation généralisé : des études payantes, un système de santé inaccessible aux moins fortunés, des emplois précaires, un chômage de masse, des salaires dégradés et des retraites qui reculent d'années en années.

Est-ce là le seul avenir qu'ils nous proposent ?

Chacun sait que l'argent ne manque pas en France mais que celui-ci se concentre de plus en plus dans les mains des milieux financiers et boursiers.

Chacun sait aussi que les réformes précédentes des régimes des retraites n'ont rien résolu.

Alors ? Le choix de mener une réforme qui va dans le même sens que les précédentes est d'abord idéologique : il ne vise qu'à régler sur le dos des travailleurs, actifs et retraités, un problème de financement qui vient d'abord d'un problème de répartition des richesses !

  • S'il y avait plus d'emplois, stables, il y aurait plus de cotisations qui rentreraient dans les caisses de retraite comme à la Sécu !
  • S'il y avait des salaires plus élevés, il y aurait également plus d'argent dans les caisses de retraite et de Sécu !
  • SI les revenus du Capital, notamment ceux de la spéculation, contribuaient également au financement des caisses de retraite et de la Sécu, il y aurait beaucoup plus d'argent dans les caisses de retraite !

Un choix politique !

En fait, derrière le débat sur la retraite, c'est un choix de société qui se pose.

Il y a d'un côté les forces politiques et sociales qui tirent un trait sur les acquis sociaux des français, ceux du Front Populaire, du Conseil National de la Résistance et de Mai 68.

Il y a, sur leur gauche, ceux qui refusent de capituler face aux forces de l'argent et de la finance, et qui veulent reprendre l'offensive pour imposer des choix politiques en faveur des travailleurs, en faveur du plus grand nombre, sans opposer salariés du privé et salariés du public, français et immigrés, jeunes et vieux, hommes et femmes, salariés et travailleurs indépendants.

Nos intérêts face à la mondialisation capitaliste dépassent nos particularités.

En lançant le Front de Gauche en 2008, les communistes ont voulu rassembler les forces, organisées ou non, qui refusent la fausse fatalité de l'austérité et des reculs sociaux.

En mai 2012, vous avez été 4 millions d'électeurs à faire le choix de la candidature de Jean-Luc Mélenchon et, ainsi, à valider notre démarche. 11 % des électeurs !

Combien parmi les électeurs de François Hollande ont crû au changement qu'il annonçait ? Certainement des millions !

En nous mobilisant ensemble, nous sommes la majorité et nous pouvons imposer une autre réforme !

Le 10 septembre à l'appel des syndicats, nous pourrons nous faire entendre dans la rue. Mobilisons nos proches, nos collègues, nos jeunes !

Mais, au delà de la rue, c'est bien sur le plan politique que doit se constituer une puissante opposition capable de défendre les intérêts du plus grand nombre, le monde du travail, contre la petite minorité de rentiers et de profiteurs qui spéculent, délocalisent, précarisent notre société.

C'est ce rôle de défense des travailleurs qu'a toujours incarné le Parti communiste, en rassemblant les forces de progrès, comme lors du Front populaire, de la Résistance ou du mouvement de 68.

Dans la rue, avec les syndicats, et en politique, avec le PCF et le Front de Gauche, défendons les intérêts du peuple contre ceux de la finance et du capitalisme !

Sur les retraites, ensemble, exigeons "Pas un trimestre de plus ! Pas un euro de moins !"

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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 10:00

Ne pas manger de viande, mettre des pierres dans les toilettes pour économiser de l'eau, voilà les conseils que l'on trouve dans un livret pour les chômeurs édité en Allemagne, qui suscite la polémique dans le pays.

Le livret, distribué par le Centre pour l'emploi du district de Pinneberg, dans l’État fédéré de Schleswig-Holstein (Nord), s'adresse aux familles qui reçoivent l'aide Hartz IV, destinée aux chômeurs qui ne reçoivent plus les allocations-chômage.

Les conseils sont donnés sous la forme d'une bande dessinée, comprenant les « astuces de la famille Fischer », composée de quatre membres.

Parmi les propositions, on trouve le fait de renoncer à la consommation de viandes pendant une semaine : « De toute façon, je veux être végétarienne », affirme Lara, la fille de la famille imaginaire.

Plus tard, la famille décide de vendre sur Internet des meubles anciens, réussissant ainsi à récolter 350 euros, et commence à boire l'eau du robinet pour ne pas gaspiller de l'argent avec de l'eau en bouteille.

