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  • : Andrée OGER, conseillère départementale communiste de Saint André de l'Eure
  • Andrée OGER, conseillère départementale communiste de Saint André de l'Eure
  • : Andrée OGER est maire honoraire de Croth, conseillère départementale de Saint André de l'Eure et chevalier de la Légion d'Honneur.
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Rendez-vous

Fête de l'Huma 2016

Vendredi 10, samedi 11 et dimanche 12 septembre
Parc du Bourget
3 jours : 35 €
    

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Salaires et pensions à la traîne, prix et loyers en hausse, profits et actionnaires qui explosent...

 

Front Uni 

contre la vie chère !

   

Campagne de pétition lancée par le PCF

pour exiger de meilleurs salaires, une hausse des minimas sociaux,

 pour exiger des baisses de TVA, un blocage des prix et des loyers

pour taxer les profits et le grandes fortunes
  

Demandez la pétition !

Signez la en ligne sur le site de la Fédération euroise du PCF : www.27.pcf.fr !

Participez au rassemblement devant Bercy (ministère des finances), vendredi 3 juin à 15 h !

Campagne contre la vie chère - affiche PCF 2011
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Contre la privatisation de La Poste !

Les communistes adhèrent au Comité Départemental de Défense de La Poste
(cliquez sur l'image !)  


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CRISE : que proposent les communistes ?







 

"Sarkozy a été élu par des pauvres qui se lèvent tôt pour aller faire la fête avec des riches qui se couchent tard".
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 Des idées, des vidéos, des sondages sur le site www.sortirdelacrise.tv 
 
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Texte libre

Je définirais la mondialisation comme la liberté pour mon groupe d’investir où il veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possibles en matière de droit du travail et de conventions sociales.

P.Barnevick, ancien président de la multinationale ABB. 

Pour moi, un réactionnaire c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui trouve que c’est dans l’ordre naturel des choses. Un conservateur, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui pense qu’on n’y peut rien. Un progressiste, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui trouve que c’est injuste. Un communiste, c’est quelqu’un qui sait que 10.000 enfants meurent de faim par jour et qui est prêt à faire pour eux ce qu’il ferait pour ses propres enfants.

Ibrahim,
Cuba, un soir lors d’une conversation inoubliable.

 

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« La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste.
La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique »

 

Karl MARX 

 

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Nouvelles permanences d'Andrée OGER :

 

 

 

Vous pouvez prendre rendez-vous avec Andrée OGER en contactant son secrétariat au 02.32.31.96.25

 

- Mairie de Saint André : les lundis de 17 h à 19 h

- Salle des Fêtes d'Ezy-sur-Eure: les vendredis de 17 h à 19 h

 

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Dernier tract des communistes
du sud de l'Eure

 (cliquer sur l'image)

 

  Tract St André Septembre 2013 - Recto

 Tract St André Septembre 2013 - Verso

 

 

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Ebuzzing - Top des blogs - Société

16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 08:44

Et on n'en entendra pas parler dans les médias ! La Turquie, membre de l'OTAN, est proche des Etats-Unis et fortement impliquée dans le conflit contre la Syrie. On ne critique pas un allié en période de guerre !

site

Turquie/Gezi: Amnesty dénonce des violations à "très grande échelle"

Amnesty International a dénoncé mercredi 2 octobre des "violations des droits humains à très grande échelle" en Turquie lors de la violente répression des manifestations antigouvernementales de juin.

"La répression du mouvement de protestation du parc Gezi a donné lieu à des violations des droits humains à très grande échelle", a déclaré Andrew Gardner, spécialiste de la Turquie à Amnesty International, dans un communiqué diffusé à l'occasion de la publication à Istanbul d'un rapport préparé par l'ONG de défense des droits de l'Homme.

"Le droit de se réunir pacifiquement a été systématiquement bafoué et les violations du droit à la vie, à la liberté et à ne pas être torturé et maltraité ont été nombreuses", a-t-il poursuivi.

La Turquie a été secouée en juin par une vague de manifestations antigouvernementales sans précédent depuis l'arrivée au pouvoir du parti d’Erdogan, en 2002.

Ce mouvement de contestation est né de la lutte de défenseurs de l'environnement pour la sauvegarde des arbres du parc de Gezi, dans le centre d'Istanbul, menacés par un projet gouvernemental d'aménagement.

La dispersion brutale de ces militants écologistes par la police a entraîné une propagation du mouvement à toute la Turquie et son évolution en une vaste contestation antigouvernementale.

Dans son rapport, Amnesty International souligne qu'au moins trois manifestants sont morts à la suite d'un usage excessif de la force par la police, que ce soit par des tirs à balles réelles, des passages à tabac ou des tirs tendus de grenades lacrymogènes vers les victimes.

L'Union des médecins de Turquie (TTB) a dénombré six morts lors des manifestations, dont un policier et un manifestant décédé durant des heurts en septembre, ainsi que plus de 8.000 blessés, un nombre considéré comme "un minimum" par M. Gardner.

Amnesty dénonce également le recours fréquent par la police à des tirs de balles en caoutchouc visant la tête ou le haut du corps, ainsi que la "proportion significative de personnes (qui) ont été blessées en étant frappées par des grenades lacrymogènes, la plupart tirées à une faible distance".

Selon la TTB, plus d'une dizaine de personnes ont eu un oeil crevé par ces tirs, et on comptait de nombreux cas de traumatismes crâniens.

L'ONG internationale rapporte en outre des sévices sexuels infligés par des policiers à au moins deux manifestantes.

Dénonçant les quelque 5.000 arrestations qui ont suivi les manifestations et la quasi-absence de poursuites contre les policiers impliqués dans des violences, elle recommande un embargo international sur les exportations de gaz lacrymogène à destination de la Turquie.

"Ce qui est choquant ici est l'énorme détermination à réduire au silence et à écraser un mouvement de voix critiques et désapprobatrices. A le réduire au silence et à l'écraser une fois pour toutes", a commenté en conférence de presse John Dalhuisen, responsable d'Amnesty pour l'Europe et l'Asie centrale.

Cette volonté est "prouvée non seulement par les encouragements prodigués à la police (...) de recourir à la violence mais aussi du harcèlement et des poursuites qui ont suivi contre toute personnes soupçonnée d'avoir organisé, participé ou soutenu les mouvements de protestation", a ajouté M. Dalhuisen.

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 09:48

Un très bon article paru dans "Le Monde" en février dernier sur la "grille de lecture" des événements du monde.

Là où, autrefois, se mêlait Histoire, sociologie et politique, ne reste plus qu'une vision ethnique et religieuse à la limite du racisme, qui permet une vision simplifiée du Monde.

Simple mais souvent erronée, cette vision du Monde est avant tout un moyen pour les puissances occidentales de faire passer leurs messages : pourquoi soutenir tel régime ? Pourquoi renverser tel autre ?...

Où comment on manipule les opinions publiques au gré d'un message ethnique.

Voici ce qu'en dit un ancien ministre libanais.

Solidaire


Nous avons changé d’époque. A la période où l’on condamnait, à l’Ouest, la subversion communiste encouragée par Moscou et où l’on célébrait, à l’Est, la lutte des classes et l’anti-impérialisme a succédé celle qui convoque les luttes de communautés religieuses ou ethniques, voire tribales. Cette nouvelle grille de lecture a acquis un crédit exceptionnel depuis que le politologue américain Samuel Huntington a popularisé, il y a plus de vingt ans, la notion de « choc des civilisations », expliquant que les différences de valeurs culturelles, religieuses et morales étaient à la source de nombreuses crises. Huntington ne faisait que redonner vie à la vieille dichotomie raciste, popularisée par Ernest Renan au XIXe siècle, entre le monde aryen, supposé civilisé et raffiné, et le monde sémite, considéré comme anarchique et violent.

Cette invocation de « valeurs » encourage un retour à des identités primaires que les grandes vagues successives de modernisation avaient fait reculer et qui, paradoxalement, reviennent en grâce avec la mondialisation, l’homogénéisation des modes de vie et de consommation, ou encore les bouleversements sociaux provoqués par le néolibéralisme, dont sont victimes de larges couches de population dans le monde. Elle permet une mobilisation des opinions publiques à l’échelle internationale en faveur de l’une ou l’autre des parties d’un conflit, mobilisation fortement aidée par la permanence de certaines traditions universitaires imprégnées d’un essentialisme culturel hérité des visions coloniales.