Le livret comprend même d'autres conseils : mettre des pierres dans la chasse d'eau pour économiser sur la facture d'eau ; éviter que la température de la maison ne dépasse les 20 degrés ou ne pas faire d'achats au super-marché sans une liste de courses et avec l'estomac vide.

Le Centre pour l'emploi de Pinneberg recommande également de faire le shopping dans des boutiques au moment des soldes et des liquidations : « les articles de la saison dernière peuvent aussi être intéressants ».

L'initiative pourrait être considérée comme une idée malheureuse de ce centre du Nord de l'Allemagne. Toutefois, elle a pris de l'importance quand le sous-directeur de l'Agence nationale pour l'Emploi, Heinrich Alt, a exprimé son enthousiasme, qualifiant le livret de « guide extraordinaire ».

Les aides Hartz IV sont une sorte de revenu minimum garanti qui comprend le paiement d'un loyer et un petit montant de subsistance de 350 €. Les bénéficiaires peuvent faire de petits boulots qui leur permettent de gagner jusqu'à 100 € de plus. Des priviligiés ces bénéficiaires des aides sociales !

Pour accéder à ces aides, le candidat ne peut pas avoir d'actifs ou d'économies. Si il possède une maison, des bijoux ou d'autres articles de valeur, il doit les vendre. Il ne peut pas également recevoir d'aide de ses proches ou ses amis (Vive la solidarité !), et pour contrôler son niveau de vie, l'agence pour l'emploi a le droit d'envoyer un inspecteur à la maison pour vérifier si il existe des objets considérés comme « inappropriés ».

Selon des informations qui ont filtré dans la presse, le contrôle va jusqu'à surveiller les courses au super-marché, et même les boîtes aux lettres. Et on critiquait la Stasi en RDA ?...

Le mobilier est une des rares choses qu'ils peuvent garder ou vendre, leur permettant de conserver l'argent ainsi récolté.

Contre ce système humiliant, se sont élevées des voix qui le considèrent inconstitutionnel, vu que la Loi fondamentale garantit dans son premier article le droit de chaque personne à la dignité.

Le "modèle allemand" que nous vantent ceux qui, en France, n'arrivent plus à sauver du naufrage le système capitaliste, est un mirage, une illusion pour les travailleurs.
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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 13:51

Nos camarades d'Oullins, dans le Rhône, ont de l'humour.

Même si tata Zinzin a pu donner beaucoup plus que le PCF d'Oullins, cette contribution est un symbôle d'une ironie vacharde.

Cependant, réunir 9 millions d'euros en deux semaines du côté de l'UMP illustre à merveille la sociologie des militants et sympathisants du parti patronal : les porte-monniaes sont bien garnis à droite !

Solidaire


Depuis la décision du Conseil constitutionnel de rejeter les comptes de la campagne présidentielle de 2012 de Nicolas Sarkozy, le 4 juillet, c'est le branle-bas de combat à l'UMP. Le principal parti d'opposition, déjà en grave difficulté financière, doit trouver plus de 11 millions d'euros d'ici au 31 juillet. Son président, Jean-François Copé, a affirmé le 14 juillet que le parti avait reçu "près de 5 millions d'euros de dons".

Chaque euro versé permet à l'UMP de combler ce "trou". La section du Parti communiste à Oullins, dans le Rhône, a elle aussi apporté sa contribution... à sa façon.

  2013---Lette-PCF-Oullins-Sarkothon.jpg

"CELA N'A PAS ÉTÉ AISÉ DE RASSEMBLER CETTE SOMME"

"Comme tous les Français, nous avons appris vos déboires financiers suite à l'invalidation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, sur décision du Conseil constitutionnel (pourtant essentiellement composé de membres nommés par la droite...), débute la lettre, intitulée "solidarité républicaine". Profondément républicains et soucieux du fonctionnement démocratique de notre pays, les adhérents de la section communiste d'Oullins ont pris la décision de participer au redressement de votre parti. C'est pourquoi vous trouverez ci-joint un chèque d'un euro qui, nous l'espérons, vous aidera à remonter cette pente savonnée par le Conseil constitutionnel."

 Evidemment, le PCF rappelle, avec ironie, leurs différends politiques. "Cela n'a pas été aisé de rassembler cette somme, les militants communistes ne faisant pas partie de ceux qui ont profité de la crise ; aucun de nous n'exerçant dans les milieux de la finance, du CAC 40 ou des produits de luxe."

"Prenez bien soin de cet euro et faites-en bon usage, recommandent les communistes aux militants de l'UMP. Et n'oubliez pas que ce qui fait la force de notre pays, c'est son système de solidarité... dont vous avez ici un échantillon."

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 08:59

Nous sommes médiatiquement sommés de nous comparer aux autres. Dès qu’il se passe quelque chose dans l’hexagone nous sommes vivement invités à aller voir comment nos voisins font face au même problème. Les statistiques sont mobilisées et les différences constatées immédiatement pointées du doigt comme variables explicatives que nous serions appelés à combler. On passe ainsi aisément de l’observation à la préconisation sans s’interroger sur ce qui fonde et explique la différence qui a souvent sa raison d’être.

On conviendra que l’observation d’autres sociétés peut être d’une grande richesse et nous apprendre beaucoup sur nous- mêmes. Elle peut même être menée avec beaucoup de finesse, d’humour, et permettre de se jouer de la censure comme le fit Montesquieu avec tout son talent dans ses fameuses Lettres persanes. C’est là l’une des grandes richesses de l’anthropologie et des sciences sociales à laquelle aucun chercheur ne saurait renoncer. À condition d’être mené sérieusement, notamment en sachant comment sont construites les catégories que l’on compare et de ne pas partir de l’a priori que ce qui vient d’ailleurs est forcément emprunt d’une rationalité supérieure devant laquelle il conviendrait de s’incliner.

Ceci doit être fortement rappelé dans le cadre européen où la façon dont on se situe par rapport à la moyenne vaut argument d’autorité et sert à pointer du doigt tout écart à la norme. L’implicite étant qu’à terme, on doit tous être pareils. D’où cet acharnement à vouloir « harmoniser » à marche forcée.

Les Allemands boivent plus de bière, les Anglais plus de thé et nous plus de vin. Et alors ! Cette comparaison ne vaut pas hiérarchie. Elle dit simplement que l’Allemagne, la Grande- Bretagne et la France sont bien trois pays différents qui se sont historiquement constitués de façon singulière. Elle ne signifie pas qu’il faudrait absorber un cocktail qui serait composé de ces trois boissons. Ainsi en va-t-il des retraites, de la fiscalité et de bien d’autres domaines de la vie sociale. Assises sur de nombreux clichés les comparaisons internationales sont bien souvent trompeuses.

Ces comparaisons qui nous assaillent deviennent des éléments du débat politique qu’elles contribuent à polluer aussi sûrement que les sondages le font depuis des années. Pourquoi en est-il ainsi ? Principalement parce qu’ils reposent sur des malentendus, des faux-sens et sur une ignorance de ce dont on parle. Prenons quelques exemples qui illustreront notre propos.

Il est de bon ton par exemple de gloser sur la faiblesse des syndicats en France, et donc sur leur manque de représentativité et en conséquence sur leur légitimité. Le dialogue social n’aurait donc plus d’importance et la consultation des directions syndicales deviendrait au fil du temps un vestige de pratiques anciennes qui auraient un fumet de désuet. Dans la foulée, il conviendrait de s’interroger sur la nécessité des aides publiques à l’expression de la vie syndicale. À grand renfort de cette thèse, on vantera pour l’opposer l’excellence des rapports sociaux chez nos voisins – notamment l’Allemagne - et la forte influence de leurs syndicats. On louera leur responsabilité, leur représentativité, la qualité de leur gestion et leur aptitude au dialogue social. On déplorera qu’il n’en soit pas ainsi chez nous et l’on alimentera l’idée dans l’opinion publique que nos syndicats ne sont pas entrés dans la modernité et restent travaillés par de vieilles idées aujourd’hui dépassées. Tout cela repose sur un contresens volontairement entretenu qui consiste à comparer des choses qui ne peuvent l’être terme à terme. Il est en effet normal que les syndicats allemands rassemblent des millions de travailleurs dès lors que l’accès à des services mutualistes (santé…) se fait à travers eux et qu’ils en sont les principaux gestionnaires. Si en France l’adhésion à la MGEN (mutuelle de santé des enseignants) se faisait à travers la FSU ou le SGEN, on verrait les effectifs de ces syndicats enseignants multiplier par dix. Bref, la comparaison sert à dévaloriser la situation nationale, nous présenter comme ringard et à justifier la perte de vigueur du dialogue social. Il serait plus correct d’en tirer de conclusions sur les différences de traditions des deux pays, leurs trajectoires singulières, les originalités de leurs mouvements ouvriers.