Alors que le libéralisme laïque à la mode européenne et l’idéologie socialiste, qui s’étaient répandus hors d’Europe, semblent s’être tous deux évanouis, les conflits sont réduits à leur dimension anthropologique et culturelle. Peu de journalistes ou d’universitaires se préoccupent de maintenir un cadre d’analyse de politologie classique, qui prenne en compte les facteurs démographiques, économiques, géographiques, sociaux, politiques, historiques et géo-politiques, mais aussi l’ambition des dirigeants, les structures néo-impériales du monde et les volontés de reconnaissance de l’influence de puissances régionales.

En règle générale, la présentation d’un conflit fait abstraction de la multiplicité des facteurs qui ont entraîné son déclenchement. Elle se contente de distinguer des « bons » et des « méchants » et de caricaturer les enjeux. Les protagonistes se verront désignés par leurs affiliations ethniques, religieuses et communautaires, ce qui suppose une homogénéité d’opinions et de comportement à l’intérieur des groupes ainsi désignés.

Les signes avant-coureurs de ce type d’analyse sont apparus durant la dernière période de la guerre froide. C’est ainsi que dans le long conflit libanais, entre 1975 et 1990, les divers acteurs ont été classés en « chrétiens » et « musulmans ». Les premiers étaient tous censés adhérer à un regroupement dénommé Front libanais, ou au parti phalangiste, formation droitière de la communauté chrétienne ; les seconds étaient réunis dans une coalition dénommée « palestino-progressiste », puis « islamo-progressiste ». Cette présentation caricaturale ne s’embarrassait pas du fait que de nombreux chrétiens appartenaient à la coalition anti-impérialiste et anti-israélienne, et soutenaient le droit des Palestiniens à mener des opérations contre Israël à partir du Liban, alors que bien des musulmans y étaient hostiles. En outre, le problème posé au Liban par la présence de groupes armés palestiniens, et par les représailles israéliennes violentes et massives que subissait la population, était de nature profane, sans relation aucune avec les origines communautaires des Libanais.

Généralités creuses et stéréotypes

Au cours de la même période, il se produisit d’autres manipulations des identités religieuses qui ne furent nullement dénoncées par les analystes spécialisés et les grands médias. Ainsi, la guerre d’Afghanistan, provoquée par l’invasion soviétique de décembre 1979, devait donner lieu à une mobilisation de « l’islam » contre des envahisseurs qualifiés d’athées, et occulter la dimension nationale de la résistance. Des milliers de jeunes musulmans de toutes nationalités, mais principalement arabes, furent entraînés et radicalisés sous la houlette américaine, saoudienne et pakistanaise, créant ainsi le contexte favorable au développement d’une Internationale islamiste djihadiste qui perdure.

De plus, la révolution iranienne de janvier-février 1979 fut à l’origine d’un malentendu géopolitique majeur, les puissances occidentales pensant que le mieux, pour succéder au chah et éviter un gouvernement à coloration bourgeoise nationaliste (sur le modèle de l’expérience menée par Mohammad Mossadegh au début des années 1950), ou socialisant et anti-impérialiste, serait l’arrivée au pouvoir de dirigeants religieux. L’exemple de deux Etats très religieux, l’Arabie saoudite et le Pakistan, étroitement alliés aux Etats-Unis, leur fit présumer que l’Iran serait lui aussi un partenaire fidèle, et tout aussi résolument antisoviétique.

Par la suite, la grille d’analyse changea. La politique anti-impérialiste et propalestinienne de Téhéran fut dénoncée comme « chiite », antioccidentale et subversive, en opposition à une politique sunnite qualifiée de modérée. Susciter une rivalité entre sunnites et chiites, et accessoirement entre Arabes et Perses — piège dans lequel Saddam Hussein fonça tête baissée en attaquant l’Iran en septembre 1980 —, devint une préoccupation majeure des Etats-Unis, davantage encore après l’échec de leur invasion de l’Irak en 2003, qui débouchera finalement sur un accroissement de l’influence iranienne (1).

Toute une littérature politique et médiatique invoque désormais le danger représenté par un croissant dit « chiite », constitué par l’Iran, l’Irak, la Syrie et le Hezbollah libanais, qui tenterait de déstabiliser l’islam sunnite, pratiquerait le terrorisme et serait animé par la volonté d’éliminer l’Etat d’Israël. Personne ne pense à rappeler que la conversion d’une partie des Iraniens à l’islam chiite ne remonte qu’au xvie siècle, et qu’elle fut encouragée par la dynastie des Safavides pour mieux s’opposer à l’expansionnisme ottoman (2). On feint également d’ignorer que l’Iran a toujours été une puissance régionale majeure, et que le régime ne fait que poursuivre, sous de nouveaux oripeaux, la politique de grandeur du chah, qui se voulait le gendarme du Golfe — et qui avait, lui aussi, de fortes ambitions nucléaires, encouragées alors par la France. Malgré ces données historiques profanes, tout, au Proche-Orient, est désormais analysé en termes de « sunnites et chiites ».

Depuis le déclenchement des révoltes dans le monde arabe, début 2011, le jeu de la simplification continue. A Bahreïn, les manifestants sont décrits comme des « chiites » manipulés par l’Iran contre les gouvernants sunnites. C’est oublier les citoyens de confession chiite partisans du pouvoir en place, comme ceux de confession sunnite qui sympathisent avec la cause des opposants. Au Yémen, la révolte houthiste (3) des partisans de la dynastie royale qui a longtemps gouverné ce pays n’est vue que comme un phénomène « chiite », dû exclusivement à l’influence de l’Iran.

Au Liban, en dépit des oppositions qu’il peut susciter au sein de la communauté chiite, et, à l’inverse, de la popularité qu’il a acquise auprès de nombreux chrétiens et musulmans de diverses confessions, y compris des sunnites, le Hezbollah est considéré comme un simple instrument aux mains des ambitions iraniennes. On passe sous silence le fait que ce parti est né de l’occupation par Israël, entre 1978 et 2000, d’une large partie du sud du pays, peuplée majoritairement de chiites ; occupation qui aurait sûrement perduré sans sa résistance acharnée.

Par ailleurs, que le Hamas à Gaza soit un pur produit « sunnite », issu de la mouvance des Frères musulmans palestiniens, ne dérange guère les analystes qui soutiennent le sunnisme « modéré » : ce mouvement doit être dénoncé, puisque les armes fournies sont d’origine iranienne et destinées à lever le blocus du territoire par Israël.

En bref, la nuance est partout absente. Les situations d’oppression ou de marginalité socio-économiques sont passées sous silence. Les ambitions hégémoniques des parties en conflit n’existent pas : il y a des puissances bienfaisantes et d’autres malfaisantes. Des communautés aux opinions et aux comportements diversifiés sont caractérisées au moyen de généralités anthropologiques creuses et d’essentialismes culturels stéréotypés, alors même qu’elles ont vécu durant des siècles dans une forte interpénétration socio-économique et culturelle.

De nouveaux concepts ont envahi les discours : en Occident, les « valeurs judéo-chrétiennes » ont succédé à l’invocation de nature laïque de racines « gréco-romaines ». De même, la promotion de « valeurs, spécificités et coutumes musulmanes », ou « arabo-musulmanes », a succédé aux revendications anti-impérialistes, socialisantes et « industrialisantes » du nationalisme arabe d’inspiration laïque, qui avait longtemps dominé la scène politique régionale.

Désormais, les valeurs individualistes et démocratiques que prétend incarner l’Occident sont opposées aux valeurs supposées exclusivement holistes, « patriarcales et tribales » de l’Orient. Déjà, naguère, de grands sociologues européens avaient estimé que les sociétés bouddhistes n’accéderaient jamais au capitalisme industriel, basé sur les valeurs censément très spécifiques du protestantisme…

Dans la même veine, la question palestinienne n’est plus perçue comme une guerre de libération nationale, qui pourrait être résolue par la création d’un seul pays où vivraient sur un pied d’égalité juifs, chrétiens et musulmans, comme l’a longtemps réclamé l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) (4). Elle est considérée comme un refus arabo-musulman opposé à la présence juive en Palestine, et donc, pour beaucoup de bons esprits, comme le signe d’une permanence de l’antisémitisme contre laquelle il faudrait sévir. Un peu de bon sens suffit pourtant pour comprendre que si la Palestine avait été envahie par des bouddhistes, ou si la Turquie postottomane avait voulu la reconquérir, la résistance aurait été tout aussi constante et violente.

Au Tibet, au Xinjiang, aux Philippines, dans le Caucase sous domination russe, en Birmanie, où l’on vient de découvrir l’existence d’une population musulmane en conflit avec ses voisins bouddhistes et désormais au Mali, mais aussi dans l’ex-Yougoslavie démembrée sur des lignes communautaires (Croates catholiques, Serbes orthodoxes, Bosniaques musulmans), en Irlande (divisée entre catholiques et protestants) : dans toutes ces régions, les conflits peuvent-ils vraiment être perçus comme l’affrontement de valeurs religieuses ? Ou sont-ils, au contraire, profanes, c’est-à-dire ancrés dans une réalité sociale dont nul ne se soucie plus guère d’analyser la dynamique, tandis que de nombreux dirigeants communautaires autoproclamés y trouvent l’occasion de réaliser leurs ambitions ?

L’instrumentalisation des identités dans le jeu des grandes et des petites puissances est vieille comme le monde. On avait pu croire que la modernité politique et les principes républicains qui se sont diffusés sur la planète depuis la Révolution française avaient durablement installé la laïcité dans la vie internationale et dans les rapports entre les Etats ; or il n’en est rien. On assiste à la montée des prétentions de certains Etats à se faire les porte-parole de religions transnationales, en particulier pour ce qui est des trois grandes religions monothéistes (judaïsme, christianisme et islam).

Des sanctions à géométrie variable

Les Etats qui se saisissent du religieux le mettent au service de leur politique de puissance, d’influence et d’expansion. Ils justifient ainsi la non-application des grands principes des droits humains définis par les Nations unies, l’Occident entérinant l’occupation continue des territoires palestiniens depuis 1967, et certaines puissances musulmanes acceptant les flagellations, lapidations, mains coupées aux voleurs. Les sanctions appliquées aux contrevenants au droit international varient elles aussi : châtiments sévères imposés par la « communauté internationale » dans certains cas (Irak, Iran, Libye, Serbie, etc.), absence totale de simple réprimande dans d’autres (occupation israélienne, régime de détention américain à Guantánamo).

Faire cesser cette instrumentalisation et les analyses simplistes qui visent à dissimuler la réalité profane des conflits constitue un impératif urgent, notamment au Proche-Orient, si l’on veut parvenir à apaiser cette région tourmentée.

Georges Corm

Ancien ministre libanais, auteur de Pour une lecture profane des conflits, La Découverte, Paris, 2012.

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 08:45

 

cdu_autarquicas13.jpgLes élections locales (autarquicas) de ce 29 septembre ont vu une défaite historique de la droite, maître d'œuvre de l'austérité. Si le PS a profité de la situation pour gagner quelques mairies, il recule en voix. Les communistes de la CDU sortent grands gagnants du scrutin.

La droite représentée avant tout par le PSD (Parti social-démocrate) mais aussi le CDS-PP (Parti populaire) avaient exhorté les Portugais à ne pas «  nationaliser  » le scrutin. Peine perdue. Après les deux années de plans d’austérité, le gouvernement sort dramatiquement affaibli.

La droite subit sa pire défaite depuis 20 ans : 16,5% pour le PSD, 3,5% pour le CDS-PP – plus une dizaine de % pour les listes de divers droite (avec 7,5% pour les listes PSD-CDS). Soit un recul de plus de 10 points par rapport à 2009 et la perte de 23 mairies.

Les partis de droite ainsi que le PS (la « troika ») perdent sur ce scrutin près de 750 000 voix.

Les grosses ficelles des partis du consensus dominant PS-PSD pour garder la main : « indépendants », clientélisme, alliances tacites

Dans des bastions historiques de la droite, le PSD connaît des défaites historiques. Au nord, le PSD perd Vila nova de Gaia et la deuxième ville du pays, Porto. Dans le fief de Madère, et de son président corrompu Alberto Jardim, il perd 7 des 11 mairies.

Prévoyant sa débâcle, la droite a mobilisé toutes ses ressources : la carte du localisme, l'activation de ses réseaux clientélistes, mais aussi la dissimulation de ces candidats derrière les étiquettes d' "indépendants" : comme Marco Almeida battu de peu à Sintra, Rui Moreira vainqueur à Porto.

Rui Moreira, présenté comme le candidat « anti-parti » (son slogan, le populiste quasi footballistique : « Notre parti, c’est Porto »), des citoyens à Porto a pourtant été soutenu par le CDS-PP et épaulé par une série d’anciens responsables locaux du PSD.

Lui-même grand industriel du secteur immobilier, président de la Chambre de commerce de Porto,il est impliqué dans les opérations de réhabilitation, de fait d’expulsions des populations pauvres, du centre-ville de Porto. Moreira a représenté une alternative populiste de droite au candidat du PSD, Luis Filipe Menenzens, plongé dans une série de scandales.

Le vainqueur attendu est le Parti socialiste. Il remporte 150 mairies et renforce son hégémonie dans des régions-clés, comme à Lisbonne, et récupère des villes majeures comme Coimbra. Le secrétaire-général du PS n’a pas hésité à parler de la plus grande victoire de l’histoire du scrutin.

Sur une corde raide, le PS a capitalisé sur le rejet global du gouvernement de droite, feignant l’indignation tardive quant au budget 2014 tout en se revendiquant après le scrutin d’une « opposition constructive » au gouvernement.

Il a également utilisé à plein ses réseaux clientélistes locaux, tout en profitant des reports de voix habituels des électeurs conservateurs dans les duels attendus au sud avec les candidats communistes.

Le Parti communiste : troisième force politique du pays, en progression nationale et locale

En dépit de ces manœuvres, le seul parti à réellement progresser, tant en voix qu'en nombre de majorités conquises, c'est le Parti Communiste, rassemblé dans la Coalition CDU (Convergence Démocratique Unitaire).

Le PCP-CDU obtient 11,1% pour les Chambres municipales (exécutif) et 12% aux Assemblées municipales (législatif), une progression de 1,3 points par rapport à 2009 : des résultats inédits aux élections locales sur ces vingt dernières années.

Si le PCP s'installe plus que jamais comme la troisième force politique du pays et surtout la seule alternative au consensus dominant PS-droite, les résultats au niveau local sont encore plus impressionnants.

On note d'une part une progression encourageante dans les régions qui ne sont pourtant pas ses bastions, ce dans tout le pays : 7% dans la région de Porto au nord (4% en 2009), 7,5% à Coimbra au centre (5,5% en 2009) ou encore 11,7% à Faro, à l’extrême-sud (6% en 2009).

Dans les régions « rouges » du Sud, les communistes font le plein : 14,1% à Santarem, 15,8% dans la région métropolitaine de Lisbonne, 17,2 % à Portalegre, 38,6% à Beja, 38,5% à Évora (première place devant le PS) et 42% dans la région de Setúbal – la 3ème du pays – avec majorité absolue à l'Exécutif régional.

A l'échelle des communes, le PCP récupère 10 mairies dont les deux capitales de district Beja et Evora, tout en récupérant la majorité absolue dans les deux plus importantes mairies communistes, Setubal et Almada, la 10ème ville du pays dans la banlieue de Setúbal.

Huit autres communes ont été conquises, parmi lesquelles Loures, 6ème ville du pays située dans la banlieue de Lisbonne ou encore la mythique Grândola, la ville d’Alentejo dont fut tirée la chanson de Zeca Afonso « Grândola, vila morena », hymne de la Révolution d’avril.