La question des dépenses publiques fait partie de la boîte à outils de la comparaison. Il est suggéré que plus son taux est élevé, plus l’état serait dépensier, inefficace et devrait donc procéder à des coupes sombres dans ses dépenses. L’imprécision entretenue dans le vocabulaire est source de confusion. Le montant des prélèvements obligatoires est pointé comme excessif et largement supérieur à la moyenne européenne. Mais on se garde bien de dire ce que désigne cette expression qu’on assimile à tort aux dépenses de l’état alors qu’un tiers environ de celles-ci relève vraiment de ces prélèvements. Le reste, soit près des deux tiers ne traduit qu’un important niveau de redistribution organisé et mis en œuvre par l’état. Ce qui est prélevé est immédiatement redistribué (santé, retraites, minima sociaux, aide aux familles, chômage, etc.) et sert à asseoir le haut et confortable niveau de protection sociale que beaucoup nous envient. Quant au montant de la dépense publique, il dépend des choix politiques qui ont été exprimés quant au périmètre de ce que l’état se devait de prendre en charge à travers des mécanismes collectifs et traduit l’endroit où l’on a voulu poser le curseur entre le public et le privé. Comparer cette place entre les pays et stigmatiser un dépassement par rapport à une norme revient à dire implicitement que la souveraineté populaire n’a pas à en décider. On comprend bien que derrière ces comparaisons deux objectifs sont visés : stigmatiser le caractère dépensier de l’état et contester au peuple le droit de décider de son niveau de protection sociale.

Depuis le Traité de Maastricht, le critère de l’endettement est apparu comme élément majeur de la comparaison. N’est retenu que le montant de la dette rapporté au PIB du pays considéré. On commet ainsi deux erreurs qu’un étudiant débutant pourrait déceler. On compare deux grandeurs non-homogènes, l’une un stock – la dette –, l’autre un flux – le PIB, et on rapporte un stock à un flux, ce qui d’un point de vue économique n’a aucun sens. L’autre travers consiste à caractériser une dette que par l’une de ses caractéristiques – son montant total - alors qu’elle en comporte au moins trois autres : son exigibilité, sa charge de remboursement et la nature du prêteur. Le tour de passe-passe étant ainsi mis en place, il devient aisé d’aseptiser le débat sur la dette en s’évitant de poser des questions dérangeantes. Reprenons ces différents points.

Quand un banquier prête de l’argent à un particulier pour acquérir un logement, il vérifie que la charge de remboursement que l’emprunteur devra acquitter tous les mois ne dépasse pas une certaine fraction de son revenu. Peu importe que le montant prêté représente cinq ou dix fois son revenu annuel, car l’emprunteur remboursera en 15 ou 25 ans. Le prêteur compare bien un flux – la charge de remboursement – à un autre flux – le revenu. Ce qui importe au prêteur c’est de s’assurer que le remboursement qui sera étalé dans le temps pourra bien s’effectuer mois après mois. Transposé en termes macro-économiques, cela signifie que le critère qui fait du sens c’est le rapport entre le service de la dette (ce qui doit être remboursé dans l’année) et le budget de l’état. Le service de la dette étant fixé, c’est le budget de l’état qui représente la variable malléable. Ce qui conduit à interroger la politique fiscale. Des réductions d’impôts non seulement n’aideront pas à rembourser la dette, mais obligeront à d’autres emprunts qui feront exploser la dette. Rapporter le montant de la dette au PIB permet d’éviter de poser la question de la politique fiscale et donc de leur comparaison entre les différents pays.

Exprimer une dette par son seul montant, c’est opérer un biais réducteur qui occulte les autres dimensions. Il n’est jamais indifférent de savoir qui est le prêteur. Par exemple recours à l’épargne nationale ou à la finance internationale ? Un seul prêteur, voire un consortium de banques ou bien une épargne collectée auprès d’un large public ? Les conséquences n’en seront pas les mêmes. Alors que l’Union européenne proclame qu’au-delà d’un endettement de 90 % de son PIB un pays rentre dans une zone dangereuse, personne ne s’inquiète de l’endettement du Japon qui caresse les 200 %. Aucune agence de notation ne s’en préoccupe. En effet, l’essentiel de sa dette provient de l’épargne nationale. La finance internationale n’étant pas engagée elle ne note pas. Le Trésor est confronté à une multitude de prêteurs dont aucun ne possède à lui seul une capacité de pression. Il y a donc une diversité de postures face à la dette publique et ne retenir qu’un critère, au demeurant peu significatif, et s’en servir comme norme à laquelle on est prié d’adhérer relève de l’embrouille qui doit être dénoncée.