En termes d’élus locaux, le PCP passe de 174 à 213 élus dans les exécutifs municipaux, et de 655 à 746 dans les Conseils municipaux. Les communistes dirigeront 34 mairies sur les 308 que compte le pays, soit une mairie portugaise sur neuf.

Après l’annonce des résultats, le secrétaire-général du PCP, Jerónimo de Sousa a annoncé les priorités futures du Parti, la lutte contre les politiques du capital, d'où qu'elles viennent :

« Les voix obtenues par la CDU sont un facteur de confiance et d’espoir, sur le fait qu’il est possible de tracer un autre chemin, un autre cap. Une impulsion à la lutte, à ce qu’elle peut ouvrir de perspectives et réalisation d’une politique alternative, une preuve qu’il revient aux travailleurs et au peuple dans leur action, leurs choix et leur vote de battre les partis des politiques de droite [NdT : le PCP intègre les PS dans les partis responsables des « politiques de droite »], de donner plus de force à la CDU pour réaliser une politique patriotique et de gauche.

Cet engagement local trouvera une continuité dès demain dans la lutte quotidienne – avec la grande action de lutte nationale « Marche pour Avril : contre l’exploitation et la paupérisation » déjà convoquée par la CGTP pour le 19 octobre ».

Le « Bloc de gauche » en voie de disparition

Au-delà de l’affaissement des partis du consensus dominant PS-PSD, de la progression des communistes, le dernier enseignement du scrutin, c’est la quasi-disparition électorale du « Bloc de gauche ».

La formation dite de « gauche radicale » (issue de courants maoistes, trotskistes, ex-socialdémocrates, refondateurs …), soutenue par le PGE contre le Parti communiste passe de 3 à 2,4% aux exécutifs municipaux, de 4 à 3% aux Conseils municipaux.

Elle ne garde plus que 8 élus aux exécutifs et 100 dans les Assemblées, des chiffres qui supportent mal la comparaison avec ceux obtenus par les communistes, respectivement 213 et 747.

Le Bloc de gauche subit électoralement la conséquence de l’incohérence de son discours pendant la campagne, reflet de son alignement fondamental sur le consensus dominant.

Ainsi, pendant la campagne, le Bloc a alterné entre des mains tendues au PS pour des alliances électorales locales et nationales, avant de dénoncer… l’intransigeance du PS (et non la politique d’austérité dont il est complice !).

Ironie de l’histoire, c’est le PS qui a enlevé au Bloc sa seule mairie, Salvaterra do Magos, dans le Ribatejo. Autre symbole frappant, l’absence du moindre élu du Bloc de gauche à l’exécutif dans un de ses fiefs, la région de Lisbonne où se présentait son secrétaire-général João Semedo … le dernier élu récupéré par le PCP.

Sur un autre point majeur, le « Bloc de gauche » s’est encore gardé de tout positionnement de rupture, tant avec l’Euro qu’avec l’Union européenne, là où le PCP maintient son discours de rupture avec l’intégration européenne, ouvrant même la question de la sortie de la monnaie unique.

Un gouvernement de droite plus affaibli que jamais et un Parti Socialiste empêtré dans les contradictions de son double discours, déterminés à appliquer par alternance les diktats de la « Troika », désirée par le patronat portugais comme européen :

Plus que jamais la seule alternative est le Parti Communiste, plus fort sur les territoires locaux, plus fort dans les luttes pour faire triompher une alternative au consensus dominant, capitaliste et européiste.

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 09:03

Un Front National en passe de reconquérir le canton de Brignoles et la gauche éliminée dès le premier tour.

Les résultats du premier tour de l'élection cantonale de Brignoles font la une des médias de ce lundi matin. A juste titre tant l'information est malheureusement édifiante.

Avec 40 % pour le FN et près de 10 % pour le dissident d'extrême-droite (et ancien élu cantonal FN !), l'extrême-droite confirme son implantation dans un Var depuis longtemps à droite.

Le canton de Brignoles faisait office d'exception, avec la mairie du chef lieu de canton et son conseille général communiste.

Après la défaite, de justesse, en 2011, c'est la débâcle cette fois-ci ! Avec seulement 14,6 % des voix, le candidat communiste ne sera pas au second tour d'une cantonale qui verra s'affronter FN et UMP.

On peut reprocher aux écologistes d'avoir présenté une candidate alors que la situation était difficile pour la gauche, certes. Avec près de 9 % des voix, elle empêche arithmétiquement le candidat communiste d'être au second : le candidat UMP fait 20 % et les deux candidats de gauche plus de 23 %.

Mais cela aurait-il été suffisant pour battre le FN au second tour, l'objectif final ? Rien n'est moins sûr !

Par ailleurs, la candidate écologiste était présente en 2011 avec 11,90 % des voix. Autant dire que le problème est bien plus profond !

Ce que nous enseigne cette élection, c'est surtout l'absence des électeurs ! Et particulièrement, l'absence des électeurs de gauche ! !

Ainsi, avec une participation de seulement 33,35 % des inscrits, ce sont 2 électeurs sur 3 qui ne se sont pas rendus aux urnes ce dimanche ! Cela limite quand même l'impact du bon score FN mais qui amplifie encore plus le faible score de la gauche ! En 2011, plus de 43 % des inscrits s'étaient déplacés. Une participation déjà faible mais de 10 points supérieurs à celle d'hier.

En termes de voix, le candidats FN perd quelques dizaines de voix sur la cantonale 2011 mais le dissident d'extrême-droite (qui fut l'ancien candidat FN), en fait 400. En clair, l'extrême-droite progresse nettement en termes de voix !

Mais avec une participation en baisse, difficile de tirer des conclusions !

Est-ce que ce sont les mêmes électeurs qui se sont rendus aux urnes ? Dans ce cas, l'extrême-droite a gardé ses électeurs de 2011 et en a gagné ? Sur la droite, qui perd près de 600 voix ? Sur la gauche, qui perd 2 000 voix ?...

Est-ce que les électeurs de gauche ont pris le parti de l'absention et que des abstentionnistes de 2011 se sont déplacés cette fois-ci ?

Il faudrait regarder les listes 2011 et 2013 pour le savoir !

En tout cas, les deux gros enseignements, ce sont une nouvelle fois l'effondrement de la participation, qui profite à l'extrême-droite, et l'effondrement de la gauche.

Certes, certains vont  tenter de faire porter le chapeau au candidat communiste.

Il faut noter qu'en 2011, c'était le maire de Brignoles, conseiller général sortant, qui était candidat. Cette fois-ci, c'était un camarade prof de lycée. La notoriété joue beaucoup pour ces élections, nous ne le savons que trop sur Saint André !

Plus probablement, le contexte politique national, depuis l'arrivée au pouvoir d'un président socialiste et d'un gouvernement socialiste-écologiste, qui mènent une politique de droite, a dû peser sur la mobilisation des électeurs, notamment ceux de gauche. Cela d'autant plus que le candidat communiste "bénéficiait" du soutien du PS, de quoi troubler les électeurs communistes et ceux qui sont mécontents de ce gouvernement !

Les événements récents, à Marseille et Nice, met un peu plus l'argument sécuritaire au centre des débats politiques. De quoi détourner une partie de l'électorat du débat sur les enjeux économiques des politiques libérales actuelles !

Au final, ce résultat catastrophique pour la gauche en général, et mauvais y compris pour la droite classique, sonne comme un désaveu pour une classe politique incapable de sortir le pays d'un marasme généralisé qui s'aggrave.

Ce résultat montre aussi la difficulté pour les communistes et leurs alliés d'apparaître comme une alternative crédible à une gauche libérale. En clair, à démontrer qu'il existe bien une autre politique, que c'est une question de volonté et que les communistes sont capables de porter cette alternative.

De quoi nous donner du grain à moudre !

Cette élection de Brignoles doit en premier interpeler la gauche au pouvoir, Parti socialiste et écologistes en tête, à quelques mois de municipales et européennes qui risquent d'être désastreuses pour la majorité actuelle !

Et ce n'est pas l'abstention, on le voit à Brignoles, qui améliore les choses ! Ceux qui, au gouvernement, compte sur une démobilisation électorale aux Européennes, se préparent des lendemains difficiles ! On le voit avec un Manuel valls qui parle de ne pas envoyer par courrier les professions de foi des listes candidates aux Européennes.

Rompre avec les politiques libérales et affronter les marchés financiers, les banques et l'Europe, pour imposer des politiques de souveraineté nationale et de développement d'un emploi industriel durable, voilà ce qui permettrait de rétablir la confiance entre un électorat populaire déboussolé et écœuré et des partis politiques de gauche qui troublent eux-mêmes les lignes politiques  en menant une politique de droite.

C'est aussi la seule façon de réduire l'influence néfaste du Front National.

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 09:32

Trente années de partage de la valeur ajoutée se soldent par une explosion des dividendes versés aux actionnaires, tandis que la part revenant à la rémunération du travail a reculé.

Médias, économistes, commentateurs patentés, ils nous le répètent tous, jusqu’à l’overdose : si l’économie française décroche, la faute en incombe au « coût du travail ». Voilà trente ans qu’au nom de ce dogme un arsenal sans cesse grossissant de mesures budgétaires visant à alléger ce prétendu fardeau des entreprises est mis en œuvre. Loin de les remettre en cause, le gouvernement Ayrault en rajoute aujourd’hui une grosse louche, avec les 20 milliards du crédit d’impôt compétitivité.

Pourtant, les chiffres très officiels de l’Insee permettent d’établir un tout autre diagnostic.

D’après les comptes nationaux des entreprises non financières, depuis le début des années 1980, le partage de la richesse créée n’a pas évolué à l’avantage du travail, bien au contraire : la masse salariale représentait ainsi, en 2012, 66,6 % de la valeur ajoutée, contre 72,9 % en 1981.

À l’inverse, la part de la valeur ajoutée revenant au capital, sous forme d’intérêts versés aux banques et de dividendes octroyés aux actionnaires, a été multipliée par plus de 7, passant de 39,1 milliards d’euros à 298,6 milliards.

Les seuls dividendes, qui pesaient 5 % de la valeur ajoutée il y a trente ans, en représentent 22,4 % en 2012.

Les entreprises versent donc près de cinq fois plus de dividendes actuellement que dans les années 1980, alors que, dans le même temps, elles ont comprimé la part du gâteau réservée au travail. C’est bien le capital qui a tiré son épingle du jeu.

Et on peut constater que, crise ou pas, que la santé des entreprises soit bonne ou mauvaise, les actionnaires sont désormais toujours gagnants : leur rémunération est préservée et toujours à la hausse. Ce, alors que, selon la théorie libérale classique, ces financiers prennent des risques en investissant, et seraient donc exposés à de mauvaises fortunes. En réalité, les risques ont été transférés sur les salariés : l’emploi et la rémunération sont les véritables variables d’ajustement.

Autre constat essentiel : contrairement là aussi au discours dominant, la baisse relative du « coût du travail » ne s’est pas accompagnée d’un accroissement de l’investissement, celui-ci représentant en 2012 la même part de la valeur ajoutée qu’en 1981 (19,4 %).

Yves Housson

* http://www.humanite.fr/social-eco/cout-du-capital-actionnaires-gaves-s...
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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 09:29

Des salariés du bricolage qui manifestent avec leurs patrons pour travailler le dimanche et des sondages qui leur donnent raison. Le patronat à l'offensive sur l'un des derniers acquis sociaux français.

A ceux qui me parlent de la nécessité, selon eux, de voir les magasins ouverts le dimanche, pour faire leurs courses, je retourne généralement l'idée, en leur proposant à eux d'aller travailler le dimanche. Ce qui leur permettra de faire leurs courses en semaine, lors de leur journée de repos. Curieusement, la plupart des personnes à qui je soumets l'idée, au mieux la refuse, au pire la trouve absurde.

Absurde ? Pourquoi accepter que d'autres travaillent le dimanche et refuser l'idée pour soi ?

Le piège est pourtant là, béant sous nos pieds !

Ce débat sur l'élargissement de l'ouverture des magasins le dimanche est une tentative de créer une brèche dans laquelle s'engouffreront, les uns après les autres, des secteurs entiers d'activité qui exigeront les mêmes "avantages" que les précédents. A terme, ce sera la banalisation du travail du dimanche.

J'exagère ? Déjà d'autres branches du commerce et du tourisme avancent l'idée. Le FN, jamais à court d'idée quand il s'agit de s'attaquer au droit du travail, veut la "liberté" d'ouverture le dimanche pour le petit commerce.

Mais de quelle liberté parlera t-on pour les salariés lorsque l'ouverture des magasins sera devenue légale et non plus exceptionnelle ? Dans l'organisation du travail, pas seulement en périodes de congés, la direction du magasin organisera son planning de personnel sur 7 jours et non plus 6.

Le salarié ne pourra plus refuser de travailler le dimanche, même si la loi lui permettait, car la pression de la direction serait trop forte.

Au delà, la banalisation du dimanche entrainera, rapidement, une perte financière pour ces salariés car le dimanche sera devenu une journée comme les autres et les avantages liés au travail du dimanche seront rapidement rognés par des groupes de distribution qui ne sont pas des enfants de chœur, encore moins des philanthropes !

J'exagère encore, diront certains ? L'exemple du travail de nuit devrait aussi servir de leçon. Sa banalisation, dans les années 80, fait qu'on oublie aujourd'hui à quel point il était réglementé autrefois !

Le pouvoir d'achat des salariés aux abonnés absents

Stratégiquement, patrons et médias mettent en avant des salariés, souvent jeunes, célibataires et sans enfants, qui s'opposent sur cette question du travail du dimanche aux syndicats sensés défendre leurs droits.

C'est malin !

Car, que des "petits" salariés défendent cette exigence patronale est plus porteur que de voir directement le patronat du commerce affronter les syndicats !

C'est pourtant l'intérêt des grandes enseignes et non le leur que défendent sans s'en rendre compte ces salariés.

Le secteur du commerce est bien connu pour ses salaires bas, ses contrats précaires, ses temps partiels imposés et ses conditions de travail difficiles, à cause des horaires notamment. Pour joindre les deux bouts, nombre de salariés cumulent les heures supplémentaires et certains font le choix, quand l'ouverture est autorisée, de travailler le dimanche ou les jours de Fêtes.

Le problème réside pour l'essentiel dans ces salaires bas et ces contrats précaires ou à temps partiel !

Si les salaires étaient suffisants et les contrats à 39 heures hebdo, combien de ces salariés que l'on nous présente à la télé auraient encore envie de travailler le dimanche ?

C'est d'ailleurs ce que disent les salariés interrogés : ils ont besoin de l'argent qu'ils touchent le dimanche pour vivre !

Mais que dire de la vie sociale ? de la vie de famille ? de la nécessaire coupure de deux jours pour se reposer, si difficilement acquise par nos anciens ?

Certains salariés, jeunes ou non, célibataires et sans enfants, trouveront toujours intérêt à travailler le dimanche, certes, mais la législation du travail est là pour protéger l'ensemble des salariés, notamment ceux qui souhaitent profiter du dimanche, profiter de leurs enfants, de leur famille, de leurs amis, participer à la vie associative.

Derrière le débat, les bénéfices des grands groupes de la distribution

La deuxième question que l'on peut se poser, c'est pourquoi est-ce du secteur du bricolage que vient la fronde ?

N'oublions pas que c'est le PDG de Bricorama, Jean-Claude Bourrelier, qui avait réclamé devant la justice la fermeture le dimanche de ses concurrents Leroy Merlin et Castorama !

Bricorama avait été condamné à fermer ses magasins l’an dernier.

Son PDG, finalement, a vendu la mèche. Pour lui, "On doit être tous ouverts ou tous fermés, mais la loi doit être la même pour tous."

C'est bien une généralisation de l'ouverture des magasins qui se profile ! Mais pour l'intérêt de qui ?