Et que dire de l’endettement international de pays qui ne possèdent pas de monnaie de réserve, en général les pays du Sud. Ils doivent rembourser dans la devise dans laquelle le prêt a été consenti, ce qui suppose de leur part de se mettre à travailler pour l’exportation et satisfaire les besoins erratiques de l’économie mondiale.

Observer les autres c’est contribuer à se comprendre soi- même. C’est donc utile de se comparer. À la condition d’être certain que le terme de la comparaison soit pertinent. Et ce serait se déprécier s’il fallait tenir la rationalité extérieure comme d’essence supérieure devant laquelle il conviendrait de s’incliner.

Michel Rogalski

Recherches Internationales
http://www.recherches-internationales.fr/index.html

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 10:32

Ils n'ont peur ni des gaz lacrymogènes ni des lances à eau de la police: les chiens errants de Santiago sont devenus des inconditionnels des manifestations qui se déroulent désormais régulièrement dans les rues de la capitale chilienne.

Des dizaines de chiens ont ainsi marché jeudi 11 juillet aux côtés des travailleurs convoqués par la Centrale syndicale unitaire des travailleurs (CUT), le plus important syndicat du pays, donnant de la voix et recevant les caresses de la part des manifestants, pour qui ils font désormais partie du mouvement de contestation.

En fin de cortège, lorsque des groupes cagoulés ont commencé à jeter des pierres contre les forces de l'ordre, les chiens frétillant et remuant la queue se sont mis à courir après les projectiles pour les rapporter aux protestataires.

La participation des chiens de Santiago a pris de l'importance après le début des grandes marches étudiantes de 2011, qui réclament un système éducatif gratuit et de qualité en replacement de l'actuel, coûteux et inégalitaire, hérité de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990).

Le plus célèbre, baptisé "El Negro", un bâtard au poil noir portant foulard autour du cou, possède sa propre page Facebook avec plus de 6.000 "amis"" et un compte Twitter, suivi par quelque 2.000 usagers.

"Révolutionnaire authentique, père chilien de 32 fils (reconnus), époux de six dames, ami du peuple et le pire cauchemar de la police", indique sa biographie sur les réseaux sociaux.

"Les chiens sont un grand classique des défilés, ils défendent même les étudiants de la police", affirme à l'AFP Marisol Vargas, une jeune employée participant à la marche sur la principale avenue de la capitale pour réclamer de meilleures conditions de travail dans le cadre d'une mobilisation nationale.

Les chiens sont pourtant, tout comme l'homme, sensibles aux gaz lacrymogènes.

Selon le vice-président du Collège vétérinaire du Chili, Fernando Álvarez, ils "en sont affectés, comme les manifestants et ont probablement des irritations oculaires et de l'appareil respiratoire et des pathologies chroniques, qui peuvent causer leur mort", dit-il à l'AFP.

Poussiéreux, sales, boitant et couverts de blessures, ces chiens ne paient pas de mine et vivent dans la rue.

En bande, ils recherchent de la nourriture et courent après les voitures. S'il fait trop froid, certains montent dans les autobus pour se réchauffer.

Stérilisations et adoptions

Ils seraient environ 500.000 chiens errants à déambuler dans les rues de Santiago, selon un recensement officiel élaboré dans le cadre d'un plan de lutte contre la surpopulation canine.

Ces multitudes de chiens parcourant les rues et les parcs de Santiago font partie du paysage habituel et pittoresque de la capitale, et s'attirent la curiosité de nombreux touristes.

Ce recensement est le premier pas d'un plan destiné à contrôler la surpopulation canine, et dont le coût est estimé à 86 millions de dollars.

"C'est un sujet que nous devons aborder de façon globale. Si nous prenons soin de nos chiens, nous améliorons la qualité de vie non seulement de nos animaux domestiques mais aussi des gens qui vivent et passent dans cette ville", a récemment plaidé le président de l'agglomération de Santiago, José Antonio Peribonio.

Le programme prévoit notamment des stérilisations, des adoptions et la responsabilisation des propriétaires.