  • On a vu que les salariés peinent à gagner de l'argent en temps normal et que ce sont ces ouvertures exceptionnelles qui permettent de tenir financièrement, on peut imaginer qu'il suffirait de résoudre la question salariale pour satisfaire les attentes des travailleurs. Sans besoin d'ouvrir un peu plus souvent les magasins.
  • Pour les clients, finalement, acheter des clous le vendredi, le samedi ou le dimanche, ne change pas grand chose ni aux quantités achetées, ni au prix d'achat. C'est juste une question d'organisation.
  • Pour l'emploi ? L'argument ne tient pas "globalement". Les grandes enseignes ouvriront 7 jours par semaine au lieu de 6 mais le chiffre d'affaires global, national, de secteur bricolage n'augmentera pas d'autant : si j'ai besoin de 10 clous, je n'en achèterais pas 10 en semaine et 10 de plus le dimanche !

Finalement, l'intérêt est uniquement concurrentiel entre grandes enseignes ! C'est à qui prendra des parts de marché au concurrent !

Et derrière le secteur du bricolage, c'est toute l'artillerie de la Grande distribution qui se cache !

Selon une récente étude de l’Insee, le chiffre d’affaires su secteur "bricolage" a été presque multiplié par deux entre 1996 et 2006. Il atteignait 17 milliards d’euros en 2006, et l’an dernier, il avait grimpé à 24 milliards. Mais, ce secteur économique est de plus en plus concentré et les petites quincailleries indépendantes perdent sans cesse du terrain au profit de grandes surfaces. Les emplois précaires et sous payés créés par la grande distribution remplacent des emplois indépendants et salariés dans la quincaillerie indépendante.

Toujours en 2006, les trois plus grandes sociétés (Leroy Merlin, Castorama et Brico Dépôt) réalisaient à elles seules 43 % du chiffre d’affaires du secteur.

Les deux premières, qui défient aujourd’hui la justice, appartiennent à des groupes d’envergure multinationale.

Leroy Merlin fait ainsi partie d’Adeo, société détenue à 85 % par la famille Mulliez (qui contrôle notamment Auchan ou Simply Market), et est présente dans une dizaine de pays. Adeo affiche un chiffre d’affaires de 14,9 milliards d’euros, qui le classe au troisième rang mondial derrière les américains Lowe’s et Home Depot. Avec 121 magasins, Leroy Merlin a réalisé en France un chiffre d’affaires de 5,5 milliards d’euros l’an dernier, en augmentation de 4 %.

Son rival Castorama est la propriété du groupe britannique Kingfischer, un mastodonte pesant 10,57 milliards de livres de chiffre d’affaires, qui contrôle également en France l’enseigne Brico Dépôt (le numéro 3 ! Tiens ! Tiens !). Kingfischer est le quatrième opérateur mondial.

On n'a donc pas affaire à des petits salariés qui se battent pour sauver leurs emplois ou leurs salaires mais bien à des géants de la distribution qui font des bénéfices énormes et réfléchissent croissance de ces bénéfices par le gain de parts de marché sur le dos de leurs concurrents !

Le secteur du bricolage est seulement l'angle d'attaque de ces groupes pour une généralisation ultérieure du travail du dimanche.

Après la signature de l'Accord National Interprofessionnel qui commence à faire des dégâts sur l'emploi et les salaires dans certaines entreprises, on ne peut qu'exiger que ce gouvernement ne cèdent pas au chantage médiatisé de la grande distribution pour faire voler en éclat l'acquis social que représente le droit au repos deux jours consécutifs, dimanche compris.

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 10:05

Quoi qu'en dise l'héritière du chateau de Montretout, le Front National est bien un parti d'extrême-droite !

La stratégie de banalisation du Front National, menée conjointement par le FN lui-même et soutenue par la presse et l'UMP, atteint un point critique : celui où il faut désormais "déclasser" le parti de la catégorie "extrême-droite". Difficile quand il faut passer au delà des réalités et de l'Histoire !

L'extrême-droite avait ses révisionnistes, à l'image de Robert Faurisson, qui nient l'existence des chambres à gaz, donc de l'extermination massive de populations par les nazis durant la Seconde guerre mondiale.

Voilà maintenant que le révisionnisme historique de l'extrême-droite touche le passé et la réalité du Front National ! Et c'est Marine Le Pen qui tente de faire avaler la couleuvre aux français !

En deux entrevues, l'une au journal "L'Express", l'autre sur RTL, Marine Le Pen rejette pour le premier le classement à droite, pour le deuxième, le classement à l'extrême-droite !

Dans un premier temps, la voilà qui tente de se démarquer de la droite en affirmant : "Nous ne sommes absolument pas un parti de droite, ceux qui le pensent font une erreur d'analyse totale".

Dans un second temps, la voilà qui joue la fille outrée en lançant : "Je m'élève encore plus contre la formulation d'extrême droite". Elle parle même de futures poursuites judiciaires, à l'image de celles qu'avait, a-t-elle relevé, intentées son père et fondateur du FN en 1997.  Houlàlà ! On a peur !... 

«Le fait d'affubler le Front national de ce terme volontairement péjoratif d'extrême droite est une faute déontologique de la part des journalistes, un acte de militantisme et une bavure intellectuelle. » Rien que ça !

"Dans le même sac, on met Breivik (le massacreur extrémiste de droite norvégien, ndlr), Aube dorée (le mouvement néo-nazi grec) on secoue bien et on se dit qu'il y aura une bonne image bien crade" du Front national, a-t-elle accusé.

C'est bien là que repose la stratégie du Front National et l'objectif recherché dans cette tentative de falsification de l'Histoire et des faits !

Le Front National, parti d'extrême-droite, dans son passé comme dans son présent, ne peut se départir de la réalité de son parcours, des "valeurs" de haine qu'il véhicule et des violences qu'entraine son idéologie !

Si elle cite Breivik et Aube Dorée, elle ne cite pas le nazisme ou le pétainisme, réalités beaucoup plus dure de ce que donne l'extrême-droite lorsqu'elle arrive au pouvoir ! Elle ne cite pas non plus l'OAS, dont sont issus bon nombre de cadres historique du parti d'extrême-droite fondé par son père, du temps de la guerre pour maintenir coûte-que-coûte "l'Algérie française" contre De Gaulle et les communistes.

Revisiter l'Histoire du FN, c'est oublier les dérapages paternels, ceux sur les chambres à gaz, "détail de l'Histoire" par exemple !

Revisiter l'Histoire du FN, c'est oublier que ce parti est un rassemblement, un front, comme l'indique son nom, de forces d'extrême-droite issus de plusieurs origines, catholiques intégristes, nationalistes durs, néo-pétainistes,... C'est un fait, une réalité ! Le nier ne changera pas les faits !

La réalité du Front National, c'est que ce parti reste et demeure un parti d'extrême-droite, prônant un repli nationaliste sur des bases racistes, ethniques et religieuses, cultivant le rejet de la différence religieuse, ethnique, politique ou sexuelle.

Malgré la passation de pouvoir entre le père et la fille, celui-ci reste aux manettes. Il affirme par ailleurs qu'il n'y a pas de désaccords idéologiques entre eux, seulement une divergence "tactique". Tout est dit.

La réalité du Front National, ce sont aussi les liens prouvés, avec des organisations néo-nazies comme le Groupement Union Défense (GUD), ou les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires, dissoutes après l'assassinat de Clément Méric.

La réalité de Marine Le Pen, c'est aussi le bal des néo-nazis autrichiens auquel elle a été invitée en janvier 2012, à Vienne, sur invitation du député d'extrême-droite du FPÖ, Martin Graf !

Le Front National de Marine Le Pen, c'est la droite dans sa forme extrêmiste. Ultralibérale quoi qu'elle dise !

Le programme du FN, c'est une forme de dérégulation sociale accompagnée d'un repli dans nos frontières.

Dans la bonne tradition d'extrême-droite, le FN déteste les syndicats. Pétain avait fait dissoudre les syndicats et crée des corporations regroupants patrons et travailleurs. Le FN laisserait les salariés seuls face à leurs patrons !

Le programme du FN veut faire la peau au SMIC et aux retraites par répartition pour imposer un système par capitalisation, à l'américaine. Un système où seuls les gros salaires auraient accès !

Le programme du FN, c'est le déclassement social des travailleurs immigrés. Cela ne servirait pas les travailleurs "nationaux", comme l'affirme ce parti raciste, bien au contraire ! En faisant des immigrés des travailleurs de seconde zone, avec moins de droits, cela créérait une concurrence entre travailleurs français et immigrés sur le marché du travail national, à l'image de la concurrence créée par la mondialisation entre travailleurs de différents pays. Seuls les patrons en bénéficieraient !

La technique du caméléon

Aujourd'hui poussée dans les médias pour récupérer l'électorat déboussolé par l'alignement idéologique de la droite et de la gauche sociale démocrate, alors que le capitalisme est en crise et incapable de répondre aux besoins sociaux des peuples du monde, l'extrême-droite tente de se placer en dehors du champs politique pour occuper le terrain de la contestation du système.

On voit même désormais le FN tenter de récupérer des slogans et des thèmes de campagne de la gauche radicale (Retraites, par exemple). A quand l'étiquette d'extrême-gauche revendiquée par Marine Le Pen ?

Mais, pour arriver au pouvoir, le Front National et la dynastie Le Pen savent qu'ils auront besoin d'un électorat de droite modéré, comme ont eu besoin de la droite modérée les nazis pour arriver au pouvoir en Allemagne en 1933.

D'où le grand écart stratégique d'une Marine Le Pen qui se dit en dehors du système et surtout pas de droite mais qui cherche des alliances municipales avec l'UMP !

Entre récupération de la contestation sociale et main tendue à la droite classique, la stratégie actuelle du Front National rappelle celle qu'appliquent historiquement les partis d'extrême-droite pour accéder au pouvoir.

On sait ce que cela donne, de haine, de morts, de dégradation des droits sociaux quand l'extrême-droite arrive au pouvoir : Allemagne nazie, Italie fasciste, Portugal de Salazar, Espagne franquiste, Grèce des colonels, Chili de Pinochet,... les exemples sont nombreux et morbides.

Aujourd'hui en France, les rapprochements idéologiques et électoraux entre la droite UMP et le FN illustrent clairement que le FN reste un parti de la droite extrême. La tentative de Marine Le Pen de faire sauter le qualificatif d'extrême-droite a pour objectif de faire disparaître le dernier verrou "républicain" qui empêche des alliances claires et massives entre droite classique et FN.

Marine Le Pen a beau tenté de réécrire l'Histoire et de faire passer son parti pour républicain, les militants des droits humains, les héritiers de la Résistance que nous sommes, continueront de démasquer le loup d'extrême-droite lorsqu'il tente de se faire passer pour l'agneau.

Oui, Mme Le Pen, le Front National est un parti d'extrême-droite, socialement et économiquement au service du Capital, du patronat, la violence et la haine en plus !

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 10:20

Comme du bon vieux temps d'Hortefeux, le Rrom devient le bouc-émissaire d'un pouvoir incapable de répondre aux défis sociaux de notre temps.

La polémique sur les propos de Manuel Valls, au sujet des Rroms, a permis à la droite et, surtout, à l'extrême-droite de redresser la tête et de taper sur le gouvernement socialiste.

Les propos du ministre de l'intérieur, Manuel Valls, qui niait la volonté d'intégration d'une majorité de Roms et estimait qu'ils avaient "vocation à retourner dans leur pays", ces propos faisaient scandaleusement écho aux campagnes de l'ancien ministre de Sarkozy, Brice Hortefeux.

Juif a une époque, maghrébin ou noir plus récemment, le bouc-émissaire change mais la finalité reste la même : montrer du doigt une catégorie de population minoritaire à qui on attribue des volontés diaboliques (pour les juifs) ou machiavéliques pour que la colère populaire, en période de crise, se porte sur cette minorité plutôt que sur la classe politique ou sur le système économique.

Personne ne niera les difficultés que rencontrent les populations Rroms arrivant en France pour s'insérer dans la société française. Mais ces difficultés sont-elles insurmontables du fait de la "nature" même des Rroms ? de "tares raciales" comme auraient dit les nazis ?

Car c'est bien ce type de dérive que permettent les propos d'un ministre de la République faisant un portrait noir d'une communauté entière, comme si aucun de ses membres ne pouvait apporter quoi que ce soit à la communauté française, comme si aucun Rrom ne désirait sincèrement trouver sa place dans une France qu'ils croient plus accueillante que leurs pays d'origine où ils sont déjà des parias ?... 

Toute cette mise en accusation des Rroms, pris comme un Tout, permet d'occuper les médias, de trouver des responsables faciles à la délinquance ou au trou de la Sécu.

Pendant ce temps, le débat politique et médiatique n'aborde pas les dossiers brûlants du chômage et des chiffres bidons qu'on nous a donnés, de la réforme des retraites, dans la continuité de celle de Sarkozy et Fillon, des hausses de taxes et de l'imposition qui touche cette année 800 000 nouvelles familles modestes !...

Et les Rroms, gagne-petit d'une construction européenne libérale, doivent faire oublier les 20 milliards de cadeaux fiscaux supplémentaires donnés depuis l'an dernier par ce gouvernement aux grandes entreprises et les quelques milliers d'actionnaires qui se partageront les 40 milliards de dividendes gagnés sur la productivité des salariés des 40 plus grosses entreprises de France !...

Selon des indiscrétions savamment parues dans la presse, Manuel Valls fait un peu machine arrière, face au tollé qu'ont entraîné ses propos au sein de la gauche. On affirme qu'il aurait parlé de "maladresse" au premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

Maladresse  ? Lui qui a réaffirmé la teneur de ses propos quand plusieurs attaques sont venues de sa gauche ?

Il vaudrait mieux parler de propos qui trahissent le fonds de sa pensée !

Manuel Valls compromet toute la gauche avec les idées les plus nauséabondes et antirépublicaines qui soient.

Comme le rappelle le communiqué du PCF ci-dessous, qu'un ministre sensé être de gauche se place sur le terrain boueux de la droite, et c'est toute la gauche qui est salie, l'intelligence et l'humanité qui sont insultées.

Ce qui ne peut s'intégrer dans la République, ce sont les idées de l'extrême-droite !

Les militants sincères du parti socialiste devraient faire remonter à leur direction nationale la nécessité de rappeler les frontières claires qui existe entre république et barbarie, entre humanisme et racisme. 


Roms : La gauche doit cesser de se placer sur le terrain de la droite

Le ministre de l'Intérieur s'est livré à une habituelle surenchère au sujet des Roms. Pour Manuel Valls, les Roms ne veulent pas s'intégrer et ils « ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie ». Ces déclarations xénophobes doivent cesser au plus vite.

Ces familles, dans le plus cruel dénuement, doivent être aidées avant d'être montré du doigt et désigné à la vindicte populaire. La gauche doit cesser de se placer sur le terrain de la droite ou la bêtise le dispute souvent à l'ignorance. Elle y perdra son âme.

Cette politique de bouc émissaire, la gauche l'a combattue ensemble en son temps, quand Nicolas Sarkozy se livrait à une détestable course à échalote avec le Front national. Ce qui était vrai hier, doit l'être aujourd'hui.

Fabienne Haloui, Responsable de la commission « Droits et libertés » au PCF

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 10:05

Sans accord budgétaire entre Républicains et Démocrates aux Etats-Unis, ce sont 800 000 fonctionnaires de l'Etat fédéral qui se retrouvent au chômage depuis ce matin.

C'est fou comme le mot "fonctionnaire" provoque des réactions de haine stupide chez certains ! Un réflexe pavlovien ?

C'est la lecture de commentaires absurdes et primaires de certains internautes sur des sites "grands publics" qui m'a poussé à rédiger cet article.

Crise budgétaire aux Etats-Unis

A la base, l'absence d'accord entre Républicains et Démocrates à la Chambre des Représentants et au Sénat sur le financement de l'Etat fédéral. Comme chaque année.

Sauf que, d'habitude, le suspens dure jusqu'au dernier moment et qu'un accord est généralement trouvé. Sauf cette année.

En cause, une exigence de l'aile droite des Républicains : supprimer la seule bonne idée d'Obama, le système de santé public pour tous, système qui devait se mettre en place début octobre.

Les Républicains y voient un acte communiste, imposant un système collectif face à une société américaine basée sur l'individualisme. Au point qu'un américain sur deux n'a pas de couverture santé, y compris de nombreux travailleurs salariés ! De là, une campagne des extrémistes républicains traitant Obama de communiste !