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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 09:21

Une étude d’Attac montre que les « plans de sauvetage » mis en œuvre par les institutions de l’Union européenne et les gouvernements européens sauvent les banques, pas la population.

Depuis mars 2010, l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont attribué 23 tranches de financement au prétendu « sauvetage de la Grèce », pour un total de 206,9 milliards d’Euros. Ils n’ont cependant fourni presque aucune précision sur l’utilisation exacte de ces énormes sommes, provenant de fonds publics. C’est pourquoi Attac Autriche a entrepris une étude sur cette question : au moins 77% de l’argent du plan de sauvetage ont bénéficié directement ou indirectement au secteur de la finance.

Plans de sauvetage de la Grèce : 77 % des fonds sont allés à la finance

Les résultats en détails :

- 58,2 milliards d’Euros (28,13%) ont servi à recapitaliser les banques grecques —au lieu de restructurer ce secteur trop grand et moribond de manière durable et de laisser les propriétaires des banques payer pour leurs pertes.

- 101,331 milliards d’Euros (48,98%) sont allés aux créanciers de l’État grec. Parmi lesquels 55,44 milliards d’Euros ont été utilisés pour rembourser des bons du Trésor arrivés à échéance —au lieu de laisser les créanciers assumer le risque pour lequel ils avaient préalablement perçu des intérêts. 34,6 autres milliards d’Euros ont servi de prime d’incitation pour obtenir l’accord des créanciers sur le prétendu « allègement[1] » en mars 2012. 11,3 milliards d’Euros ont été affectés au rachat de la dette en décembre 2012, lorsque l’État grec a racheté des bons presque sans valeur à ses créanciers.

- 43,7 milliards d’Euros (22,46%) ont alimenté le budget de l’État ou n’ont pu être clairement affectés.

- 0,9 milliard d’Euros (0,43%) ont constitué la contribution de la Grèce au financement du nouveau fonds de sauvetage, le MES.

Sources : www.attac.at/uploads/mediaba...

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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 09:23

 

carte-cuba

« Si nous avions su ce qui nous attendait, nous serions restés à Cuba », déclare Idalmis Zayas au monde.fr. Idalmis Zayas fait partie des 115 « dissidents » cubains arrivés en Espagne en 2011 après un accord entre le régime cubain et l’Église. Elle n’est pas la seule à considérer qu’elle a été dupée. Gilberto Martinez lui aussi voudrait rentrer à Cuba. Le 7 mai dernier, la police espagnole l’a expulsé de son logement de Valence, avec sa famille, pour cause de non-respect du droit de propriété : il ne payait plus son loyer. Les militants anti-expulsion venus protester ont été réprimés démocratiquement par la police.

À leur arrivée, les Cubains s’étaient vu promettre cinq ans d’aides par le gouvernement Zapatero. Fin 2012, le nouveau premier ministre Rajoy, pourtant aussi à droite que les Cubains émigrés, estime manifestement que cette promesse vaut moins que celle qu’il avait faite aux banques et à la Commission européenne : il leur coupe les vivres. Comme les Cubains n’ont pas trouvé de travail dans ce pays où le chômage bat des records, ils se retrouvent vite sans rien : plus d’électricité, puis plus d’eau, et les voilà maintenant à la rue, comme des dizaines de milliers d’Espagnols victimes de la crise et des plans d’austérité.

En Espagne, des dizaines de milliers de logements sont vides. Si on les remplissait, cela ferait chuter les loyers. Gilberto se consolera donc en pensant que son sacrifice en tant que nouveau SDF permet de préserver la bonne santé du libre marché de l’immobilier espagnol, et de garantir le train de vie des propriétaires, ce qui est essentiel dans une démocratie libérale.

La première mesure de l’horrible dictature castriste, le 26 janvier 1959, avait été d’annuler toutes les expulsions, et peu après, les loyers baissèrent de 30 % à 50 %. Aujourd’hui, à Cuba, les locataires deviennent automatiquement propriétaires de leur logement après 25 ans. Quelle grossière violation des Droits de l’Homme ! Gilberto et Idalmis ont subi un tel choc en se retrouvant à la rue qu’ils en perdent le sens des valeurs : comme chacun sait, mieux vaut être libre de mendier en Espagne que d’être astreint à la santé et à l’éducation gratuites à Cuba, avec des produits alimentaires de base garantis à tous par l’État ! 
Didas Kalos

PS : ce texte est extrait de Solidarité de Classe numéro 82 (juin 2013)

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