Remarquez, c'est pas faux ! La Sécu en France a été imposée en 1947 par les communistes dont le ministre communiste Ambroise Croizat, le "ministre des travailleurs" comme on le surnommait. On lui doit aussi les comités d'entreprise et la médecine du travail.

A l'époque, le patronat était tellement compromis avec les nazis et la Collaboration (notamment dans la Construction, l'industrie lourde, les mines ou Renault) qu'il rasait les murs !

Bref ! Les Etats-Unis se sont retrouvés hier soir dans l'impasse et Barak Obama a demandé aux administrations fédérales se mettre au chômage (donc, sans salaire) 800 000 fonctionnaires "non essentiels". Parcs et musées sont fermés comme nombres d'administrations d'Etat, à Washington essentiellement.

Rassurez-vous, l'armée et les services secrets (dont la NSA, celle qui nous surveille tous !) sont toujours payés ! Ouf !

Si la crise ne dure que quelques jours, les seuls grandes victimes seront les 800 000 fonctionnaires qui en seront quitte pour quelques centaines de dollars de moins à la fin du mois.

Sinon...

Pour ceux qui voient toujours les Etats-Unis comme un modèle économique et politique, il n'y a aps de quoi pavoiser !

Fonction publique ? Non ! Fonctions publiques !

Comparez France et Etats-Unis est absurde quand on parle du nombre de fonctionnaires. Idem avec l'Allemagne.

Certains idiots répêtent comme des perroquets des chiffres faux sur le nombre très élevé de fonctionnaires français comparé à l'Allemagne ou aux Etats-Unis.

Faut-il rappeler que la France est un pays centralisé où les fonctions de police, d'éducation et de santé sont du ressort de l'Etat ce qui n'est pas le cas aux Etats-Unis et en Allemagne, états fédéraux ?

Dans ces deux derniers pays, ce sont les Etats (Lander en Allemagne) qui gèrent police et éducation, par exemple.

Par ailleurs, quand certains parlent de 5 millions de fonctionnaires, ils mélangent fonction publique d'Etat, fonction publique territoriale et fonction publique hospitalière.

Je les laisse réfléchir à cette info s'ils ne sont pas encore trop atteints de paresse intellectuelle pour y comprendre quelque chose !

Certains internautes veulent supprimer des fonctionnaires ? Bien ! Mais où ?

Dans l'éducation ? Finissons-en avec ces fainéants de profs ! D'évidence, ceux qui aoprlent n'ont pas d'enfants en primaire ou dans le secondaire et ne sont pas confrontés aux classes surchargées et aux problèmes liés aux regroupements pédagogiques en zone rurale !

Dans le secteur hospitalier ? C'est vrai qu'on a trop d'hôpitaux en France ! Laissons donc les accidentés de la route, les femmes enceintes, les vieux et autres cardiaques mourir sur les bords de route !

Dans les administrations d'Etat ? Impôts, Justice, Police, Armée ? Et on entendra gueuler les mêmes imbéciles dès qu'un délinquant aura recommencer à commettre des délits ou dès qu'un scandale politico-financier éclatera !

Dans les administrations territoriales ? Ne venons pas nous plaindre alors de l'état des routes, de la saleté des collèges et lycées, du manque de réactivité pour une APA, une PCH ou une bourse scolaire !

On pourrait continuer comme ça longtemps...

Dernière question : par ces temps de chômage de masse, les grands esprits qui aboient dès qu'ils entendent le mot "fonctionnaire" peuvent-ils nous dire ce que nous ferions des 5 millions de chômeurs supplémentaires que leur "politique" entrainerait ?

Et que dire aux dizaines de milliers de jeunes qui postulent à un emploi public chaque année ? Que c'est fini ?

Le discours anti-fonctionnaire est un piège dressé par les secteurs politiques libéraux pour convaincre les français que la privatisation des services publics (EDF, GDF, France Télécom-Orange : on voit le résultat !) et la suppression des contrôles administratifs (Merci Spanghero !) permettraient de rendre plus "compétitive" notre économie.

Trente ans de libéralisme, de privatisations, de réductions des services publics et de cadeaux fiscaux aux entreprises et notre économie, comme celles des autres pays européens, est au plus mal !

Faudrait commencer à changer votre discours, internautes perroquets du libéralisme ! La réalité vous a rattrapé !

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 09:12

L'enquête d'un cabinet privé donne une augmentatio médiane de 2,5 % des salaires en 2014. Fichtre !

Revoilà les hirondelles ?

Le Cabinet Mercier, spécialisé en gestion des ressources humaines, a mené son enquête auprès de 426 entreprises représentant 135 000 salariés du privé. De cette enquête, il ressort que l'augmentation médiane des salaires sera de 2,5 % en 2014. En clair, 50 % des salariés verront leurs salaires augmenter de moins de 2,5 % et 50 % verront leurs salaires augmenter de plus de 2,5 %.

2,5 % de hausse médiane : le retour des hausses de salaires ?

Relativisons ! Le même cabinet avait prévu 2,5 % de hausse médiane en 2013 et affirme que ses prévisions se sont révêlées exactes. Ah bon ?...

Si l'on se regarde autour de nous, et si l'on regarde les chiffres de la consommation des ménages, il faut se demander si le cabinet en question parle bien de la même France que celle où nous vivons, nous ?

Par ailleurs, ce même cabinet affirme que les cadres supérieurs et dirigeants, les cadres commerciaux et les ouvriers ont été en 2013 les catégories les plus concernées par des mesures de gel des salaires. Hormis les cadres commerciaux, ces catégories devraient être à nouveau davantage touchées en 2014.

Là, on s'y perd. Sachant que les fonctionnaires (qui ne sont pas concernés par l'enquête, de toute façon !), voient cette encore leurs "salaires" (on parle de "soldes") bloqués pour 2014, on ne comprend plus très bien qui voit son salaire augmenter ?

Cette étude prouve en fait que certains voient sérieusement augmenter leurs salaires !

50 % des salariés concernés avec une hausse de plus de 2,5 % ? Certes. Mais dans quelles boîtes et à quels postes ?

Avec la flambée des taxes (TVA), des prix (électricité, notamment) et 800 000 nouveaux foyers modestes qui paieront des impôts cette année, la publication de la liste des entreprises concernées devrait suciter des candidatures spontanées !

Il est à craindre que, une fois encore, ceux qui sont concernés par ces hausses de salaires se trouvent en haut de la hiérarchie de ces entreprises.

Pauvres salariés du privé que nous sommes à nous demander qui d'entre nous fait partie de cette heureuse moitié dont le salaire va augmenter d'au moins 2,5 % en 2014.

Pauvres salariés en effet car, du côté des actionnaires, ceux qui ne travaillent pas plus pour gagner plus, on a appris récemment que leurs actions allaient leur rapporter beaucoup plus que 2,5 % l'an prochain !

Rien que pour les 40 plus grosses entreprises privées de France, celles qui constituent le CAC 40, ce sont 39,9 milliards d'euros de dividendes qui seront distribués aux actionnaires !

Près de 40 milliards d'euros pour des bouts de papier ! La moitié des bénéfices 2013 de ces entreprises ! 5 % de mieux qu'en début d'année 2013 !... On est largement au delà des 2,5 % du Cabinet Mercier et du 1 % d'inflation !

Ces 40 milliards d'euros, prélevés sur les bénéfices des entreprises, auraient aussi bien pu servir à investir dans la recherche ou la production de ces entreprises, voire, soyons fous, dans les salaires des dizaines de milliers de salariés qui ont permis ces excellents résultats !

Et ces 40 milliards d'euros, eux, ne cotiseront pas à la Sécu ni aux caisses de retraite, ne feront pas rentrer de TVA dans les caisses de l'Etat et ne feront pas tourner le commerce local et l'industrie française, à part celle du luxe, éventuellement.

2,5 % de hausse des salaires ? Un chiffre qui fausse une réalité beaucoup plus morose pour la grande majorité des salariés, du public comme du privé, mais qui masque mal les énormes bénéfices que se partagent quelques milliers de gros actionnaires.

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